Sem Jobst Von Kirchmann, ambassadeur de l’UE: «Le retrait du président Ouattara donne un pool d’air»

Sem Jobst Von Kirchmann, ambassadeur de l’UE: «Le retrait du président Ouattara donne un pool d’air»

L’ambassadeur de l’Union Européenne en Côte d’Ivoire était, hier, l’invité du premier presse-club de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (Unjci) sous l’ère Jean Claude-Coulibaly. S.e.m Jobst Von Kirchmann a été reçu, à la Maison de la presse, au Plateau, pour traiter le  thème : « Election présidentielle apaisée en Côte d’Ivoire, la contribution de l’Union Européenne » Le chef de la mission européenne a disséqué le thème sous tous ses aspects, à la lumière des questions des journalistes qui l’ont titillé sur l’environnement électoral qui devient de plus en plus inquiétant. Le retrait du président Alassane Ouattara de la présidentielle d’octobre 2020 est revenu comme une ritournelle dans les échanges. Circonspect, le diplomate a donné des réponses diplomatiques. « Comme vous, je suis très activement les événements. J’étais à Yamoussoukro, la semaine passée. J’ai vu la déclaration. Donc, j’ai vu toutes sortes de réactions dans la salle. Certains étaient en larmes, d’autres ont applaudi. On a vu toutes les réactions possibles. Il y a ceux qui disent que le président a juste appliqué la Constitution et ceux qui pensent qu’il a pris une grande décision. Je ne vais pas entrer là-dedans. Ce qu’il faut voir, c’est que le président a pris une décision qui a donné un signal, un pool d’air. Il faut voir cela ensemble avec le rajout d’un siège à la Cei. C’est un signal. Le président aurait pu dire “je fais un 3ème mandat et la Cei reste en l’état ». Il a donné un signal. « Alors, je voudrais voir si les autres donnent aussi un signal. C’est là la question. Dans une situation qui était assez tendue, où on avait l’impression que personne ne veut donner, tout le monde veut prendre. On est entré dans une logique où quelqu’un donne quelque chose. On pourrait peut-être penser que ce n’est pas suffisant mais, il a donné. La question, c’est qu’est-ce que donnent les autres maintenant ? Est-ce qu’on peut entrer dans cette logique-là ou on ne peut pas y rester ? Au-delà de cela, la décision du président a donné un message en Afrique de l’Ouest où on va avoir 6 élections et aussi à l’échelle mondiale. C’est la première fois en Côte d’Ivoire où un président va donner la main à quelqu’un d’autre. Je ne pense pas que cela a déjà été le cas en Côte d’ Ivoire. Donc, c’est un signal positif, peu importe comment on veut l’interpréter » a-t-il commenté. Le projet de révision constitutionnelle en cours a été également évoqué. Ici, l’ambassadeur de l’Ue s’en remet aux juridictions compétentes en la matière. « Une révision constitutionnelle, soit elle est légale soit elle est illégale. C’est la Cour suprême qui peut juger la légalité d’une révision constitutionnelle. Vous le savez, mieux que moi, quelles sont les différentes possibilités pour le président et le Parlement d’introduire des changements constitutionnels, à un certain moment donné et quelle est la dimension de ces changements-là. J’étais à Yamoussoukro, le président a expliqué les différents changements mais, je ne suis pas le juge pour savoir si cela est légal ou pas » a-t-il répondu. S’agissant de l’observation des élections, Sem Jobst Von Kirchmann a fait savoir que la demande a été formulée par l’Etat de Côte d’Ivoire. Toutefois, l’organisation supranationale ne pourra se prononcer qu’à l’issue d’une mission d’évaluation en cours dont les conclusions seront connues en juin prochain. Ce travail, a-t-il souligné, prend en compte le système électoral mis en place : la liste électorale, la Cei, le découpage électoral, etc. « Suite à cette mission, nous allons faire des recommandations pour dire si nous allons faire une observation ou pas » a-t-il clarifié. Que dire du financement des élections ? L’invité de l’Unjci a dit qu’en ce qui concerne les élections, l’Ue envisage de contribuer aux fonds mis en place par le Pnud, mais « cela n’est pas encore finalisé ».

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Aimé S.

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