Il pousse une Ivoirienne au suicide-Ahmad Ghaddar occupe de force sa maison depuis 3 ans : «On ne peut rien contre moi dans ce pays…Je contrôle la Justice et j’ai des relations au Palais»

By: Africa Newsquick

Logo Amore Patis-Resto-SnackIl pousse une Ivoirienne au suicide-Ahmad Ghaddar occupe de force sa maison depuis 3 ans : «On ne peut rien contre moi dans ce pays…Je contrôle la Justice et j’ai des relations au Palais»
Il prétendrait que ses relations s’étendent, au-delà de la justice qu’il aurait sous sa botte, jusqu’au palais présidentiel. Mais Ouattara n’est certainement pas encore au courant de l’influence de cet homme sur l’institution qu’il dirige et n’est certainement pas informé de cette affaire bien que la victime de l’injustice dont les détails vont suivre, lui ai lancé, à travers une pathétique lettre, un « SOS ».
Parce que, c’est en répondant à l’appel du chef de l’Etat invitant les ivoiriens de la diaspora à venir investir dans leur pays, que mademoiselle Karamoko Madamba, naïvement, est rentrée à Abidjan en 2012. Depuis, devant l’enfer qu’elle vit et devenue très fragile psychologiquement, elle a tenté une fois de se suicider.
Ne trouvant aucune oreille attentive nulle part dans ce pays auprès d’aucune autorité, elle a décidé, sur conseils de certains de ses proches, de se confier, en désespoir de cause, à l’infernal « Eléphant Déchaîné ».
Petite incursion dans une affaire qui achèvera de convaincre les Ivoiriens de la diaspora qu’il vaut mieux rester là où ils sont, plutôt que de venir risquer leur argent gagné ailleurs au prix d’un labeur intolérable, dans un pays où des individus peuvent neutraliser le fonctionnement de tout l’appareil judiciaire pour commettre les pires injustices sans que personne ne lève le petit doigt.

