Fonds d’Entretien Routier : Joie aussitôt noyée dans des nids de poule, les «Commissions» ont-elles «tué» les 130 milliards?

By: Africa Newsquick

Autoroute_nordFonds d’Entretien Routier : Joie aussitôt noyée dans des nids de poule, les «Commissions» ont-elles «tué» les 130 milliards?

Un bonheur ne vient jamais seul, dit-on. Des entreprises qui pensaient renaître de leurs cendres après quelques années d’hibernation à la suite de quelques passations de marchés dans le cadre de l’entretien routier pour l’année 2014, ont été priées de sortir de leurs doux rêves. Si la route précède le développement selon la maxime populaire, au niveau des entreprises en question, on dira que la faillite succèdera à leur joie éphémère! Et pour cause, depuis plusieurs mois, le Fonds d’entretien Routier (FER) ferait d’énormes difficultés à honorer son engagement financier vis-à vis d’elles. De quoi s’agit t-il?

C’est le 20 janvier 2014, à l’immeuble SCIAM sis au Plateau, qu’aura lieu la cérémonie marquant la levée de fonds de 130 milliards de FCFA réussie par le Fonds d’entretien routier (Fer) avec l’accord préalable du gouvernement, bien sûr, auprès d’un consortium de sept banques à savoir Ecobank, UBA, SGBCI, Sib, Bicici, BOA, BGFI… Cette opération avait pour arrangeur, Ecobank Capital et Africa Link Capital de l’Ivoirien Serge Tidiane Diop… L’importance de cette action a enregistré la présence de quelques immenses ministres non moins importants dont Achi Patrick, Ministre des Infrastructures économiques, tutelle du Fer, Mme Kaba Nialé en son temps, Ministre déléguée de l’Economie et des Finances puis notre jeune et dynamique Aboudrahamane Sangaré, Ministre auprès du Premier ministre chargé du Budget. A cette occasion, le Directeur du Fer Siandou Fofana, a laissé entendre que la stratégie de levée de fonds va permettre, à la remise à niveau du réseau routier et une mobilisation de 28 milliards FCFA sur 10 ans, afin de rattraper 70% de ce réseau. Un joli programme, en effet! Après la cérémonie de signature de la convention de crédit, il revenait aux acteurs de l’entretien routier de proposer un programme devant soulager les populations ivoiriennes de leurs souffrances quotidiennes sur nos routes… Pour donner vie aux propos du jeune ministre Cissé Aboudrahamane: «Les routes seront plus sûres avec Ouattara et plus praticables que par le passé». Passée donc une longue période d’arbitrage, le schéma suivant sera retenu: 35 milliards serviront à achever les travaux du programme démarré en 2012 et qui se poursuivra jusqu’en début 2014. Les travaux du programme 2014 étant limités à 95 milliards… Le Ministre des Infrastructures économiques ordonne donc à l’Agence de gestion des routes (Ageroute) de démarrer la phase cruciale du programme, à savoir  la passation des marchés. Les opérations prendront en compte le débroussaillement des accotements des routes bitumées, la réparation de surface sur les routes bitumées, le reprofilage lourd et les traitements de points critiques sur les routes en terre, la reconstruction de dalots, le reprofilage léger, les voieries urbaines, l’entretien et la maintenance des feux tricolores, et la gestion et la maintenance des bacs. A cela s’ajoutera la rémunération du maître d’ouvrage délégué, le contrôle et la supervision des travaux.

 

