Corruption au Ghana: Nana Akufo-Addo dans de beaux draps

Corruption au Ghana: Nana Akufo-Addo dans de beaux draps

Martin Amidu, le procureur anticorruption du Ghana  accuse Nana Akufo-Addo, président et candidat à sa réélection le 7 décembre 2020, d’avoir tenté de lui faire enterrer un rapport explosif concernant une société offshore créée par le gouvernement.Il a donc démissionné le lundi 16 novembre 2020, accusant le chef de l’Etat d’« ingérence politique ».

Dans une lettre de démission adressée au président Nana Akufo-Addo et rendue publique, il affirme ne plus être « en mesure d’exercer en toute indépendance son travail ». « Vous avez, à tort, pensé que je pourrais exercer ma fonction de procureur spécial comme votre caniche », écrit-il dans sa lettre. Cette démission intervient juste avant l’élection présidentielle, lors de laquelle Nana Akufo-Addo, candidat à sa réélection, affrontera l’ancien chef de l’Etat John DramamiMahama dans un scrutin qui s’annonce serré et palpitant.

La nomination de Martin Amidu par le président Akufo-Addo, en février 2018, avait suscité l’espoir au Ghana, pays où la corruption demeure un problème persistant. Mais aujourd’hui, M. Amidu accuse notamment le président d’avoir tenté de lui faire enterrer un rapport explosif concernant une société offshore créée par le gouvernement pour gérer les redevances minières du pays, premier producteur d’or en Afrique. Cette société devait entrer à la Bourse de Londres en septembre et permettre de lever 500 millions de dollars (421 millions d’euros). Mais son introduction sur les marchés a été suspendue après que des organisations de la société civile ont dénoncé des risques de corruption. Pour les autorités, ce projet de vente devrait aider financièrement le Ghana à faire face à la crise économique provoquée par la pandémie liée à la COVID-19.

Nana Akufo-Addo, président Ghanéen,par ailleurs président en exercice de la CEDEAO est dans de sales draps et cette affairede corruption peut avoir un impact négatif quant à sa réélection aux élections présidentielles de décembre 2020. Déjà en tant que président de la CEDEAO, il avait été accusé de n’avoir pas joué franc jeu concernant le projet de troisième mandat d’Alassane Ouattara. Il n’a pas pu lui demander de renoncer à cette forfaiture. Pis, sa compatriote Shirley AyorkorBotchway, ministre des Affaires Etrangères et chef d’une délégation de la CEDEAO qui était présente en Côte d’Ivoire en pleine crise pré-électorale, s’est simplement contentée de réclamer des élections apaisées en ignorant les revendications  de l’opposition.

Nana Akufo-Addo et sa compatriote ont donc surpris le peuple ivoirien à travers cette réaction. Car ils ont fermé les yeux sur la candidature illégale au troisième mandat de leur ami Alassane Ouattara, le déséquilibre au niveau de la composition de la CEI, la liste électorale truquée, l’exclusion de plusieurs candidats…

Ce silence coupable a poussé certaines personnes à seposer la question de savoir si la CEDEAO n’avait pas été corrompu par le président sortant ivoirien.Finalement ces élections ont eu lieu et ont provoqué une grave crise post-électorale.

Cette affaire de corruption qui secoue le Ghana et qui concerne directement Nana Akufo-Addo, amène le commun des mortels à conclure que ce dernier est corrompu et a dû jouer en défaveur de l’opposition ivoirienne en fermant les yeux sur leurs problèmes et préalables d’avant scrutin.

Nathanaël Yao

Avec lemonde.fr

Laisser un commentaire