Au commencement, un appel d’Alassane Ouattara
Le 21 mai 2011, à la fin d’une meurtrière crise post-électorale, Alassane Ouattara, le nouveau président ivoirien, prête serment à Yamoussoukro, avant de s’envoler pour Paris, invité à prendre part à une réunion des huit pays les plus riches du monde (sommet du G8 à Deauville).
Sur le sol français, il en profite, le 27 mai, au cours d’une rencontre avec les Ivoiriens de France, pour les inviter à rentrer dans leur pays pour investir afin de relever leur économie et créer des emplois pour les jeunes. « Je vous invite à rentrer massivement au pays pour participer au développement de la Côte d’Ivoire dont je veux faire un pays émergent à l’horizon 2020. Je vous le demande parce que vous avez acquis ici de l’expérience et nous avons besoin de votre expérience. Revenez au pays et vous verrez un pays en pleine expansion où il y aura du travail pour tous. » Déclare le nouveau président. Peut-être aurait-il dû ajouter : « où il y aura de la justice aussi, pour tous ».
Séduite par cet appel,  Mademoiselle Karamoko Madamba, laquelle vivait en France depuis 18 ans, décide, quelques mois plus tard, de rentrer dans son pays pour investir ses petites économies qu’elle avait réalisées en France après plus de 15 ans de durs labeurs. « J’aime mon pays et quand le président nous a lancé cet appel, je me suis dit que l’heure était venue de rentrer pour participer à son développement en créant des activités qui donneraient du travail à une dizaine d’Ivoiriens et ensemble, on travaillerait pour la nouvelle Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, je me rends compte que j’ai commis la pire erreur de ma vie, je me sens trahie, humiliée par mon propre pays » déclare-t-elle à « L’Eléphant », l’arme à l’oil. C’est que ce pays sait parfois se montrer impitoyable avec ses nationaux, « L’Eléphant » a déjà conté des mésaventures vécues par d’autres qui ont répondu à l’appel du président et qui sont repartis en jurant de ne plus jamais remettre les pieds dans  ce pays où la justice est parfois une menace pour les gens honnêtes.
Vite, les affaires dans un conteneur
En 2012, après avoir mis fin à toutes ses activés en France, mademoiselle Karamoko Madamba charge toutes ses affaires dans un conteneur et les expédie à Abidjan. C’est que dans son esprit, son retour en Côte d’Ivoire est définitif. Elle ne compte plus retourner au pays de François Hollande, son pays aussi, puisqu’elle a la double nationalité.
Mais son projet d’arrêter tout et de rentrer en Côte d’Ivoire ne plaît pas à certains de ses compatriotes sur place, qui lui déconseillent de prendre une telle décision, la Côte d’Ivoire ne protégeant pas suffisamment les droits de ses enfants, selon eux. Des centaines d’exemple de mésaventures subies par des Ivoiriens qui ont dû retourner en France pour tout recommencer à zéro lui sont donnés. Mais Karamoko Madamba leur répond qu’elle a confiance dans le nouveau président et qu’elle doit rentrer pour aider à la reconstruction de son pays. « J’ai donné 18 ans de mon énergie et de mon intelligence à la France, j’ai payé des impôts pendant 18 ans ici, il est temps que j’aille me mettre aussi au service de mon pays », leur répond-elle, sûre de son fait.
C’est que la jeune ivoirienne avait dans sa tête deux projets majeurs. Rentrer en Côte d’Ivoire, acheter premièrement un appartement digne de ce nom et monter une affaire commerciale pour assurer sa vie et celle de sa petite fille.
50 millions investis dans l’achat d’un appartement
