Inédit/3e mandat de Ouattara: Le Sénateur élu J.B Pany recadre un prêtre qui accuse Bédié et Soro et oublie la responsabilité du pouvoir RHDP

Inédit/3e mandat de Ouattara: Le Sénateur élu J.B Pany recadre un prêtre qui accuse Bédié et Soro et oublie la responsabilité du pouvoir RHDP

Dans une contribution, le prêtre Père Marius Hervé Djadji a cloué au pilorie Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA ; et Guillaume Soro, président de GPS, les accusant d’être responsables ou complices de la situation actuelle que vit la Côte d’Ivoire.

Après la lecture de la missive du prêtre, Jean-Baptiste Pany, Sénateur élu de la République de Côte d’Ivoire lui apporte un recadrage. Ci-dessous, d’abord la lettre du Sénateur, puis retrouvez la missive accusatrice à la suite.

Bonjour Cher Monsieur l’Abbe,

Cher Père Marius Hervé Djadji,

J’ai découvert dans un forum sur les réseaux sociaux une lettre ouverte attribuée à un prêtre répondant au nom de «Père Marius Hervé Djadji» et signant « Docteur en Théologie ».

Je me suis donc donné la liberté d’écrire à l’adresse indiquée dans ledit courrier, pour donner mon point de vue sur le sujet évoqué, la Candidature du Président sortant, Alassane Ouattara pour un troisième mandat. J’espère m’adresser effectivement à un prêtre de l’Eglise Catholique.

Cher Monsieur l’Abbé, 

J’ai lu avec un grand intérêt votre courrier diffusé sur votre page Facebook, traitant la légitimité et la légalité du 3e mandat souhaité par le Président Alassane Ouattara et contesté par une grande partie de nos concitoyens.

Deux idées fortes en particulier ont attiré mon attention : votre regard sur la situation socio-politique actuelle et le raccourci par lequel vous liez ce regard avec certains acteurs de notre passé douloureux à qui le prêtre de Jésus Christ, que vous revendiquez être, semble refuser ad vitam aeternam le pardon, encore moins l’absolution.

Cher Père,

Concernant le premier point évoqué, je vous invite à noter ci-après mon point de vue d’homme politique, Sénateur élu de la République de Côte d’Ivoire .

Dans tout ce qui est dit et/ou écrit, Je vous invite à considérer uniquement deux points pertinents contre l’argumentation de ceux et celles qui défendent la candidature du Président Alassane Ouattara pour un troisième mandat présidentiel, points que ni vous, ni moi ne pouvons ignorer :

1- Il y’a en premier lieu l’argumentaire de campagne du Gouvernement qui a convaincu de nombreux électeurs à voter «Oui» pour la Constitution du 08 novembre 2016. (Voir les points 22, 37 et 39 de la propagande gouvernementale).

Je parle, Cher Monsieur l’Abbé, du Gouvernement de notre Cher Président Alassane Ouattara . Plusieurs des Ministres témoins de cet épisode sont encore en poste au Gouvernement.

Si jamais la nouvelle thèse de l’erreur d’interprétation défendue par les supporters du 3ème mandat présidentiel de Monsieur Alassane Ouattara prospère, cela voudrait dire qu’il y’a eu dol. Donc le Gouvernement qui a induit volontairement et frauduleusement les ivoiriens en erreur pour recueillir leurs votes en novembre 2016, est coupable de crime de haute trahison devant la Haute Cour de Justice.

Pour cette première raison pertinente, je n’ose donc pas croire que le Conseil Constitutionnel appelé au secours par l’élite du RHDP -autrefois respectée – puisse faire droit à une telle requête.

 Quoique dirigé par des personnalités soupçonnées proches du RHDP, le Conseil Constitutionnel sait qu’il engagera aussi sa crédibilité lors du verdict suscité par le RHDP.  La raison recommande qu’il évite de reproduire les erreurs du Conseil Constitutionnel de 2010 à l’origine de la crise post électorale qui a fait plus de 3000 morts suite à la protestation du RDR – RHDP aujourd’hui au pouvoir. Ironie de l’histoire !

