Pendant que Laurent Gbagbo revient de prison: La justice française sévit contre Nicolas Sarkozy

Accusé de crimes lors de la crise postélectorale de 2010, Laurent Gbagbo avait été arrêté par l’actuel régime avec l’aide de Nicolas Sarkozy, alors président de la République française.

Conduit à la Cour Pénal Internationale (CPI) et incarcéré pour être jugé, le pouvoir en place pensait qu’il s’était définitivement débarrassé de l’ancien président ivoirien.

Mais ironie du sort, il va être définitivement acquitté et libéré en Mars 2021.

Ce jeudi 17 Juin 2021, pendant qu’il il rentrait de façon triomphale dans son pays natal pour prendre part à la réconciliation nationale, la justice française condamnait Nicolas Sarkozy, l’un de ses bourreaux, à six mois de prison ferme dans l’affaire Bygmalion.

En effet, ce jeudi, selon RFI, l’heure était aux réquisitions des procureurs dans le procès de l’affaire Bygmalion sur les dépenses excessives de la campagne présidentielle de 2012 de Nicolas Sarkozy où il est accusé de financement illégal. 

« Le candidat est le seul responsable de son compte de campagne, réagit la procureure. Ce n’est pas moi qui le dis, mais la loi ». Puis elle déroule : prétendre que sa signature n’engageait rien alors qu’il signait chaque jour des décrets impliquant la République, « c’est abyssal ».

Le ministère public met ensuite le doigt là où le bât blesse, sur les fameuses notes d’alerte que les experts-comptables assurent avoir transmis à Nicolas Sarkozy pour l’informer de l’envolée des dépenses. Lui a d’abord dit qu’il ne les avait pas lues, puis finalement qu’il en avait tenu compte, « tout cela est très changeant », souligne la procureure qui en arrive à sa conclusion : en dépassant le plafond autorisé pour une campagne présidentielle, « Nicolas Sarkozy s’est éloigné du chemin de l’État de droit ». Elle demande à son encontre un an de prison, dont six mois ferme.

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Des peines allant de dix-huit mois à quatre ans de prison avec sursis ont par ailleurs été requis à l’encontre des 13 co-prévenus jugés aux côtés de l’ancien président pour les dépenses excessives de sa campagne présidentielle. La peine la plus lourde a été requise à l’encontre d’Eric Cesari, ex-Directeur général de l’UMP, et de Guillaume Lambert, qui était le directeur de la campagne en 2012.

Les procureurs ont demandé trois ans de prison avec sursis et 50 000 euros d’amende pour l’ex-directeur adjoint de la campagne, Jérôme Lavrilleux, seul à avoir reconnu la fraude. Contre les trois ex-cadres de Bygmalion, la société en charge des meetings de Nicolas Sarkozy, qui ont admis avoir accepté la mise en place du système de fausses factures, dix-huit mois de prison avec sursis ont été requis.

Révélé deux ans après la défaite de Nicolas Sarkozy, le scandale avait entraîné des déflagrations en série à droite. L’enquête a révélé que le prix réel des 44 meetings organisés par l’agence événementielle Bygmalion avait été drastiquement réduit – 80% des factures ont disparu – et le reste réglé par l’UMP au nom de conventions fictives du parti.

L’enquête « n’a pas établi » que Nicolas Sarkozy l’aurait « ordonné », qu’il y aurait « participé », ni même qu’il en aurait été informé, selon l’accusation. Par contre, il en a « incontestablement » bénéficié, disposant ainsi de « moyens bien supérieurs à ceux que la loi autorisait ». Le plafond légal a été dépassé de 22 millions d’euros. Une thèse vigoureusement contestée par le chef de l’État pendant ses quatre heures d’interrogatoire.

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Nicolas Sarkozy a d’énormes difficultés en ce moment. Car il est poursuivi pour plusieurs délits.

Il n’est pas à sa première condamnation.

Nathanael Yao

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