Côte d’Ivoire-Didiévi: Une affaire d’assassinat entre le ministre Jeannot Ahoussou et le maire Antoine Kouakou

By: Africa Newsquick

Ahoussou kouadioCôte d’Ivoire-Didiévi: Une affaire d’assassinat entre le ministre Jeannot Ahoussou et le maire Antoine Kouakou

La date officielle pour la tenue des prochaines élections municipales n’a pas encore été fixée par la Commission électorale indépendante (CEI). Et pourtant, sur le terrain, la bataille, pour ces futures élections locale, a déjà débuté. Une bataille électorale où, semble-t-il, tous les coups sont permis pour discréditer son adversaire politique. Le jeune maire indépendant de la commune Didiévi en sait quelque chose…

A peine sa candidature annoncée et hop une tentative d’assassinat lui est reprochée

Des troublantes révélations de Kouassi Konan Ludovic et N’Dri Kouassi Armand Florent, ex-employés de la mairie de Didiévi, il ressort que Kouakou Antoine Guillaume, l’actuel maire indépendant de la commune, leur a remis, en 2013, un pistolet chargé, avec pour consigne ferme d’éliminer physiquement Aboudou Drissa, un proche collaborateur de l’ex-Premier ministre Ahoussou Jeannot. Ces derniers, toujours selon leur témoignage, n’ont pas pu aller jusqu’au bout de la mission criminelle que le maire leur a confiée. Ils ont non seulement désisté, mais ont également averti leur cible de la sale besogne à eux confiée par le premier magistrat de la commune de Didiévi. Informée par ces jeunes, la cible du projet d’assassinat est restée, durant près de trois années, muette comme une carpe. Ludovic et Florent feront de même, durant toute cette période. Ni la Police, ni la Gendarmerie encore moins la Justice n’ont été saisies de cette affaire de tentative d’assassinat. Curieusement, après que les proches du maire sortant aient publiquement annoncé sa candidature aux prochaines élections municipales à Didiévi, le jour même où Ahoussou Jeannot se faisait plébisciter en tant que candidat unique du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) aux élections législatives à venir, cette affaire de tentative d’assassinat a refait surface. Revenant à la charge, Ludovic et Florent vont se confier à l’ex-maire de Didiévi, N’Goran Koffi Noël. Instruit sur cette affaire, l’ex-premier magistrat de la commune informe, à son tour, Ahoussou Jeannot. Mis au courant du projet d’assassinat de son collaborateur, l’ancien Premier ministre contacte le préfet du département pour lui raconter cette affaire. Enfin, Dossan René Kouakou, le préfet de Didiévi, se hâte, pour sa part, de porter l’affaire à la connaissance du commandant de la Brigade de gendarmerie de sa localité et le charge d’aller auditionner le maire, le mis en cause. C’est ce que fait l’officier de la gendarmerie en se rendant au domicile de Kouakou Antoine Guillaume. «Je n’ai jamais été détenteur d’une arme dans ce pays. Je ne suis pas du tout impliqué dans cette affaire de tentative d’assassinat», a vigoureusement protesté le maire devant l’officier de police judiciaire, lors de son audition. Après avoir fait sa déposition, celui-ci contacte aussitôt son avocat en vue de porter plainte contre ses détracteurs.

 

 

 

Les accusateurs toujours intouchables

C’est auprès du procureur de la République près du tribunal de Première instance de Bouaké que le conseil du maire a déposé, dans la première semaine du mois juillet 2016, une plainte contre les sieurs Kouassi Konan Ludovic et N’Dri Kouassi Armand Florent pour accusation calomnieuse. La ferme assurance avait été donnée à l’avocat du maire que ces personnes allaient être entendues dans le cadre de cette affaire. Cependant, depuis le dépôt de la plainte, aucun soit-transmis n’est parvenu au commandant de brigade de la gendarmerie de Didiévi en vue d’auditionner ces ex-employés de la mairie. Selon les informations qui sont parvenues au pachyderme, le soit-transmis qui aurait été établi par le parquet du tribunal de Bouaké demeure, jusqu’aujourd’hui, introuvable. Ludovic et Florent continuent, quant à eux, de circuler en toute quiétude dans les rues de Didiévi, tout en narguant le maire et ses proches. Mieux, selon une source de «L’Eléphant», Aboudou Drissa, le proche collaborateur d’Ahoussou Jeannot aurait incité ces jeunes à aller convoquer leur ex-employeur, la mairie de Didiévi, devant l’Inspection du Travail de Yamoussoukro.

