En villégiature à Mougins: Alassane Ouattara a roulé le groupe français Bouygues sur un projet moins endettant contre un projet chinois plus endettant pour l’Etat ivoirien

En villégiature à Mougins: Alassane Ouattara a roulé le groupe français Bouygues sur un projet moins endettant contre un projet chinois plus endettant pour l’Etat ivoirien

CÔTE D’IVOIRE/BOUYGUES QUI RIT, BOUYGUES QUI PLEURE
En villégiature mi-octobre dans sa villa de Mougins (Alpes-Maritimes), Alassane Ouattara a reçu Martin Bouygues et Olivier Bouygues, les deux dirigeants du groupe Bouygues, pour un repas célébrant la signature du contrat du métro urbain d’Abidjan.
Peu de temps auparavant, le groupe français avait convaincu l’Etat ivoirien de rajouter 300 millions € à l’enveloppe initiale de 1,3milliard € prévue pour ce marché, ce afin de financer les interconnexions avec les autres réseaux de transport dans la capitale ivoirienne ( LC n°806). Au cours de ce dîner, les frères Bouygues s’étaient enquis du projet d’extension de l’aéroport d’Abidjan, pour lequel leur groupe avait soumissionné. Las: lors de l’ouverture des plis quelques jours plus tard, ce contrat a été attribué à China Railway International Group, et ce bien que le groupe chinois ait fait une offre à 580 millions $, une somme en partie financée par de la dette d’Etat, contre 400 millions $ sans endettement souverain pour Bouygues. Humiliation supplémentaire, une fois le contrat attribué, la Côte d’Ivoire a proposé au groupe de BTP français d’assurer la maîtrise d’ouvrage en guise de lot de consolation…
Bouygues a refusé avec humeur. Ce contrat stratégique a été géré par trois personnes: le ministre des transports, Amadou Koné, cousin du premier ministre Amadou Gon Coulibaly ; le général Abdoulaye Coulibaly, directeur de la société de gestion de l’aéroport d’Abidjan, Aeria, et conseiller aéronautique auprès de la présidence ivoirienne ; et enfin Thierry Kinapara Coulibaly, le directeur général du BNETD (Bureau national d’études techniques et de développement). China Railways était pour sa part conseillé par l’avocat d’affaires Karim Fadika, très proche du premier ministre Amadou Gon Coulibaly.
La Lettre du Continent N°810 du mercredi 23 octobre 2019

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