Bounkani/Palé Dimaté en colère: «Il faut éviter que des leaders d’opinions appellent au désordre…Le retour à la paix et à la normalité dépend des cadres»

By: Africa Newsquick

Pale_DimateBounkani/Palé Dimaté en colère: «Il faut éviter que des leaders d’opinions appellent au désordre…Le retour à la paix et à la normalité dépend des cadres»

Celui qui a  occupé deux décennies durant plusieurs fonctions électives la région du Bounkani s’ouvre à nous. A travers cet entretien il explique ce qui a mis le feu aux poudres et endeuillé bien de familles dans cette region. Aussi donne-t-il des recettes  pour ramener définitivement la paix et la cohésion.

Président, vous qui avez été longtemps le député de Bouna êtes natif de la région du Bounkani et qui la connaissez mieux, dites nous qu’est ce qui a occasionné ces événements déplorables ?

Je voudrais avant tout propos présenter mes sincères condoléances aux familles explorées  et leur apporter ma totale compassion. C’est regrettable ce qui est survenu dans notre localité, nous les déplorons. Nous disons également grand merci a l’Etat de ôte d’ivoire qui avec promptitude a intervenu pour ramener l’accalmie dans notre localité. Pour revenir à votre question, sachez que le conflit cultivateurs-éleveurs  ne date pas d’aujourd’hui, c’est un héritage de l’indépendance, de la libre circulation des hommes et de leurs biens. Ce qui s’est passé n’est autre qu’un différend mal géré qui tel un bubon mal soigné qui gangrené a enflé et qui a fini par exploser rejetant du pus sur tous. Parce qu’aujourd’hui l’on a fait le constat de dozos et de jeunes malinké qui a l’aide d’armes à feu se sont affrontés. Deux groupes armés qui s’affrontent vous comprenez l’ampleur sinon la gravité de la situation et  la recrudescence de la violence. Cela aurait pu être évité si les élus, l’administration locale et la chefferie avaient ensemble conjugués leurs efforts, c’est ce qui a manqué et nous le payons cash.

Comment donc avez-vous géré ce conflit  dont vous reconnaissez la récurrence ?

 

 

Ce conflit existe depuis belle lurette. J’ai été élu député pour la première fois en 1990 et je suis resté pendant 20 ans à l’Assemblée Nationale en tant que député de Bouna.  Pour vous dire que ce conflit nous l’avons autant de fois réglé par l’adoption d’un mécanisme efficacement fonctionnel. Il était récurrent pour le juguler nous avons donc fait assoir tout le monde, ensemble nous avons mis un cadre de réglementation avec pour premiers acteurs les chefs coutumiers. De façon diplomatique élus, administration locale appuyé par la chefferie de Bouna ont pesé de tout leur poids pour aider à le régler sans heurts.  Nous avons à notre époque organisée la chefferie coutumière pour y faire face et le régler de façon correcte. Pour cela nous avons mis en place un tribunal coutumier chargé de régler ce genre de litiges. Ce tribunal résolvait  nettement tous les conflits qui pouvaient surgir ou ressurgir par des décisions idoines. Les élus, le roi de Bouna, le chef de la communauté Lobi et ceux des communautés allogènes et même l’administration locale avec le directeur général de l’agriculture prenaient une part active dans la résolution des conflits opposant cultivateurs et éleveurs. Les deux parties en conflit par la médiation des acteurs cité ci-dessus arrivaient à s’entendre et à taire leurs différends. Parce que les éleveurs peuhls étaient encadrés par la chefferie qui suivait le déplacement du bétail. Primo, ils étaient sommés de  garder leurs bêtes dans des parcs animaliers prévus  à cet effet, loin des cultures et des habitats de les approvisionner en nourriture pour éviter toutes querelles  a cause du dégât que pourrait créer le pâturage de leur cheptel dans les champs et non loin des habitats. Deuxio, les éleveurs peuhls avaient un unique représentant dans la zone où ils faisaient paitre leurs animaux et celui-ci pour tout se referait à un tuteur, qui était sa boussole. Ce mécanisme mis en place marchait à souhait. Lorsque survenait un problème le représentant des éleveurs peuhls le contait à son tuteur qui le prenait à bras le corps et apportait un règlement. Impuissant ou incompétent à le régler il en faisait par au tribunal coutumier et ainsi de suite jusqu’à ce qu’une solution qui satisfasse amplement les parties en conflit soit trouvée. Ce mécanisme a eu pour profit d’encadrer les éleveurs peuhls, de sceller la cohésion entre eux et les cultivateurs, de tuer les conflits qui pouvaient surgir dans l’œuf. Aussi faut-il souligner que tous les acteurs en présence par commencer par le tuteur légal a l’administration locale agissait avec droiture de façon énergétique pour ne léser personne.

Ce mécanisme n’a pas toujours eu gain de cause à preuve les événements tragiques que l’on a connus. Concrètement qu’est ce qui doit fait pour ramener une paix durable dans cette localité et ne plus avoir à déplorer pareille situation ?

Nous pensons que dans un premier temps les élus dans leur globalité, les guides religieux, les chefs traditionnels, le roi de Bouna, le chef des Lobi et des autres communautés ainsi que l’administration à sa tête le  corps préfectoral doivent agir en symbiose pour toute action à mener, agir de façon concertée pour résoudre ce conflit.   Nous avons eu le sentiment que les actions étaient loin d’être concertées. Notons que la faille est intervenue au niveau de la coordination des actions entre ces différentes composantes de la population. C’est la résultante de la coordination non synchronisée qui a donné lieu à ce constat combien amer. Pour avoir à ne plus les déplorer, les élus dans leur globalité, les guides religieux, les chefs traditionnels, le roi de Bouna, le chef des Lobi et des autres communautés ainsi que l’administration à sa tête le  corps préfectoral doivent accepter de parler le même langage, d’échanger de vive voix pour ensemble conjuguer leurs efforts pour la bonne marche de cette localité. Parce que dans un département tel que Bouna, il faut absolument tout faire pour éviter que des leaders d’opinions appellent au désordre et non au calme et à la retenue.  Il faut très rapidement mettre en place des comités de suivi et d’évaluation avec l’aide de tous surtout des chefs coutumiers et des jeunes pour la sensibilisation des populations sur les effets désastreux et pervers de ce conflit sur le développement de la région. Demander aux éleveurs peuhls de ne plus faire paitre leur troupeau à la périphérie des champs et des habitations. Que s’impliquent davantage dans la résolution de tout conflit de ce genre les responsables coutumiers, administratifs et politiques. Car les bounaéen plus que personne ont besoin de développement. Elles qui ont longtemps souffert avec l’avènement de la rébellion où tout avait volé en ruine ne mérite pas pareille situation. Nul ne sait qui a armé dozos et jeunes malinké mais l’urgence est et reste leur désarmement dans cette localité qui reprend gout à la vie. Et qui a retrouvé  le sourire grâce au programme présidentiel d’urgence (PPU) mis en place par le Chef de l’Etat, elle a pu obtenir des infrastructures, de l’électrification et l’adduction en eau potable. Aidons le Chef de l’Etat à nous aider à assurer notre progrès, au quotidien il fait sa part, faisons la nôtre. Elle commence par une prise de conscience collective afin que nous œuvrions de concert pour une paix durable gage de tout développement harmonieux.

Réalisé par

Ibrahim Doumbia

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