CIV-Education nationale : Quand les cours de renforcement deviennent une obligation

By: Africa Newsquick

Kandia CamCIV-Education nationale : Quand les cours de renforcement deviennent une obligation

En Côte d’Ivoire, l’anormal devient la norme, a-t-on coutume de dire. Plus qu’une habitude dans l’enseignement en Côte d’Ivoire, les cours de renforcement sont devenus une méthode officielle. Au point où, il va falloir maintenant l’inscrire dans le taux horaire de l’enseignement. Des parents d’élèves en passant par les élèves eux-mêmes, chacun s’y abonne. Est-ce un véritable moyen de renforcement de capacités, vu le faible niveau de l’enseignement de nos jours, ou pour des raisons pécuniaires?  D’une manière ou d’une autre, le constat est là, patent.

Cours de renforcement: Plus qu’une obligation à l’école primaire catholique

Dans certaines écoles, que ce soit dans le privé ou dans le publique, les pratiques sont les mêmes. Les cours de renforcement des capacités sont le plus souvent imposés aux parents d’élèves. Dans certaines écoles primaires catholiques, cette pratique est habituelle: «Mon fils est au CM2. D’abord que la scolarité est assez élevée. Mais pour la bonne formation de nos enfants; ça je l’avoue, nous faisons l’effort de payer avec plaisir. Mais de là à nous imposer d’autres frais supplémentaires, c’est inacceptable. D’autres parents comme moi contestent qu’on nous oblige à inscrire nos enfants au cours de renforcement au prix de 5000 F CFA par mois. C’est trop! Surtout que nos enfants ont à la maison leur répétiteur qui les encadre déjà bien. Je me pose la question de savoir ce qu’ils font de cet argent.» S’est insurgé un parent d’élève qui a inscrit son enfant à l’école primaire catholique de Bingerville. Il en est de même pour cet autre parent d’élève qui cherche à comprendre: «Franchement moi je cherche à comprendre ce qui se passe dans l’enseignement catholique. Bien vrai qu’elle est réputée pour la bonne formation qu’elle donne à nos enfants. On commence à être à bout de souffle. De nos jours, dans l’enseignement, il faut à tout bout de champs débourser de l’argent. Mon fils est à l’école primaire catholique en classe de CM2. Je dois payer 5000 F CFA pour les cours de mercredi dit cours de renforcement et pour les cours du soir, payer encore 3000 F CFA et cela chaque fin; finalement, tu paies 8000 FCFA. Et on laisse entendre que comme il est dans une classe d’examen, il faut obligatoirement qu’il fasse les cours de renforcement.» S’est plaint  François J.A. L’on pensait des enseignants qu’en initiant cette pratique, la première motivation était d’améliorer les performances de leurs apprenants, de mieux leur expliquer  avec moins de pression, plus de temps et surtout que le nombre d’élèves est réduit, les leçons qu’ils n’ont pas pu assimiler en classe.

En effet, par définition « les cours de renforcement nous permettent de rattraper nos lacunes en classe, de réviser ce que l’élève n’a pas compris en classe, de faire des exercices d’application ». Et pourtant dans le cas d’espèce, c’est une obligation que certaines écoles catholiques imposent aux parents d’élèves.

Le public n’est pas en marge

Dans les établissements publics, cette pratique est aussi présente. Les enseignants donnent des cours de renforcement aux élèves à 17 h30 mm, alors que l’élève vient de finir l’école pour la journée, il est fatigué physiquement et intellectuellement. Il n’a pas le temps de rentrer chez ses parents, pour se reposer. Richard K., élève à l’école primaire d’Anono, explique: «Notre maître nous demande de rester après la fermeture des classes pour faire les cours de renforcement. Mes parents payent 5000 F CFA par mois. Plus de la moitié de la classe participe au cours de renforcement. Souvent, nous revoyons les mêmes exercices que nous avons vus au cours de renforcement pendant les exercices en classe, ou même pendant les compositions. Donc on est obligé de s’inscrire.» Sans oublier la vente de fascicules qui est aussi un casse-tête pour les parents. Parfois, c’est dans ces documents qu’il faut trouver les croquis et autres pour coller dans les cahiers. Les parents n’ont pas d’autre choix que de s’aligner aux exigences de ces enseignants. Au su de nos autorités. Le laxisme dans l’Administration ivoirienne est tellement criant qu’on demande où est passée la rigueur de l’empereur Ouattara II dont on faisait tant les éloges dans les années 90? Il y a une multitude d’Inspecteurs à tous les niveaux. Et que font-ils exactement? Vivement que la tutelle représentée par Kandia Camara qui a fini de battre campagne–et a obtenu son ‘’Atakokélé’’- y jette un coup d’œil!

JOSE N’GORAN, in L’Eléphant déchaîné n°398

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