Ecoles privées: Que se passe-t-il dans un établissement de Djédjé Bagnon avec des enseignants vacataires?

Les cours secondaire Sainte Thérèse de Koumassi, fondé par Djédjé Bagnon, actuel président du Conseil régional du Gôh, souffre de sa gestion calamiteuse.

Cet établissement d’enseignement préscolaire, secondaire et supérieur est l’objet de débats à propos du mauvais traitement du personnel enseignant, depuis quelques années.

En effet, les fondateurs délégués infligent des souffrances aux enseignants et des batailles judiciaires tournent toujours à l’avantage des enseignants.

En 2012-2013, Djédjé Venance, alors fondateur délégué avait affronté 07 enseignants vacataires en justice pour mauvais traitements (salaires payés sur la base d’un taux horaire fixé à 850FCFA, refus d’embaucher les enseignants après deux ans de service régulier dans la structure, refus de déclarer les enseignants à la CNPS, renvois abusifs…).

Concernant la rémunération, dans cette période, les enseignants vacataires percevaient des salaires dits forfaitaires. Ainsi, pour un emploi du temps de 20 heures de cours par semaine, l’enseignant percevait le salaire mensuel de 68. 000 FCFA à Sainte Thérèse, soit 17.000FCFA par semaine divisé par 20h de cours. Cela donne un taux horaire de 850 FCFA.

« Ce traitement était incroyable. Il fallait travailler dans cette école pour savoir comment le personnel enseignant était pauvre. Même le salaire des enseignants permanent était en dessous des 150.000 FCFA », regrette D.K., enseignant vacataire renvoyé il a près de 10 ans.

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Des établissements tels que CESA ou la Colombe dans la même commune, paient au moins 1.650 FCFA par heure pour le 1er cycle et 2.000 FCFA par heure pour le second cycle. Ces enseignants gagnent donc un salaire raisonnable qui se situe entre 130.000 FCFA et 160.000 FCFA.

Pour ce qui est des enseignants renvoyés en 2012, après le manque de conciliation à l’inspection du travail, une bataille judiciaire a eu lieu entre les 07 enseignants et les cours secondaire Sainte Thérèse représentés par Djédjé Venance.

Bien que le procès ait été biaisé au profit de l’établissement, il a été condamné à verser une dizaine de millions de FCFA à ces enseignants. Quelques années plus tard, Djédjé Venance a été contraint de céder sa place à Djédjé Hyppolite.

Dès son arrivée, le nouveau fondateur délégué a fait le ménage en mutant pratiquement tous les anciens enseignants et éducateurs dans les établissements Djédjé Bagnon d’Abidjan et de l’intérieur.

Il a instauré une évaluation anonyme des enseignants par les élèves. Pour monsieur Y.K., enseignant récemment renvoyé, cette pratique a été mise sur pied pour museler les enseignants, permettre aux élèves de leshumilier ou les calomnier.

Le traitement des enseignants n’a pas véritablement évolué sous Djédjé Hyppolite.

« Il a fixé le taux horaire à 1.200 FCFA pour le 1er cycle et 1.500 FCFA pour le second cycle. Il fait émarger les enseignants vacataires après les cours, si bien qu’en cas de trouble en milieu scolaire ou d’arrêt de travail comme ce fut le cas lors de la crise de COVID-19, aucun enseignant ne perçoit un centime », a affirmé un enseignant vacataire de lettres.

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16 enseignants renvoyés abusivement en 2018, viennent de remporter une bataille judiciaire, selon l’un de ces enseignants. Et l’établissement doit les dédommager dans les prochains jours à hauteur de 96 millions de FCFA.

« Nous avons été renvoyés pour avoir revendiqué des conditions de vie et de travail meilleures et la justice nous donne raison», a précisé l’un d’entre eux

Pour l’année scolaire en cours, un autre enseignant vacataire vient d’être renvoyé de façon abusive après plusieurs années de service sans être embauché. Déjà, une confrontation entre cet enseignant et l’administration de l’établissement a eu lieu à l’inspection du travail. Les deux parties sont sur le point de se livrer une bataille judiciaire.

Selon l’une des plus proches collaboratrices de Djédjé Hyppolite qui sans doute ignore la loi, un enseignant vacataire n’a pas de droit. La direction peut se séparer de lui lorsqu’elle n’en a plus besoin.

Or la convention collective stipule qu’un enseignant vacataire qui dispense des cours deux années consécutives dans le même établissement devient un enseignant permanent (embauché) lors de la troisième année scolaire.

 Il doit avoir pour le premier cycle, un emploi du temps de 21 heures de cours par semaine et 18 heures pour le second cycle par semaine.

Apparemment, Djédjé Bagnon et ses enfants préfèrent verser des droits aux enseignants vacataires après les batailles judiciaires perdues que de les traiter selon la norme. Plusieurs fondateurs utilisent la même pratique. Ces propriétaires d’école privé deviennent des négriers des temps modernes.

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Nathanael Yao

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