Côte d’Ivoire/Edwige Sossah (Présidente de République fraternelle) : «La RF est la résultante de toutes les utopies, le parti de la jeunesse oubliée, sacrifiée…»

Côte d’Ivoire/Edwige Sossah (Présidente de République fraternelle) : «La RF est la résultante de toutes les utopies, le parti de la jeunesse oubliée, sacrifiée…»

 

La Côte d’Ivoire a enregistré a enregistré un nouveau parti politique depuis le mois de décembre 2019, République Fraternelle (RF). Africanewsquick.net vous propose la première interview officielle de Mme Edwige SOSSAH (voir présentation en fin d’entretien), présidente de République Fraternelle. Entretien.

 

Pourquoi avoir créé le parti République Fraternelle ?

République Fraternelle parce que nous avons connu en Côte d’Ivoire des concepts d’ivoirité et de rattrapage ethnique qui se sont traduits dans les faits. La stigmatisation de l’autre sur le fait qu’il est du nord et pas du sud ou l’inverse, de l’ouest et pas de l’est a été les chevaux de bataille des différents gouvernements passés et présents. La fixation sur le patronyme des ivoiriens avant de leur attribuer un poste ou avant de les considérer comme ivoirien à part entière nous a divisé. Et en nous divisant, cette fixation sur le patronyme a empêché le véritable développement. République Fraternelle vient pour réconcilier véritablement et dans la durée les ivoiriens. Que vous soyez du Nord ou du Sud, de l’Est ou de l’Ouest, et peu importe votre patronyme vous êtes les bienvenus dans ce parti fédérateur et aux valeurs universelles. Et ces valeurs sont universelles pas parce qu’elles sont nées quelque part mais parce qu’elles sont la résultante de toutes les utopies. République Fraternelle parce que la Côte d’Ivoire a besoin de reconnaître tous ses enfants pour aller vers un véritable développement endogène. Nous avons enfin besoin de nous retrouver vraiment tous unis autour d’un même drapeau pour avancer vers un même idéal de fraternité, d’universalité et de progrès. Voilà pourquoi République Fraternelle. Nous sommes conscients qu’il ne peut y avoir de véritable développement sans unité, sans fraternité, sans ce sentiment d’appartenir à une même nation. Nous sommes un parti libéral humaniste c’est-à-dire que nous croyons aux lois du marché, au capitalisme mais nous lui associons un visage humain. République Fraternelle c’est le parti de la jeunesse oubliée, sacrifiée alors qu’elle représente l’avenir de la Côte d’Ivoire. République Fraternelle c’est le parti de la femme ivoirienne matrice de la nation, tôt levée et tard couchée et qui doit reprendre sa place dans le dispositif sociétal. Nous sommes le parti des entrepreneurs, fers de lance et créateurs de richesses que nous devons soutenir par des mesures incitatives. Nous sommes le parti des agriculteurs grâce à qui nous mangeons et qu’il convient de revaloriser. Nous sommes le parti de mesures strictes pour la préservation de notre environnement et dans ces périodes de crise sanitaire nous avons, avec encore plus d’acuité, une vision pour notre système hospitalier, notre système de santé défaillant. République Fraternelle veut faire de ‘’la patrie de la vraie fraternité’’ une réalité !

 

Avez-vous déjà installé des délégations et sections en Côte d’Ivoire ?

Nous commençons à le faire. J ai des gens sur le terrain moi étant bloquée ici.

 

Quel est l’objectif d’implantation du RF?

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Que chaque ivoirienne et ivoirien puisse se reconnaître dans RF qui est le parti de la réconciliation nationale avec notre slogan : TOUS ENSEMBLE MAINTENANT !

 

Vous parlez de réconciliation des Ivoiriens. Comment vous comptez-vous y prendre pour réussir à remettre ensemble ces populations qui se regardent en chiens de faïence depuis l’avènement du multipartisme en 1990?

République Fraternelle, c’est la République du vivre-ensemble. Nous voulons tous une Côte d’Ivoire qui se développe vraiment. Pour ne prendre que l’exemple de nos hôpitaux. Sous tous les gouvernements successifs, le système hospitalier a été sacrifié. Ceux qui ont les moyens partent en Europe se faire soigner. Les autres meurent sur place à défaut d’un système de santé performant. Nous prônons le véritable vivre ensemble, car c’est la condition requise pour aller vers un véritable développement. Les Ivoiriens veulent le vrai développement pour leur pays et donc ils se reconnaîtront dans République fraternelle afin que la Côte d’Ivoire reconnaisse tous ses enfants et se développe !

