Covid-19/Dr Pulchérie Gbalet (ACI) désabusée par le régime Ouattara-RHDP: «Le Gouvernement n’hésite pas à dire que le plan de riposte est efficace et pourtant…»

Covid-19/Dr Pulchérie Gbalet (ACI) désabusée par le régime Ouattara-RHDP: «Le Gouvernement n’hésite pas à dire que le plan de riposte est efficace et pourtant…»

La pandémie du Coronavirus (Covid-19) sévit gravement et tend vers les 3000 cas en Côte d’Ivoire avec 2750 cas confirmés dont 1 370 guéris et 32 décès (Officiel). Dr Pulchérie Edith Gbalet, la présidente de l’ONG Alternance citoyenne ivoirienne (ACI), organise régulièrement des vidéos sur sa page facebook intitulées ‘’Les 10 minutes de Gbalet Pulchérie’’ pour dénoncer et faire des propositions aux différentes situations que vivent les populations ivoiriennes. Elle traite de la situation du Covid-19 et le plan de riposte annoncé par le Gouvernement.

LES 10 MINUTES DE GBALET PULCHERIE DU MERCREDI 27 MAI 2020

Salutations et présentation

Aujourd’hui nous allonsrevenirsur les tâtonnements du Gouvernement dans la gestion de la COVID, parce que rien ne change, au contraire tout empire. C’est à croire qu’il y a un intérêt inavoué à augmenter le nombre de personnes contaminées. Nous n’arrivons pas à comprendre les incohérences suivantes :

  1. Au plan sanitaire

Le Gouvernement n’hésite pas à dire que le plan de riposte est efficace et pourtant nous notons :

  • Une mauvaise prise en charge du personnel de santé : non seulement jusqu’aujourd’hui certains agents de santé ne disposent pas toujours d’équipement de protection, certains ne sont pas pris en charge en cas de contamination, mais tout le personnel de santé qui travaille dans le privé ne bénéficie pas de la prime COVID. Pourquoi cette discrimination, alors qu’ils ont été réquisitionnés au même titre que les fonctionnaires et ils sont exposés aux mêmes risques sur leurs lieux de travail. Mieux, les agents de santé des entreprises et des cliniques soignent tous les travailleurs du privé, donc une bonne partie de la population active et productrice.
  • L’institut d’hygiène ne réagit pas correctement aux sollicitations des populations : D’après les témoignages recueillis, lorsqu’on les appelle, soit il n’y aucune réaction, soit on vous pose des questions au téléphone et on vous recommande un traitement de palu.
  • L’annulation de la décision des dépistages systématique avant d’aller à l’intérieur du pays :Après le conseil de sécurité du 07 mai, le Chef de l’Etat a annoncé l’ouverture de l’école à l’intérieur du pays, et par la même occasion le déconfinement de l’intérieur. A sa suite, on nous annoncé que les départs à l’intérieur seraient conditionnés par un dépistage négatif au COVID. Il s’en est suivi une affluence et un désordre dans les centres de dépistage. Le mardi 12 mai on a enregistré une hausse du taux de cas confirmé de 25% et malgré cela le 13 mai, le ministre de la santé a annoncé que le dépistage avant de se rendre à l’intérieur du pays n’était plus obligatoire et qu’un suivi se ferait sur place.A quoi répondait ce mauvais revirement préjudiciable à la santé des populations de l’intérieur du pays ? Aujourd’hui nous constatons tous les conséquences : des enseignants et élèves sont partis à l’intérieur du pays avec la COVID. Ce qu’il est important de préciser, c’est que même lorsque les gens font des prélèvements avant de se rendre à l’intérieur du pays, on leur délivre l’autorisation de partir sans attendre les résultats, alors que logiquement l’autorisation devait être assujetti à un résultat négatif. Il y a donc un problème très grave dans les choix du Gouvernement qui expose les populations plutôt que de les protéger. En principe, tous les enseignants en provenance d’Abidjan devraient observer une période de mise en quarantaine. Ce qui n’a pas été fait.
  • En ce qui concerne la reprise des cours, il y a deux (2) problèmes majeurs :
  • La décision d’associer les classes intermédiaires à la reprise des cours n’est bonne pour trois raisons principales : D’abord, elles ont le plus gros effectif donc elles occupent des classes qui auraient pu servir à faciliter le désengorgement des classes d’examens pour le respect des mesures barrières. Ensuite le temps des cours qui leur est imparti est de moins d’un mois puisqu’elles commenceront le 02 juin et l’arrêt des notes est fixé au 26 juin. A quoi ça sert de les exposer pour moins d’un mois de cours ? Par ailleurs, les soustraire de la reprise garantit la disponibilité des enseignants pour bien s’occuper des classes d’examens. Par exemple, Pour une classe de 100 élèves, il va falloir la diviser en 4 si on veut respecter les mesures barrières. Ce qui suppose le recrutement de nouveaux enseignants. Et nous n’avons ni le temps, ni les moyens de la faire.
  • La majorité des écoles n’ont pas bénéficié de désinfection avant la réouverture :Plusieurs écoles l’ont été par la grâce de bonnes volontés comme au lycée Ste Marie de Cocody ou de fondateurs sérieux.
  • Sur Le respect des mesures dans les écoles : IL y a non seulement un problème de disponibilité des masques alors qu’on a promis la gratuité des masques depuis le 09 avril, mais plusieurs écoles n’ont pas de dispositif de lavage des mains comme au lycée de Angré. Pire, l’eau n’est même pas disponible dans les robinets de l’école au cas où les élèves voudraient se laver les mains autrement.  
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Quelles sont les réelles motivations du Gouvernement ?