Joie aussitôt noyée dans des nids de poule

Des coups de pioches sont donnés par-ci et par-là, à la faveur de la campagne électorale, et les entreprises constatent que depuis plus de deux décennies, elles ont véritablement là, l’occasion de se refaire une santé financière, après la descente aux enfers liée à la crise que le pays a traversée. Bref… Les responsables de ces structures privées maudissent même l’Etat (pour montrer leur joie) de n’avoir pas pensé plus tôt à un tel schéma qui donne une nette visibilité aux travaux routiers en Côte d’Ivoire… Grâce à ce système, les factures émises sont traitées par l’Ageroute, et soumises au Fonds d’entretien routier  (Fer) dont le délai de paiement n’excéderait pas sept jours ouvrables, en principe. Sauf que les choses ne se dérouleront pas comme l’espéreront les entreprises! Depuis juillet 2015 jusqu’à ce jour, il y a comme du sable dans la machine… Les entreprises qui ont obtenu un marché dans le programme de réfection des voies sont au bord de la faillite. Depuis lors, le Fer n’a pas été en mesure d’honorer la moindre facture… Mais mieux, les entreprises n’en reviennent pas que les responsables du Fer leur fassent la politique de l’omerta, devant ce qui passe pour être une asphyxie financière. Où sont donc passés les 130 milliards de FCFA octroyés par les banques? A quoi ont-ils servi? Telles sont entre autres, les questions que se posent les entreprises.  «Comment voulez-vous qu’on survive face à une telle situation? Des entreprises que nous avons construites sur cinq voire dix ans, sont en passe de mettre la clé sous le paillasson. Comment faisons-nous pour nourrir nos familles et payer nos employés si nous ne percevons rien?(…) Nous n’en pouvons plus!» Celui qui s’exprime ainsi, sous un anonymat prudent, est un directeur d’une entreprise chargée de la finalisation routière à qui le Fer doit quelques millions… Comme lui, de nombreux directeurs n’en peuvent plus de crier leurs souffrances à l’Ageroute. Laquelle leur a signifié l’arrêt immédiat de tous les travaux financés par le Fer, sur le territoire national… C’est dire si la situation est critique! Et pourtant, la Ministre Kaba Nialé, dans son intervention ce jour de la levée de fonds, n’a pas manqué de dire que «cette levée de fonds va favoriser des financements adaptés et réguliers qui permettra un entretien routier qui ne s’arrêtera pas». Bien malheureusement, le constat est contraire sur le terrain! Aux dernières nouvelles, les entreprises ainsi que quelques responsables de l’Ageroute s’inquiéteraient de ce que ni le Directeur général du Fer ni son Directeur des affaires financières, ne décrocheraient leurs téléphones. Sûrement occupés à débroussailler de nouvelles voies, en attendant que les financements ne reprennent!

Il ne manque plus qu’à demander à la tutelle de jeter un coup d’œil, si ce n’est déjà fait, sur cette affaire. Surtout que, comme «L’Eléphant» l’a déjà conté, à l’époque de la levée de ces 130 milliards, de petits malins, au ministère du Budget, ont été soupçonnés de s’être goinfrés en réclament une confortable commission sur les 130 milliards. «L’Eléphant» continue de collecter les détails sur cette affaire…entourée d’une épaisse couche de silence!

 

Au Fer

Histoire d’avoir la version des responsables du Fonds d’entretien routier, le pachyderme s’est rendu en ses locaux sis au Plateau, le jeudi 4 février. Objectif, s’enquérir de la situation des entreprises concernées, auprès du chargé de Communication, M. Mohamed Ali Fadiga, assisté d’un de ses collaborateurs. Le chargé de Communication a expliqué, au nom de la Direction, que la structure dont il se fait le porte-parole, reconnaît devoir à des entrepreneurs, dans le cadre du programme d’entretien routier. Ecoutons-le: «Ce n’est nullement un refus pour la direction de payer les prestations des entreprises qui sont sur le terrain. Les factures ne souffrent d’aucune contestation. Elles seront payées. On ne sait pas quand, mais elles seront payées… La comptabilité se tient à la disposition de tous. Nos locaux sont ouverts à la discussion, et on leur donne l’état d’avancement de leurs payements». A la question de savoir si les 130 milliards levés en 2014 dans le cadre du programme d’entretien routier seraient déjà épuisés, notre interlocuteur laissera entendre qu’il lui est difficile de répondre à cette préoccupation. Mais une chose est sûre, «le Fer a un problème de trésorerie et d’autres ressources additionnelles sont en train d’être mobilisées pour apurer les factures. Et il faut souligner que les 130 milliards n’ont pas été levés uniquement pour apurer les factures des entreprises qui feront le travail sur le terrain. Il faut compter avec les dettes du secteur notamment celles du BTP contractées en 2012… Il faut également noter qu’il y a eu des travaux supplémentaires sur le réseau routier et cela a engendré une hausse des factures des entrepreneurs qui ont entrepris en premier le travail sur le terrain. Des factures qu’il a fallu éponger donc forcément, ça peut fausser les calculs pour les autres entrepreneurs…».

Sans oublier les petites commissions présumées perçues au passage par les uns et les autres et qui ont contribué aussi à creuser quelques trous? Certains auraient même touché jusqu’à 0,5% de commission sur les 130 milliards via de prétendues structures ayant participé à la levée de fonds.

M.M

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