Côte d’Ivoire-Salubrité urbaine: «Maman Bulldozer» et ses Caterpillars…

By: Africa Newsquick

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La loi portant transfert et répartition de compétences de l’Etat aux Collectivités territoriales, adoptée depuis plusieurs années maintenant par le législateur, donne aux élus locaux, pour la gestion quotidienne de leurs localités respectives, des pouvoirs non négligeables. Cependant, l’état d’anarchie, d’incivisme et d’insalubrité notoires, dans lesquels baignent la plupart des communes, conduit à se demander comment les élus locaux gèrent leur commune; au point où, c’est le ministre en charge de la Salubrité urbaine qui, chaque fois, est obligée de faire le ménage à leur place.

 

Anne Ouloto restée égale à «Maman Bulldozer»

C’est en 2012 qu’Anne Désirée Ouloto avait quitté la tête du ministère de la Salubrité urbaine. Mais depuis le 12 janvier 2016, après avoir transité au ministère de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l`Enfant, celle qu’on appelle affectueusement «Maman bulldozer» a signé son retour à la tête de son ancien ministère. Elle avait, on se souvient, considérablement bouleversé, dans sa volonté de lutter contre l’insalubrité qui gangrénait les communes d’Abidjan et de la Côte d’Ivoire toute entière, les mauvaises habitudes des Ivoiriens. La capitale économique ivoirienne avait, durant son règne à la tête du ministère de la Salubrité urbaine, retrouvé une fière allure avant de retomber quelques semaines, juste après son départ, dans les vilaines habitudes. Stationnement anarchique des véhicules, occupations illicites du domaine public par les commerçants, retour des tas d’immondices dans les rues et carrefours, pollution sonore, divagation des animaux domestiques, présence des mendiants dans les rues, retour des sachets plastiques, soulagement des populations à l’air libre… Bref! Abidjan et les communes de l’intérieur du pays avaient renoué, à une vitesse exponentielle, avec les vielles pratiques d’antan qui ont suscité l’appellation «Abidjan la perle des ordures». Face à cette situation d’insalubrité chronique, le chef de l’Etat a, de nouveau, confié à sa collaboratrice, le portefeuille ministériel de la Salubrité urbaine. Le mercredi 11 mai 2016, lors du Conseil des ministres qui s’est tenu ce jour-là au Palais présidentiel, au Plateau, elle a réussi à faire adopter, par ses collègues ministres, ses propositions pour ramener la salubrité en Côte d’Ivoire à un seuil convenable. Fortifiée par le soutien du gouvernement, elle a convoqué le lendemain à son Cabinet, soit le jeudi 12 mai 2016, la presse pour lui dévoiler sa nouvelle politique de l’assainissement et de la salubrité en Côte d’Ivoire. La réinstauration de l’obligation du balayage systématique et de l’entretien de la devanture des habitations, des bureaux et des commerces; la prise du décret portant réglementation des bruits de voisinage; le renforcement et l’opérationnalisation du dispositif répressif par la participation effective de l’ensemble des forces, notamment la brigade répressive; l’institution d’une semaine nationale de la propreté…telles sont entre autres les nouvelles dispositions que compte prendre madame la ministère de la Salubrité urbaine pour améliorer le cadre de vie des populations. «Notre ville est notre bien commun, qui doit être protégé et respecté, et notre quartier, notre cité ne doivent, en aucun cas, être transformés en poubelles. De même, personne n’est propriétaire du domaine public. Nul n’a donc le droit de le salir ou d’en abuser de façon illégale. Nous devons revoir nos comportements!» A-t-elle exhorté. Justement après le discours, elle n’a pas mis du temps pour agir. Dans le cadre de la «Semaine nationale de la propreté», les bulldozers ont fait leur réapparition. Et c’est par Adjamé, la commune chère à Youssouf Sylla, caractérisée par son désordre exemplaire, que les hostilités d’Anne Ouloto contre l’incivisme ont débuté. «On va se poursuivre, on va se traquer jusqu’à ce qu’on finisse par changer de comportement », a-t-elle prévenu.

 

Vivement l’implication effective des élus locaux!

«Une ville propre et assainie, c’est l’affaire de tous!» Tel est le thème retenu pour la première édition de la Semaine nationale de la propriété, fraîchement instaurée. Sur le choix de ce thème, madame la ministre de Salubrité a indiqué que la célébration de cette semaine a pour objectifs «d’attirer l’attention de tous, autorités centrales, collectivités territoriales et populations, sur l’importance de la propreté pour notre bien-être, notre santé et le développement de notre nation; et de nous amener, par la sensibilisation, à agir avec le Gouvernement par des actions citoyennes, pour la propreté et l’esthétique de nos cités.» Cet appel du ministre chargé de la Salubrité urbaine sera-t-il entendu par les maires? Ces autorités locales donnent l’impression de ne pas cerner leur rôle une fois élus. « (…) Les collectivités territoriales, notamment des communes sont investies d’une mission de gestion et d’administration des territoires, ce qui renvoie à la création de conditions de vie acceptables et convenables pour leurs administrés. En effet, un rapport de responsabilités engage les communes à offrir un ordre urbain sécurisé, viable, salubre, cohésif, animé, et d’un niveau de vie amélioré», avait expliqué Albert François Amichia, le 25 août 2014 à Yamoussoukro, à l’occasion d’une conférence organisée par la Ligue des enseignants d’Histoire-Géographie de Côte d’Ivoire. Malgré la loi n°2003-208 du 07 juillet 2003, portant transfert et répartition de compétences de l’Etat aux Collectivités territoriales, qui donne mandat aux communes dans 16 domaines de compétences y compris la santé, l’hygiène publique, l’assainissement, celles-ci demeurent inertes face aux occupations illicites du domaine public, à l’insalubrité galopante, à l’incivisme de leurs populations qui se soulagent, sans hésiter, n’importe où. Il est donc tant que la Côte d’Ivoire qui organisera d’ici peu les Jeux de la francophonie, et qui caresse ardemment le rêve de devenir un pays émergent en 2020, rompt avec ses vilaines habitudes pour renouer avec les bonnes pratiques. Les élus locaux, généralement à la base de se laisser faire et se laisser aller, doivent emboiter le pas à Anne Ouloto. Ça suffit leurs calculs politiciens qui consistent à ne pas froisser les populations-électeurs qui ne respectent pas les règles établies pour le vivre ensemble, et qu’il faut mettre au pas. Car force reste toujours à la loi!

NK, L’Eléphant déchainé

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