Livre de la semaine N°3: «Etre un Homme», pour ne jamais perdre espoir… la vie de Botofoué Pascal

Livre de la semaine N°3: «Etre un Homme», pour ne jamais perdre espoir… la vie de Botofoué Pascal

Titre : « Etre un Homme »

Pour ne jamais perdre espoir

Auteur : Beira Ehi Marc

« Etre un Homme » pour ne jamais perdre espoir.  L’ouvrage est de Beira Ehi Marc, enseignant et juriste, sorti chez « FUPA Editions », en 2014.

Beira Ehi Marc nous permet  de mettre en lumière quelques traits marquants de ce livre saisissant, plein de rebondissements et dont la lecture nous entraine sur les sentiers romanesques.  Sous la narration de l’histoire de la vie de Botofoué Pascal –  personnage central de l’œuvre, enseignant de lycée de profession qui a dû faire face à toutes sortes d’adversités pour devenir un homme, un vrai, même si cela arrive au soir de sa vie. Beira Ehi Marc pose une question de fond aux ressorts juridique et social, voire coutumière. Le côtéjuridique parce que l’auteur interroge l’impact de la législation dans un contexte traditionnel d’organisation sociale, de règles coutumières, de contestation en rapport avec la dévolution successorale. En plus, ce livre pose une problématique sociale car il met en question la portée des solutions extrêmes et le sens de l’amour ou de la négociation dans leur relation à la préservation de la dignité des garants des traditions ancestrales. Il s’agit ici d’éveiller les peuples en milieu rural, au bienfondé de la loi nationale sur l’héritage ou la succession. Il s’agit d’éveiller au changement de mentalité, de comportement. Il s’agit de faire en sorte que la quête et l’obtention de la paix sociale soit l’œuvre et le fruit d’une entreprise collective comme dans une mutuelle. Ainsi, ces peuples pourront-ils jeter un regard nouveau sur leurs habitudes de vie passée(s), présente et ressentir le besoin, la nécessité de nouveaux progrès à accomplir pour une cohésion et une paix durables.  C’est dans cette perspective  que semble s’inscrire l’entreprise à la fois romanesque et littéraire de Beira Ehi Marc.  

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Il faut répondre comme dans une définition par « ETRE UN HOMME, C’EST D’ABORD ET  AVANT TOUT UNE SOURCE  DE  MOTIVATION »

« Etre un Homme », c’est d’abord et avant tout, une source de motivation, d’orientation ; un assemblage de moyens à mettre en œuvre pour faire face à toutes sortes d’adversités, d’épreuves que la vie dans son écoulement draine à sa suite. Il ne s’agit surtout pas de se laisser aller au découragement. En sortant de ce roman, de cette histoire entrainante, avec brin d’humour par  moment, l’on acquiert forcément l’esprit de combativité, nécessaire à la matérialisation des rêves, des  ambitions.

Le romancier est alors parti de Botofoué Pascal dont il retrace la vie, pour exposer le champ sémantique essentiel de son œuvre. Un champ à travers lequel le lecteur peut suivre la schématisation de l’Homme, le vrai ; c’est-à-dire celui qui ne doit jamais perdre espoir. « Au bout de l’effort, nous attend toujours la victoire », dit-on. Cette vision de l’auteur justifie ce retour qui déchante, dès le premier chapitre. Une mise en abîme, dès l’entame de l’œuvre pour une remontée progressive des profondeurs  abyssales.  De ces profondeurs conduisant à la paix définitive qui est aussi le titre du dernier chapitre.

Au nombre de seize(16), les chapitres communiquent entre eux sur un ensemble de 213 pages. « Etre un Homme » nous conduit  également à nous interroger sur les relations parents-enfants : l’influence décisive des parents sur le cours de la vie des enfants, au moment où le choix de ceux-ci doit s’opérer, est-elle toujours nécessaire ?

En tout cas, le personnage principal du livre en a fait les frais.  Bien plus, au-delà de la cellule familiale,  « qu’elle est donc cette politique d’orientation qui consiste à solliciter des bacheliers qu’ils choisissent ce qu’ils souhaitent poursuivre comme  études puis de leur imposer ce qu’ils n’ont jamais entrepris de faire ?

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Pour avoir été enseignant, Botofoué sait que cette politique est mauvaise et il s’étonne que les concepteurs ne s’en rendent pas compte même aujourd’hui encore. La réussite d’un élève ou d’un étudiant repose sur la confiance en ses capacités. Cette confiance elle-même prend sa source dans l’intérêt suscité par les études qui poussent  l’étudiant à la prise de conscience à l’effort. La prise de conscience de l’objectif à atteindre et les efforts déployés pour y parvenir, voilà la clé de la réussite. La politique, les tabous à proscrire, les vices de la jeunesse actuelle, les faux prophètes qui induisent en erreur,  partagent aussi le champ thématique du  roman. L’écrivain appelle  au discernement. « Etre un Homme », c’est refuser de manquer de caractère, c’est refuser d’être prisonnier de  ses faiblesses, de ses lâchetés, de sa couardise ; c’est  ne pas abdiquer dès la première secousse ; c’est ne jamais envier son prochain  ; c’est ne pas baisser les bras afin de se donner  des chances de passer l’obstacle pour avancer sur  le chemin de la vie.  Botofoué aurait pu très top traduire ses rêves en acte. Il lui suffisait pour cela de puiser dans les ressources psychologiques, spirituelles  et matérielles ou bagage intellectuel dont il disposait  pour y parvenir. C’est ainsi qu’à la page 144 Beira Ehi Marc  rappelle à l’Homme qu’il est parfois responsable de ses malheurs.

«Etre un Homme Pascal, c’est se battre pour apporter  sa pierre à l’édifice du monde. C’est faire la part  de  sacrifice  qui te revient dans la construction de la société. Etre un Homme, Pascal, c’est laisser à la postérité les traces de son passage sur la terre. Etre un Homme, Pascal, ce n’est donc pas, comme tu le crois, accumuler des richesses matérielles pour soi-même, ou être auréolé d’une gloire factice comme celle après laquelle tu cours. Je t’adjure de quitter les voies du nombrilisme pour emprunter celles de l’altruisme. Tu es poussière et si aujourd’hui même tu venais à mourir, tu n’aurais rien laissé sur la terre (…) » (P. 145). Ce passage met l’Homme face à ses responsabilités en l’invitant  à transcender les pièges de l’inconscience. « Etre un Homme » c’est ne pas se sentir malheureux ; parce qu’on n’a pas été ce qu’on a rêvé d’être. « Etre  un Homme »  pour ne jamais perdre  espoir. Comme pour dire qu’il  y a toujours une solution quelque part et être un Homme, c’est s’appliquer à cette quête. « En tout  cas, il avait bien compris que l’Homme est le seul maître de son destin » (voir P. 195). « Etre un Homme » pour ne jamais perdre espoir, mais pour expérimenter la renaissance même au soir de sa vie.

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L’on pourra lire du même auteur, « Le conflit » fait aux éditions Branian.

A bon entendeur, salut !

Antoine EDO, joignable à [email protected]

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