Syndrome des châteaux de cartes en Côte d’Ivoire: Koné Bruno jette l’éponge, l’Etat aussi…

Cher Bruno, l’Etat n’est donc plus souverain ?

Force n’est donc plus à la loi, la loi d’un Etat souverain ? A quoi assistons-nous alors ? A la recomposition du pouvoir régalien d’un Etat ? Le moins qu’on puisse dire après la sortie du Ministre Koné Bruno sur « la révolte tragique » des bâtiments qui semblent possédés par le syndrome des châteaux de cartes, et qui s’effondrent à tour de rôle, d’un quartier d’Abidjan à un autre, d’une ville à une autre, est que devant l’inarrêtabilité de ce phénomène, Bruno, transi par l’émotion, a jeté l’éponge !

En effet, au cours du feu déroulant des échanges qui ont eu lieu, le mardi 16 Mars 2021 au siège de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Côte d’Ivoire (CCIFCI) à Biétry, voici comment le tout nouveau député (reconduit) de Blességué-Kouto, s’y est pris: «…j’attire l’attention de tous ceux qui construisent des édifices, leur responsabilité est totale quand il y a un incident, leur responsabilité ne peut pas venir après celle de l’Etat, parce que quoi qu’il fasse, l’Etat ne peut pas faire le contrôle de toutes les constructions. Il revient à ceux qui construisent de prendre des dispositions pour que leurs bâtiments soient viables».

L’affaire est problématique et surtout symptomatique ! D’ordinaire, c’est le coach du boxeur qui reçoit une pluie de coups qui jette l’éponge pour sauver son poulain du désastre. Ici, c’est le boxeur lui-même qui, devant la rudesse et la répétition des coups, abandonne instamment le combat et va chercher l’éponge dans la main de son entraineur pour faire arrêter le massacre ! Vu sous cet angle, le côté inédit de l’affaire, au-delà de sa capacité à émouvoir plus d’un, indique que l’acte posé par lui sur un « territoire certes ami », est irrégulier.

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En effet, jamais l’histoire de la boxe si touchante et émaillée de combats dits du siècle par la qualité des athlètes, ne nous a donné à voir pareille scène ! Si le jet d’éponge revenait au boxeur, on peut se demander à quoi sert en définitive la lucidité du coach ? A cet effet, je voudrais rappeler au Ministre qu’il n’est pas le boxeur, il est le coach ! Par conséquent, le renversement ou la permutation unilatérale des rôles n’est pas à son avantage ! Au demeurant, si ça se trouve, il pourrait s’agir en réalité de cumul de postes !? Monsieur le Ministre, si votre intention était de remettre en cause la toute-puissance de l’Etat et sa capacité à tout régenter, dites-nous comment il assure sa survie institutionnelle. On peut, par expériences interposées et collectives, reprocher beaucoup de choses, parfois justes à votre département ministériel mais…quand les agents du terrain le veulent, le ministère de la Construction, du logement et de l’urbanisme et celui en l’occurrence qui a en charge la perception des impôts, peuvent se targuer d’avoir les éléments les plus vigilants sur la place nationale !

Au point où parfois, je me dis que les agents de votre ministère utilisent un œil (sur deux) pour les besoins de leur corps, et réservent le second pour veiller exclusivement sur les constructeurs auxquels il viendrait la curieuse idée de contourner les règles établies par votre département ! J’en veux pour preuve, les AD (à détruire) qui fleurissent en rouge et en gras, sur les façades les plus visibles des bâtiments auxquels on reproche d’être dûment en situation irrégulière ! Mais Monsieur le Ministre, sauf votre honneur, un bâtiment, ce n’est quand même pas un œuf dans un poulailler gros comme l’espace commercial d’un hypermarché de la taille de sococé ?

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Si tel est le cas, comment fait-on pour surveiller les 322.000 km² de frontières ? Monsieur le Ministre, pour tout vous dire, vous avez été nommé pour accomplir l’impossible, alors à quand le discours contraire ? Monsieur le Ministre, vous le savez mieux que moi, on veut tous gagner sans dépenser le moindre sou ! Si donc vous demandez aux Ivoiriens et à leurs voisins des pays étrangers de s’auto-discipliner pour être conformes aux règles, autant dire aux Ivoiriens et à leurs hôtes que c’est « quartier libre » jusqu’àààà jusqu’à ! A ce jeu-là, bienvenue les dégâts ! A toutes fins utiles, je rappelle qu’un Etat souverain, c’est celui qui a : une population qu’il maîtrise, un territoire qu’il surveille, un gouvernement qui gouverne et qui jouit de la reconnaissance internationale ! Si notre pays coche toutes ces cases, alors… !

KONE KOBALI, Libre auteur créateur

In Le Nouveau Réveil du samedi 20 mars 2021

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