Côte d’Ivoire/1500 Employés au « frigo »: Le «chantage honteux» de Mohamed Khachab… Le gouvernement roulé dans la farine de thon?

By: Africa Newsquick

peche et froidCôte d’Ivoire/1500 Employés au « frigo »: Le «chantage honteux» de Mohamed Khachab… Le gouvernement roulé dans la farine de thon?

Les employés de Pêche et Froid Côte d’Ivoire (PFCI) sont désormais fixés sur leur sort. Toutes les manœuvres pour dissimuler un licenciement collectif en dépit des grandes largesses des gouvernements qui se sont succédé depuis 2006 sont mises au grand jour.

Dans sa parution numéro 423, «L’Eléphant Déchaîné» avait ébruité l’affaire en ces termes: «Pêche et

Froid:1500 employés jetés dans une chambre froide. Le gouvernement est-il informé de cette opération?»

Eh bien, cette information est belle et bien une réalité insolente. La sonnette d’alarme tirée par «L’Eléphant» n’a pas permis de prendre des mesures avant-gardistes pour contrer le plan secret savamment concocté dans le but de mettre à la rue 1500 employés dont 80% est essentiellement composé de femmes. Malgré les tentatives de la Direction des ressources humaines de démentir cette information donnée par le pachyderme en organisant deux réunions, la réalité est là.

Une première réunion qui a eu lieu, le 09/02/16 à 10 h20 mn, entre le Directeur de ressources humaines, Albert Doh et les représentants syndicaux, avait pour ordre du jour : « – Lesrumeurssurla fermeture de Pêche et Froid Côte d’Ivoire». A cette rencontre M. Doh Albert  avait rassuré les responsables syndicaux qu’il n’en était rien de la fermeture de «Pêche et Froid».

Et que la direction avait plutôt adressé un courrier au gouvernement pour lui rappeler qu’il doit trois milliards de FCFA à «Pêche et Froid» et Scodi. Il a même ajouté que le budget 2016 de PFCI et Scodi était déjà mis en place, et était en cours d’exécution. Bien mieux, PFCI a reçu beaucoup de commandes. Les employés ne devraient donc pas craindre. Ils devraient chasser les rumeurs persistantes de fermeture de leur esprit, et travailler sereinement. Pour tranquilliser encore plus le personnel, une autre rencontre s’est tenue le 15/02/16, à la demande des délégués du personnel. Rebelote! Doh Albert, le responsable des ressources humaines mandaté parla Direction générale les apaise. Cependant, cinq mois après, PFCI va «pécher» tout son effectif pour le jeter dans une chambre glaciale de chômage. La preuve patente se trouve dans un dossier, en date du 27 juillet, adressé à l’Inspection du travail dont «L’Eléphant» a eu copie, et sur lequel il est mentionné en lettres capitales: «PÊCHE ET FROID CÔTE D’IVOIRE (PFCI)… Licenciement collectif pour motif économique des salariés de la société.» Dans un large exercice d’explication, la société spécialisée en matière de production de conserves de thon se dit gravement impactée depuis plusieurs années parla crise économique que traverse le secteur de la transformation et de la distribution des produits halieutiques au niveau international.

«En effet, la situation financière de la société s’est considérablement dégradée au cours des derniers exercices sociaux en raison des facteurs sus-indiqués:

-l’application incomplète du régime franc conduisant PFCI à devoir supporter, depuis une dizaine d’années, une créance sur l’Etat de Côte d’Ivoire d’un montant de un milliard sept cent millions (1700.000.000) Francs CFA;

-la remise en cause par l’Administration, de la déduction directe parla société, de la moitié de ses dépenses de l’électricité au moment du règlement. Ce qui l’amène à supporter intégralement les frais d’électricité;

-la destruction par un incendie du magasin principal de la conserverie de la société qui a conduit à un préjudice de deux milliards cinq cent millions (2500000000) francs CFA auquel la société a dû faire face». Très belle prose doucereuse pour convaincre les plus sceptiques qui croient que l’entreprise ne connaît aucune difficulté! et le régime point franc dans tout ça?

