Présidentielle 2020 en Côte d’Ivoire et générations: «Bédié pour une gouvernance de transition et de transmission…» (Un chercheur en science politique)

Présidentielle 2020 en Côte d’Ivoire et générations: «Bédié pour une gouvernance de transition et de transmission…» (Un chercheur en science politique)

QUELLE GENERATION POUR 2020 ?

On a coutume de dire que la jeunesse représente l’avenir des pays. En Côte d’Ivoire plus qu’ailleurs, où la population est constituée d’une large majorité de jeunes, cette vérité prend une dimension particulière. Notre jeunesse demande, exige beaucoup de son pays. C’est légitime. C’est le seul sur lequel elle peut compter. Elle se plaint beaucoup des aînés. Cela n’est pas illogique : elle n’a pas dû se perdre seule ! Mais est-elle innocente par rapport aux maux dont elle souffre au quotidien ? Est-elle irresponsable de la marginalisation, de la manipulation, du chômage, de la crise de l’éducation et autres tares, dont elle se plaint quotidiennement ?

LES DIFFERENTES GENERATIONS

A croire l’opinion dominante, notamment celle de la jeunesse elle-même, cette question n’a pas lieu d’être, tellement la réponse relève du truisme. Forte de cette certitude, la jeunesse ivoirienne réclame à cor et à cri une passation de témoin ou de flambeau au sommet de l’Etat. Pour ce faire, elle invite avec insistance, que dis-je, somme l’ancienne génération de lui laisser, sans délai, la place, dès 2020. Les jeunes Ivoirien(ne)s ont tendance à dire qu’ils sont fatigués de voir les mêmes visages et souhaitent en voir de nouveaux. Ils pensent que les anciens ont déjà montré ce dont ils sont capables et les considèrent, en bloc, comme ayant échoué. Certes, la traversée du désert de 1999 à 2011 a tellement marqué le Peuple ivoirien qu’il a tendance à croire qu’il suffit de changer les visages, les masques ou les noms. Mais restons lucides. Faut-il accorder crédit à une telle aspiration ? La Côte d’Ivoire de demain pourra-t-elle réellement compter sur sa jeunesse ? Quel est l’état de la mentalité de la jeunesse ivoirienne ? Permet-elle de regarder l’avenir de notre pays avec espoir, confiance et sérénité ? D’ici, j’appréhende les volées de bois verts. Mais il faut que quelqu’un s’y mette. Laissons donc de côté les émotions et penchons-nous froidement sur la question, c’est-à-dire avec distanciation, neutralité et objectivité.

Mais, avant de répondre à cette première série de questions, il s’impose de procéder à quelques précisions terminologiques. Que doit-on entendre par les expressions « ancienne génération » et « nouvelle génération » ? Et d’abord, que signifie le mot génération ?

Etymologiquement, génération vient du latin classique generare, qui veut dire engendrer. Les substantifsfrançais engendrement, reproduction, descendance correspondent, peu ou prou, aux termes latins generatiun, generatiogenerationem. Le Littré en donne plusieurs définitions, dont deux se rapprochent de la conception étymologique. Dans un premier sens, la génération renvoie à la production d’un être semblable à ses parents. C’est à partir de son application aux mathématiques, dont a hérité la biologie,que s’est forgé le principe de génération spontanée ou hétérogénie. La génération spontanée est la production d’un être organisé, sans le concours de parents, c’est-à-dire par la seule force de la matière bénéficiant de circonstances favorables. Dans un second sens, la génération désigne chaque degré de filiation en ligne directe. En ce sens, il y a une génération du père au fils, et deux du père au petit-fils. C’est cette conception que retient la Bible lorsqu’elle déclare : « Il y a donc en tout depuis Abraham jusqu’à David quatorze générations ».

