Côte d’Ivoire-Conseil du Coton et de l’Anacarde: On veut noyer le poisson…le rapport qui a tout déclenché

By: Africa Newsquick

Corruption-SNRCCôte d’Ivoire-Conseil du Coton et de l’Anacarde: On veut noyer le poisson…le rapport qui a tout déclenché

Une enquête ordonnée par le Conseil des ministres du jeudi 26 mai dernier sur les allégations de mauvaise gestion du Conseil du Coton et de l’Anacarde, l’organe de régulation, de suivi et de développement des filières anacarde et coton, ne pourrait ne jamais être réalisée, malgré la décision du gouvernement de suspendre, «avec effet immédiat », Ie Directeur Général et le Directeur Général Adjoint de cette structure remplacés par une Direction intérimaire «en attendant les conclusions des audits en cours». Et pour cause! Les intérêts en jeu sont gigantesques, et les personnes impliquées seraient perchées au sommet de l’appareil d’Etat.

 

LE RAPPORT DE DELOITTE QUI A TOUT DÉCLENCHÉ …

 

Le rapport qui couvre la période allant du 1er janvier 2014 au 30 novembre 2015 conclut, au titre des opérations de trésorerie, à une utilisation abusive d’un prêt d’un montant de 1,86 milliards de FCFA, octroyé par le Conseil du Café ct du Cacao au Conseil du Coton et de l’Anacarde, et positionné à la Société ivoirienne de banque (SIB). «98% des décaissements ne sont pas conformes» aux dispositions consignées dans la convention de prêt. Initialement, cette somme devait servir à financer, entre autres, le fonds de démarrage de la sacherie, le dispositif de commercialisation intérieure, les comités villageois de producteurs, la lutte contre la fuite de la noix brute de cajou, le mécanisme d’approvisionnement en intrants … Une partie de cette manne (800 millions) aurait atterri sur un compte du Conseil ouvert à la Banque of Africa (BOA), tandis que le reste aurait servi à régler des «fournisseurs pour diverses prestations dont la majorité, 355 millions FCFA, sont réalisées avec le fournisseur MAMYS MULTIMEDIA», précise le rapport de Deloitte. En outre, le rapport relève que « 351 millions FCFA constituent des retraits en espèces», souvent pour approvisionner la caisse.

 

AU DELA DU PRET ACCORDÉ

 

Les actes de «mauvaise gestion» ne concernent pas le seul prêt accordé par le Conseil du Café et du Cacao. L’analyse d’autres comptes bancaires, pour lesquels l’équipe de mission de Deloitte n’a pas obtenu tous les relevés, ainsi que de la revue des procédures et passations de marché, de la revue financière et comptable des transactions de redevance et cautions enregistrées sur la même période, mettent en lumière de graves irrégularités. On peut citer, notamment, des marchés de gré à gré, des règlements en espèces de fournisseurs atteignant 826 millions de FCFA rien qu’en 2014, des chèques impayés à hauteur de plusieurs milliards de FCFA, des retraits en espèces injustifiés et «des chèques libellés au nom de certains membres du personnel pour un montant total de 543 millions», des transactions bancaires douteuses, toutes opérations dont la Direction générale du Conseil du Coton et de l’Anacarde n’a pu fournir les justificatifs aux enquêteurs, précise le rapport de Deloitte.

 

UN INSPECTEUR D’ETAT DU CONSEIL DE L’ANACARDE

 

En effet, sur le tableau des ressources humaines du Conseil du Coton et de l’Anacarde, figurent quatre fonctionnaires rattachés au Directeur Général dont un Inspecteur de l’Inspection Générale d’Etat (IGE), le nommé Koffi N’Goran Justin. Conseiller technique du DG du Conseil du Coton et de l’Anacarde, Koffi N’Goran, matricule 168, jouit d’un contrat à durée indéterminée (CDI) et, à ce titre, perçoit. 1,8 million FCFA net chaque mois (comme l’atteste le fac-similé ci-contre). Cela n’empêche pas Koffi N’Goran, haut fonctionnaire assermenté, d’émarger en tant qu’inspecteur à l’IGE, un organe d’inspection et de contrôle rattaché à la Présidence de la République. Voilà un bel exemple de conflit d’intérêt!

 

POUR NOYER LE POISSON

 

Depuis quelques jours en effet, à coups de millions de FCFA, les conclusions d’un rapport d’inspection de l’IGE sont étalées à la «Une» de plusieurs quotidiens, brandies par de curieux émissaires, en guise d’arguments de défense. Sur la base de ce rapport, tous affirment que Sanogo Malamine est blanchi par l’IGE. La réalité est cependant moins prosaïque! Tout est parti des soupçons de détournements au sein du Conseil-du Coton et de l’Anacarde. Les pouvoirs publics, à travers l’Inspection Générale d’Etat (IGE) et la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG), ont diligenté respectivement une inspection et un audit de la gestion du CCA (Conseil du Coton et de l’Anacarde). La mission de l’IGE s’est déroulée sur la période de Octobre 2015 à Novembre 2016. Et l’opération’ est exécutée par des fonctionnaires de l’IGE.

 

Quant à la HABG, elle a confié l’audit au cabinet Deloitte. Les deux rapports sont disponibles, depuis le mois de mai 2016 pour Deloitte et depuis quelques jours, pour l’IGE. Alors que le rapport de· mission de Deloitte, commandité par la HABG, révèle une série de dysfonctionnements au sein de la filière anacarde, celui de l’IGE ne détecte presque aucune anomalie, aucune zone d’ombre dans la gestion du Conseil du Coton et de l’Anacarde.

Et pourtant, depuis plusieurs semaines déjà, plusieurs titres de la presse nationale et internationale, dont le quotidien français «Le Monde», citant le rapport commandité par la HABG, se font l’écho de graves manquements à  la gouvernance du Conseil du Coton et de l’Anacarde. Il est toujours moins fatiguant de dire la vérité.

Ali Touré (Lebanco.net via L’Eléphant déchaîné)

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