Blocus de la résidence de Bédié: En colère, la Chefferie baoulé de 11 communes du district d’Abidjan parlent à Ouattara

Blocus de la résidence de Bédié: En colère, la Chefferie baoulé de 11 communes du district d’Abidjan parlent à Ouattara

Le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, opposition) Henri Konan Bédié, 86 ans, dont la résidence est encerclée depuis mardi par des policiers, n’est ni “en état d’arrestation’’ ni “en résidence surveillée’’, a assuré vendredi à Abidjan le procureur de la république, Richard Adou, lors d’une conférence de presse. “Pour mettre une personne en résidence surveillée, il faut un décret. Je n’ai pas encore vu ce décret (concernant Henri Konan Bédié). Il n’est pas en état d’arrestation. On ne peut pas non plus parler de résidence surveillée parce qu’il faut un décret’’, a expliqué M. Adou, au palais de justice d’Abidjan-Plateau, le même vendredi 6 novembre. Et pourtant, les visiteurs du président Bédié sont refoulés chaque jour depuis le 3 novembre. En témoigne cette déclaration des chefs de la communauté Baoulé à Abidjan.

«Depuis quelques jours nous avons appris que le président Henri Konan Bédié est assigné en résidence surveillée et qu’il ne pouvait sortir. En tant que chefs, la meilleure façon de se prononcer ou de dire quoi que ce soit, c’est de se rendre à la source pour savoir ce qui se passe. Est-ce vrai ou faux ce qui se raconte ?

C’est la raison pour laquelle ce matin (ndlr, samedi 7 novembre) tous les chefs centraux du district d’Abidjan et leurs notables avec à leur tête le chef central Nanan Diby Yao  se sont déplacés pour aller rencontrer et voir le président Henri Konan Bédié pour savoir ce qui se passe réellement.

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Lorsque nous sommes arrivés à Cocody plus précisément au carrefour Saint Jean, nous avions été surpris de la réaction des forces de l’ordre présents sur les lieux. Ces derniers malgré nos explications, nous ont opposé un refus catégorique suivi de menaces. Ils nous ont dit que nous ne pouvons pas avoir accès à la résidence du président Henri Konan Bédié.

Face à ce refus, nous avions insisté pour dire que nous sommes tous les enfants d’Alassane Ouattara et d’Henri Konan Bédié et qu’à ce titre, il est important et de notre devoir  de nous enquérir des nouvelles du président du PDCI-RDA. Fort a donc été notre surprise que les policiers nous ont intimé l’ordre de quitter les lieux au risque d’être traité comme des hors-la-loi.

Que faire face à ce discours de refus et de fermeté des fonctionnaires de la police ? Alors que dans une nation quand il y a un problème, ce sont les chefs traditionnels en tant que gardiens de la tradition et des US qui sont appelés à promouvoir la paix et la réconciliation. Pour preuve, c’est le président Ouattara qui revalorisé la chefferie traditionnelle en nous donnant un statut particulier. Pour nous, quel que soit le problème, nous sommes surpris qu’on nous chasse et qu’on nous refuse l’accès au président Henri Konan Bédié.

Au regard de ce grave mépris, il était important pour nous de porter cela à la connaissance de l’opinion nationale et internationale. Afin que l’on sache que les chefs traditionnels de 11 communes du district d’Abidjan étaient présents ce matin (ndlr, le samedi 7 novembre à Cocody et qu’ils n’ont pu avoir accès à la résidence du président Henri Konan Bédié.

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Aussi, convient-il de préciser que les fonctionnaires de la police nationale nous ont fait savoir que si nous tenons à échanger avec le président Bédié, de faire parvenir un courrier à Monsieur le ministre de la sécurité afin qu’il puisse nous dire si oui ou non nous pouvons rencontrer le  président Henri Konan Bédié.

Par ailleurs, nous tenons à rappeler que nous chefs notre démarche ne vise pas à aggraver la situation. Bien au contraire, nous voulons en savoir davantage pour voir quelle solution il faut pour que la Côte d’Ivoire retrouve la paix. Voici le sens de notre démarche et de notre déplacement ce matin.            

Pour la Chefferie

Nanan Koffi Kouadio, porte-parole de la chefferie centrale».                                      Propos recueillis par GRO

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