Opposition politique et société civile ivoiriennes: Ces hommes et femmes qui dérangent le pouvoir Ouattara-RHDP

Opposition politique et société civile ivoiriennes: Ces hommes et femmes qui dérangent le pouvoir Ouattara-RHDP

Depuis le constat des irrégularités dans l’organisation des élections présidentielles en Côte d’Ivoire et de l’annonce du troisième mandat anticonstitutionnelle d’Alassane Ouattara, des responsables de l’opposition et de la société civile se sont levés pour condamner et s’opposer aux graves dérives du régime en place. Malgré les intimidations, les arrestations et les emprisonnements arbitraires, ils ne reculent pas. L’on peut retenir des noms tels qu’Henri Konan Bédié, Maurice Kakou Guikahué, Pascal Affi N’guessan, Assoa Adou, Georges Armand Ouegnin, Mamadou Koulibaly, Danièle Boni Claverie, Soro Guillaume, Pulchérie Gbalet, et bien d’autres, qui sans doute seront inscrits dans les livres d’Histoire pour la postérité.

Qui sont-ils au juste ?

Henri Konan Bédié du PDCI-RDA

Il est ancien président de la République (1993-1999) et actuel président du plus ancien et du plus grand parti politique de Côte d’Ivoire, le PDCI-RDA. Doyen et Chef de file de l’opposition, ce sage, de surcroît faiseur de rois puisqu’Alassane Ouattara lui doit ses deux premiers mandats constitutionnels, n’a pas caché son refus de cautionner la violation de la constitution ivoirienne de 2016. Il est d’ailleurs  l’instigateur de la désobéissance civile pacifique lancée avec la caution de toute l’opposition.

Choisi le 02 Novembre 2020 comme président du Conseil National de Transition (CNT), Henri Konan Bédié a vu sa résidence attaquée puis mis sous blocus par la police et la gendarmerie aux ordres du régime. Sa garde rapprochée lui avait été retirée dans l’intention de l’affaiblir et de le faire reculer. Mais l’homme est resté sur sa position ; à savoir le respect de la constitution.

Malgré sa récente rencontre avec le mentor du RHDP en vue d’un dialogue social dans les prochains jours, il est resté ferme quant aux préalables de toute l’opposition (libération des prisonniers politiques, le retour des exilés politiques, le respect de la constitution, la réforme de la CEI…).

Lire aussi:  Accident DJ Arafat sur vidéo surveillance: Un grand choc, une fracture de la nuque et du menton, couché sur le bitume, l’artiste était en train de rendre l’âme...

Maurice Kakou Guikahué du PDCI-RDA

Il est le N°2 du parti. Ancien ministre de la Santé et actuellement Député à l’Assemblée Nationale, président du groupe parlement de son parti. Ce médecin agrégé et Professeur Titulaire de Chair en cardiologie, président fondateur de la Société ivoirienne de cardiologie-Sicard-avant dernier président du Groupe de travail de la cardiologie tropicale de la Société française de cardiologie (grand serviteur de l’Etat), fidèle et loyal compagnon du président Bédié est injustement derrière les barreaux, sans levée d’immunité parlementaire, au nom de la démocratie et surtout ses discours qui vont dans le sens du respect scrupuleux de la constitution. Homme courageux et téméraire, il n’a jamais manqué un seul grand rendez-vous de l’opposition. Sa hargne et sa loyauté font école pour les ‘’apprentis politiciens’’.

Il n’a pas encore été président de la République. Il le sera peut-être un jour. Mais l’on sait que toute la Côte d’Ivoire retiendra son nom et même le RHDP dont il a été président du Directoire et père de la légalisation des textes dudit groupement politique devenu parti politique avec pour président Alassane Ouattara.

Pascal Affi N’guessan du FPI

Il est président du FPI, parti fondé par Koudou Laurent Gbagbo. Beaucoup critiqué par une partie des militants de son parti car accusé d’être proche du régime en place, l’ancien premier ministre et actuel Député à l’Assemblée Nationale, président du Conseil régional du Moronou,  a fini par convaincre tout le monde. Il a en effet, boycotté les élections présidentielles de 2020 en se rangeant du côté de l’opposition. Sa détermination a même fait de lui le porte-parole du CNT. Il est actuellement détenu, également sans lever son immunité parlementaire, dans une prison sécrète par le régime après son arrestation.

