Présidence de l’université FHB de Cocody: Dans la tête d’Abou Karamoko… «Je vais me charger de les faire payer»

Présidence de l’université FHB de Cocody: Dans la tête d’Abou Karamoko… «Je vais me charger de les faire payer»

Dans un message adressé à la presse le mardi 15 septembre dernier, Abou Karamoko, dans une forme de rhétorique qui lui est désormais singulière, menaçait de suspendre les salaires de tout enseignant qui s’essaierait à lancer une grève à l’UFHB, devenue désormais sa propriété privée.

Le mardi 13 octobre dernier, au cours d’une autre cérémonie à l’amphi A du District, il récidivait en menaçant de faire payer les auteurs de la grève de 72 heures de protestation contre le rabaissement de la qualité de la formation. C’est avec ce type de menace constante que le sieur Abou Karamoko tient en respect plus de deux milliers d’enseignants et chercheurs depuis plusieurs années.

Dans la tête d’Abou Karamoko, il sait ce qui se passe dans la tête des enseignants, il les connaît comme le fond de sa propre poche. Il connaît leur peur et leur angoisse. Il sait comment s’en servir pour les tenir à carreau et régner sans contestation. Dans la tête d’Abou Karamoko, les enseignants-chercheurs et chercheurs ne sont que de piteux individus qui n’ont d’autre souci et finalité que d’attendre leur salaire de fin du mois et passer les différents grades du CAMES. Il suffit de menacer de les en priver pour qu’ils rentrent tous dans leurs coquilles. Ainsi, il peut leur faire subir toute sorte d’abus et d’humiliation sans qu’aucun d’entre eux ne puisse broncher. Avec ces deux bombes « atomiques » (le salaire et le CAMES), il est sûr et certain de régner paisiblement.

Dans la tête d’Abou Karamoko, les enseignants-chercheurs et chercheurs sont de vils individus sans dignité et sans personnalité sur les têtes desquels il peut marcher pour assouvir ses ambitions. D’ailleurs, Ne les a-t-il pas traités de voleurs dans la presse nationale sans frémir ? N’a-t-il pas publiquement appelé leurs étudiants à les molester sans que quiconque ne puisse oser lever le moindre petit doigt ? N’a-t-il pas fait suspendre les salaires d’une vingtaine d’enseignants pendant près d’une année en violation de tous les textes législatifs et administratifs en vigueur ? N’a-t-il pas bloqué tout récemment les salaires de certains Doyens pour avoir déposé leur procès-verbal avec retard ? Il paie les salaires et les primes quand il veut, selon ses humeurs et son bon vouloir ; il paie le montant de HC qu’il veut à qui il veut et quand il veut nonobstant les volumes horaires effectivement réalisés par chaque enseignant.

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Dans la tête d’Abou Karamoko, l’université FHB, construite par le premier Président de notre pays, est comme le fond de sa poche. Il y met sa main quand il veut et il la retire quand il veut. Il n’a de compte à rendre à personne. Lui qui conjugue bien la philosophie et la foulosophie, qui allie savamment mysticisme et l’occultisme, a réussi à mettre en coupe réglée tout un système à son propre profit et à ceux de ses valets et courtisans que sont devenus les vice-présidents, secrétaires généraux, doyens, vice-doyens et autres, qui l’accompagnent dans ses folies et ses hérésies. Dans la tête d’Abou Karamoko, il est un super-président qui est au-dessus du ministre de l’ESRS. N’a-t ‘il pas défié l’autorité des deux derniers ministres que sont le Prof. BAKAYOKO-LY Ramata et Mabri TOIKEUSSE. Le dernier venu y passera certainement. Il aime à se vanter que c’est lui qui a contribué à faire débarquer les deux précédents et le dernier n’a qu’à bien se tenir. Mais contrairement aux deux précédents, il partage avec le dernier venu beaucoup d’idéaux pour que la guerre de Troie ait lieu. Selon les informations en notre possession, Abou Karamoko est sur le point de faire payer à nos responsables syndicaux la grève de protestation de 72 heures du 07 au 09 octobre dernier. Des lettres de demande d’explication ont commencé à être distribuées à certains responsables syndicaux de la POSEC-CI. Il a promis de leur faire subir le même sort qu’il a réservé aux responsables de la CNEC tendance Johnson Zamina, eux qui ont eu l’outrecuidance de déclencher une grève dans son royaume si chèrement acquis et conquis. Il dit à qui veut l’entendre « je vais les faire payer… ». Si nos leaders syndicaux doivent être traduits en Conseil de discipline chaque fois qu’ils revendiquent pour nos droits, alors il en est fini de notre corporation.