Mais ce qui n’est pas dit par le pédégé de PFCI, c’est que depuis 2006, son entreprise a pu bénéficier, à l’instar de certaines entreprises qui opèrent dans le domaine thonier, du «régime franc des entreprises de transformation de produits thoniers». Un statut ne devant leur permettre que de payer la moitié des factures de téléphone, d’électricité, d’eau, et sont exemptés de toutes taxes sur les produits importés, à travers le décret 2006-416 du 22 décembre 2006 portant sur les tarifs préférentiels accordés aux entreprises du régime point franc. Cette loi stipule, en effet, en son article 19, un abattement de 50% sur l’eau, l’électricité, le téléphone et les produits pétroliers. En effet, la loi N°2005-556 du 2 décembre 2005 instituant le régime d’entreprise franche de transformation de produits halieutiques a été votée pour promouvoir les exportations, favoriser les emplois directs et indirects, accroître la compétitivité: notamment, favoriser les investissements et le transfert de technologie. Cette décision prise en 2005 a eu quelques difficultés dans son application réelle. C’est donc finalement en 2006 qu’un modus vivendi est trouvé entre le gouvernement et Mohamed Khachab et consorts qui menaçaient, à cette époque déjà, de «prendre en otage» les employés de PFCI et Scodi, une autre propriété de Mohamed Khachab qui opère, en ce moment tranquillement, dans le même domaine. Bref! Ces mesures ont permis à PFCI de se tailler un émergent ‘’bénef‘’ qui oscille entre 12 à 15 mille tonnes par an. Toute chose jugée insuffisante, selon le pédégé, pour préserver les 1500 emplois pour lesquels le gouvernement ivoirien a fait cette largesse.

Alors que Mohamed Khachab s’époumone à développer une activité pareille à Madagascar et au Maroc. Le gouvernement s’est-il fait avoir par ce magnat de la pèche et de la conserverie du thon?

En tout cas, de mauvaises langues affirment que le gouvernement s’est fait ‘’niquer‘’ par Mohamed Khachab qui aurait profité de cette générosité de l’Etat de Côte d’Ivoire pour se livrer, à cœur joie, à certaines activités qui n’ont rien à voir avec la pêche de thon et tousses avenants.

Histoire de se constituer une «fortune de guerre» pour aller scruter d’autres horizons.

Pour ce qui est de la préservation des emplois, ce ne serait donc passa tasse de thé, actuellement?

Un argument de feu …

L’on se souvient encore de la brochette de ministres qui s’est déplacée pour pleurer, courant juillet 2014, avec Mohamed Khachab.

Un incendie qualifié d’accident avait dévasté une bonne partie de l’entreprise.

Les ministres des Ressources animales et halieutiques, Kobenan Kouassi Adjoumani, de l’Industrie et des Mines, Jean Claude Brou qui croise le fer avec les orpailleurs, et des Transports, le réformiste Gaoussou Touré, se sont rendus sur les lieux du sinistre pour essuyer les larmes de Mohamed Khachab tout en le rassurant du soutien indéfectible du gouvernement.

«Vous savez que la Côte d’Ivoire est le premier port thonier d’Afrique et le deuxième pays exportateur de thon en Europe. Et ce sont les industriels qui font la force du thon en Côte d’Ivoire. Nous sommes venus constater les dégâts et apporter le soutien du gouvernement à la société Pêche et Froid Côte d’Ivoire qui, malgré ce sinistre, continue de travailler et de préserver les emplois. Le gouvernement va faire ce qu’il faut pour relever le niveau de ces industriels», avait indiqué Etienne Kobenan Kouassi Adjoumani, avant d’ajouter cette belle litanie qui apaise tous les cœurs: «Il y a eu un incendie qui a détruit une partie de l’usine ‘‘Pêche et Froid’’. Le Président de la République a souhaité que nous venions nous rendre compte des réalités du terrain. L’essentiel pour le gouvernement est de soutenir notre unité industrielle de thon.» Mohamed Khachab avait à cet effet traduit toute sa gratitude au gouvernement pour ce soutien. De plus, il a tenté de donné sa version des faits sur l’origine de cet incendie comme s’il était devant des agents des services pour un constat de la Police. Ecoutons-le: «On a constaté que c’était un accident. On attend les experts qui pourront se prononcer là-dessus. Dieu merci, il n’y a pas eu de perte en vie humaine, parce que le personnel qui travaille sur le site était en pause déjeuner, ce jour-là. Malheureusement, le stock qui est parti en fumée, était destiné à l’exportation en Europ.»Cet incendie qualifié d’accident, comme mentionné plus haut, fait partie des motifs du licenciement collectif des employés et de la fermeture de l’entreprise, selon Mohamed Khachab. Autrement dit, cet incendie a tellement causé de torts que l’entreprise a du mal à se relever. Pardi!