 

Ahoussou Jeannot se met dans la danse

Le samedi 2 juillet 2016, l’ex-Premier ministre convoque toute la chefferie de la région pour une réunion. En présence des têtes couronnées, il invite les deux jeunes accusateurs à venir témoigner publiquement, au cours de cette réunion, sur le projet d’assassinat commandité par le maire contre son collaborateur. C’est ce que font ces derniers en présence des chefs de tribu, de canton et de village, de la localité. «Cette arme est où? Pourquoi c’est en 2016 que ce problème refait surface?» Ces questions posées par le chef de tribu, Nanan Akafou, à Ludovic et Florent après leur impressionnant témoignage, ne trouveront pas de réponses ce jour-là. «Sur quoi voulez-vous qu’on se base pour régler cette affaire?», répliquera, par la suite, le chef de tribu. «Je vous confie l’affaire, gérez-là!», a sollicité, pour sa part, Ahoussou Jeannot, avant de prendre congé de ses parents. Entendu à son tour par le chef de tribu et le chef de canton, le maire a réitéré, en leur présence, ses déclarations faites devant l’officier de police judiciaire. A la demande des chefs de tribu et de canton chargés de régler cette affaire, une nouvelle réunion est convoquée chez le chef de village central, le lundi 11 juillet. A la diligence de ce chef, Ludovic et Florent ainsi que leurs parents et la victime, Aboudou Drissa, sont tous priés d’assister à cette rencontre. La victime de la tentative d’assassinat ainsi que les parents des jeunes ont brillé par leur absence. «Est-ce que vous avez dit aux gens et aux concernés ce que le maire vous a chargés de faire?», ont demandé les émissaires ce jour-là, aux jeunes accusateurs. «Drissa dit qu’il laisse pour lui à Dieu», ont-ils répliqué. En colère face à de telles déclarations, les autorités coutumières ont copieusement sermonné ces jeunes gens et délégué des représentants pour aller demander pardon au maire pour ces accusations sans fondement. Ces chefs ont également rassuré l’élu local qu’ils sont prêts à aller témoigner pour lui au cas où un procès serait intenté contre lui.

 

L’exercice du mandat du maire fortement troublé par Ahoussou Jeannot

Il a promis de faire partir le maire indépendant après sa brillante élection. Le député-président du Conseil régional de la région du Bélier, Ahoussou Jeannot, s’y met vraiment à fond pour tenir sa promesse. En effet, selon certaines indiscrétions, l’ex-Premier ministre mènerait la vie dure à Kouakou Antoine Guillaume. Ce dernier saperait continuellement l’autorité du jeune élu local sur le terrain. Tantôt, il s’approprierait les projets du gouvernement prévus pour la région, tantôt, il se substituerait au maire, en effectuant unilatéralement des travaux dans la commune, sans même informer le premier magistrat des lieux. C’est le cas avec le marché communal (un dossier sur lequel nous reviendrons). Ahoussou Jeannot aurait fait décoiffer la toiture du marché pour la refaire sans avertir au préalable le maire. La population de Didiévi mécontente avait décidé de marcher pour dénoncer de tels agissements de leur fils. C’est suite à plusieurs médiations que cette marche a été suspendue. Mais ce qui étonne, c’est que le préfet du département et les cadres de la localité gardent un silence radio face à ces empiétements récurrents d’Ahoussou Jeannot.

 

La réaction de la victime et du commandant de brigade

Le pachyderme a tenté d’avoir la réaction de Aboudou Drissa, la victime de la tentative d’assassinat. Contacté dans la soirée du 24/07, il s’est montré très réservé. «C’est sur l’instruction de qui, tu m’as contacté? Qui t’a donné mon numéro?», a-t-il questionné «L’Eléphant». Je suis un journaliste d’investigations, a répliqué le pachyderme. «Moi, mon patron est politique, tu le sais bien. Alors, je ne vais pas faire de déclarations sans son avis. Je vais m’étaler dans les journaux et puis il va me demander: Qui t’a dit de dire ces choses-là? Si c’est sur recommandation de son entourage, ça peut se comprendre mais quand ça ne vient pas d’eux et que je me lance dedans, la vérité est bonne à dire, ce n’est pas bien. Les gens vont mentir, ils vont dire c’est lui. Alors que dans le fond, il y a une réalité. Tu es mon frère, si je te mens, ça va discréditer ton journal et toi, moralement tu seras gêné. Si c’est Michel Koffi ou bien c’est le patron lui-même qui dit d’entrer en contact avec moi, moi, je suis plus à l’aise. Au pire des cas, je suis obligé d’informer le patron que j’ai été contacté par X, quelle est l’attitude à tenir?», a-t-il plaidé. Contacté également par «L’Eléphant», le commandant de brigade de la gendarmerie de Didiévi s’est montré très peu loquace. «Pourquoi vous me demandez qu’une affaire qui s’est passé en 2013, c’est maintenant on peut me saisir? C’est votre préoccupation qui est là?» «Oui mon commandant», a rétorqué le pachyderme. «A Didiévi, il y a un préfet, le chef de l’Administration, voilà! Veuillez l’appeler comme ça, il va vous donner tous les détails, il va vous verser tous les détails. Il est le chef de l’Administration», a conclu le commandant de brigade. Ainsi va Didiévi, entre tensions, politiques, rumeurs, et ragots!

NOËL KONAN, in L’Eléphant déchainé

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