Situation explosive en Côte d’Ivoire: Un bilan partiel qui interpelle le régime et la communauté internationale sur les atrocités

Après la grave crise pré-électorale du mois d’Août 2020, celle qui a démarré mi-Octobre dans plusieurs localités du pays est lourde de conséquences.

A Bongouanou, les affrontements entre militants du RHDP et ceux de l’opposition, le vendredi 16 et le samedi 17, ont fait état de 3 morts, plusieurs blessés graves et des dégâts matériels importants, a indiqué le service communication du FPI, dont l’opposant Pascal Affi Nguessan est président.

En effet, le domicile d’Affi Nguessan a été incendié, de même qu’une école appartenant à un cadre de l’opposition, le député-maire de Bongouanou, Amalaman Gilbert, selon la même source, qui craint de nouvelles violences, dimanche.

A Kotobi situé  dans le département de Bongouanou, des individus non encore identifiés s’en sont pris à la gendarmerie de la ville et ont libérés leurs frères incarcérés.

A Kpèbo, des populations accusent la ministre Raymonde Goudou d’avoir incité des jeunes du RHDP à attaquer le siège de la CEI et accuser l’opposition.

 L’une des journées chaudes de cette crise a été celle du lundi 19 Octobre 2020. Car pendant que les responsables de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) délogeaient tous les élèves des lycées et collèges du pays pour des revendications (la suppression des frais annexes et des frais de COGES, la réintégration de 62.000 élèves soupçonnés de fraude au BAC 2019 ainsi que le paiement des bourses), plusieurs villes et communes du pays mettaient en application la désobéissance civile pour dire non au troisième mandat d’Alassane Ouattara.

A Marcory, un bus de la SOTRA a été incendié par des manifestants le lundi et le lendemain, selon un twitter de Chris Yapi, le régime a fait abattre des citoyens.

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A la Riviera-Anono, deux véhicules dont un bus de la SOTRA ont été brûlés. Les forces de l’ordre ont dû faire usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants qui avaient paralysé la circulation le lundi et le mardi.

Dans la commune de Yopougon, très tôt le matin, 4 véhicules ont été calcinés le lundi et 4 autres ont subi le même sort le lendemain (20 octobre).

Le 19 Octobre, la situation a dégénéré à Bonoua, 60 kilomètres d’Abidjan. La gendarmerie débordée a tiré à balles réelles faisant un mort et des personnes gravement blessées par balle. Les gendarmes encerclés par une foule en colère, a pris ses jambes à son cou. Les jeunes ont alors dressé le ‘’mur de Berlin’’ plus tard détruit par les militaires appelés en renfort. La tension a baissé dans la soirée mais la ville est restée sous surveillance des forces de défense.

Le mardi dans l’après-midi, les militaires ont cédé la place aux gendarmes. Selon un enseignant joint au téléphone, la population soupçonne le régime d’avoir déversé des ‘’microbes’’ dans la ville le lundi soir.

La ville d’Aboisso a également été secouée par la crise pré-électorale au point d’enregistrer 4 blessés dans les heurts. Pendant ce temps, des manifestants ont fermé l’axe Yamoussoukro-Bouaké avec des troncs d’arbre occasionnant un accident de la circulation.

A Songon, une ville périphérique d’Abidjan, des jeunes ont paralysé la circulation en calcinant des pneus sur les voies principales. A Cocody, au campus universitaire, des ‘’microbes’’ ont attaqué les étudiants le mardi 20 Octobre. Selon des témoins, ces malfrats étaient épaulés par la police nationale. Mais la FESCI les a mis en déroute et a même capturé quelques assaillants.

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A Dabou, la ville est sous tension depuis le lundi 19 Octobre. La population s’oppose à un troisième mandat d’Alassane Ouattara. « Nous sommes prêts à aller jusqu’au bout », a affirmé notre interlocuteur sur place. Il y a eu des atrocités dans des villages dénoncées par le président du Conseil régional des Grands Ponts. La ville est en alerte de guerre.

Nathanaël Yao

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