Cher Monsieur l’Abbe,

Je reste persuadé que vous comprenez à présent pourquoi l’homme de Dieu que vous revendiquez être doit nécessairement se ranger du côté de la vérité, sans émotion. Vous avez le devoir par serment et à cause de votre sacerdoce, de sauver les politiciens égarés quel que soit leur bord politique.

2- En second lieu, les défenseurs du troisième mandat présidentiel de Monsieur Alassane Ouattara mettent souvent en avant l’argument de la non rétro activité de la loi.

Concernant justement, ce point relatif à la non rétroactivité de la loi et celle partielle de notre Constitution du fait de l’article 183, les supporters de cette seconde théorie peinent à convaincre, laissant apparaître avec évidence qu’il s’agit là aussi de pures conjectures, une mauvaise foi grossière de la part des défenseurs de cette seconde thèse :

– d’abord parce qu’il y’a deux jurisprudences du Conseil Constitutionnel actuel, dirigé par le Président Mamadou KONE, en la matière qui confirment le contraire;

– ensuite parce que les auteurs de ce crime oublient que la Constitution ne s’interprète pas.

Cher Monsieur l’Abbe,

Le docteur en théologie, que vous revendiquez être, sait aussi qu’il s’agit là d’un principe sacro-saint de droit constitutionnel.

Ils se fourvoient aussi lorsqu’ils affirment sans vergogne que l’article 183 peut rétroagir pour les lois votées par l’Assemblée nationale mais pas pour les dispositions de la Constitution elle-même. C’est une pure invention assise uniquement sur l’imagination de ses auteurs. Rien ne soutend cette assertion grotesque et dangereuse, ni dans la Constitution, ni dans nos lois, ni dans notre jurisprudence.

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L’article 183 parle bien de « Législation actuellement en vigueur… ». Il n’exclut donc pas les dispositions de la Constitution qui font aussi partie de notre LÉGISLATION.

C’est d’ailleurs cette dernière compréhension que retient la jurisprudence ivoirienne consacrée par le Conseil Constitutionnel encore dirigé par le Président Mamadou KONE.

Comme vous le voyez Cher Monsieur l’Abbé, les fossoyeurs de la République s’exposent à la guillotine. Il vous faut les sauver, en demeurant dans la vérité.

« La Constitution ne s’interprète pas, elle s’applique. »

Si en dépit des faits évoqués ci-dessus certains membres de l’élite du RHDP persistent à pousser le Chef de l’Etat sortant à être Candidat, et si lui-même accepte cette demande, tout le Peuple ivoirien sera fondé à considérer cette démarche comme un véritable Coup d’Etat, un reniement de son serment, également punis par nos lois.

Vous trouverez en pièces jointes, l’un des textes de la jurisprudence évoquée ainsi que le document du Gouvernement argumentant pour le vote du « Oui » en 2016.

À toutes fins utiles je vous communique ci-dessous le lien relatif aux textes de  jurisprudence évoqués.

http://www.conseil-constitutionnel.ci/archives-et-decisions/decision-ndegci-2018-008dcc23-08ccsg-du-23-aout-2018-relative-la-requete-du

Concernant le sujet du « Pardon & de la réconciliation », à mon avis essentiel, évoqué dans votre courrier, le catholique que je suis souffre à ne pas comprendre que le Prêtre que vous revendiquez être ne semble pas disposer son cœur au pardon et à la réconciliation, sauf erreur ?

La plume habile de l’équilibriste que vous semblez manipuler avec aisance donne le sentiment qu’il faut punir les conséquences à l’éternité, mais qu’il faudra entretenir la cause, l’origine du mal éternellement.

Entre tous ceux qui disent avoir été floués, de Houphouet-Boigny à Konan Bédié en passant par Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, et celui qui a été le prétexte des crises successives de 1994-1995, du coup d’Etat de 1999, des crises de 2000 et 2001, du charnier de Yopougon , de la crise socio-militaire de 2002-2010, de la crise post électorale de 2010, votre courrier semble punir les cocus mais épargner celui qui a commis l’adultère.