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Abou Karamoko, ancien syndicaliste de son état, membre successivement du SYNARES et de la CNEC, voue à présent une haine viscérale à l’endroit des syndicalistes. Tout le monde connaît le passé tumultueux et sulfureux de ce dernier partout où il est passé. Il avait été débarqué de son poste de Chef de Cabinet adjoint du Ministre de l’ESRS, Monsieur Cissé Bacongo. Revenu à l’université à son statut de simple enseignant-chercheur, il incitait régulièrement les dirigeants de la CNEC à la grève car disait-il, l’État de Côte d’Ivoire avait assez de moyens pour faire face aux revendications des enseignants-chercheurs et des chercheurs. Mais cette époque-là est bien révolue.

Dans la tête d’Abou Karamoko, il est intraitable, implacable et infaillible. Lui la tête forte, lui la tête de mule ; n’a-t-il pas remporté tous les tête-à-tête face aux enseignants. N’a-t-il pas réduit la puissante CNEC à l’ombre d’elle-même aujourd’hui ? Lui l’intrépide qui a osé payer les enseignants-chercheurs et chercheurs à des taux inférieurs à ceux pratiqués dans des établissements secondaires boutiques de la place sans qu’aucune mouche n’ait perdu une de ses ailes. Cependant, le plus important dans cette affaire n’est pas ce qui se trame dans la tête d’Abou mais plutôt ce qui se passe dans la tête des enseignants-chercheurs et chercheurs de l’UFHB. Il faut que les collègues comprennent qu’il y a toujours un jeu de pouvoir entre les acteurs d’un système. La fonction d’un syndicat est d’être un contre-pouvoir face aux dérives autoritaristes d’une hiérarchie. Le syndicat est à la hiérarchie ce qu’est l’opposition au parti au pouvoir, une force de proposition. Imaginez-vous un instant un régime sans opposition comme c’était le cas il y a environ 40 ans. La force d’un syndicat réside dans sa base, une base forte et mobilisée a toujours fait reculer les rois les plus fous. Ceux qui aiment à dire qu’ils ne veulent plus entendre parler de syndicat ne sont pas conscients qu’ils contribuent ainsi à renforcer l’autoritarisme et les abus de l’administration. Plus cette dernière est forte, plus les dérives se multiplient. Abou Karamoko a été nommé à la tête de l’UFHB avec un agenda très clair. Il ne pouvait pas réussir sa mission tant que les syndicats étaient assez forts et puissants. Il fallait les amadouer, les endormir pour ensuite leur donner le coup de grâce avant de procéder à la mise sous coupole de l’université. Il croit y avoir réussi tant les enseignants-chercheurs et chercheurs sont devenus frileux. Aussi longtemps que nous ne nous mobiliserons pas derrière les instruments de lutte et de défense de nos droits que sont nos syndicats, nous continuerons à être des victimes expiatoires de ce genre d’autocrate loufoque illégitimement bombardé à la tête de nos universités.

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Dans tous les pays du monde, l’université est un espace de liberté par essence et par excellence ; liberté de penser, liberté d’expression, liberté de revendication, un véritable laboratoire de démocratie universelle. L’université est en somme l’universelle humanité. Toute autorité, tout individu qui met en péril ses valeurs humanistes doit être bouté hors du système. Nous n’avons pas le droit de rester en marge de ce combat pour nos droits fondamentaux si chèrement acquis par nos aînés. Nous n’allons pas constamment continuer à geindre et à nous plaindre dans nos salons et bureaux comme des damnés condamnés à attendre que le bon Dieu leur vienne au secours. Il nous faut nous libérer de cette prison psychologique dans laquelle nous nous sommes nous-mêmes enfermés. Plus que pour les salaires et autres avantages pécuniaires, ce combat est celui qui mérite d’être mené plus que tout autre. Chers collègues, enseignants-chercheurs et chercheurs, apprêtez-vous donc à fermer vos livres et vos ordinateurs, préparez-vous à déposer vos stylos et vos craies, nous sommes au dernier acte de ce drame tragique, l’heure de l’épilogue de cette tragédie dramatique a sonné. Dans sa tête et à ses proches, Abou Karamoko aime à dire qu’il s’en fout des enseignants. Il est connu que Jupiter rend fou celui qu’il veut perdre. Abou ne le sait sans doute plus, mais toute chose à une fin, et nous sommes à la fin, à sa fin…car Abou est arrivé au bout de son propre film. Mais ne nous y trompons pas, la suite dépendra véritablement de l’attitude des enseignants et chercheurs.

Signé :

Un professeur  Enseignant-chercheur à l’UFHB

Lanceur d’alerte Eveilleur de conscience

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