Document inédit: Alassane Ouattara ou le mirage ivoirien (Par Jean-Yves Esso Essis)

Document inédit: Alassane Ouattara ou le mirage ivoirien (Par Jean-Yves Esso Essis)

Ce document a été réalisé par Jean-Yves ESSO ESSIS, citoyen ivoirien libre. Alassane Ouattara et la Côte d’Ivoire de 1990 à 2020. A lire absolument.

Alassane Dramane Ouattara avec Félix Houphouët-Boigny

Abidjan, le jeudi 20 aout 2020

15h30

Par JYEE

Il nous a paru opportun de délivrer cette petite analyse maintenant pour faire un bilan succinct et clair de l’histoire personnelle du président OUATTARA dans l’histoire politique commune de notre jeune nation.

PRECISIONS…

Ce présent bilan est surtout destiné à vous révéler, avec sincérité et pudeur la vraie réalité des choses au-delà des effets d’annonces.

Notre analyse se déclinera en trois parties dont la première consistera en un bref résumé du cheminement de monsieur OUATTARA pour accéder à la Magistrature Suprême, tandis que la seconde partie parlera longuement de son exercice du pouvoir de 2011 à 2020. Dans la dernière partie enfin, nous parlerons de sa fin de règne et nous oserons, humblement, lui donner quelques pistes pour une sortie honorable de la scène politique ivoirienne. Cela reste encore possible aujourd’hui…

Nous invitons donc tous les lecteurs, à bien vouloir faire l’effort de la lecture complète de cette analyse, qui pourrait certes épuiser les yeux des impatients, mais qui satisfera sans l’ombre d’un doute les esthètes et bon penseurs qui iront jusqu’au bout de cette aventure littéraire. Les plus courageux et les plus patients, découvriront avec un privilège certain une croustillance croissante allant crescendo à mesure qu’ils dévaleront la pente des lignes et des paragraphes..

PREMIÈRE PARTIE.

OUATTARA DE 1990 à 2010.

20 ANNÉES DE TROUBLES.

ALASSANE OUATTARA, PREMIER MINISTRE IMPOPULAIRE…

En avril 1990, alors que la Côte d’Ivoire est secouée par une crise financière sans précédent, le Président Houphouët-Boigny est invité avec insistance par le FMI à appeller Alassane OUATTARA, alors gouverneur de la BCEAO et ancien conseiller du DG du FMI, à ses côtés. Il mènera alors une politique de privatisations et de réduction des dépenses publiques, en adoptant des mesures d’austérité impopulaires sous forme d’ajustements structurels. Il deviendra Premier Ministre de la Côte d’Ivoire le 7 Novembre 1990. Tous les biens de la Cote d’Ivoire ont alors etes dilapidés au profit des Occidentaux et de la France en particulier car nous savons tous que le bien-être de l’oligarchie occidentale dépend de la prédation du peuple africain…

LA TENTATIVE DE COUP D’ÉTAT CONSTITUTIONNEL ET L’IVOIRITE…

Au décès du Président Houphouët-Boigny, le 7 décembre 1993, après seulement 3 ans de primature donc, monsieur OUATTARA tentera d’ébranler les institutions de notre jeune nation à peine orpheline de son père fondateur en essayant de s’accaparer le pouvoir vacant, au mépris de nos institutions. Sans succès fort heureusement…

Le peuple ivoirien s’est dressé contre cette forfaiture en installant Henri KONAN BEDIE, président de l’Assemblée Nationale de l’époque, à la tête de l’Etat en application stricte de sa Constitution.

La division entre les ivoiriens a alors pris des ampleurs insoupçonnées car, issu du nord du pays majoritairement musulman, monsieur OUATTARA a tout fait , dès lors, pour être le symbole de la crise identitaire qui a déchiré la Côte d’Ivoire. En effet, sur fond de débat empoisonné sur l’ivoirité, il a réussi par une communication efficace a transformer à dessein ce concept culturel en un concept nationaliste qui a participé à la montée des tensions communautaires.

Après s’être assuré d’avoir bien injecté le venin de la haine entre ivoiriens, il quittera le pays pour y revenir en juillet 1999 afin d’être aux commandes du RDR, parti fondé en dissidence du PDCI-RDA, par feu DJENI Kobina. Très vite, OUATTARA transformera le RDR en parti communautaire et sectaire, exclusivement composé à 90% de ressortissants du Nord.