D’un point de vue sociologique, la génération désigne l’espace de temps correspondant à l’intervalle séparant chacun des degrés d’une filiation. Elle permet d’identifier l’ensemble de ceux qui vivent à une même époque et qui ont sensiblement le même âge. En d’autres termes, la génération désigne la moyenne d’âge à partir de laquelle une population donnée commence à se générer une succession.Le laps de temps retenu est fonction de l’évolution des réalités sociétales, notamment scientifiques, sanitaires, sociales et économiques. Cet espace, qui sert d’évaluation courante pour la durée moyenne de la vie humaine à partir de laquelle un individu peut procréer, varie entre vingt et trente ans. Ainsi selon que l’on retienne, vingt, vingt-cinq ou trente ans, un siècle compte cinq, quatre ou trois générations. Il semble que l’âge minimum actuel tourne autour de vingt-deux ans. Ainsi, sont de la même génération, à partir d’une année n, tous les enfants ayant entre 0 et 22 ans.

CALCUL DE GENERATION

Cette perception est retenue par la plupart des traditions africaines, mais avec un laps de temps généralement plus réduit, la décennie étant la moyenne. Chez certains peuples Akans, à l’instar des lagunairesde Côte d’Ivoire, où la célébration des générations est un moment marquant de l’histoire des individus et des communautés, la génération est séquencée en tranche d’âge. Ainsi, en est-il chez les Adjoukrous, notamment ceux de Lopou, où l’espace générationnel est de huit ans. La montée au pouvoir se faisant par génération, on parle alors de génération montante. Dans ce modèle, un enfant né au cours de l’année n est de la même génération qu’un autre de l’année n+7, le premier ayant 1 an et le second huit ans, à partir de l’année de base. Par contre, un enfant de l’année n-1, ne serait pas de la même génération que l’enfant de l’année n. Il en est de même de deux enfants nés pendant les années n+7 et n+8, alors même qu’il n’y a qu’un an de différence entre les deux enfants considérés, dans chacun de ces deux exemples.

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Au regard de cette clarification sémantique, les termes « ancienne » et « nouvelle » génération employés dans le langage politique ivoirien apparaissent comme étant porteurs de préjugés. La nouvelle génération s’affirmerait comme l’antithèse de l’ancienne génération, celle-ci étant désormais dépassée, surannée, obsolète, propre à être rangée au placard. Mais les préjugés n’opèrent pas à sens unique. A tort ou à raison, les « aînés » ont tendance à s’estimer mieux formés, mieux éduqués, plus responsables et donc mieux préparés à assurer la gouvernance d’Etat. Ils ne manquent aucune occasion pour afficher leur condescendance. En fonction de son appartenance canonique, l’une ou l’autre génération serait la bonne, positive, tandis que l’autre serait mauvaise, négative.

Cette conception simpliste est non seulement fausse mais dangereuse. Elle est fausse, parce qu’une population ou un peuple, à un moment donné, est composé de plus que deux générations. En supposant que la personne la plus âgée de notre pays ait cent-vingt ans aujourd’hui, la Côte d’Ivoire compterait entre 4 et 15 générations, en fonction des critères admis. Elle est dangereuse, lorsqu’elle est confondue avec la notion de classe ou de génération politique. En fait, c’est cette dernière qui permet, le mieux, de comprendre le clivage opéré entre « ancienne » et « nouvelle » génération tous azimuts brandi, lorsqu’est évoquée la succession au sommet de l’Etat, en cette année 2020.

