Littérature/Francis Taky, journaliste-écrivain (L’Eléphant déchaîné): «La défiscalisation du livre est une mesure impérative»

By: Africa Newsquick

Taky-2Littérature/Francis Taky, journaliste-écrivain (L’Eléphant déchaîné): «La défiscalisation du livre est une mesure impérative»

Dans cet entretient, Francis Taky, journaliste écrivain et rédacteur en chef de l’hebdomadaire satirique « L’Eléphant déchainé» s’ouvre à nous. Il évoque les questions liées à l’industrie du livre et le rôle que peuvent jouer les écrivains dans la formation et l’éducation du peuple.

Qu’est ce qui vous a motivé à être écrivain ?

L’écriture pour moi est un besoin viscéral. C’est une passion. Chacun a une manière plus ou moins de retrouver son équilibre. La lecture et l’écriture me permettent de m’équilibrer à  mon niveau. Je  crois qu’il y a  tellement de choses à  dire que tout est source de motivation pour écrire.

A quoi répond  le choix du titre « Sens dessous dessus »  pour votre première œuvre dont la dédicace a été faite en octobre 2015 ?

L’expression, c’est ‘’Sens dessus dessous’’. Mais en tant qu’artiste, nous avons voulu exprimer la gravité de la situation par une inversion des mots  pour donner « Sens dessous dessus ». C’est tout simplement une dénonciation des comportements, faits et gestes qui plombent notre pays dans l’obscurantisme, le sous développement, la pauvreté chronique, la corruption et la gabegie financière.  Je ne m’attaque pas personnellement à quelqu’un parce que les hommes passent. Mais plutôt à un système savamment mis en place pour nous maintenir dans la précarité, l’amateurisme et le suivisme moutier.

Vous avez combien d’œuvres à votre actif ?

J’ai modestement à mon actif deux œuvres. « Sens dessous dessus »  et «  Méprises…! ». Mais je crois que l’aventure ne fait que commencer.

Quels sont  les thèmes que vous abordiez ?

Ce sont d’abord des chroniques de sociétés et politiques. Mais qui ont la particularité d’être satirique. Et qui parle de satire, parle de critique moqueuse. C’est le vécu quotidien qui est décrit.

Pourquoi avez-vous opté pour la littérature engagée ?

Il a  un de nos ainés dans le journalisme qui disait qu’un journaliste qui ne dérange pas n’en est pas un. Et moi je suis persuadé qu’un écrivain qui ne dérange n’en est pas un. On est toujours engagé quelque part en littérature. Quand par exemple un écrivain défend l’excision, c’est un engagement contre l’excision. Ce n’est pas seulement en tançant les hommes politiques qu’on dit qu’on est un journaliste ou un écrivain engagé. On est toujours engagé dans quelque chose ou pour quelque chose. La vie elle-même est un engagement.

Quelle place occupe des journalistes-écrivains ivoiriens dans la littérature ?

Aujourd’hui de plus en plus l’on entend parler de journaliste écrivain. Je pense que les journalistes l’ont bien compris. Nous sommes au cœur des événements. Nous travaillons sur les faits. Nous avons matière à écriture tous les jours. De journaliste à  écrivain, il n’y qu’un pas. Nous le franchissons maintenant avec beaucoup d’abnégation et d’aisance. Ce n’est pas tôt. Mais je vous assure que la jeune génération montante est en train d’écrire. Faites un toujours dans  les maisons d’éditions et vous verrez une pile de manuscrits ou tapuscrits des journalistes.  Nous sommes en train de prendre la place qui est la nôtre dans la littérature ivoirienne. Bernard Dadié, le centenaire, Venance Konan, Coulibaly Zoumana, Sylvain Takoué, Assalé Tiémoko… sont tous des journalistes

Quel regard portez-vous sur la littérature en Côte d’Ivoire ?

Je suis fière de la littérature ivoirienne. Aujourd’hui avec les jeunes maisons d’éditions, les ivoiriens écrivent de plus en plus. Les conditions des éditeurs sont de plus en plus accessibles et humaines. Il n’y a pas de monopole sauvage. Cela mérite d’être salué. L’avenir est porteur. Je reste confiant et optimiste.

Quelles sont vos propositions pour la promotion du livre ?

Le premier mécène dans le domaine de l’art et de la littérature dans un pays, en principe, c’est l’Etat. Le livre est un instrument de formation et d’éducation par excellence. La défiscalisation du livre est une mesure impérative, comme l’ont déjà pensé et appliqué le Sénégal, l’Algérie, il faut faire en sorte que la lecture soit inscrite dans les mœurs. La politique du livre doit être savamment repensée. Ce à quoi nous assistons actuellement va absolument nous conduire vers un naufrage de la conscience nationale. L’industrie du livre doit être organisée, reconnue pour son rôle, protégée et soutenue… et cela l’Etat de Côte d’Ivoire en a les moyens et les hommes pour conduire un tel projet.

Quels sont vos projets immédiats ?

Je suis en ce moment en train de peaufiner mon troisième ouvrage qui est un recueil de nouvelles. Mais en même temps je travaille sur un essaie. Permettez que je m arrête à ces deux projet.

Des conseils pour les jeunes qui veulent embrasser cette carrière d’écrivain ?

Il faut lire et lire.  Il n’y a pas un  moment précis ou un âge pour écrire. C’est une œuvre de l’esprit et quand on sent le besoin il faut prendre une feuille et noircir la page. Ne jamais laisser passer l’inspiration. C’est n’est tout de même pas une course de vitesse. Chacun va  à son rythme. Vous pouvez écrire une seule œuvre et jouir d’une célébrité sans précédent. Nous en avons pour preuve  Alioum Fantouré, Grand Prix de littérature d’Afrique Noire pour son roman ‘’Le Cercle des Tropiques ‘’ en 1973.

 

 

 

 

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