 

Mme la présidente, vous n’avez pas répondu à ma question que je reprécise : Quelle méthodologie allez vous utiliser pour réconcilier les Ivoiriens ?

La réconciliation nationale, le pardon, ce n’est pas une affaire de mots, mais elle doit descendre dans chaque conscience ivoirienne. Je ne vais pas tout dire lors de la première interview. A cette question je répondrai plus tard dans une prochaine interview si vous me le permettez.

 

Comment vivez-vous la crise du Covid-19 depuis l’Europe ?

En déplacement express pour raisons familiales, je me suis retrouvée confinée en Europe. Cette période de confinement me révèle que l’être humain n’est rien et que notre vie ne tient véritablement qu’à un fil. C’est une période difficile à vivre mais en même temps qui nous impose à tout repenser. Personnellement je fais une introspection sur ma vie, sur la politique et de ce qu’elle a de plus noble, de ce qu’elle  doit être, car la politique bien menée a des vertus: agir pour ses concitoyens quoi de plus formidable ! C’est ainsi que je poste sur ma plateforme politique des idées novatrices capables d’endiguer ce fléau que nous subissons. Mon parti politique est l’ami de tous et l’ennemi de personne. Nous ne sommes pas sur le terrain politique pour critiquer de manière absurde mais pour être une force de propositions. Nous pensons que c’est ensemble que nous pourrons apporter des solutions à notre cher pays. Je vis également ce confinement en apportant, par le biais de cette plateforme, des solutions non seulement à cette pandémie qui nous heurte mais des solutions pour la Côte d’Ivoire et son développement de demain. Il y aura eu la vie du pays avant le Covid-19 et il y aura la vie du pays après le Covid-19. Il nous faudra tout repenser : nos modes de vie, de travail. Nous allons nous poser des questions sur nos besoins à savoir ce qui est utile et le superflu. Il va falloir se re-inventer…

 

La Côte d’Ivoire va vivre des élections en octobre prochain, pensez-vous que la candidature à la présidentielle du Premier ministre est-elle toujours possible ?

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Difficile de répondre à cette question car qui peut mieux évaluer ses propres forces physiques que le premier ministre lui même ? Ce qui est sûr, c est que le Rhdp a besoin d’un candidat qui fasse l’unanimité, un candidat qui rassemble.  Le premier ministre semble répondre à ces critères au sein du Rhdp. Rassembler sa famille politique, il le fait. La politique fiction peut parfois rattraper la real politique. Gérer un État nécessite toutes les facultés physiques et mentales car gérer un État c’est gérer l’imprévu. Le premier ministre le sait et il saura le moment venu prendre la bonne décision pour sa famille politique. Rappelons que face à la maladie nous devons être au dessus de toutes les contingences !

 

La gestion de la crise par les autorités ivoiriennes a-t-elle été approximative, selon vous?

Comme je l’ai dit République Fraternelle est un parti qui, sans critiquer à tout va est surtout une force de proposition. Je dois dire cependant que la crise n’est pas gérée de manière conséquente. Les réalités de l’Afrique sont différentes de celles de l’Europe. Je considère que le confinement subit par les pays occidentaux et copié par les pays africains faute sans doute de mieux n’est pas la solution. Pour la Côte d’Ivoire et donc pour l’Afrique le confinement n’est définitivement pas la solution. Pourquoi confiner des gens qui sont des forces de la nation et qui font tourner l’économie du pays ? Les autorités ivoiriennes dès le début de la crise mondiale aurait dû prendre la mesure des enjeux en se dotant de kits de dépistage. Un kit de dépistage par ivoirien. Il fallait au lieu du confinement dépister toute la population par secteurs et par zones. Répartir et alors oui confiner ceux qui sont contaminés. Parmi les contaminés dissocier ceux qui après 6 jours ne sont plus dangereux et ceux qui sont dangereux. Pour ces cas, mettre en place des centres de traitements spécifiques (infectiologie). Mais quand on connaît l’état de nos hôpitaux, la question qui se pose au gouvernement est comment recevoir les malades ? Et Pour ceux qui sont testés négatifs la vie reprend son cours. D’autre part, le confinement n’est pas adapté car dans de nombreux foyers on achète au jour le jour. Il y a des ménages qui n’ont pas de frigos, de réserve, etc. le confinement est alors une idiotie. D’autre part le confinement rend les populations fragiles. Le corps ne se défend plus face aux agressions extérieures. Il ne faut pas arracher les individus de leur environnement naturel. Les infrastructures ainsi que le mode de vie des africains est donc fondamentalement différent. Le gouvernement a donc suivi les pays occidentaux sans se poser les vraies questions. On ne confine pas des personnes en bonne santé; on confine les malades comme je viens de l expliquer plus haut. Tous les pays occidentaux qui ont confiné se retrouvent face au difficile problème du dé-confinement. Ce qui est sûr c’est  que le port du masque ainsi que les mesures barrières se doivent d’être respectés.