Sur ce dernier point, je sais que le Dieu des catholiques est miséricordieux et ne condamne pas pour l’éternité le repenti. Tous les trompés ont quitté le trompeur, reconnaissant tous leurs erreurs passées. N’est-ce pas là une excellente preuve de repentance ? Curieusement, le seul à ne l’avoir jamais fait est le trompeur lui-même.

Arguant des blessures subies (c’est aussi vrai) il s’inflige l’épreuve de la vengeance et retarde la réconciliation attendue par les filles et les fils de notre Chère Côte d’Ivoire.

Oublieux de ce que,

– Bédié qui l’a combattu entre 1993 et 1999 lui a pardonné cette adversité en s’alliant avec lui au RHDP dès 2005;

– Gbagbo qu’il humilie aujourd’hui, hier son allié au Front républicain, est celui qui a aussi utilisé l’article 48 de la Constitution de 2000 pour faire de lui un «Candidat exceptionnel» à l’élection présidentielle de 2010, malgré son inéligibilité au motif de «nationalité douteuse»; Le Président Mamadou Koné fera de lui en 2015 , un « candidat dérivé » (?), curieux !!!

– Soro à qui il inflige aujourd’hui une épreuve périlleuse d’exilé politique et qu’il compte exclure des élections présidentielles en Côte d’Ivoire est le même hier qui a sacrifié sa jeunesse et sa réputation pour faire de lui « l’ivoirien » qu’il est aujourd’hui, absout de la «nationalité douteuse » justifiée/demontree  par le Président Tia Koné en 2000.

Ensemble Soro et Gbagbo ont œuvré pour l’accord de Ouagadougou et celui de Pretoria afin de le «réhabiliter » politiquement. Rendant possible son intégration au fichier électoral et à une élection en Côte d’Ivoire, lui à qui avait été refusé une simple candidature aux élections de Député en 1995 et en 2000.

Votre travail de Prêtre de Jésus Christ c’est d’œuvrer au retour des exilés politiques, à la libération des prisonniers politiques et militaires, à la fin du harcèlement judiciaire particulièrement dirigé contre les opposants politiques, à des élections justes, transparentes et inclusives.

L’appel de la Conférence épiscopale suivi des interpellations régulières de l’Archevêque d’Abidjan pourraient vous y aider. J’en suis convaincu.

Votre humble serviteur.

Jean-Baptiste PANY

Sénateur élu de la

République de Côte d’Ivoire 🇨🇮. 

Élu de la région du Gbokle, région d’origine du prisonnier politique Alain Lobognon et des exilés politiques Damana Pikas et Jean-Paul Beugrefoh.

« Un prêtre s’adresse au président Bédié et au premier  ministre Soro

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Après ma lettre ouverte au président de la République, j’aimerais humblement m’adresser à vous M. Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique ivoirien et à M. le président du mouvement politique Générations et Peuples Solidaires. Cette lettre reste dans la dynamique de mes invitations à la paix, des dénonciations et interpellations en vue d’une Côte d’Ivoire meilleure depuis 2004.

Je prends la parole avec un cœur meurtri quand je vois encore des morts et blessés alors que Dieu nous a donné dix années pour nous convertir mais nous avons opté pour nos calculs égoïstes.

La rupture de communion entre Ivoiriens

La Côte d’Ivoire est un pays qui a été pendant des années, modèle d’unité, de communion et de joie. En Côte d’Ivoire, après les examens d’entrée en sixième ou en seconde, le sudiste se retrouvait au nord, le nordiste de 12 ans se retrouvait à l’Est, le sudiste était affecté au centre, celui de l’Est se retrouvait à l’Ouest. On vivait soit à l’internat ou chez un tuteur qu’on ne connaissait même pas. C’est l’homme qui était important et non l’identité. C’est cette politique d’unité qui a fait que j’ai eu pour tuteur un Ahoussa du Niger quand j’ai été affecté en 6ème au collège saint Raphaël de Bouaflé, puis j’ai fait les séminaires de Bouaké et de Katiola. Étant sudiste j’ai donc passé plus de temps au centre et au nord.  C’est cela la fierté des Ivoiriens.