HOUPHOUET, BEDIE, GBAGBO ET LES GENERATIONS

La notion de génération politique peut se définir selon deux critères. Le premier, c’est d’avoir été forgé par les mêmes événements politiques majeurs ayant rythmé la vie de la Nation. Sur cette base, la Côte d’Ivoire peut être divisée en cinq générations politiques. La première est la génération des indépendances, celle qui a participé à la lutte contre le colonisateur pour l’accession du pays à la souveraineté nationale et internationale. Les leaders les plus illustres de cette génération sont les Félix HOUPHOUËT-BOIGNY, Auguste DENISE, Philippe Grégoire YACE et consorts. La deuxième génération est celle du parti unique ou génération houphouétienne – et non houphouétiste qui signifie partisan de Félix HOUPHOUËT-BOIGNY  –, celle forgée directement ou indirectement par le président éponyme.Le fait d’armes principal de cette génération est le miracle ivoirien, hélas plus tard mis à mal par la crise économique appelée « conjoncture » dans le langage populaire ou, sur un ton ironique, « mirage ivoirien ». Cette génération s’étend de 1960 à 1990. Ses figures les plus charismatiques aujourd’hui sont Henri KONAN BEDIE, Laurent GBAGBO, Robert GUEI, Alassane OUATTARA et autres. Vient ensuite la génération de l’ère multipartite qui se situe entre 1990 et la fin de la première République, avec l’adoption et la promulgation de la Constitution de 2000. Son fait d’armes, c’est le combat pour l’institutionnalisation de la démocratie textuellement reconnue. Le plus grand représentant de cette génération est Feu Georges DJENI KOBINA. Les autres, plus ou moins influents, ont pour noms Mamadou KOULIBALY, Francis WODIE, Bernard ZADI, Henriette DIABATE, Maurice KAKOU GUIKAHUE et consorts. A la suite de cette génération, on trouve la génération de crise, dont les prémices se situent à la date du coup d’Etat de 1999 et du renversement du Président BEDIE par le général GUEI pour s’achever avec la capture du Président GBAGBO et la prise du pouvoir par le Président OUATTARA. Ses figures de proue sont incontestablement Guillaume SORO KIGBAFORI, Charles BLE GOUDE et KOUADIO Konan Bertin. Enfin, on a la génération post-crise, celle qui s’active à partir de la fin de la guerre électorale de 2011. Cette génération a pour crédo le changement de gouvernance et réclame une meilleure répartition des ressources, notamment au profit de la jeunesse. Elle est incarnée par des personnalités comme Jean-Louis BILLON, Denis KAH ZION, Thierry TANOH ou encore Yasmine OUEGNIN, voire Tidjane THIAM.

Cette catégorisation appelle deux observations. D’une part, l’appartenance à une génération politique n’a rien à voir avec l’âge de naissance, mais la présence active à l’époque. Mais cela reste flou pour comprendre pourquoi Laurent GBAGBO est plutôt considéré comme membre de la génération houphouétienne et non pas membre de la génération du multipartisme, alors qu’il est réputé père du multipartisme. La même interrogation peut être posée pour Félix HOUPHOUËT-BOIGNY qui, curieusement n’appartient pas à la génération houphouétienne. En fait, il faut considérer la période à laquelle le leader visé a pesé sur la politique du moment pour opérer le grand changement ayant marqué sa vie politique. Pour Félix HOUPHOUËT-BOIGNY, en tant que premier Président de la République de Côte d’Ivoire indépendante, c’est bien le combat contre le colonisateur, tandis que pour Laurent GBAGBO, c’est d’avoir pesé de tout son poids pour que la Côte d’Ivoire passe du système unitaire et au système multipartite. En fait, ce qu’il faut considérer, c’est le temps des actes et non celui des résultats, c’est-à-dire des produits, effets ou impacts.

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PDCI-RDA, FPI, RDR ET LES NOUVELLES GENERATIONS

D’autre part, on pourrait s’étonner que toutes les personnalités considérées comme marquantes dans la génération post-crise, la génération cadette, soient exclusivement du PDCI-RDA. On pourrait certes en trouver d’autres au FPI, au RDR devenu RHDP ou ailleurs, y compris au sein des groupes de pression ou société civile. Mais, pour le FPI miné par la division aussi bien que pour le RHDP au pouvoir, le trop grand culte de la personnalité à l’égard de leurs leaders respectifs n’a pas permis aux velléitaires de s’affirmer véritablement.L’incertitude entourant les deux chefs de parti, quant à la possibilité de briguer un autre mandat est une autre explication plausible. Par contre au PDCI, l’âge avancé du Président, qui fait tant couler d’encre et de salive, donne l’espoir aux plus jeunes et les incite à se positionner dans une posture de « ne sait-on jamais ! ». Dans les autres partis comme dans la société civile, si la stabilisation du paysage politique ivoirien en trois partis majeurs ne ramollit pas les ambitions, elle les oblige, dans un esprit de realpolitik, à se mettre au diapason de ce qui est possible, réaliste.