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Donné 25.000 Fcfa aux plus vulnérables et ce pendant trois mois est une mesurette.

Aujourd’hui l’Etat débloque 1700 milliards pour faire face au Covid-19. Ensuite nous obtenons un un prêt de 900 millions de dollars du FMI. Le FMI qui avait participé à la ruine de l’Afrique à travers son plan d’ajustement structurel qui était en fait un plan d’appauvrissement structurel dans les années 80 début 90 revient à la charge pour le compte des mêmes intérêts des donateurs et des grands investisseurs privés. Les africains et la diaspora manquent- ils vraiment de moyens pour réunir cent milliards de dollars pour financer leur propre développement ?

Nous, responsables politiques que faisons- nous de nos scientifiques, chercheurs, experts, talents, de notre jeunesse, de nos ressources ? Une approche globale est dès lors à appréhender.

Je me dois toutefois de saluer le ministre de la santé Aka Aoule. Il semble m’avoir entendu quand j’ai demandé la construction d’hôpitaux dans le cadre du covid 19. A quelque chose malheur est bon. Il aura fallu cette pandémie pour constater les insuffisances en matière de construction d’hôpitaux en Côte d’ivoire.

Les plus importantes ressources naturelles et inaliénables dont sont dotées les nations ce sont les ressources humaines, le capital humain. Prenons tous bien soin de leurs vies et de leur santé pour reconstruire ensemble notre avenir!

 

Finissons par qui est Edwige Sossah ?

Je suis une femme politique ivoirienne qui a décidé de sortir en quelque sorte de l’ombre. Mais nombreux sont celles et ceux qui me connaissent à travers mes écrits politiques et mes prises de position. Née en 1972 en Côte d’Ivoire au CHU de Treichville, j’ai effectué mes études secondaires et universitaires à Paris. Diplômée d’un DESR (Diplôme d’Etudes Supérieures de Recherches) en Relations internationales dans une école de relations internationales ILERI- Paris, je me suis délocalisée en allant  travailler à l’ambassade de Côte d’ivoire à Bruxelles de juin 1998 à juin 2000. J’ai pris part aux négociations ACP-UE devant aboutir à la signature de l’accord de Cotonou en juin 2000. J’ai ensuite été assistante parlementaire en charge des questions africaines pour le  député européen Johan Van Ecke à Bruxelles. Dans un même temps écrivaine politique, je suis l’auteure de trois ouvrages “Vers une nouvelle stratégie politique”; “Stratégies gagnantes de coopération Afrique-Europe” et “L’Afrique, devenir du monde”. Désignée observatrice lors des élections présidentielles de 2015, j’ai fait la rencontre du président de l Assemblée nationale de l’époque et écrit pour lui la préface de mon livre ” l’Afrique devenir du monde”. L’envie de mettre mes compétences au service de mon pays la Côte d’Ivoire, me pousse à rentrer  fin 2016 à Abidjan. Ayant observé la politique de mon pays pendant trois ans, j’ai décidé de créer mon parti politique RÉPUBLIQUE FRATERNELLE. Les statuts du parti ont été déposés fin décembre 2019 au ministère de l’intérieur.

 

Propos recueillis avec Whatsapp par Gilles Richard OMAEL

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