RHDP: Le ver est dans le fruit… un parti en proie à des antagonismes profonds

Suspicions sur suspicions-Le RHDP, parti au pouvoir, ne se fait pas prier pour dire partout quil est prêt pour lélection présidentielle quil entend gagner dès le premier tour et que cest lopposition qui nest pas préparée qui ne veut pas quil y ait élection. Largument est distillé à la moindre occasion et certains radicaux comme Adama Bictogo, directeur exécutif et Kobenan Kouassi Adjoumani se sont inventé le slogan : « la Candidature du président Alassane Ouattara nest pas négociable ».

Comme sils luttaient pour limposer à tout prix face à lopposition qui la rejette, mais aussi en interne face à des pontes du régime qui sont soupçonnés de ne pas trop batailler pour cela. Sil est admis que le directeur exécutif et le porte-parole du RHDP constituent la tête de file des radicaux pour qui Ouattara doit rester, vaille que vaille, à la présidence de la République, des indiscrétions font aussi état de ce quau-delà du devoir de solidarité qui les oblige à emboucher la trompette du 3ème mandat dAlassane Ouattara comme lincontournable, certaines personnes ne verraient encore et toujours pas dun mauvais il un retrait du président.

Et le Premier ministre Hamed Bakayoko est cité parmi ces personnalités du parti au pouvoir, pour qui le problème de remplacement de Ouattara ne se poserait pas, pour peu que le sommet du parti fasse confiance. Malheureusement pour eux, cette façon de voir quon leur colle est, aux yeux des radicaux, une défiance, ou simplement une démission qui fait la part belle, sinon laisse la chance aux adversaires de battre le RHDP. Mieux, les moins radicaux qui sont constamment indexés seraient vus de plus en plus comme des parias, des chevaux de Troie par qui le malheur pourrait arriver si on ne les met pas sous léteignoir rapidement.

Avec la montée de la contestation populaire contre un troisième mandat jugée illégal par lopposition et par la communauté internationale et surtout les appels et mises en garde de cette même communauté internationale, il va sans dire que les lignes au niveau du RHDP bougent et bougeront encore plus si limpossibilité daller aux élections le 31 octobre était établie et que la fin du mandat du président Ouattara à la tête de la Côte dIvoire était actée. Dans la transition qui surviendrait alors et surtout, dans les compromis pour préparer une élection présidentielle inclusive, transparente et consensuelle, sil advenait que la candidature de M. Ouattara est retirée (pour donner une chance à la paix), se poserait alors au RHDP, le problème du successeur du président de la République sorti.

Les radicaux alors ne sauraient se retourner contre cette décision et seraient bien obligés daller vers le plus apte. Ce plus apte qui pourrait être Hamed Bakayoko. Et cest là le reproche que les caciques du parti au pouvoir lui font. Il serait, selon ces caciques, en train de se positionner comme candidat de rechange au cas où passerait lune des revendications de lopposition, le retrait de la candidature de M. Ouattara, en conformité avec la Constitution. Quand le président Ouattara lui-même dit dans le Moronou que Hamed Bakayoko est un jeune homme pas très connu de beaucoup dIvoiriens, nest-ce pas une façon de dire que Hamed Bakayoko a encore beaucoup à apprendre et surtout à se faire connaitre avant toute ambition ? Quelques jours seulement après, le Premier ministre fait deux sorties. Lune à Treichville au Palais de la Culture et lautre à Yopougon Ficgayo.

A chaque tribune, il noubliait pas de dire à ses interlocuteurs en majorité des femmes et des jeunes : « Vous me connaissez, je vous connais ». Comme pour dire que contrairement à ce qua dit le président, il est bel et bien connu des Ivoiriens avec qui il a une sorte de complicité. A quelles fins le dit-il ? Une chose est sûre, ces deux sorties nont pas manqué de renforcer la suspicion qui est sur lui de vouloir coûte que coûte être calife à la place du calife. De sorte quaujourdhui à lintérieur même du RHDP, tout le monde suspecte tout le monde. La sérénité affichée nen serait que fausse, car derrière elle, il y a un parti en proie à des antagonismes profonds.
Par O Chérif

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