Vers la fin de l’année 2012, voilà mademoiselle Karamoko Madamba qui débarque sur les bords de la lagune ébrié et loge provisoirement chez une de ses connaissances. En décembre 2012, une opportunité s’offre à elle. C’est qu’un immeuble situé à Marcory en « zone 4 A » et appartenant à la famille Ablé, est sur le point d’être saisi par une banque en raison d’une hypothèque de 18 millions qui pesait au bénéfice de la banque, sur ledit immeuble. Depuis plusieurs mois, les héritiers Ablé, pour éviter de perdre leur immeuble, avaient frappé à plusieurs portes pour trouver les 18 millions, en vain. En désespoir de cause et vu l’activisme de la banque, ils décident de vendre l’un des appartements de l’immeuble pour désintéresser le banquier. Dans cet appartement N°22 situé au 5è étage de l’immeuble en question, en vertu d’un contrat de bail à usage d’habitation conclu en le 23 octobre 2006, vivait en qualité de locataire, un certain Ahmad Ghaddar, le patron du célèbre glacier « AMORE ».
L’immeuble est géré par la SCI (société civile immobilière) « Lattitude Immobilier ». Laquelle, après la décision de vendre un appartement en urgence pour sauver l’immeuble de la saisie, adresse, le 18 décembre 2012, une correspondance à Ahmad Ghaddar pour l’informer de la mise en vente de l’appartement qu’il occupait en qualité de locataire depuis 2006. Histoire de voir s’il pouvait acheter l’appartement pour sauver l’immeuble. Mais pendant un mois, Ahmad Ghaddar ne manifestera aucun intérêt pour l’achat de cet appartement, il ne donnera aucune suite au courrier à lui adressé par la SCI « Lattitude Immobilier ».
Par un heureux hasard, Mademoiselle Karamoko qui cherchait justement à acheter un appartement dans le secteur, est informée par une de ses connaissances, de la mise en vente de façon urgente, de l’appartement en question. Elle rentre alors en contact avec les héritiers Ablé, lesquels lui conseillent de prendre contact avec la SCI gérant l’immeuble, laquelle SCI à son tour, l’invite à rentrer en contact avec le notaire des héritiers Ablé, Me Angoua Olivier. Aussitôt conseillée, aussitôt fait. Mademoiselle Karamoko et le gérant de la SCI Lattitude Immobilier » se retrouvent devant le notaire pour la discussion sur le prix de cession de l’appartement de quatre pièces. Ils s’accordent sur le montant de 45 millions de FCFA et la vente est conclue par devant le notaire  suivant un « acte notarié de vente » en date du 3 janvier 2013. Avec les frais liés à la prestation du notaire, c’est au total, la somme d’environ 50 millions de FCFA que Mademoiselle Karamoko Madamba verse entre les mains du notaire, via trois chèques.
Maître Angoua Olivier prend le soin d’expliquer à Mademoiselle Karamoko Madamba que l’appartement qu’elle vient d’acquérir au prix de 45 millions de FCFA est occupé par un locataire. Et, qu’en pareille circonstance, elle a le choix entre deux procédures. Soit elle informe le locataire via un huissier de justice qu’elle est désormais la propriétaire de l’appartement et que c’est désormais entre ses mains qu’il doit verser les loyers, soit, elle veut habiter elle-même l’appartement, dans ce cas elle donne trois mois de congé au locataire afin que ce dernier se trouve un autre appartement et libère son appartement à elle. Mais Mademoiselle Karamoko qui depuis son retour au pays vivait chez une amie, entend rapidement aménager dans son appartement. Elle décide donc de choisir la deuxième option : donner congé au locataire.
Le retour d’Ahmad Ghaddar
Alors qu’informé depuis le 18 décembre 2012 de la mise en vente de l’appartement, il n’avait manifesté aucun intérêt pour l’achat de cet appartement, par courrier daté du 7 janvier 2013, Ahmad Ghaddar, se prévalant d’un droit de préemption sur l’appartement, sollicite de la SCI Lattitude Immobilier, une mise à prix de l’appartement. Alors que depuis le 3 janvier 2013, l’appartement avait été déjà vendu et une partie du fruit de la vente utilisée pour désintéresser rapidement la banque qui menaçait de saisir l’immeuble et de le vendre aux enchères. Et l’autre partie de l’argent, partagée entre les héritiers Ablé. La SCI Lattitude Immobilier informe Ahmad Ghaddar que sa démarche est tardive et que devant l’urgence qui était de sauver l’immeuble, l’appartement avait été vendu par devant un notaire depuis le 3 janvier et qu’il n’y avait plus rien à faire. Et que, désormais, son interlocuteur était Mademoiselle Karamoko Madamba.
« Je vous donne un congé de trois mois, monsieur Ahmad Ghaddar »