Le pays connaitra alors le premier coup d’Etat militaire de son histoire en décembre 1999 soutenu et financé par des mains occultes…soit 5 mois après le retour de OUATTARA.

ALASSANE OUATTARA, CANDIDAT PAR DECRET PRÉSIDENTIEL SPECIAL…

Après moult péripéties pour accéder coûte que coûte à la Magistrature Suprême, sur lesquelles nous ne nous attarderons pas, OUATTARA réussira à faire imposer, au président GBAGBOen 2005, sa candidature à l’élection présidentielle de 2010 par Décret Présidentiel Spécial, sous forte pression de la Communauté Internationale.

ALASSANE OUATTARA, PRÉSIDENT MAL ELU… AVEC 3000 MORTS.

Après de nombreuses péripéties entre la CEI qui annoncera la victoire de OUATTARA dans le QG de ce dernier et le Conseil Constitutionnel qui déclarera la victoire de GBAGBO, commencera alors une grave crise postélectorale qui provoquera plus de 3000 morts et un très grand nombre d’exilés.

La France finira par installer de force le président OUATTARA après avoir, elle-même procéder à l’arrestation spectaculaire du président GBAGBO.

La crise prendra fin et OUATTARA sera investi Chef de l’Etat le 21 mai 2011 à Yamoussoukro…sans que les ivoiriens ne soient réconciliés pour autant.

DEUXIÈME PARTIE.

OUATTARA DE 2011 à 2020.

LE MIRAGE IVOIRIEN.

Afin d’accéder à la Magistrature Suprême, monsieur OUATTARA se sera présenté sous le slogan prétentieux et racoleur de « ADO Solutions », la solution renvoyant en général à la résolution des problèmes “dans l’immédiat”. Il aura ainsi trompé une grande partie de la population ivoirienne…Ses affiches de campagne clameront haut et fort : « Ne donne pas ta voix au chômage» ou encore « Ne donne pas ta voix à la pauvreté».

L’objectif politique visé sera d’entretenir la légende du mythe prométhéen grâce à une stratégie de communication politique robuste basee essentiellement sur les effets d’annonces plus invraisemblables les unes que les autres.

ALASSANE OUATTARA ET LES PROMESSES NON TENUES…

Aussi, prendra-t-il de nombreux engagements et fera-t-il de nombreuses promesses pour son premier mandat qu’il pretendra alors unique de 2011 à 2015.

Il promettra monts et merveilles…

Il promettra 2.000.000 d’emplois et n’en créera au final pas plus de 300.000, avec à la clé en moyenne 3/4 des diplômés de l’Enseignement Supérieur ne trouvant pas d’emploi…Le mirage ivoirien.

Il promettra 150.000 logements et n’en construira au final pas plus de 20.000…Un autre mirage ivoirien.

Il promettra la construction de milliers d’établissements scolaires, avec à la clé une école gratuite et obligatoire pour tous, mais force sera de constater que les nouvelles écoles ne sont pas bien nombreuses et la moyenne des effectifs dans les classes aujourd’hui est d’environ 90 élèves…Encore un mirage. Et les mirages se multiplieront…

ALASSANE OUATTARA ET LA POUDRE DE PERLIMPINPIN…

Après 2 ans de mandature et d’incapacité à tenir ses promesses immédiates du fait de la découverte des vraies réalités de la fonction presidentielle, OUATTARA, champion du monde de la communication politique, et conscient des limites de sa forfaiture, choisira de ruser et se livrera à un jeu de substitution pour cacher ces cuisants revers. De “ADO Solutions” qui ne fait plus recette, il lancera le slogan de “l’émergence à l’horizon 2020” mais cette perspective lointaine n’enchantera plus devant la dure réalité du terrain.

Le président OUATTARA confondra vitesse et précipitation dans toutes les inaugurations de projets dont il a hérité en quasi-totalité et alignera annonce sur annonce. Pour noyer le poisson…

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Car le 4ème pont d’Abidjan devant relier la commune de Yopougon à l’île Boulay et au cordon littoral, est aussi un legs au nom de la continuité de l’État. Cet ouvrage de franchissement de la lagune Ebrié a été prévu sous Laurent Gbagbo avec un coût prévisionnel de 125 milliards de nos francs. Baptisé justement “Pont Laurent Gbagbo” avec une chaussée routière de trois voies de 3,50m, il était conçu pour être un pont à haubans de 1083 mètres de long et une largeur totale du tablier de 32m. Les travaux de la première branche (Yopougon-île Boulay) ont été lancés le 13 juin 2008.

