Côte d’Ivoire: Comment Ouattara et son régime détruisent l’Etat de droit, NDI inquiet… L’indépendance de la justice en débat

Côte d’Ivoire: Comment Ouattara et son régime détruisent l’Etat de droit, NDI inquiet… L’indépendance de la justice en débat
Des décisions visant des magistrats et plusieurs dossiers non instruits impliquant des proches du régime font douter de la capacité de l’appareil judiciaire à s’affranchir des pressions politiques.
Le fonctionnement de l’appareil judiciaire ivoirien interpelle de plus en plus les partenaires européens et américains de la Côte d’Ivoire. En visite à Abidjan fin février, Derek Mitchell, le président de l’ONG National Democratic Institute (NDI), spécialisée dans le renforcement des structures démocratiques, s’en est ouvert au président Alassane Ouattara. Sous pression, plusieurs magistrats ayant manifesté leur indépendance ont été mutés ou nommés à des fonctions subalternes. Président de la chambre administrative de la Cour suprême, Pierre Claver Kobo est contesté pour avoir validé la victoire de Jean-Louis Moulot, candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, au pouvoir) aux municipales partielles à Grand-Bassam (est) en janvier, malgré de nombreuses irrégularités.
Plusieurs affaires impliquant des cadres du RHDP, le parti présidentiel, ne connaissent aucune issue ni même un début de traitement, au risque de généraliser un sentiment d’impunité. Sœur du chef de l’Etat, Rokeyatou Ouattara n’a toujours pas déféré à plusieurs convocations des juges pour être entendue dans le cadre d’un litige avec son ex-associé Sangaré Lanciné au sein de la société Rama Transit. Ce dernier est emprisonné à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) depuis janvier 2018, sans perspective de procès à la suite d’une plainte de la femme d’affaires ( LC n°794). Entre-temps, Rokeyatou Ouattara a placé l’un de ses fils, Amara Touré, à la tête de la même entreprise.
Début 2019, le président du tribunal de première instance d’Abidjan, le juge Amouroulaye Sissoko, a pour sa part condamné à un an de prison le député Alain Lobognon, proche de Guillaume Soro, après un tweet mais en l’absence de preuve de délit. A la même période, les juges et les avocats ivoiriens ont manifesté à Abidjan pour protester contre la mainmise de l’exécutif sur la justice.
La Lettre du Continent n°797 du 27 mars 2019
Nb : Une partie du titre est de la rédaction de africanewsquick.net

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