Suivant les conseils du notaire, Mademoiselle Karamoko, par exploit d’huissier en date du 29 mai 2013, informe Ahmad Ghaddar qu’elle lui donne, en vertu de l’article 3 de la loi n°77-995 du 18 décembre 1977 portant réglementation des rapports entre bailleurs et locataires, un congé de trois mois durant lequel, il devrait prendre toutes les dispositions pour libérer son appartement. C’est que, lasse de vivre chez une amie depuis son retour au pays, Mademoiselle Karamoko entendait rentrer en possession de son bien immobilier et y aménager avec sa fille afin de pouvoir mieux se concentrer sur le lancement de son activité commerciale.
Mais, on ne sait pour qu’elle raison, Ahmad Ghaddar refusera de quitter l’appartement qu’il considère comme n’ayant jamais été vendu.
Ahmad Ghaddar saisit « sa » justice ivoirienne
Le 27 juin 2013, Ahmad Ghaddar saisit le Tribunal de Première Instance d’Abidjan d’une action. Par cette surprenante action judiciaire, le champion du glacier « Amoré », sûr que la justice apprécie le goût mentholé de ses glaces,  entend obtenir l’annulation de la vente intervenue entre la SCI Lattitude Immobilier et Mademoiselle Karamoko Madamba, au motif que cette vente aurait été réalisée en violation de ses droits.
Devant cette action, Mademoiselle Karamoko Madamba s’offre les services d’un avocat et, à son tour, entame une action devant le même tribunal pour obtenir la validation du congé donné à Ahmad Ghaddar et son expulsion de son appartement où il se maintient sans cause et ne paye pas de loyers depuis janvier 2013 vu que la SCI Lattitude Immobilier lui a signifié qu’il devrait désormais verser les loyers (300 mille FCFA/mois), entre les mains de la nouvelle propriétaire.
Au tribunal de première instance d’Abidjan, d’étranges miracles vont se produire. En effet, à plusieurs reprises, le dossier concernant cette affaire va s’offrir quelques congés. Introuvable durant des mois. Il faudra plus près de deux ans pour que, enfin l’affaire connaisse une suite avec un dénouement des plus étranges.
« Ahmad Ghaddar, vous n’avez pas raison mais vous restez dans la maison. »
Le 16 février 2015, après avoir réalisé la jonction des deux procédures (Ahmad Ghaddar qui veut obtenir l’annulation de la vente et Mademoiselle Karamoko qui veut obtenir son expulsion de son appartement), le tribunal de première instance rend le jugement civil contradictoire N°198 CIV3-F. Le contenu de ce jugement est un enseignement pour tous les étudiants en première année de droit : « Statuant publiquement, contradictoirement, en matière civile et en premier ressort (.) déclare irrecevable tant l’action en annulation de vente de Ahmad Ghaddar que celle de dame Karamoko Madamba aux fins de validation de congé. »
Traduction : la vente intervenue devant un notaire entre la SCI Lattitude Immobilier et Mademoiselle Karamoko est parfaitement régulière et Ahmad Ghaddar ne peut demander son annulation. Cependant, Mademoiselle Karamoko ne peut demander à Ahmad Ghaddar de libérer la maison. C’est beau. Pour rejeter la demande de Mademoiselle Karamoko, le tribunal a estimé qu’elle n’a pas accompagné sa requête d’un certificat de propriété qui atteste que l’appartement lui appartient. Ce qui signifie que tout en reconnaissant que la vente de l’appartement par acte notarié est régulière, le tribunal refuse de demander à Ahmad Ghaddar de libérer la maison au motif que l’acquéreur n’a pas de certificat de propriété, comme si l’hypothèque qu’il y avait sur l’immeuble avait transféré les droits de propriété des héritiers Ablé sur l’immeuble, à la banque et donc, qu’ils n’avaient pas le droit de vendre l’appartement. Pourtant, la somme payée par Mademoiselle Karamoko avait permis de lever l’hypothèque et le 1er décembre 2014, la SCI Lattitude Immobilier avait obtenu l’Ordonnance N°3617/2014 de la Juridiction présidentielle du Tribunal de Première Instance d’Abidjan autorisant le Conservateur de la Propriété foncière à procéder à la