Quant aux lycées avec internat de jeunes filles, c’est le serpent de mer…

Le 30 mars 2013, Kabran ASSOUMOU, Directeur de Cabinet du ministre de l’Éducation Nationale et de l’Enseignement Technique, annonçait à Bongouanou au Centre-est, le projet du gouvernement d’ouvrir dans chacun des douze districts mort-nés du pays (à l’exception de ceux d’Abidjan et Yamoussoukro) un lycée pour jeunes filles avec internat.

Le vrai mirage par excellence…

Le président OUATTARA passera tout de même à l’offensive en 2013 et annoncera à la cantonnade sa série de promesses toutes aussi prétentieuses les unes que les autres :

“La santé sera la priorité des priorités en 2013, avec notamment la mise en œuvre effective de l’assurance maladie, la construction de 450 établissements sanitaires dotés de plateaux techniques plus efficaces et plus performants. (…) En matière de logements, 2013 verra aussi l’intensification de la réalisation de logements sociaux et économiques. L’objectif pour les trois prochaines années est de réaliser 50.000 logements à Abidjan et 10.000 à l’intérieur du pays. (…) En matière d’éducation, la construction de nouvelles universités viendra renforcer les six sites universitaires que nous avons déjà réhabilités. (…) La lutte contre la pauvreté est un véritable défi. Le potentiel que recèle notre pays nous permettra de réduire la pauvreté de moitié en 2015”.

Très peu d’engagements sur lesquels il a pris le pouvoir par la force en 2011 n’ont vu le jour ou n’ont été entièrement respectés à ce jour.

Il est vrai que la première université sur les cinq promises en 2015 s’ouvrira à la rentrée académique d’octobre 2017 à Man, chef-lieu de la région du Tonkpi dans l’Ouest.

Mais il sera désormais muet sur celles de Bondonkou dans le Gontougo au Nord-est et de San Pedro au Sud-ouest dont les ouvertures étaient programmées pour 2020. Le 7 mars 2015 pourtant, au cours du meeting de clôture de sa visite d’État dans le Bas-Sassandra, il prévoyait l’ouverture de l’université de San Pedro dont les travaux devaient débuter en 2015 pour que les cours y démarrent en octobre 2016.

Du pipeau. De la vraie poudre de perlimpinpin dixit Macron…

La poudre de perlimpinpin concernera également l’électrification rurale et l’approvisionnement en eau potable de la ville d’Abidjan car en 2016, il déclarera que cette opération prendrait fin avant 2017. Du pipeau…Un vrai mirage encore comme à l’accoutumée.

Quant à l’eau potable, il sortira le grand jeu. Une grande valse…

D’abord, il annoncera que l’année 2014 “verra la fin de la pénurie d’eau potable à Abidjan grâce notamment aux travaux d’approvisionnement à partir de Bonoua”. Ensuite, il nous promettra la fin de la galère “dès la fin de janvier 2015” et enfin, au milieu des interruptions intempestives de fourniture, il parlera, en 2018, de la consolidation de cet approvisionnement en eau potable.

Le taux de pauvreté des ménages se logera dans cette même veine de tromperie, de duperie, de saupoudrage ‘’perlimpinpinesque’’, de nuage, de mirage.

DU VENT…ENCORE DU VENT.

Alors qu’il devrait être réduit de moitié en 2015, le taux de pauvreté passera, selon le gouvernement lui-même qui en fera l’annonce officielle le 20 septembre 2015, de 51% en 2011 à 46% environ en 2015. Soit 5% de réduction. Loin, très très loin même des 25% promis…

Le coût de la vie n’arrête pas de grimper, malgré la création en juin 2017, d’un Comité de Lutte contre la Cherté de la Vie qui n’a d’intérêt à nos yeux que de montrer l’étendue de l’imposture du pouvoir en place.

Et ceux qui ont cru en sa promesse du 1er mai 2016 de “mettre fin au monopole de la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) et de la Société de distribution de l’eau de Côte d’Ivoire (SODECI)”, en sont également pour leurs frais.

En deux mandats, les cinq universités promises pour le premier quinquennat ne verront donc pas le jour; une seule naitra par césarienne et sous péridurale.