Assoa Adou du FPI pro- Gbagbo

Il est le Secrétaire général de ce parti et l’homme de main de Laurent Gbagbo depuis la Haye et Bruxelles. Son suivi à la lettre des consignes de son mentor a toujours donné du fil à retordre au pouvoir en place. Sa résidence a également été la cible d’une attaque des forces de l’ordre guidées par le régime. Néanmoins, il est resté digne. Pour lui, il faut respecter la constitution.

Lire aussi:  S/P de Pacobo-Fête de la Charité à Ahoukro : Tous reconnaissent avoir passé une journée de bénédictions…

Georges Armand Ouegnin d’EDS

Georges Armand Ouegnin, président de la plateforme EDS, était jusque-là le membre le plus discret de la grande famille Ouégnin. Chirurgien réputé qui dirige le service d’urologie au CHU de Cocody, il a décidé de sortir de l’ombre. Homme dont le patronyme est intimement lié au Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), il a choisi l’opposition. La candidature de Laurent Gbagbo a même été déposée sous l’étiquette d’EDS. Avec l’opposition, il ne veut pas entendre parler de troisième mandat en Côte d’Ivoire.

Mamadou Koulibaly de LIDER

Ancien président de l’Assemblée Nationale et fidèle compagnon de Laurent Gbagbo, Mamadou Koulibaly a créé LIDER après la chute du pouvoir FPI. Il est l’actuel maire d’Azaguié et s’est très vite rangé du côté de l’opposition pour exiger le respect de la constitution. Il a été de tous les grands rendez-vous de l’opposition pour faire barrage au troisième mandat d’Alassane Ouattara.

Danièle Boni-Claverie de l’URD

Femme politique, ancienne ministre de la communication et ancienne ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, ancienne DG de la RTI, Danièle Boni-Claverie est la présidente fondatrice de l’URD. Interpellée le jeudi 20 octobre 2016 alors qu’elle s’apprêtait à manifester en compagnie de Mamadou Koulibaly, ancien président de l’Assemblée nationale, feu Aboudramane Sangaré, Gnangbo Kacou, député indépendant, et Kouadio Siméon, ancien candidat à la présidentielle, pour demander le retrait du projet de nouvelle constitution, elle n’a jamais baissé les bras. L’on se souvient de son discours poignant lors du lancement de la désobéissance civile. Femme de caractère, elle est restée égale à elle-même. Elle s’inscrit sur la liste de ceux qui disent haut et fort ‘’non’’ au troisième mandat anticonstitutionnel d’Alassane Ouattara.

Lire aussi:  Enquêtes, dialogue et libération des prisonniers: Le régime Ouattara-RHDP s’enfiche et préfère la dictature

Soro Guillaume de GPS

Ancien premier ministre et ancien président de l’Assemblée Nationale, député en exercice de Ferkessédougou, Soro Guillaume, cet ex- chef de la rébellion qui a contribué à porter Alassane Ouattara au pouvoir, n’est plus en odeur de sainteté avec son ancien mentor depuis pratiquement deux ans. Lui-même voulant devenir mentor à la place de son ex-mentor. Président de GPS, il est désormais l’un des farouches opposants au troisième mandat d’Alassane Ouattara. Interdit de rentrer dans son pays depuis décembre 2019 car soupçonné d’avoir  voulu renverser le régime en place, il crache du feu et de la neige depuis son exil français et ne reconnaît plus Alassane Ouattara comme président de la République. Malgré l’emprisonnement de ses compagnons de lutte (Alain Lobognon, Koné Tefour…), Soro se dit convaincu que M. Ouattara quittera le pouvoir, qu’il le veuille ou pas.

Pulcherie Gbalet d’ARDH

Après 6 ans de syndicalisme à la centrale Dignité, elle porte depuis 2011, l’habit d’activiste pour  la démocratie et la dignité humaine. Son concept « gilets orange » copié sur les gilets jaunes français, fin 2018, l’a propulsée au-devant de la scène. Pulchérie Gbalet est la présidente d’Action pour la Restauration de la Dignité Humaine (ARDH) et de l’Ong ACI (action citoyenne ivoirienne). Elle lutte depuis pour rétablir les droits nde l’hommes dans son pays. Pour avoir demandé au peuple de se lever contre le troisième mandat d’Alassane Ouattara, elle a été arrêtée à Yopougon le samedi 16 août 2020 et est détenue à la MACA depuis ce jour, après avoir été inculpée par le parquet d’Abidjan pour appel à l’insurrection et trouble à l’ordre public. Pulchérie Gbalet depuis sa cellule est convaincue que seule la lutte paiera.

Nathanaël Yao

Laisser un commentaire