Un prêtre désabusé crache ses vérités à Alassane Ouattara: «Pardonnez-moi de ne plus supporter, d’être enfermé dans un asile d’aliénés, où on nous mène sans cesse en bateau…»

Un prêtre désabusé crache ses vérités à Alassane Ouattara: «Pardonnez-moi de ne plus supporter, d’être enfermé dans un asile d’aliénés, où on nous mène sans cesse en bateau…»

Le Père Emmanuel Boulon, Prêtre du diocèse de Yopougon, qui a fait ses études à l’Université de Lyon, s’adresse dans ce poème à Alassane Ouattara, chef de l’Etat de Côte d’Ivoire qui veut, contre la volonté du peuple exprimée dans la Constitution, briguer un 3e mandat. Un homme prévenu en vaut deux. Ecoutons la voix de Dieu prévenir le Président Ouattara.

Monsieur le Président,

Je vous fais une lettre,

Que je veux vous soumettre,

Pendant qu’il encore temps.

Je viens bien d’écouter,

Avec grande attention,

Votre discours à la nation,

Et je croyais avoir rêvé.

Monsieur le Président,

C’est avec un cœur lourd,

Que je crie sans détours,

Ô péché de reniement !

Dans la basse-cour d’ADO Ier,

Les coqs ont encore chanté,

La flagornerie s’est déchaînée,

Et Bravetchè lui aussi s’est renié.

Monsieur le Président,

Je vous préviens maintenant,

Ô Roi écoute le fou près de toi,

Qui ignore la langue de bois.

Prends garde à l’aveuglement,

A la voie du funeste entêtement,

Dans cette désolante passe de trois,

Se cache un tragique cheval de Troie.

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Monsieur le Président,

Le pouvoir est un tourment,

A vouloir être trop gourmands,

Certains s’y sont cassé les dents.

Vous nous avez fait le serment,

Vous nous avez dit en son temps,

Faisons place à la jeune génération,

Pour l’avenir de notre grande nation!

Une génération se réduit-elle

A un seul homme, à qui le destin,

En ces sentences si cruelles,

A retiré le souffle, un triste matin ?

Au pays des hommes intègres,

Ou des valeureux rois de Kong,

La parole n’a-t-elle que le goût aigre,

Du fiel d’un piteux mensonge ?

Monsieur le Président,

S’il n’est pas un juste clairvoyant,

L’homme comblé ne dure pas,

Il ressemble au bétail qu’on abat.

Dans les ovations, il se prélasse,

Les fausses richesses, il amasse,

Il se prend pour Dieu le Père,

Le fils né de la cuisse de Jupiter.

Mais il n’est qu’un souffle éphémère,

Ses jours sont une ombre qui passe.

Voici qu’on l’emmène à la casse,

Sa vie à jamais enfouie dans la terre.

Ecoute ô Roi la voix du saint Livre,

Lumière pour celui qui veut vivre.

Le Saint Prophète a dit un jour,

Paix de Dieu sur lui pour toujours :

Ô vous qui êtes devenus croyants,

Ô fidèles du Dieu Tout-Puissant,

Grande abomination auprès d’Allah,

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Que de dire ce que vous ne faites pas.

Monsieur le Président,

Vous qui tant vous prétendez,

Des fiers Famas, être l’héritier,

Le digne fils des nobles Maghans.

Dites-moi, qui peut croire encore,

Au sacrifice d’un vieux matamore ?

Quand sa parole n’a plus un poids d’or,

Un chef n’est plus qu’un lion mort.

Monsieur le Président,

Si à votre éminent jugement,

Vous pensez que je vous ai offensé,

Alors pardonnez-moi ma part de vérité.

Pardonnez-moi de ne plus supporter,

D’être enfermé dans un asile d’aliénés,

Où on nous mène sans cesse en bateau :

Soyez tranquilles, demain il fera plus beau !

De la part d’une génération éclairée,

Que vous voulez encore sacrifier,

Comme des agneaux silencieux et naïfs,

Qui prennent pour un collier, la lame du canif.

Père Emmanuel Boulon

Prêtre du diocèse de Yopougon

Université de Lyon.

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