Elections législatives 2021 en Côte d’Ivoire: Opposition, des erreurs à ne pas commettre!

L’opposition ivoirienne semble avoir perdu l’unité qui la caractérisait lors des débats pré électoraux d’octobre 2020.

En effet, tous les partis politiques tels que le PDCI-RDA, le FPI toutes tendances, l’UDPCI, l’URD, le R-GPS et les plateformes de l’opposition s’étaient farouchement opposés au troisième mandat d’Alassane Ouattara.

Au nom de la paix, ces partis de l’opposition ont décidé de participer aux élections législatives prévues le 06 mars 2021.

Ainsi, pour être plus forts, ces partis politiques avaient décidé d’aller en rang serré afin de remporter la majorité des sièges.

Mais à la surprise générale, à l’occasion du dépôt des dossiers de candidature, Soro Kigbafori Guillaume, président de R-GPS a lancé un mot d’ordre de boycott de ce scrutin par son parti.

Car pour lui, ces échéances ne sont pas une priorité actuellement.

Quelques jours après ses consignes, l’un de ses plus fidèles compagnons, Alain Michel Lobognon en prison depuis le 23 décembre 2019 a fait déposer sa candidature pour ces élections législatives du 06 mars 2021, pour la circonscription de Fresco.

Malgré le mot d’ordre de boycott lancé par son mentor, Alain Lobognon se désolidarise. Cette décision pourrait provoquer une division au sein de R-GPS et contribuer à fragiliser l’opposition significative.

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Le FPI d’Affi N’guessan mécontent

Entre le FPI d’Affi N’guessan et les plateformes de l’opposition, le courant semble ne plus bien passer. Ce parti a pris la décision de ne pas aller aux élections avec les plateformes de l’opposition que sont la Coalition pour la démocratie, la réconciliation et la paix (CDRP) et Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS). 

Dans une déclaration faite le 18 janvier 2021, Issiaka Sangaré, Secrétaire général et Porte-parole de cette tendance du FPI, a donné les raisons.

Pour lui, au plan tactique, le FPI a fait le choix de participer aux législatives dans le cadre de la plateforme des partis de l’opposition pour conforter les chances de victoire de l’opposition à ces élections.
Malheureusement, au lieu d’une liste commune de l’opposition qui mutualise les compétences diverses, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), à travers la plateforme CDRP dont il est le référent, et EDS ont fait le choix d’une collaboration entre leurs deux organisations politiques, excluant ainsi le principe d’une démarche consensuelle.
« Après plusieurs demandes insistantes relativement à l’application du principe de la liste commune, le Président du FPI, Pascal Affi N’Guessan, s’est résolu à rencontrer le président Henri Konan Bédié pour lui faire part de sa préoccupation de voir aboutir le processus d’élaboration d’une liste de l’ensemble des plateformes de l’opposition. Le principe d’une réunion ayant été acquis, un comité électoral regroupant les représentants des partis de la plateforme, à l’exception des partis ayant décidé de ne pas participer aux élections législatives, a été mis sur pied, et une séance de validation a été convoquée, le samedi 16 janvier, à 9 h00, au siège du PDCI .
Fort curieusement, le PDCI arguant de l’absence de EDS à la séance de validation des candidatures, a demandé de sursoir aux travaux qui avaient commencé et proposé le report pour le lendemain, au motif que ni le PDCI ni EDS n’étaient prêts. Requête à laquelle ont accédé les autres partis, membres des autres plateformes de l’opposition.
Le lendemain dimanche 17 janvier, le même stratagème a été reconduit, cette fois ci, en présence de EDS pour faire le constat d’une autre tentative infructueuse.
À 48 heures du dépôt des dossiers de candidatures, le FPI ne saurait se laisser abuser par des manœuvres dilatoires »,
a-t-il expliqué.

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Avant d’ajouter ceci : « Le FPI prend acte de la volonté du PDCI et de sa plateforme dénommée CDRP ainsi que de celle de EDS de ne pas coopérer avec l’ensemble de la coalition des plateformes et partis politiques de l’opposition.
Le FPI informe par la même occasion l’ensemble de nos concitoyens qu’une liste issue d’échanges entre deux plateformes au mépris des autres plateformes qui n’y ont pas été associées ne saurait être opposable aux autres partis et encore moins incarner les aspirations de toute l’opposition, sauf à vouloir tronquer la réalité et consacrer une démarche hégémonique préjudiciable à l’autonomie des partis représentés dans les plateformes.»


Le refus de Soro de participer à ces élections, éloigne son parti des plateformes de l’opposition et pourrait créer une fissure au sein de l’opposition. Aussi, en interne, des candidatures de ses proches à ces échéances, malgré son mot d’ordre peuvent-elles être source de conflits dont le régime raffole pour se réimplanter.

La décision de Soro Guillaume de ne pas aller à ces élections et l’isolement du FPI d’Affi N’guessan, sont des erreurs à ne pas commettre par l’opposition si elle veut être solide et rafler la majorité des sièges de député.

La division fragilise. Car les forces sont éparpillées.

Les leaders de l’opposition le savent. Il n’est pas encore tard pour parler de nouveau d’une même voix, à moins qu’ils veuillent se faire harakiri.

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Nathanael Yao

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