  1. Au plan économique
  2. On avait déjà dénoncé la lenteur dans la mise en fonction du fonds destiné aux PME. En effet, tous les fonds ont été annoncés par le Premier Ministre le 31 mars et le fonds social a été immédiatement opérationnel. Mais pendant que les entreprises et les travailleurs sont dans la tourmente, non seulement les critères d’accès aux fonds excluent les Toutes petites entreprises, mais ce n’est que le 11 mai que le Ministre a inauguré les locaux du fonds des PME et le conseil présidentiel du 22 mai nous informe qu’ils ont reçu seulement 16 dossiers dont 5 ont été validés et payés à hauteur de 48 millions. De qui se moque-t-on ? Et pourquoi cette lenteur ?
  3. La sélection douteuse dans le secteur informel : non seulement les critères d’accès au fonds ne sont pas réalistes, le nombre de 1260 personnes a été défini sur quelle base ? Finalement au lieu de créer un fonds pour les jeunes, on veut les greffer au fonds pour le secteur informel et hier on nous annonce qu’on va aller à 40 000 personnes Même si on donne 300 000 F qui est le montant plafond à 40 000 personnes, ça fait 12 milliards alors qu’il y a 100 milliards de prévu. De qui se moque-t-on ?
  1. Au plan social
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C’est la catastrophe. Au lieu de s’occuper de TOUS les ivoiriens, on fait campagne. On fait des distributions sélectives. On le répète, la majorité des ivoiriens n’ont bénéficié ni des dons en vivres et non vivres, ni des 25 000 F ni des prises en charge des factures. Est-il normal qu’on prétende avoir aidé 12 millions d’ivoiriens, donc à priori la moitié de la population et 177 128 ménages, alors que dans notre entourage et dans les lieux que nous visitons, personne n’a jamais rien reçu ? Cela donne raison à ceux qui disent que ce sont les militants du RHDP qui sont servis parce que franchement la majorité n’a rien reçu.

  1. Recommandations

Il faut respecter les ivoiriens et faire les choses avec un minimum de transparence. S’ils ont eu leurs milliards et qu’ils veulent les utiliser pour leur campagne et nous livrer à la COVID, qu’on nous le dise. Mais si on veut vraiment lutter contre cette pandémie, qu’on fasse les choses pour l’intérêt de tous les ivoiriens et avec un minimum de bons sens et de façon inclusive.

Excellente journée à vous et à demain 12h30 pour un autre sujet.

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