C’est le même sort notamment pour l’eau gratuite dans nos villages, la construction des 5 hôpitaux, de l’aéroport international de San Pedro et l’autoroute de l’Est allant de Grand-Bassam à la frontière du Ghana.

LA COUVERTURE MALADIE UNIVERSELLE…

Le président OUATTARA, toujours égal à lui-même dans le non respect de ses engagements, nous dira encore ceci :

“Nous avons décidé de la mise en place de la couverture maladie universelle (CMU) dans le courant de l’année 2014”

La loi n°2014-131 du 24 mars 2014 instaure l’assurance maladie obligatoire, mais la CMU, dont la phase pilote était censée débuter effectivement dans le 1er trimestre 2017, rejoint le lot des paroles en l’air et des promesses non tenues. C’est fin 2019 et début 2020 que les premières cartes de CMU sortent enfin.

L’OPÉRATION “1 IVOIRIEN 1 TOIT” DEVENUE ” A CHAQUE IVOIRIEN SON CIMETIERE”…

Les 60.000 logements dits sociaux sur 72 chantiers commencent seulement maintenant à être livrés, au compte-gouttes.

Le 22 décembre 2016, Daniel Kablan Duncan, alors Premier ministre, remettra les clés de 512 souscripteurs de la Cité ADO à Gnandobité (quartier de la commune de Yopougon, à Abidjan), non loin de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). Le 28 décembre 2017, son successeur, Amadou Gon Coulibaly, en fera autant en remettant officiellement les clés à 4003 souscripteurs sur le site AKWABA à Ebimpé, dans la commune d’Anyama.

La pilule est en effet amère au point que, plus de six ans après la pose, le 9 janvier 2012, de la première pierre de l’opération “1 Ivoirien 1 toit”, moins de 10% des logements sont disponibles. Car ce ne sont plus les plus démunis, comme promis, qui y ont accès.

En application de l’ordonnance n°2017-279 du 10 mai 2017 portant aménagement des dispositions du Code Général des Impôts relatives aux logements à caractère économique et social, les logements sont désormais hors de portée de la quasi-totalité des 72.000 souscripteurs qui se sont acquittés de trente mille francs (30.000 FCFA) comme droit de préinscription.

Au lieu d’une maison pour chaque famille à partir de 5 millions comme cela avait été promis et matraqué dans toutes les affiches de campagne, le logement à caractère social est maintenant accessible à 12.500.000 FCFA, quand le prix unitaire maximum de vente du logement à caractère économique est fixé à 23.000.000 FCFA.

Aujourd’hui les ivoiriens trouvent refuge dans les cimetières…

QUID DE LA BANQUE DES MILITANTS DU RDR ?

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Les souscripteurs n’ont plus que leurs yeux pour pleurer tout comme les militants du RDR a qui OUATTARA avait promis une “banque des militants” :

“Cette structure, nous espérons pouvoir la mettre en œuvre dès la fin du mois de juin 2016” affirmera Gilbert Koné Kafana, secrétaire général adjoint chargé de l’Organisation, de l’Administration et du Patrimoine du RDR, le 03 avril 2016.

Les militants du RDR dont envore entrain de chercher leur fameuse banque, comme on dit ici, “avec lampe torche.”

LA SORTIE DU PDCI-RDA DE CETTE FORFAITURE…

En 2015, OUATTARA sera réélu avec le soutien du PDCI-RDA, dans le cadre du groupement politique RHDP, à l’instar de ce que le parti d’Henri Konan BEDIE avait déjà fait pour le RDR en 2010.

Pour remercier le PDCI-RDA de tous ses sacrifices et de tous ses bienfaits à son égard, le président OUATTARA tentera en 2018 de le faire disparaitre en voulant imposer une fusion-absorption de tous les partis composant le groupement politique RHDP en un parti unique, le RHDP Unifié.

Cette volonté farouche d’inféoder tous les partis politiques sonnera malheureusement le glas de sa fin de règne sur la Côte d’Ivoire. Il aura été très mal conseillé.

Le PDCI-RDA qui était son soutien le plus fort le quittera en claquant la porte.

Guillaume SORO, l’homme qui, selon ses propres dires, a installé OUATTARA sur son siège royal en marchant sur le corps des ivoiriens, sera mis à la porte pour refus d’adhérer à cette folie de vouloir revenir au parti unique en Cote d’Ivoire et se trouve maintenant en exil.