L’ARBITRAIRE N’A JAMAIS TROUVE DE TERREAU AUSSI FERTILE

Le second critère permet de distinguer ceux qui ont déjà gouverné avec le pouvoir et les plus ou moins immaculés.Précisons que gouverner, c’est faire partie, avec une certaine durabilité (par exemple, 3 ans), du gouvernement ou des institutions, en tant membre du parti au pouvoir. Il ne s’agit pas seulement d’un simple flirt politique. En tenant compte de cette définition, Mamadou KOULIBALI a déjà gouverné, ce qui n’est pas le cas de GNAMIEN Konan. Bref, au sens de ce second critère, il existerait deux générations : l’ancienne et la nouvelle. Là se pose encore la nécessité de délimiter : faut-il opposer nouvelle et ancienne génération (génération cadette contre génération aînée), nouvelle et anciennes générations (génération cadette vs générations des aînés) ou nouvelles et ancienne générations (les 4 dernières générations contre la première), voire nouvelles et anciennes générations (les deux dernières générations contre les trois premières ou les trois dernières contre les deux premières) ? L’arbitraire n’a jamais trouvé de terreau aussi fertile. Mais, en partant de l’idée de virginité par rapport à la participation à la gouvernance d’Etat ou celle de changement de République, on peut proposer une division plus ou moins objective.

Sur la base de la virginité politique, l’ancienne génération regroupe toutes celles qui ont gouverné depuis l’indépendance jusqu’à la fin de la crise post-électorale en 2011. Seule la génération post-crise ou génération cadette n’a pas encore gouverné. Sur la base du changement de République, le changement le plus important ayant été opéré avec la Constitution de 2000, la nouvelle génération est celle de l’après 2000 et l’ancienne est celle de l’avant 2000. Cette dernière distinction me paraît plus crédible, puisqu’elle coïncide, plus ou moins, avec un critère empirique d’âge souvent retenu. Dans la plupart des pays du monde, la retraite s’acquiert à partir de 60 ans. A partir de cet âge, on passe à une autre étape de la vie. On devient ancien ou senior. Or, la plupart des activistes politiques d’avant 2000 a déjà atteint 60 ans.Toutefois, attention, il faut tenir compte de l’exception en politique.

JEUNESSE CONSCIENTE PHAGOCYTEE PAR L’AUTRE JEUNESSE

En tout état de cause, c’est la génération cadette, la génération immaculée, synonyme de jeunesse, celle à laquelle j’appartiens, qui réclame le pouvoir et non plus sa part de pouvoir comme auparavant. Mais, tout parti pris mis de côté, notre jeunesse est-elle prête ? Les tenants d’une réponse affirmative à cette interrogation auraient mille et une fois raisons, si la problématique ne concernait que cette jeunesse talentueuse, consciencieuse, besogneuse et vertueuse, cette jeunesse qu’on trouve à la tâche, sans relâche, dans les champs, les ateliers, les commerces, les bureaux et les affaires, cette jeunesses créative et créatrice qui n’a pas besoin de tendre la main aux politiciens-calculateurs-exploiteurs-sans-foi-ni-loi de tous bords et autres faux bienfaiteurs pour devenir quelqu’un dans la société. Cela peut étonner plus d’un, mais cette jeunesse existe bel et bien. Le problème, c’est qu’elle est tellement minoritaire qu’il faut la chercher pendant longtemps pour la trouver. Phagocytée par l’autre jeunesse, la dominante, la toute puissante, elle arrive difficilement à se faire entendre, pour ne pas dire pas du tout.

