Côte d’Ivoire: Le prix du retour de Gbagbo et Soro Guillaume (Edwige Sossah, Relations ACP-UE)

Côte d’Ivoire: Le prix du retour de Gbagbo et Soro Guillaume (Edwige Sossah, Relations ACP-UE)

L’inacceptable pour certains a été acceptable pour d’autres. La candidature du président Ouattara s’est traduite par une investiture de ‘’masse’’ au sein du RHDP. Les choses sérieuses commencent à deux mois de la présidentielle. La polémique relative à ce troisième mandat semble avoir été remplacée par la volonté de l’opposition d’aller en ‘’rang serré’’ aux élections. Le président, lors de son premier mandat avait annoncé la couleur, à savoir mener à bien ce qu’il a appelé le ‘’vivre ensemble’’. Hélas, il n’a pas été suivi par ses troupes qui, pour beaucoup, ont fait du rattrapage ethnique en puissance. 

Laurent Gbagbo du FPI

Quand vous n’avez pas le nom qu’il faut, il vous est difficile de faire une société. Néanmoins et par la force des choses, il se présente une chance historique pour le président Ouattara. Celle d’imposer cette fois-ci,  envers et contre tout, le vivre ensemble. Mais ce vivre-ensemble répond à certains préalables.

Comment prétendre à un vivre ensemble, et je dirai mieux, à cet ivoirien nouveau sans faire la paix des coeurs et pardonner à toutes celles et tous ceux qui ont trahi le président Ouattara ou qui ont fait volte face ?

Il est bien vrai qu’il n’est pas évident de pardonner à quelqu’un qui a tenté un coup d’Etat. Il est bien vrai qu’il n’est pas facile de pardonner à quelqu’un dont on porte encore les stigmates d’un affrontement frontal.  Mais quand on aime son pays et quand on est à la recherche, envers et contre tout, de la paix, de la réconciliation nationale, de l’unité et du vivre ensemble, alors on est capable de se hisser au-dessus de toutes les contingences et de pardonner.

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Guillaume Soro de GPS

Mais si le président Ouattara est capable de pardonner, voire, d’amnistier, il faut en face des personnes qui cessent de défier le pouvoir en place et s’atteler plutôt à négocier. Les partisans de Laurent Gbagbo et de Soro veulent-ils vraiment le retour de leurs hommes ?

Nous pouvons en douter car on ne défie pas le pouvoir en place par des invectives, mais on négocie avec l’Etat.  Si le pardon du président Ouattara est souhaitable voire indispensable pour l’unité et l’esprit de fraternité dans le pays, l’attitude de certains est à revoir afin de ne pas se voir confronter à chaque fois dans leurs doléances à des fins de non recevoir.

EDWIGE SOSSAH,

 Présidente du mouvement politique ‘’République fraternelle’’

Experte en Relations internationales, relations ACP-UE

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