Le Diable vous fait craindre l’indigence et vous commande des actions honteuses tandis qu’Allah vous promet pardon et faveur venant de Lui, nous dit le Coran. Encore faudrait il faire la demarche de demander ce pardon que nous serions prêts à accepter car ainsi que le disait Mère Theresa : ” Si nous sommes pleins du péché, Dieu ne peut nous remplir, car Dieu lui-même ne peut remplir ce qui est plein. Voilà pourquoi nous avons besoin du pardon : nous nous vidons, et Dieu nous remplit de lui-même.”

LA NOUVELLE CONSTITUTION DE NOVEMBRE 2016…

Le président OUATTARA fera voter une nouvelle constitution le 8 novembre 2016. La Constitution ivoirienne est la loi fondamentale qui régit l’organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics en Côte d’Ivoire. Cette constitution sera la quatrième constitution adoptée par la Côte d’Ivoire, après celles de 1959, 1960 et de 2000. Elle instituera la Troisième République.

La Côte d’Ivoire avait, en effet, besoin d’un toilettage constitutionnel, après celle élaborée depuis 2000 dans un contexte empoisonné par la bataille pour le pouvoir présidentiel. Ne pas examiner en profondeur les institutions et ne pas envisager des réformes importantes après ces deux décennies de crises auraient été incompréhensibles.

Tout le monde avait en tête le célèbre article 35 de la Constitution sur les conditions d’éligibilité à la présidence utilisé comme point de crispation majeur de la crise, qui justifiait une révision de notre Loi Fondamentale.

Les principales innovations de cette constitution étaient l’introduction de la vice-présidence de la République et celle d’un Sénat, deuxième chambre du Parlement. La création de la fonction de vice-président clarifiait la succession du président en cas de vacance. Nous nous assurions ainsi qu’une personnalité choisie par le président et élue en même temps que lui, soit prête à assumer la succession en cas de nécessité. Et c’était surtout un moyen de ne pas prendre le risque de voir une personnalité non choisie par le président et non élue par le peuple, se retrouver à la tête de l’Etat en cas de coup du sort.

Pourquoi, diantre, avoir encore voulu en 2020, tripatouiller les textes de cette loi fondamentale votée en 2016 ?

Était-ce la seule préoccupation de la classe politique ivoirienne après ces deux mandats jalonnés par la déliquescence accélérée de nos valeurs et la montée en puissance de la corruption à des sommets jusque-là inatteignables, au profit exclusif des intérêts d’une petite poignée de privilégiés ?

Pourquoi avoir décidé d’opter pour une nomination simple du Vice Président, futur potentiel président de la République ? Que cela cache t’il ? En réalité personne ne sera dupe…

ENCORE DES PROMESSES…

Le président OUATTARA annoncera également pêle-mêle pour la période de 2018 à 2020 :

– Le lancement des travaux de construction du 4è pont reliant Yopougon au Plateau.

– Le lancement du démarrage des travaux des autoroutes Abidjan-San Pedro et Tiébissou-Bouaké.

– La fourniture de 500 autobus par an à la SOTRA.

– La construction du CHU d’Abobo et de six nouveaux centres hospitaliers régionaux, cinq hôpitaux généraux et trois hôpitaux militaires (Daloa, Bouaké et Korhogo) et 200 établissements sanitaires de premier contact.

– L’électrification de tous les villages de plus de 500 habitants à la fin 2019.

– L’ouverture de 3440 nouvelles classes dans le primaire, soit au moins 573 nouvelles écoles.

Le président OUATTARA promettra ainsi donc une émergence à l’horizon 2020, mais n’en prendra guère le chemin. Loin de là…Un vrai miroir aux alouettes.

LE RATTRAPAGE ETHNIQUE…

En effet, il s’empressera plutôt de mettre en place une gigantesque chasse aux sorcières avec son lot d’arrestations, d’enlèvements et d’emprisonnement d’un bon nombre de ses opposants politiques à tour de bras, puis il pronera haut et fort une politique dite, selon ses propres termes, de “rattrapage ethnique”.

Force sera de constater que son rattrapage ethnique visera à faire des ressortissants du Nord de la Côte d’Ivoire, les détenteurs exclusifs et absolus de la direction administrative et politique du pays en réponse à la prétendue xénophobie ivoiritaire du président Bédié de 1995, en totale méprise volontaire du vrai sens du concept de l’ivoirité de l’époque.

