Corruption, blanchiment, détournement: Près de 500 personnes inculpées, des biens saisis

Selon un rapport du Pôle pénal économique et financier (PPEF) et de la Haute autorité pour la bonne gouvernance (HABG), livré le vendredi 16 juillet 2021, lors d’une rencontre à Abidjan au total 473 personnes ont été inculpées pour corruption, enrichissement illicite, blanchiment, détournement de deniers et titres publics.

« Sur 305 dossiers enregistrés, 104 ont été clôturés dont 86 renvoyés en police correctionnelle. Soixante dossiers ont déjà fait l’objet de jugement et 21 sont en cours de jugement. Quatre cent soixante-treize personnes ont été inculpées à divers titres, à savoir pour corruption, enrichissement illicite, blanchiment, détournement de deniers et titres publics, etc. Sur les 60 dossiers jugés par le tribunal de Première instance d’Abidjan-Plateau, l’on note sept condamnations pour corruption et infractions assimilées, 32 condamnations pour blanchiment de capitaux et 21 condamnations pour délits économiques divers », a annoncé Henri Augustin Aka, Secrétaire général de la HABG.

Il a ajouté que le tribunal a ordonné la confiscation, au profit de l’Etat de Côte d’Ivoire, des biens meubles et immeubles ayant servi à commettre ces infractions ou étant les produits tirés de ces infractions.

Pour lui, en plus des dossiers déjà transmis au PPEF pour la période allant du 1er janvier au 30 juin 2021, la HABG a enregistré 35 dossiers de plaintes et de dénonciations.

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Il a par ailleurs souligné que la collaboration entre le Pôle pénal économique et financier et les différents acteurs de l’écosystème de la lutte contre la corruption et les infractions assimilées fonctionne de « façon parfaite ».

Ces chiffres ne devraient étonner personne en Côte d’Ivoire. Car le classement 2021 des pays africains selon l’indice de perception de la corruption (Transparency) sur le continent africain montre que seuls six pays sont arrivés à passer la barre des 50 points. Il s’agit des Seychelles (66), du Botswana (60), du Cap-Vert (58), du Rwanda (54), de Maurice (53) et de la Namibie (51).

En effet, l’indice qui classe 180 pays et territoires, dont 54 en Afrique en fonction du niveau de corruption dans le secteur public, tel qu’il est perçu par les experts et les hommes d’affaires, utilise une échelle de zéro à 100 où zéro correspond à un système très corrompu et 100 à un système très faiblement corrompu.

La Côte d’Ivoire fait partie des mauvais élèves avec un 20è rang et l’indice 36 et le 104è  rang mondial.

Selon l’ONG Transparency International, la corruption détourne les dépenses publiques des services essentiels. Et les pays avec des niveaux de corruption plus élevés, quel que soit leur développement économique, ont tendance à dépenser moins pour la santé.

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Les autorités ivoiriennes ont pris une bonne initiative de traquer les voleurs de la République. Mais l’on se pose la question de savoir si effectivement tous les pilleurs de l’économie seront interpellés sans exception.

En fait, dans les pays à la démocratie parfaite, personne n’est épargnée. Le Président ou le ministre peut payer les pots cassés après avoir été coupable de corruption.

L’exemple de Nicolas Sarkozy, ancien Président français et Jacob Zuma, ancien Président Sud-africain qui ont été condamnés dans leurs pays respectifs pour corruption, est édifiant.

Mais dans les démocraties imparfaites ou les dictatures de plusieurs pays africains, le Président et les ministres sont intouchables. Car la justice est à leurs ordres.

Ils peuvent piller toutes les ressources du pays sans être inquiétés. Ils ne pourchassent que les opposants pour tel ou tel délit.

Nathanael Yao

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