Côte d’Ivoire: Les communautés portuaires en difficulté

Les communautés portuaires d’Abidjan et de San Pedro ont besoin de sérénité et de prévisibilité pour poursuivre leur politique d’investissement en Côte d’Ivoire. Car les récents événements n’ont pas du tout facilité le climat des affaires. Ces institutions regardent toutes l’évolution de la situation avec inquiétude et même avec désarroi. Depuis plus d’un mois, les opportunités d’affaires sont au point mort et tous les yeux sont rivés sur les autorités qui doivent trouver une solution à la stabilité pour une relance économique forte et durable. 

« L’impact de la crise pré-électorale et post-électorale risque d’être plus grave que la COVID 19. Nous souhaitons qu’une issue heureuse soit trouvée par tous et pour tous. Notre premier souhait est de voir les parties en présence renouer le fil du dialogue qui doit déboucher sur un accord de principe de stabilité sans laquelle les activités maritimes et portuaires ne peuvent pas prospérer 100% », constate un chef d’entreprise qui s’est exprimé sous le sceau de l’anonymat. Le contexte politique et sécuritaire que traverse le pays oblige déjà certaines sociétés à procéder à la réduction de leur taux horaire du travail. C’est un manque à gagner énorme pour ces structures.

« Le climat sécuritaire n’est pas encore totalement apaisé avec cette nouvelle poussée de violence et cela crée des incertitudes à nos mouvements. Le risque extrémiste ne peut être écarté. Les échanges commerciaux continuent de baisser. Si on y prend garde, la balance commerciale au niveau des marchandises sera déficitaire. Il y a des défis à relever », relève un responsable des chargeurs d’un pays de l’hinterland qui décrit une enquête commandité par la Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI). « L’impact de la COVID 19 sur l’outil économique en Côte d’Ivoire, créé une baisse du chiffre d’affaires, entre 25 et 50%, des grandes entreprises et de 31%des Petites et Moyennes Entreprises (PME). Toujours selon cette enquête, les PME déjà fragiles, ne supporteront pas encore longtemps l’impact de cette autre crise. En attendant les résultats des efforts conjugués du gouvernement et de la communauté internationale, les entreprises continuent de s’interroger. La Côte d’ivoire étant membre de plusieurs organisations d’intégration sous régionale dont les principales sont: la CEDEAO  et l’UEMOA, la persistance de la crise a un impact négatif sur les pays de la sous-région notamment les pays de l’hinterland », ajoute-t-il.

Au-delà des entreprises portuaires, ce sont tous les secteurs d’activités qui sont concernés par les perturbations politiques qui se poursuivent avec les arrestations et tortures quotidiennes d’opposants, les manifestations de mécontentements.

Nathanaël Yao

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