Chacun était à l’aise partout. Puis un matin de 1990, le premier ministre du président Houphouët Boigny, M. Alassane Ouattara inventa la carte de séjour pour renflouer les caisses de l’État. Ce fut le début de la différence entre Ivoiriens, Ivoiriens de souche, Ivoiriens naturalisés, étrangers. Puis viendra à partir de 1994, le concept de l’ivoirité créé par le président Bédié et ses intellectuels. On assista dès lors dans notre pays à des pratiques de division venant d’individus mal intentionnés.

Mais il faut préciser que malgré tout cela, les djoulabougous (quartiers de ressortissants d’Afrique de l’ouest et de certains commerçants du nord) existaient toujours dans tous les villages du sud, il n’y avait vraiment pas une politique d’extermination d’un peuple. Et le 19 septembre 2002, nous constaterons tous l’avènement de la rébellion.

M. Guillaume Soro, chef de la rébellion

Je vous cite nommément M. le président Soro parce que vous avez revendiqué publiquement la rébellion. Comme aime le dire un de vos partisans M. Franklin Nyamsi : « vous êtes l’un des plus courageux des politiciens ivoiriens parce que vous avez eu le courage de revendiquer la rébellion armée pendant que d’autres se cachaient ». Sur ce point je suis d’accord avec Nyamsi, mais seulement, j’aimerais relever qu’il y a des courages qu’on ne loue pas surtout lorsque ce courage porte le glaive à la mère patrie. Il y a le courage vicieux et le courage vertueux. M. Guillaume Soro, vous avez donc mené une rébellion pour lutter contre l’exclusion selon vous. Aujourd’hui quand on fait un bilan, que peut-on dire de votre rébellion ?

Avant votre rébellion, la Côte d’Ivoire n’était pas si blessée et si divisée comme vous l’avez fait croire au niveau international. Il y avait des actes à condamner mais vous n’allez pas me dire qu’il y avait des peuples qui pourchassaient chaque seconde un autre sinon tous les djoulabougous allaient être incendiés. Même pendant la rébellion, au moment où des Ivoiriens marchaient de Bouaké, du nord au sud et à l’Ouest, dans leurs villages on trouvait toujours des ressortissants du Burkina, du nord, et du Mali. Aujourd’hui, regardez ce que vous avez fait de la Côte d’Ivoire. Vous-même, le chef de la rébellion, vous vous retrouvez en dehors de votre pays, vos proches sont emprisonnés et poursuivis par celui pour qui vos rebelles ont tué, massacré et violé. En tant que chrétien, ancien séminariste, dans vos méditations, êtes-vous tranquille ? Vos armes ont engendré des armes, vos armes ont engendré des enfants voyous qui tuent aujourd’hui vos propres partisans. Êtes-vous fier de ce pan de l’histoire de notre pays ? Voici la conséquence de votre bravoure.

De l’appel de Daoukro au deuil de Daoukro

Depuis l’annonce de la candidature du président Alassane Ouattara, des millions d’Ivoiriens réagissent négativement face à la violation de la Constitution et de la parole donnée. La ville de Daoukro est devenue une poudrière. On note des blessés, des morts, des réfugiés dans les forêts. Les présidents Bédié et Soro, rappelez-vous qu’il y a quelques années Daoukro était le centre du partage des postes entre vous et le président actuel. Daoukro a été la ville du rassemblement, là où on partageait les gâteaux au détriment du peuple.

C’est à Daoukro qu’on décidait qui serait président dans cinq ans, à qui reviendrait le diamant, qui arborerait l’or et qui prendrait le bronze. Tout était beau à Daoukro. Aujourd’hui, Messieurs les présidents, les pauvres meurent par votre manque de discernement politique. Vous avez pensé à vos postes et au pouvoir, sans penser au peuple. Aujourd’hui, c’est le peuple qui meurt. Il est bien de faire des alliances en politique et de les défaire. Mais avant de faire une alliance, il faut être visionnaire, il faut regarder à long terme et non à court terme, sinon en lieu et place de l’or, tu auras de la pacotille, malheureusement, c’est le pauvre planteur qui meurt en voulant lutter pour son bien-être.