Pour un seul stock parti en fumée et destiné à l’Europe? Quid de tout le stock? Or dans les recherches de «L’Eléphant», il est établi que l’assureur de «Pêche et Froid», Allianz, aurait versé une indemnisation à la hauteur du sinistre, à son assuré.

Le motif donc de l’incendie-accident paraitrait fallacieux pour jeter ces dizaines de femmes qui détiennent pour certaines 15 ; 20 ; 25 ans de contrat à durée déterminée (CDD), dans le cageot chômage. Une longévité de CCD sans précédent qui a été dénoncée, en 2002, par le défunt syndicaliste Basile Mahan Gahé. Hélas, il n’a pas été écouté! 1500 dehors pour 80 entrants

C’est un secret de polichinelle. Le pédégé l’a dit haut et fort. Ça s’appelle un changement d’activité. En effet, ayant eu des partenaires mauriciens, et certainement voulant répondre à la forte demande des éleveurs de bétail, Mohamed Khachab voudrait produire des aliments d’animaux.

Pour ce faire, le site de « Pêche et Froid » va servir à cette activité qui n’absorbe que 80 personnes. Et tenez-vous bien, sur les 80 personnes qui auront la chance d’être recrutées, 40 viendront des partenaires mauriciens et les autres, de la Côte d’Ivoire. On va simplement mettre dehors 1500 personnes, majoritairement des femmes, pour en recruter 40 Ivoiriens.

Là où les têtes d’huile du ministère des Ressources animales et halieutiques tentent de faire croire ces 1500 travailleurs ne seront pas laissés pour compte, Mohamed Khachab lui, ne s’en cache pas. Pour lui, le processus est irréversible. Il en a parlé avec son Ministère de tutelle, celui des Ressources animales et halieutiques, qui aurait donné son quitus. D’ailleurs, les actifs de la société sont déjà en train d’être transférés à Scodi avant même l’entame de toute négociation ou conciliation entre les parties, à l’Inspection de travail. Cette affaire devrait donner de quoi à s’occuper au Conseil national du dialogue social qui se tourne les pouces depuis sa mise en place.

UN CHANTAGE HONTEUX…

Les employés de PFCI seraient devenus comme un instrument utilisé par le pédegé pour mettre une certaine pression sur le gouvernement. On pourrait dire que Mohamed Khachab est passé pour être maître dans l’art de faire chanter. Déjà en 2008, sous le règne de l’intrépide Gbagbo Laurent, il avait menacé de fermeture si l’Etat ne lui reversait pas ses 5 milliards.

Une situation qui a suscité une grève du personnel. De négociations en négociations, des efforts ont été faits pour préserver les emplois. Aujourd’hui, comme autre argument, l’Etat lui doit une bagatelle de 1700 000 000 FCFA. D’une dette de 5 milliards et se retrouver à environ 2 milliards FCFA, il est probe de reconnaître que du chemin a été parcouru. Des efforts ont été faits par le gouvernement.

Comment se fait-il que les sociétés bénéficiant du même régime continuent d’exercer sans mettre cette pression assidue sur le gouvernement? Question transmise à Kobenan Kouassi Adjoumani et Mohamed Khachab!

AU MINISTERE DE LA PRODUCTION ANIMALE ET DES RESSOURCES HALIEUTIQUES

Le pachyderme s’est approché du service de communication du ministère où trône l’immense Adjoumani. A la question de savoir si le ministère a cautionné le licenciement des 1500 travailleurs de PFCI, réponse: «Le ministère ne peut pas cautionner une telle initiative.

C’est à son corps défendant qu’il assiste à un tel spectacle.» Pour en savoir davantage, le quadrupède s’est tourné vers une voix officieuse, proche de ce même ministère, qui sous anonymat, nous a rétorqué: «Cette entreprise bénéficie du régime point franc. Il y a eu un cumul de paiement. Le Président Alassane Ouattara à son arrivée a beaucoup fait, mais l’Etat leur doit encore des milliards.

L’entreprise ne fermera pas en fait, elle va plutôt recentrer ses activités. C’est un licenciement pour motif économique, et on n’y peut rien!» Tout compte fait, recentrer des activités ou pas, «L’Eléphant» se demande s’il était nécessaire de créer un tel gâchis pour grossir le rang des sans-emplois, là où l’on aurait pu tout faire – y compris donner un ou deux milliards à Mohammed Khachab – juste pour voir sa bonne volonté, dans cette affaire qui puerait le roussi, à mille lieues…

ALI TOURE, in L’Eléphant déchainé 468

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