Délinquance politique: «La Côte d’Ivoire marche sur la tête… il est temps pour le Peuple de prendre ses responsabilités» (Un magistrat)

Délinquance politique: «La Côte d’Ivoire marche sur la tête… il est temps pour le Peuple de prendre ses responsabilités» (Un magistrat)

Le président Alassane Dramane Ouattara, après deux mandats constitutionnels, a annoncé sont intention de briguer un troisième mandat anticonstitutionnel. La société civile, conduite par Pulchérie Edith Gbalet (que le régime d’Abidjan aurait arrêtée ce samedi 15 août à Yopougon et conduite dans un de torture dudit régime), a lancé un mot d’ordre à manifester contre cette violation de la Constitution ivoirienne. Des manifestations ont cours depuis le jeudi 13 août 2020. Malheureusement, ces démocrates qui voulaient simplement que la Constitution soit respectée ont eu en face d’eux des agresseurs derrière lesquels se sont cachés des dirigeants du RHDP (au pouvoir, selon El Hadj Mamadou Traoré de GPS). Il y a eu des morts et une centaine de blessés. Des voix se lèvent dont celle du magistrat (déchu par le même régime) pour démontrer la délinquance politique du RHDP d’Alassane Dramane Ouattara. Ci-dessous la dernière contribution dudit magistrat.

LA FORCE DES LOIS

«L’article 25 de la Constitution dispose que « Les partis et groupements politiques se forment et exercent leurs activités librement sous la condition de respecter les lois de la République, les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie… » et l’article 1er i) du Protocole de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance prescrit que « les partis politiques se créent et exercent librement leurs activités dans le cadre des lois en vigueur ». L’article 04 de la loi relative aux partis et groupements politiques prévoit que chaque formation politique s’engage dans ses statuts à respecter strictement le principe de la démocratie et les lois de la République.

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VIOLATION

La violation de ces dispositions a pour conséquence conformément à l’article 25 une interdiction d’exercer toute activité. L’article 21 de la loi relative aux partis et groupements politiques prescrit la dissolution de ces formations politiques qui ne respectent pas ses dispositions. Elles n’ont donc pas le droit de parrainer des candidatures aux élections et d’appartenir à un quelconque organe de la République ou d’organiser des meetings et des marches. De surcroît l’article 22 prévoit des sanctions pénales pour ceux qui les dirigent ou qui militent en leur sein. Il faut que les «yèrèlombalis» que sont les dirigeants et les militants du RHDP sachent qu’ils militent au sein d’une organisation illégale et que cela fait d’eux des délinquants au sens de la loi pénale.

Oui, le RHDP est une organisation hors-la-loi pour de multiples raisons. Le RHDP, parce que composé d’un ensemble hétéroclite d’individus et de partis politiques n’est ni un parti, ni un groupement politique au regard de l’article 1er de la loi susvisée. C’est en violation de l’article 06 qui interdit d’utiliser le nom et les emblèmes et autres logos appartenant à des partis ou groupements politiques non dissous, qu’il porte l’appellation RHDP et utilise les logos de différents partis politiques.

COALITION RHDP CREEE DEPUIS 2005

En effet cette appellation appartient à la coalition RHDP créée depuis 2005 et les logos aux différents partis qui la composaient. Malgré les prescriptions de l’article 07, de nombreux dirigeants et membres du RHDP militent dans deux partis et vont même jusqu’à revendiquer un tel droit. Par ailleurs le RHDP ne respecte point les règles élémentaires de la démocratie donc de l’Etat de droit et du droit d’opposition.

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LE RHDP, UNE ORGANISATION HORS-LA-LOI

L’exclusion de l’opposition à deux événements qui en temps normal constituent des occasions de fraternisation et de solidarité dans lesquelles l’expression de la rivalité est inacceptable dans tous les pays du monde et particulièrement en Afrique, traduit de façon symbolique, la conception négationniste que les dirigeants de ce parti ont des droits d’opposition : la pandémie du coronavirus et le décès du Premier Amadou Gon Coulibaly.

Alors que l’article 29 de la Constitution dispose que « L’Etat garantit le droit d’opposition démocratique. Sur des questions d’intérêt national, le Président de la République peut solliciter l’avis des partis et groupements politiques de l’opposition », le RHDP a refusé de faire participer les formations politiques de l’opposition à la gestion de la pandémie de la Covid-19 et aux obsèques du Premier Ministre. S’il adopte une telle attitude en réponse à des questions aussi peu conflictuelles, il n’est pas difficile d’imaginer comment il se comporte lorsque ce n’est pas le cas.

C’est une telle organisation hors-la-loi, délinquante, à qui le Ministère de l’intérieur a délivré un récépissé, on ne sait à quel titre, qui a le droit d’organiser des manifestations sans déclaration préalable, d’inviter un citoyen à violer la Constitution sous son parrainage, alors qu’elle n’a pas le droit d’investir de candidat, de porter atteinte à l’ordre public et de menacer les partis légalement constitués, sans que cela n’émeuve Monsieur le Ministre Diakithé Siriki alors qu’il n’hésite pas à produire une communiqué pour interdire les manifestions, préalablement déclarées, des formations politiques respectueuses des lois.

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APPEL AU PEUPLE

La Côte d’Ivoire marche vraiment sur la tête à cause de ce monstre dénommé RHDP qui a pris tous les leviers de contrôle de l’Etat. Ce sont les délinquants qui ont pignon sur rue alors que les honnêtes citoyens sont persécutés et interdits de s’exprimer. Cette forfaiture ne saurait durer et il est temps pour le Peuple de prendre ses responsabilités.

Les forces de sécurité ont à choisir, si elles sont des forces de l’ordre ou des forces du désordre, si elles ont vocation à servir la Justice ou l’injustice, si elles sont au service de la Nation ou d’un groupuscule de hors-la-loi qui s’est servi des mécanismes de la démocratie pour accéder au pouvoir, mais entend la remettre en cause pour s’y maintenir. Le dilemme n’est pas cornélien lorsqu’on attend rester fidèle aux principes et aux valeurs qui doivent porter ces corporations.

L’avenir nous enseignera dans des délais brefs si notre pays souffre de la malédiction africaine des hommes en uniforme fidèles à des hommes plutôt qu’à la République ou si nous avons la chance d’être une fois de plus, une exception dans un océan de désespoir, et comme en 2000, nos vaillantes forces de l’ordre se retrouveront du côté du Peuple.

Grah Ange Olivier»

Gilles Richard OMAEL

  • Grah Ange Olivier est ‘’titulaire d’un diplôme de Magistrat”

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