En conséquence, le pouvoir politique, administratif, militaire et économique sera donné systématiquement aux ressortissants du Nord de la Côte d’Ivoire majoritairement musulmans. Tous les postes stratégiques présidentiels, ministériels, centraux et préfectoraux ainsi que la plupart des ambassades de Côte d’Ivoire à l’étranger reviendront en majorité aux ressortissants du Nord du pays.

Une très grande quantité de directeurs de sociétés d’Etat seront des ressortissants du Nord. La majorité des candidats admis aux concours administratifs seront subitement tous du Nord de la Côte d’Ivoire. Tous les marchés publics de fournitures de l’état ivoirien reviendront en priorité à des entreprises détenues pas des maliens, des burkinabés, des guinéens ou des ivoiriens ressortissants du Nord.

Beaucoup de preuves palpables attesteraient sans aucun soucis nos propos…

L’ERREUR DE CASTING ET LES ORS DU POUVOIR…

Le procédé monarchique du choix du successeur de OUATTARA en mars 2020 en a choqué plus d’un au sein même du RHDP redevenu RDR puisque vidé du reste de sa substance dès cette désignation.

Le successeur désigné, le Premier Ministre, Amadou GON COULIBALY, etait malade et même bien malade. Depuis plusieurs jours, il etait en soins intensifs à Paris sans que l’on veuille nous donner de vraies informations concernant sa santé fragile car il s’agissait de le présenter coûte que coûte comme l’homme de la situation.

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Le patron ne se trompe jamais et ne doit en aucun cas faire marche arrière même s’il s’agit d’une question de vie ou de mort…Le successeur en a payé le prix fort et nous a quitté le 08 juillet 2020 en pleine de séance de travail un peu plus de 24h après son retour incompréhensible et irresponsable aux affaires vu son état de santé.

Il s’agit là tout simplement d’un cas de non assistance à personne en danger…

On a parfois l’impression que le monde est fait de choses qu’on subit : les tremblements de terre, les inondations, les épidémies, etc. Cependant, il est important de se souvenir qu’il y a des choses qu’on peut maîtriser, comme la remise en question de ses actes, comme la deuxième chance dont on pourrait bénéficier après avoir mal agit, en expiant ses fautes et en sollicitant un nouveau départ.

Oui ces choses là, nous pouvons les maitriser…

Parce que la seule chose qui pourrait transformer l’enfer dans lequel nous vivons actuellement en un endroit où il ferait bon vivre et où tous les citoyens seraient libres et égaux en droit, c’est l’amour et la considération.

L’amour et la considération donne de l’espoir. Et avec de l’espoir, les ivoiriens pourraient soulever des montagnes et tout redeviendrait possible malgré la grave crise que nous traversons…

Les ors du pouvoir laissent imaginer qu’il est toujours possible de continuer à imposer des choses sans effets secondaires néfastes pour les gouvernants mais sachons regarder l’histoire récente de notre pays en tirant cet enseignement capital :

Les ivoiriens sont lents à la colère mais ils vous en tiennent rigueur à vie quand vous les prenez pour des simplets.

TROISIEME PARTIE.

LE CIEL S’ASSOMBRIT CONSIDÉRABLEMENT AU SEIN DU RHDP.

Force est de constater que le ciel s’assombrit considérablement au sein du RHDP…

Une série de cumulo nimbus, s’étant formés essentiellement dans des conditions d’instabilité au niveau de la troposphère, déferlent sur le régime RHDP et risquent de causer une terrible inondation. Si toutefois un tsunami imprévisible ou un tremblement de terre n’emporte pas tout sur son passage bien avant…

SECOUSSE TELLURIQUE

Une telle secousse tellurique enfoncerait certes davantage le pays dans des profondeurs abyssales insoupçonnées. Mais peut-être pourrait-elle en même temps remettre en place la croûte terrestre déplacée depuis ce coup de force d’un certain 24 décembre 1999 et permettrait de refermer ces grandes failles ouvertes dans tous les domaines, politique, diplomatique, judiciaire, social, économique et environnemental de la vie de notre jeune nation.