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La question de la Constitution

Aujourd’hui, il est bien d’accuser le président Ouattara d’être à l’origine de tout ce qui se passe par la violation de la Constitution. Mais non, il n’est pas le seul coupable. Vous étiez tous dans une même alliance politique. Vous n’avez pas osé dire non à cette Constitution parce qu’il y avait des postes prévus pour chaque parti politique. C’est le pauvre peuple qui a dit non mais qui a été maté. Je me rappelle de l’image des professeurs Aboudrahmane Sangaré, Mamadou Koulibaly et d’autres Ivoiriens bastonnés. La députée Yasmina Ouégnin a dit non à cette Constitution. Des pauvres Ivoiriens ont été visionnaires en disant non. Mais vous autres, avez préservé vos intérêts en soutenant cette Constitution. Vous n’avez pas eu le courage d’être du côté du bon sens hier.

Aujourd’hui, il est vrai qu’il y a eu divorce, mais permettez qu’on décrie publiquement les actes posés contre la Nation pendant que vous étiez en couple avec les autres. Vous êtes coupables de ce qui se passe parce que votre non à la Constitution aurait peut-être freiné le président et l’histoire aurait retenu que vous aviez au moins dit non. Vous nous avez trahis.

Que retenir et que faire ?

Les présidents Soro et Bédié, il est vrai qu’aujourd’hui vous avez rompu l’alliance avec le président Ouattara. Mais notez que vous avez aussi participé à la souffrance des Ivoiriens. Face au rattrapage ethnique, M. Soro, vous n’avez rien dit publiquement, vous qui avez pris des armes contre l’exclusion. M. Soro et M. Bédié, vous avez soutenu la déportation de deux Ivoiriens à la Haye. Vous n’avez pas condamné publiquement la souffrance de milliers d’Ivoiriens en exil. Quand hier vous étiez tous dans l’espérance de succéder au président, tout était bien, vous appréciiez tout. Mais aujourd’hui vous êtes tous derrière le peuple parce qu’on a peut-être décidé de ne plus vous compter parmi les héritiers.

Aujourd’hui le peuple se pose des questions sur la vérité de votre combat. Êtes-vous vraiment du côté du peuple ou êtes-vous dans le règlement de compte d’un butin mal partagé ?

Je vous écris pour que la politique en Afrique ne soit plus des calculs mesquins, je vous écris pour qu’en Côte d’Ivoire le peuple ne soit plus simplement un marchepied d’accession au pouvoir, un parapluie qu’on jette après la saison des pluies. En Côte d’Ivoire, le peuple est fatigué des alliances passe-partout rien que pour être au pouvoir. En Côte d’Ivoire, nous avons déjà vu les alliances : Gbagbo-Soro, FPI-RDR ; PDCI-RDR-Soro, et maintenant : PDCI-FPI-Soro. Vous vous mariez toujours entre vous. Retenez que dans l’amour il y a des barrières telles que la consanguinité. Mais dans la politique ivoirienne, tous les mariages sont possibles, il n’y a pas de mariage contre-nature parce que ce qui est important c’est le pouvoir. C’est la fin qui justifie les moyens. On tue pour être au pouvoir et c’est bon parce que l’essentiel est d’accéder au pouvoir.

M. Soro Guillaume, je vous invite humblement à mandater des délégations pour faire le tour des villages et hameaux de la Côte d’Ivoire pour rencontrer les victimes de votre rébellion, pour demander pardon et les dédommager.

Vous aussi M. Bédié, faites le tour de la Côte d’Ivoire pour demander pardon aux Ivoiriens parce qu’il fut un temps où vous n’avez pas condamné le rattrapage ethnique et vous n’avez pas dit non à cette nouvelle Constitution.

Je vous invite humblement à poser ces actes forts parce qu’en Afrique, étant donné que les victimes sont des pauvres, on pense qu’elles ne méritent pas réparation. Vous faites du mal au peuple et vous les narguez. Il faut changer parce que le pauvre a aussi sa dignité. Il accepte tout parce qu’il n’a aucun espace pour s’exprimer mais son cœur pleure. Le pardon exige une démarche sincère de reconnaissance de la faute commise et de réparation.

Dieu est Dieu.

Père Marius Hervé Djadji

Docteur en théologie

Contact: [email protected]».

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