Coup d’Etat au Mali: Mesures excessives contre le peuple, la CEDEAO protège-t-elle les dictateurs corrompus?

Coup d’Etat au Mali: Mesures excessives contre le peuple, la CEDEAO protège-t-elle les dictateurs corrompus?

 Après l’échec de la CEDEAO dans les négociations entre l’opposition malienne qui demandait la démission du président Ibrahim Boubacar Kéita (IBK) et son régime accusé de corruption à grande échelle, les militaires ont pris leurs responsabilités. La population, dans sa grande majorité, est sortie pour saluer, sans violence, le renversement du régime corrompu. Cependant, à la lecture du communiqué (ci-dessous) de la CEDEAO après le coup d’Etat opéré par des militaires maliens, de nombreux africains s’interrogent. La CEDEAO est-elle du côté des populations africaines ou de celui des régimes dictatoriaux et corrompus ? Dans ce communiqué, on annonce des embargos et bien d’autres actions pour isoler et contraindre la population et les militaires à rétablir le régime corrompu d’IBK. Il est vrai qu’un coup d’Etat est toujours à condamner, mais les actions contre le peuple du Mali sont excessives, selon des observateurs avertis qui accusent la CEDEAO de soutenir des régimes contre leurs peuples.

COMMUNIQUE DE LA CEDEAO

1. Suite à son communiqué publié au cours de la journée du 18 août 2020 faisant état d’une mutinerie en cours au sein des Forces Armées Maliennes, la CEDEAO a noté avec une très grande préoccupation la prise de pouvoir par des militaires putschistes maliens.

2. Cette prise de pouvoir intervient dans un contexte de crise socio- politique difficile. En effet, la CEDEAO rappelle qu’elle a engagé un processus de médiation depuis plus de deux mois en vue de trouver une solution à cette crise. Suite à ce coup de force des militaires putschistes maliens, qui est de nature à avoir un impact négatif sur la paix et la stabilité au Mali et dans la sous-région, la CEDEAO:

a) condamne avec la plus grande fermeté le renversement par des militaires putschistes du Gouvernement démocratiquement élu du Président Ibrahim Boubacar Kéita;

b) dénie catégoriquement toute forme de légitimité aux putschistes et exige le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel;

c) rappelle aux militaires leur responsabilité sur la sûreté et la sécurité du Président Ibrahim Boubacar Kéita et des officiels arrêtés;

d) exige la libération immédiate du Président Ibrahim Boubacar Kéita et de tous les officiels arrêtés;

e) suspend le Mali de tous les Organes de décision de la CEDEAO avec effet immédiat, conformément au Protocole additionnel sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance et ce, jusqu’au rétablissement effectif de l’ordre constitutionnel;

f) décide de la fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes ainsi que l’arrêt de tous les flux et transactions économiques, commerciales et financières entre les pays membres de la CEDEAO et le Mali et invite tous les partenaires à faire de même;

g) demande la montée en puissance immédiate de la Force en Attente de la CEDEAO;

h) engage la Commission de la CEDEAO à mettre en œuvre immédiatement un ensemble de sanctions contre tous les putschistes et leur partenaires et collaborateurs;

i) décide de dépêcher une délégation de haut niveau pour assurer le retour immédiat de l’ordre constitutionnel;

j) décide de demeurer saisie de la situation au Mali.

Fait à Abuja le 18 août 2020

Commission de la CEDEAO

NB : Le titre et le chapeau sont de la rédaction de africanewsquick.net

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