Dieu pourvoira…

ALASSANE OUATTARA ENCORE TRES MAL CONSEILLE…

Le régime RHDP a considérablement accéléré sa chute en annonçant le retrait par la Côte d’Ivoire de sa déclaration de reconnaissance de compétence de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) suite à l’arrêt de ladite Cour enjoignant l’État ivoirien de suspendre le mandat d’arrêt international émis contre Guillaume Soro et de remettre en liberté provisoire tous ses proches injustement détenus.

Le président OUATTARA aura encore été très mal conseillé…

Quelles que soient les explications, justifiées ou non, de son ministre de la Justice, en agissant ainsi, il prêtera le flan à ses nombreux détracteurs pour un affaiblissement sans précédent du régime RHDP.

Par cet acte, l’image qu’il donnera de lui au monde entier, à la Communauté Internationale et à la France qui ont très largement contribué à son installation au pouvoir, sera celle d’un despote souhaitant délibérément violer les Droits Humains de certains hommes politiques ivoiriens dans l’unique but de les empêcher de participer au débat politique de premier plan.

OUATTARA NE SUPPORTE PLUS SES ANCIENS SOUTIENS

Les envies soudaines de souveraineté judiciaire mal placée face la CADHP, entraineront le régime RHDP à la perte.

De la patience, rien que de la patience…

Les lignes bougent actuellement et bougeront davantage dans les prochaines semaines…

Nous connaissons tous la suite de cette procédure bien huilée depuis des lustres…

A l’instar de ce qui a été fait pour le président Laurent GBAGBO, de nombreux médias occidentaux et internationaux déconstruiront l’image de OUATTARA en le présentant comme un dictateur sanguinaire sans foi ni loi qui n’a aucun respect pour ses engagements internationaux et qui traque sans aucun répit ses opposants politiques. Pour une fois, ils ne feront pas semblant car il ne seront pas loin de la vérité…

REPORT DES ELECTIONS ET TRANSITION POLITIQUE

Des rapports de la Communauté Internationale, de l’Union Africaine et de l’Union Européenne indiqueront sans nul doute que le retard pris par la CEI, déséquilibrée et partisane, dans la révision de la liste électorale et dans l’enrôlement des ivoiriens doivent irrémédiablement conduire à un report indispensable et inévitable du scrutin présidentiel prévu à la date du 31 Octobre 2020.

La mise en place d’une transition politique et démocratique apparaitra comme une évidence pour maintenir la paix sociale. Elle aura pour mission d’organiser, dans un délai d’une année, des élections ouvertes, inclusives, crédibles et transparentes…sans le président actuel qui aura le choix entre se retirer dignement ou se faire éjecter du tabouret présidentiel comme un malpropre..

L’étau se resserre autour du président OUATTARA …

Au vu de l’incapacité de nos gouvernants à organiser, dans des temps raisonnables, un recensement acceptable de la population électorale ivoirienne, et, conscient que le RHDP va indiscutablement perdre le pouvoir d’Etat après le 31 Octobre 2020, il est grand temps, pour le président OUATTARA, d’opérer un virage à 360 degrés.

TROIS MESURES SPECTACULAIRES…

Il s’agira de créer la surprise et soigner la sortie du président OUATTARA en annonçant 3 mesures spectaculaires qui bousculeront le paysage politique et qui donneront une grosse bouffée d’oxygène au RHDP. Cela permetta à ADO de sortir la tête haute de cette gadoue qu’il a lui-même patiemment élaborée :

1. Faire amende honorable devant la nation, renoncer à sa volonté de briguer un troisième  mandat anti-constitutionnel et appeler une bonne fois pour toutes l’opposition pour organiser des élections libres transparentes et inclusives.

2. Faire libérer tous les prisonniers politiques.

3. Permettre le retour sans conditions de tous les exilés politiques

Il est encore temps pour le president OUATTARA de sortir de l’histoire avec moins de fracas et de douleur qu’il n’y est entré. Cela ne permettra sûrement pas de sauver les quelques arsouilles économiques qui ont profité de sa proximité pour s’enrichir aveuglément, mais cela convaincra très certainement la Communauté Internationale qui a désormais dirigé sa visière sur le régime RHDP.

Parmi les tâches que nous considérons comme faisant partie des missions d’un Président de la République, nous notons surtout qu’il lui revient de faire tout ce qui lui est possible de faire pour donner une image positive de son pays aux autres peuples de la planète.

Merci pour ce moment que vous avez bien voulu consacrer à la lecture de ce document…

Jean-Yves ESSO ESSIS

Citoyen ivoirien

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