radiation du commandement équivalent à saisie réelle inscrit sur le bien immobilier vendu à Mademoiselle Karamoko. Ce qui a été fait. En plus de cela, alors que Ahmad Ghaddar qui conteste la qualité de propriétaire de l’appartement à Mademoiselle Karamoko a voulu verser deux mois de loyers entre les mains de la SCI Lattitude Immobilier, dans un exploit d’huissier daté du 16 avril 2013, cette dernière lui a déclaré : « Je refuse de prendre les 600.000FCFA pour les deux mois de loyers de mars 2013 à avril 2013 parce que je n’ai pas un mandat du nouveau propriétaire, ni du notaire ». Mais tout ceci n’a pas ému le tribunal qui n’a pas annulé la vente de l’appartement comme le demandait Ahmad Ghaddar parce que régulière en tout point de vue mais n’a pas non plus reconnu les droits de Mademoiselle Karamoko sur cet appartement dont le tribunal dit qu’elle l’a pourtant acquis de façon régulière. C’est de l’art.
Ahmad Ghaddar, s’appuyant donc sur cette étrange décision, s’est maintenue dans l’appartement qu’il considère comme appartenant à la SCI Lattitude Immobilier. Laquelle cependant refuse de prendre les loyers parce que selon elle, l’appartement appartient désormais à Mademoiselle Karamoko. C’est à devenir fou.
« Allez vous plaindre où vous voulez, j’ai des relations. »
Insatisfaite devant un tel jugement qui n’a finalement résolu aucun problème au bout de deux ans de disparition de dossier et de renvois, Mademoiselle Karamoko interjette appel le 14 septembre 2015. Depuis, au niveau de la Cour d’appel, il n’y a, pour le moment, aucun remuement tendant à programmer le dossier pour un nouveau jugement. Entre temps, trois ans après avoir acheté l’appartement, Ahmad Ghaddar, s’appuyant sur le jugement du tribunal de première instance, continue, au mépris de tout,  de se maintenir dans l’appartement sans payer le moindre loyer. Selon les sources de « L’Eléphant », Ahmad Ghaddar prétend verser les loyers entre les mains d’un greffier qu’aucun juge n’a désigné et dont il est le seul à connaître l’identité.
Le tribunal de Première Instance avait refusé d’ordonner l’expulsion d’Ahmad Ghaddar de l’appartement au motif que Mademoiselle Karamoko n’avait pas de certificat de propriété bien que la vente de l’appartement était régulière. Eh bien depuis, elle a obtenu, sur Ordonnance le fameux document qui n’est en réalité qu’un « « Certificat de mutation de propriété foncière ». Parcourons un peu le contenu de ce Certificat de propriété qui fait de Mademoiselle Karamoko, la propriétaire unique et exclusive de l’appartement occupé illégalement par Ahmad Ghaddar depuis trois ans.
« Je soussigné Bekoin Brou Paul, Conservateur de la Propriété Foncière et des hypothèques de Marcory, certifie que Madame Karamoko Madamba, demeurant à Abidjan, a acquis de la société civile immobilière Résidence Lattitude 4 (.) suivant acte de vente rédigé par Maître Angoua Olivier le 3 janvier 2013 publié au livre foncier à la date du 15 octobre 2015 au BA 2. » (Voir notre document)
Mademoiselle Karamoko est donc  l’unique propriétaire de l’appartement occupé par Ahmad Ghaddar. Mais, malgré toutes les procédures, ce dernier, assuré de ses soutiens, refuse de libérer l’appartement depuis trois ans, afin que la propriétaire puisse s’y installer.
Conseillée par une connaissance d’approcher Ahmad Ghaddar pour tenter de le raisonner, Mademoiselle Karamoko s’est rendue sur son lieu de travail (Glacier Amoré ), pour lui expliquer les difficultés qui sont les siennes en raison de son attitude. Mais, selon nos sources et Mademoiselle Karamoko l’a confirmé, avec une arrogance qu’on connait dans ce pays à ceux qui pensent être au-dessus des lois, Ahmad Ghaddar aurait été particulièrement désagréable et aurait prié cette dernière d’aller se plaindre où bon lui semble : « Vous perdez votre temps, j’ai des relations dans la justice ivoirienne, j’ai des relations dans le gouvernement ivoirien et jusqu’à la présidence de la République. Soit vous négociez avec moi soit vous me revendez l’appartement à 40 millions. Sinon, je ne quitterai jamais cet appartement. » Aurait-il fanfaronné.
