Exclusif/Jean-Baptiste Pany (Sénateur élu) dénonce le ‘’parrainage monnayé’’ et appelle: «Ayons le courage de dénoncer aussi ce code électoral anticonstitutionnel et non consensuel»

Exclusif/Jean-Baptiste Pany (Sénateur élu) dénonce le ‘’parrainage monnayé’’ et appelle: «Ayons le courage de dénoncer aussi ce code électoral anticonstitutionnel et non consensuel»

Le Navire «Ivoire» semble voguer dans des eaux où le respect de la loi est le dernier souci dont il faut se préoccuper.

Il me revient par exemple avec insistance que certains délégués de candidats, en difficulté sur le terrain, proposeraient aux électeurs recrutés pour la cause, de l’argent contre le parrainage.

Dans le Gboklè, comme certainement dans d’autres régions, le montant proposé varierait entre 5.000 et 10.000 FCFA offerts à chaque électeur qui accepterait de « Monnayer » son parrainage. Le RHDP fait partie des candidats dénoncés/accusés par mon informateur qui a requis l’anonymat.

Évidemment la corruption est toujours difficile à prouver. Mais franchement voilà un des risques majeurs que nous fait courir ce code électoral anticonstitutionnel, imposé à tous dans un contexte non consensuel, pris au surplus par ordonnance et par un individu aujourd’hui lui-même candidat déclaré. Trop de circonstances frustrantes !

M’adossant aux articles 50, 51 et 52 de notre Constitution, Je me tourne alors vers tous les élus, notamment parlementaires pour dire ceci :

Ayons le courage de dénoncer aussi ce code électoral anticonstitutionnel et non consensuel, qui impose aux citoyens candidats aux élections présidentielles à venir, des critères d’éligibilité fantaisistes, au mépris de l’esprit de la Constitution du 08/11/2016 qui était censée mettre les critères d’éligibilité à l’abri de calculs politiciens saugrenus.

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À cette allure, ne soyons  pas surpris de voir dans notre prochaine loi électorale, le retour des critères conflictuels de 2000 comme «la bonne moralité» ou «la bonne santé mentale et physique » des candidats, sans que la loi ne donne à l’agent électoral des moyens objectifs pour lui permettre d’évaluer lesdits critères qui s’apparentent à  ceux d’un plafond de verre entre les mains d’un dictateur au pouvoir.

Je ne cesserai pas de m’insurger contre ce code électoral qui ne garantit pas le respect du secret du vote de nos concitoyens électeurs au mépris des articles 52 et 55 de notre Constitution.  Tous feignent d’oublier que la Constitution, en son article 55, pourtant simple et sans ambiguïté a un esprit et une lettre très clairs sur les critères d’éligibilité.

Sauf erreur, jamais j’ai lu dans notre Constitution que pour être Candidat à l’élection présidentielle, il faut être forcément électeurs ou avoir payé une caution ou pire, se faire parrainer par des électeurs.

Comme hier, je m’interroge aujourd’hui sur l’opportunité de ces critères incongrus. Je me demande par ailleurs de quel moyen dispose notre pauvre CEI pour éviter l’achat des parrainages, ou pour garantir le secret du vote du parrain ?

Avons-nous tous oublié  les troubles de 1994-1995 et 1999 avec le 1er  boycotte actif et le 1er coup d’état de notre jeune histoire ?

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Les événements de 2000 et 2001 et le tristement célèbre charnier de Yopougon se sont-ils effacés de notre mémoire collective ?

La crise civilo-militaro-politique de 2002 à 2010 ne nous a-t-elle rien enseigné?

Les 3000 morts et plus de la crise postélectorale de 2010 et les procès encore pendant tant à la CPI qu’en Côte d’Ivoire ne font-ils plus écho à notre humilité ? Bref !

Nous, dirigeants politiques ivoiriens, avons cette faiblesse inexplicable de toujours faire subir à notre Peuple, la répétition de nos erreurs passées.

 « Descendons chacun de la calebasse, avec humilité ».

Jean-Baptiste PANY

Sénateur, élu de la

République de Côte d’Ivoire

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