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Tout le dilemme est justement là : comment nous assurer que le pouvoir à la nouvelle génération puisse échapper à la jeunesse de toutes les dérives, celle qui avait pris l’éducation en otage avec les machettes et continue de la malmener, celle des microbes, des brouteurs, de la goujaterie artistique et musicale, de la grossièreté langagière, de l’impolitesse comme seule argument pour débattre, de la fraude comme seul moyen d’accéder à la fonction publique, de l’héritage de la perversion par les réseaux sociaux ? Comment nous assurer que le flambeau n’échouera pas entre les mains des porteurs de sacs tout d’un coup promus dans les cabinets ministériels et autres administrations, de cette jeunesse sans vision ni ambition, si ce n’est celle de l’argent facile, de cette jeunesse sans repères et sans modèles aux centres d’intérêts douteux, inconsciente de son importance et de sa responsabilité dans la construction de la Nation et du développement du pays ? Prosaïquement, comment garantir que le pouvoir tombera entre les bonnes mains, celle de la jeunesse incarnant véritablement l’avenir ? Ayons le courage de le dire, cette jeunesse manipulable à souhait inquiète quant à son avenir et celui du pays.

UNE COTE D’IVOIRE DE PAIX

Le fait est que nous n’aurons jamais la réponse-preuve, tant que la jeunesse n’accède pas au pouvoir ; Bien entendu, mon souhait le plus ardent est qu’elle y parvienne. Mais est-ce vraiment le moment ? Certes, les leaders de la nouvelle génération ci-haut cités ou non présentent, à bien des égards les capacités pour gouverner. Le problème, c’est qu’on ne gouverne pas seul et il faut se poser la question de savoir comment ils seront entourés. Vont-ils reproduire les schémas consistant à s’entourer de tous ceux qui peuvent garantir la conservation du pouvoir, coûte que coûte, vaille que vaille, au prix d’une victoire à la Pyrrhus, ou de ceux qui peuvent permettre de créer une nouvelle Côte d’Ivoire, UNIE, COHESIVE, STABLE, DEVELOPPEE et PUISSANTE, une Côte d’Ivoire de PAIX ? C’est le moment de nous poser la question suivante : en cette période cruciale de l’histoire de la Côte d’Ivoire, que recherchons-nous ? Pour ma part, la clé se trouve entre les mains de toutes les générations. La nouvelle génération doit se préparer à accéder au pouvoir et cela passe par un encadrement par l’ancienne génération. Avec les crises successives, cette préparation n’a pas pu se faire dans les meilleures conditions. En faire l’économie étant une voie sans issue, un arbitrage intelligent pour la succession au pouvoir en 2020 doit être fait.

UNE LUTTE COMMUNE DE TOUTES LES GENERATIONS

C’est fort de cette conviction que je crois en un retour du Président BEDIE au pouvoir. Je conçois la prochaine gouvernance BEDIE comme une gouvernance de transition et de transmission. Elle doit se faire impérativement avec la jeunesse, afin de la préparer à continuer la poursuite des intérêts supérieurs de notre Nation. Cela exige, de la jeunesse ivoirienne, de la patience, de l’humilité et de la disponibilité. En contrepartie, elle doit être mise en confiance. En d’autres termes, elle doit être responsabilisée. Car, il est évident que sa déception serait encore plus grande si, à l’issue de la victoire, on lui impose, absurdement, un gouvernement ou une classe dirigeante dominé(e) par l’ancienne génération. On sait depuis longtemps que l’adage « On ne fait pas du neuf avec du vieux » est faux. De l’ancienne génération comme de la nouvelle, ceux qu’il faut exclure de l’accession au pouvoir, ce sont ceux qui ont milité contre les aspirations profondes du Peuple dans la construction de la Nation, ce sont les bourreaux des Ivoirien(ne)s, ceux qui d’une manière ou d’une autre les ont fait, les font ou envisagent de les faire souffrir,au nom de leurs propres intérêts mesquins et égoïstes. Hormis cette exigence non négociable, ce serait d’une absurdité sans nom d’exclure l’une ou l’autre génération. Car, le combat qui s’annonce, en cette année électorale 2020, n’est pas un combat intergénérationnel, mais une lutte commune de toutes les générations pour sauver notre Mère-Patrie, la Côte d’Ivoire.

KOUAME Yao Séraphin

Maire de la commune de Brobo,

Délégué départemental PDCI-RDA,

Chercheur en science politique.

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