« J’ai tenté de me suicider. »
Après sa rencontre avec Ahmad Ghaddar, Mademoiselle Karamoko fait une dépression nerveuse et tente de se suicider. C’est qu’elle venait de vivre en direct ce que ses compatriotes restés en France ont tenté de lui faire comprendre. Elle était rentrée au pays pour investir suivant l’appel de son président, après 18 ans passés en France. Elle était rentrée avec toutes ses économies, dont elle a utilisé une partie, 50 millions pour acquérir régulièrement une maison. Mais voilà qu’elle est obligée d’utiliser le reste de ses économies pour payer des frais d’avocats et d’huissier pour des procédures interminables dans une affaire où elle a le droit pour elle mais que personne ne veut faire respecter. Vivant chez des amis avec sa fille et changeant de maison quasiment tous les mois depuis trois ans en raison de cohabitation difficile avec certaines connaissances, n’ayant plus assez de moyens pour s’occuper d’elle-même et de sa fille, elle avait tenté de trouver justice dans une tentative de suicide. Mais Dieu n’a pas voulu d’elle.
Depuis, elle a expliqué sa mésaventure à l’ancien ministre de la Justice, Gnénéma Coulibaly. Lequel avait clamé son impuissance devant une affaire pourtant simple et a tout mis en oeuvre  pour ne plus jamais la recevoir en ses bureaux.
Elle a écrit au président de la République à qui elle a lancé un véritable « SOS », sans suite pour le moment. On en déduit que le chef de l’Etat n’est pas encore au courant de cette affaire, quand on sait comment les choses se passent dans cette maison où Ahmad Ghaddar prétend avoir de nombreux copains. La semaine dernière, selon les sources de « L’Eléphant », Mademoiselle Karamoko a été reçue, au hasard d’une heureuse circonstance, par le Ministre Thierry Tanoh, au Palais. Lequel l’aurait écoutée d’une oreille distraite avant de la congédier au bout de trois minutes, prétextant être trop occupé et devant effectuer un voyage urgent.
Mademoiselle Karamoko a écrit aussi au Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, (lequel aurait instruit la police économique de l’écouter.), au Médiateur de la République, au Procureur de la République (lequel l’aurait déjà reçue pour s’étonner que de telles choses soient possibles encore dans ce pays ?), au président de la Cour Suprême, à la Grande Chancelière de l’Ordre national, à l’Ambassadeur du Liban en Côte d’Ivoire, au Président de la Communauté Libanaise de Côte d’Ivoire, à la Commissaire du 31ème arrondissement de Biettry dont les éléments feraient preuve d’un zèle républicain dans la dispersion de tout rassemblement de femmes soutenant la cause de Karamoko Madamba devant le glacier « Amoré », etc.
Mais pour le moment, aucun de ces courriers n’a connu aucune suite concrète et Ahmad Ghaddar continue d’occuper impunément une propriété qui n’est pas la sienne en invitant sa victime à aller se plaindre où bon lui semble. Entre temps, très lentement, la Cour d’Appel d’Abidjan se presse pour programmer le jugement en appel sur démarche de la victime. Ce mardi, selon les sources de « L’Eléphant », Mademoiselle Karamoko est convoquée à l’Inspection des Services Judiciaires où, paraît-il, l’on s’intéresse désormais à son affaire.
Approché par courrier par « L’Eléphant » pour s’expliquer sur cette affaire, jusqu’au moment où nous mettions ce journal sous presse, Ahmad Ghaddar, cet homme qui n’hésite pas à distribuer de violents coups de poing à certains de ses employés avant de les vider (voir notre édition N°123 du 25 janvier 2013), n’avait pas trouvé le temps de répondre à nos questions.
Il devrait faire attention. « L’Eléphant » a aussi quelques copains qui aiment beaucoup les glaces. Et l’injustice, le trafic d’influence et les glaces ne font jamais bon ménage.surtout lorsque le vendeur occupe illégalement le bien d’autrui alors qu’il n’accepterait jamais qu’on lui fasse la même chose.
DANIEL SOVY

