CIV-Développement local : Si nos élus locaux aux mains et pieds liés ne font pas preuve d’imagination…

By: Africa Newsquick

ADO 12CIV-Développement local : Si nos élus locaux aux mains et pieds liés ne font pas preuve d’imagination…

Les maires de Côte d’Ivoire ne savent plus à quel saint se vouer. Ils sont obligés de rivaliser d’ardeurs pour pouvoir sortir leurs communes des miasmes morbides du sous-développement, mais aussi pour pouvoir combler leurs atteintes personnelles. On le sait, en Côte d’Ivoire, on devient maire pour, entre autres choses, renflouer certaines poches, sans oublier quelques poches d’amies très proches! Mais une fois élu, c’est la désillusion.

En effet, les indemnités mensuelles des maires varient de 500 pour les plus grandes communes à 150 mille F Cfa pour les plus petites entités communales. L’une de ces communes, qui est un Chef-lieu de région, ne bénéficie que de 41 millions de F Cfa d’investissements annuels, avec une aide de l’Etat au fonctionnement, qui se chiffre à près d’une cinquantaine de millions de FCFA. Et que dire de certains adjoints aux maires qui ne touchent que 60.000 FCFA comme indemnités là où le simple agent pourrait avoisiner 100.000 FCFA? Comment alors pouvoir faire face non seulement aux projets d’envergure de développement, mais aussi aux sollicitations les plus diverses des populations? C’est alors que les maires ont trouvé la solution qui consiste à se rabattre sur les impôts dont une partie des recettes prélevées dans leur commune, leur est reversée. Encore que d’autres plus connus et plus astucieux, se tournent vers des jumelages, pour pouvoir atteindre leurs objectifs. Comment avancer vers le développement dans un tel contexte ?  Un maire d’une localité éloignée d’Abidjan de plus de 200 kilomètres, qui réside à Abidjan et s’y rend fréquemment, dépense la plupart du temps, son indemnité mensuelle (voire plus) en un jour de voyage. Et alors, bienvenue les surfacturations, gré à gré, détournements…

Arrêter l’hémorragie!

Le gouvernement ivoirien devant une telle saignée, avait décidé de parer au plus pressé. Et avait lors du conseil des ministres extraordinaire qui a eu lieu le 2/7/2013, à Korhogo, en marge de la visite d’Etat dans les Savanes, affirmé qu’«au titre du Ministère d’Etat, Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité,

sur présentation du Ministre d’Etat, le Conseil a adopté cinq décrets relatifs à l’organisation et au fonctionnement des collectivités décentralisées: Un décret fixant les conditions et modalités de l’utilisation des services déconcentrés de l’Etat implantés dans les collectivités territoriales ; un décret portant attributions, composition, organisation et fonctionnement du Comité Economique et Social Régional; un décret fixant les modalités d’établissement du cadre organique des emplois des Collectivités Territoriales; un décret fixant les modalités de fonctionnement des Municipalités et des Bureaux des Conseils Régionaux; un décret portant institution d’indemnités et avantages en faveur de certains fonctionnaires et agents exerçant dans les collectivités territoriales. L’ensemble de ces mesures vise la mise en œuvre efficace de la politique nouvelle d’orientation administrative et d’organisation des collectivités territoriales de l’Etat. Le Gouvernement entend ainsi garantir aux collectivités territoriales, de meilleures bases d’organisation et de fonctionnement, en lien avec leur capacité budgétaire, et à la hauteur des attentes des populations.» Des indiscrétions affirmaient un appui supplémentaire de 100 millions de FCFA à chaque commune, mais rien n’y fit!

Ce n’est qu’à ce prix que les injonctions de la Cour des Comptes et du ministère du Budget à l’endroit des entités décentralisées, pourraient avoir un début d’application. Selon la Cour donc, ces structures devraient être gérées parcimonieusement, pour le bien-être des populations, et elle y aurait constamment un droit de regard. Quant à Aboudrahamane Sangaré, il a pris le soin de leur faire l’injonction de n’octroyer les marchés quelles que soient leurs tailles et l’enveloppe budgétaire qui leur est affectée, qu’après des appels d’offres qu’ils soient ouverts ou restreints, mais pas de gré à gré. On se demande comment le gouvernement pourra faire avaler cette couleuvre à nos entités décentralisées et à leurs dirigeants qui ne sont tout de même pas des philanthropes!

W.A, in L’Eléphant déchaîné n°398

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