RHDP/Bacongo, Venance Konan, Adjoumani…Le dossier d’AUJOURD’HUI: Divorce, secrets et affaires sales, haro sur un homme qui en sait trop

RHDP/Bacongo, Venance Konan, Adjoumani…Le dossier d’AUJOURD’HUI: Divorce, secrets  et affaires sales, haro sur un homme qui en sait trop

Bacongo, Venance Konan, Adjoumani… Ceux qui sont partis en guerre contre Marcel Amon Tanoh sont nombreux au RHDP. Mais le premier a sorti une affaire glauque de certificat de nationalité qui nous renvoie son odeur de roussi.

Il vaut mieux prêter les oreilles quand les amoureux divorcent. Car les révélations en ce moment-là ne tardent jamais à tomber. C’est ce à quoi nous sommes en train d’assister avec les attaques en règle des pro-Ouattara contre Marcel Amon Tanoh qui a affirmé, du chef de l’Etat « qu’il ne viendrait à aucun Ivoirien l’idée de faire à son frère Ivoirien ce qu’Alassane Ouattara nous fait ».

En effet pour montrer que l’ancien chef de la diplomatie, ancien directeur de cabinet et ami de près de quarante ans du deus ex machina du RHDP est incompétent, Cissé Bacongo a sorti la vielle affaire du certificat de nationalité d’Alassane Ouattara. Rappelant ainsi au souvenir  une affaire pas tout à fait nette qui a longtemps défrayé la chronique nationale dans les années 90.

Tout le monde sait en effet que ce certificat de nationalité  avait valu une sévère punition au juge Epiphane Zorro Bi Ballo, juge de première instance du tribunal de Dimbokro à l’époque des faits, qui l’avait délivré à M. Ouattara sans les pièces afférentes selon les accusations du ministre Emile Constant Bombet qui répondait inlassablement aux supporters de M. Ouattara qu’on ne lui demande qu’un « simple petit papier ».

Le juge Ballo avait été renvoyé pour faute lourde mais pour la presse occidentale qui avait pris fait et cause pour Alassane Ouattara, directeur général adjoint du FMI, ce petit juge était un héros.  La suite, on la connait : Henri Konan Bédié fut renversé en décembre 1999 par « des jeunes gens » selon l’expression du général Guéï et tous les soucis de Ouattara se résorbèrent.

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On croyait donc cette affaire rangée comme nombre de sujets devenus sans objet depuis qu’Alassane Ouattara a eu le droit d’être candidat à l’élection présidentielle de 2010 dans la sillage de la rébellion du nord qui fit de sa candidature, la condition pour désarmer. Que non !Car Cissé Bacongo n’avait pas encore ajouté à la vendetta des amis du président de la République sa propre  anecdote à lui. C’est ainsi que l’on est tombé sur l’affaire du certificat de nationalité. « Nous étions chez le président Alassane Ouattara. Lorsqu’il fallait lui établir un certificat de nationalité, c’est Amon Tanoh Marcel qui en avait été chargé, puisqu’il était le directeur de cabinet. Je vois Amon Tanoh qui tourne sur lui-même dans Blockauss. Incapable de ramener le certificat de nationalité. Je lui ai dit: « écoute, donne-moi les papiers du président ». J’ai récupéré les documents, y compris la carte nationale d’identité du père d’Alassane Ouattara. Je suis allé à Dimbokro et je suis revenu avec le certificat de nationalité du président. Amon Tanoh est un incompétent. La seule chose qu’il savait faire à la résidence du président, c’était on mange quoi comme entrée aujourd’hui ? », s’est moqué Cissé Baongo.

Mais la sortie de l’ancien ministre de la fonction publique  n’est pas sans poser quelques problèmes de compréhension. Le premier, assurément, est de savoir si M. Tanoh avait tous les documents nécessaires ? Auquel cas, tourner « sur lui-même dans Blockhauss » alors que le certificat de nationalité ne peut qu’être délivré à Dimbokro poserait un sérieux problème d’efficacité.  Or M. Ouattara l’a gardé pendant toutes ces années, y compris après, comme son directeur de cabinet  et qu’Amon Tanoh demeura à son poste jusqu’à la présidence. Dans ces conditions, l’inaction du concerné n’était-elle pas liée au fait qu’il manquait les papiers nécessaires à l’établissement du dudit certificat comme le répétait à l’envi Emile Constant Bombet ? Notamment la CNI du père de Ouattara qui était déjà mort depuis très longtemps à cette époque ? Parce que, sauf preuve contraire,  l’établissement d’un certificat de nationalité  n’est pas la chose la plus compliquée.  C’est même un acte banal. Car chaque année, des millions de personnes, y compris des sans grades s’en font établir un. Alors pourquoi serait-ce si compliqué pour Marcel Amon Tanoh qui n’est pas le dernier des demeurés du pays, lui dont le père fut ministre d’Houphouët-Boigny et qui, à titre personnel, était le gendre d’Houphouët-Boigny !

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HARO SUR UN HOMME QUI EN SAIT TROP

Peut-être  que cette battue anti-Marcel Amon Tanoh s’explique par la peur que celui-ci inspire désormais puisque M. Tanoh  a été très lié à Alassane Ouattara pendant de très nombreuses années et par voie de conséquence a partagé  beaucoup de secrets avec l’actuel président.

En tout cas samedi, le concerné n’a pas caché qu’il en sait effectivement beaucoup sur les relations qui se sont nouées au RHDP et singulièrement entre Bédié et Ouattara par exemple. « Celui qui a fait les va-et-vient entre les deux hommes, c’est votre serviteur et celui qui n’a pas respecté son engagement, je le connais. Mais le temps de parler viendra », avait indiqué Amon Tanoh. S’agit-il donc de le museler ? On peut le penser.

Or pour ses détracteurs, la parole d’Amon Tanoh ne vaut rien parce qu’elle fondée sur la rancœur et la jalousie. Pourtant, on peut bien comprendre, même si M. Tanoh ne peut que porter l’entière  responsabilité de cette part d’ombre ainsi que cette connivence qu’il dénonce aujourd’hui, qu’il a pu être taraudé toutes ces années. Et que, de toute façon, ce n’est pas dénoncer à retardement qui est réellement le problème, mais de continuer dans le mensonge.

En tout cas devant des dizaines de milliers de militants de l’opposition venus revendiquer le retrait du chef de l’Etat de la liste des candidats parce qu’il avait déjà fait ses deux mandats constitutionnels, Amon Tanoh a affirmé qu’« aucun Ivoirien ne ferait à son frère ivoirien ce que Alassane Ouattara fait aux Ivoiriens » en dénonçant un refus systématique du dialogue de la part du président sortant. Puis  pour montrer sa détermination et celle de l’opposition à ne pas faiblir, l’ancien chef de la diplomatie ivoirienne avait ajouté que « nous sommes prêts à mourir pour notre pays. Nous ne reculerons plus. Nous en avons marre. Dites-lui de libérer notre pays »

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CHAUDEMENT APPLAUDI

Ce discours chaudement applaudi par une opposition à qui manque un leadership déterminé sur le terrain a vite fait l’objet d’une volée de bois vert de la part des anciens camarades du RHDP. Qui ont peut-être oublié que lorsque deux parties divorcent, on n’est jamais loin d’entendre des vérités dérangeantes.

SEVERINE BLE

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