Encadré
« Je suis dégoûtée. »
Interrogé sur les sentiments profonds qui sont les siens en ce moment, Mademoiselle Karamoko a déclaré : « Je suis profondément dégoûtée, j’ai presque honte de moi-même, si je pouvais retourner trois ans en arrière, jamais je ne serai venue dans ce pays. Je suis seule, je n’ai aucun secours, ni auprès d’aucune autorité, ni auprès de la justice de mon pays parce que j’ai affaire à un homme qui dit contrôler tout le système. J’ai cru qu’il plaisantait mais je me rends compte qu’il ne plaisantait pas. J’ai déjà fait une tentative de suicide et c’est à cause de ma petite fille de trois ans qui n’a personne à part moi, que j’hésite encore à aller poser un acte devant le glacier Amoré dont les clients se souviendront toute leur vie. Dans quel genre de pays vivons-nous. J’ai répondu à l’appel du président de la République, des amis m’ont mise en garde mais je n’ai écouté que mon cour et mon amour pour mon pays. Et voilà ce qu’on me fait vivre dans mon propre pays. Quelqu’un occupe depuis trois ans sans aucun droit mon bien, j’ai tous les titres de propriété mais il me dit d’aller me plaindre où je veux et qu’il ne quittera jamais ma maison dont il ne paye aucun loyer depuis trois ans. Des compatriotes restés en France me demandent d’y retourner et de recommencer ma vie à zéro, j’ai la double nationalité. Mais je refuse d’abandonner, je refuse qu’on fasse ce genre de choses dans ce pays. Pendant combien de temps encore allons nous accepter de tels agissements dans ce pays, pendant combien de temps allons-nous accepter que notre justice soit sous les pieds de personnes qui se disent au-dessus des lois ? Qui défend les Ivoiriens dans ce pays contre de tels abus ? C’est le désert total. Aucune autorité ne réagit devant ces abus ? Quel est le gens de pays qu’on veut construire ? Comment demander aux Ivoiriens de la diaspora de venir investir dans ce pays quand de telles choses s’y passent sans que personne ne réagisse ? Si on n’a plus confiance en la justice, on devrait aller poser des actes de désespoirs devant les auteurs des injustices ? Je devrais aller m’immoler devant le glacier Amoré pour que son propriétaire accepte enfin de libérer mon appartement pour que ma fille y vive ? Je suis dégoûtée mais je me battrai jusqu’au bout. Monsieur Ahmad Ghaddar peut revendiquer son contrôle sur notre justice, il peut revendiquer ses amitiés dans le gouvernement et au Palais Présidentiel, mais il me rendra mon bien. J’ai tenté de lui expliquer ce que je vis avec mes affaires toujours bloquées dans un conteneur depuis trois ans, mais il dit qu’il s’en fout. Je ne sais pas ce qu’il fait dans cette maison, mais s’il pense que je vais abandonner, il se trompe. J’ai tous mes papiers, j’ai mon certificat de propriété, lui, n’a rien du tout, il n’était qu’un locataire. S’il pense qu’il va me pousser à bout pour que je lui vende ma maison, il se trompe. Je vis quasiment à la rue depuis trois ans avec ma fille et lui dort tranquillement dans ma maison avec sa famille, se refugiant derrière la justice dont il est sûr qu’elle fera traîner les choses jusqu’à ce que je meurs.»
Devant son glacier de « l’Amour » ?
Propos recueillis par Daniel Sovy.
Encadré 2
Emoi sur les réseaux sociaux
On ne sait qui a balancé la chose mais l’un des courriers adressés par Mademoiselle Karamoko aux autorités s’est retrouvé sur les réseaux sociaux et provoque en ce moment une grande indignation. Des mots violents sont prononcés contre le propriétaire du glacier « Amoré » et certains parlent d’organiser un boycott de ce glacier et d’aller y tenir un sit-in pour faire comprendre à ce dernier qu’il n’est pas au-dessus des lois. Des Ivoiriens de la diaspora qui ont vu l’élément sont scandalisés et jurent qu’on ne les aura pas dans ce genre d’affaires dans leur pays où ils n’ont aucune envie de venir risquer leur argent dans un tel système où des intouchables font la pluie et le beau temps et détruisent des vies sans que cela n’émeuve aucune autorité judiciaire dans un pays où l’on chante l’émergence dans tous les discours officiels et où l’on parle à présent d’Ivoiriens nouveaux. A l’allure où vont les choses, à moins que Ahmad Ghaddar n’ait des choses spéciales dans cet appartement, toute cette triste publicité qui lui est faite sur les réseaux sociaux devrait l’inciter à revoir son attitude. Il a les moyens de s’acheter la maison qu’il veut à Abidjan. Mais occuper sans droit celle d’autrui depuis trois ans sous prétexte qu’on attend une décision de justice, voilà qui risque de le conduire bien loin.
Daniel Sovy, in L’Eléphant déchaîné N°416

Laisser un commentaire

Agenda

décembre 2017
D L M M J V S
« Nov    
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31  

Archives

Directeur de publication Gérant : Guy Tressia

Contact: +225 08322110/40007513

Email: guytressia@gmail.com

Abonnez-vous à africanewsquick par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à africanewsquick et recevoir une notification de chaque nouvel article par email.

Rejoignez 11 558 autres abonnés

Retour vers Haut
Optimization WordPress Plugins & Solutions by W3 EDGE