Côte d’Ivoire-Littérature : Francis Taky, l’écrivain-journaliste de «L’Eléphant Déchaîné», récidive avec «Méprises»

By: Africa Newsquick

Couv livre TakyCôte d’Ivoire-Littérature : Francis Taky, l’écrivain-journaliste de «L’Eléphant Déchaîné», récidive avec «Méprises»

Après «Sens dessous dessus», sa première production littéraire sortie en mars dernier aux «Nouvelles Editions Balafons», Francis Taky, l’écrivain-journaliste de «L’Eléphant Déchaîné», récidive avec «Méprises», une autre chronique qui vient de paraître dans la même maison d’Editions. «Méprises», 109 pages, deux parties, a connu sa toute première dédicace le vendredi dernier à la librairie ʺCarrefourʺ, à Cocody. A part les textes de la deuxième partie qui s’étendent quelque peu en longueur, ceux de la première partie, plus étoffée, fondent agréablement dans le palais. Ce sont de petites séquences d’une ou deux pages qui passent rapidement, rendant très digeste la lecture. Entre les pages, il y a des caricatures qui sont aussi des articles; puisque ces dernières parlent et véhiculent des messages ou accompagnent des textes. Elles viennent en appoint, tout en participant à cette fluidité. Cette fois-ci la couverture de l’œuvre n’est pas sombre; et vous allez savoir pourquoi. Les textes saupoudrés d’humour par endroit sont d’un style simple. Et «la portée de ces textes engagés, à cheval sur la dérision et le pamphlet, est le reflet d’une génération consciente et consciencieuse qui crie son ras-le-bol. Pour dire tout simplement: ʺça suffit!ʺ» (quatrième de couverture). Francis Taky a fait de l’engagement en littérature, son crédo. Cette deuxième chronique l’atteste. A ʺEwuétikpaʺ (qui veut dire la mort est mieux dans un dialectique ivoirien), la République imaginaire où il conduit le lecteur pour lui ouvrir les yeux, pour le rendre témoin de la sensibilisation, de la conscientisation qu’il fait dans son livre, Francis Taky raconte beaucoup de choses. Il en a vraiment ras-le-bol! Dans cette chronique du vécu à ʺEwuétikpaʺ, les textes sont à cheval sur la fiction et le réel. L’œuvre littéraire prenant toujours sa source dans la réalité, disons tout simplement fiction, mais finalement la réalité, la nôtre. Sur ce site, et dans cette République construite dans son imaginaire et qui trahit parfois sa volonté d’user de camouflage, l’auteur parle de choses plutôt décisives. Au vrai, dans l’évolution d’une nation, il y a des attitudes qu’il faut abandonner. Or à ʺEwuétipkaʺ, la République imaginaire, sœur de la République d’Eburnie, on trouve normal tout ce qui est anormal. Ouvrons le bal, avec le premier texte intitulé «Commission vuvuzuéla». On y parle de déchets hautement toxiques déversés, il y a peu, à ʺEwuétikpaʺ et dont les conséquences sur la population restent incalculables, voire irréversibles. Et pourtant, «on a préféré un règlement à l’amiable et une indemnisation des victimes. Indemnisation de la honte. Certaines personnes se sont tellement sucrées sur le dos des victimes qu’elles sont devenues obèses. Un des leurs n’arrive même pas à marcher. Tellement il est ʺgros, gras, b…ʺ (P. 20). «Dieu a-t-il déjà quitté Ewuétikpa?». Avec ce deuxième écrit, on se souvient bien de cette parole du Créateur qui disait qu’il y aurait sur la terre, de faux prophètes parmi les bons. Et bien, ils sont là, depuis! L’Eglise est devenue leur fonds de commerce; et ils ne font que bercer d’illusions et de faux espoirs, les fidèles désespérés, âmes en détresse, sans discernement aucun, pour lesquelles tout temple divin est devenu un refuge face à la souffrance qui ne dessert pas ses étreintes. L’écrivain aborde là, un fait qui gagne de plus en plus de terrain dans le monde. Il voudrait par là aider le peuple de Dieu à pouvoir reconnaître le vrai homme de Dieu, car il est écrit, «le bon arbre se reconnaît par ses fruits». L’auteur montre aussi jusqu’où peuvent conduire de folles rumeurs. A l’irréparable, bien sûr! Des cas de figure puisés à ʺEwuétikpaʺ amènent l’auteur à dire qu’il faut faire attention aux rumeurs. Les Ivoiriens n’en savent-ils pas quelque chose?

ʺEwuétikpaʺ aurait-elle des similitudes d’avec la Côte d’Ivoire?

Il y a beaucoup de similitudes entre ʺEwuétikpaʺ et la Côte d’Ivoire, en effet! Il y a également beaucoup d’incongruités dans des propos de certaines autorités dans la République imaginaire. A un moment donné, Francis Taky sort un peu de sa République d’ʺEwuétikpaʺ, pour rendre un hommage touchant à toutes les mamans, à toutes les mères du monde. Mère, sève nourricière, mère, source de vie que certains conjoints banalisent de nos jours encore, mère que dans certaines sociétés ou communautés ethniques l’on relègue au rang d’esclave, de «bonne» à tout faire. «Méprises», c’est encore beaucoup d’enseignements, beaucoup de conseils et de messages. Messages aux djihadistes, aux enleveurs d’enfants et commerçants d’organes humains, aux terroristes de toute nature, mais aussi aux parents indignes qui désacralisent la vie par leurs actes ignobles. On n’oublie pas les messages adressés aux politiciens. Un bref voyage à travers le temps de la politique et de l’accession au pouvoir présidentiel à ʺEwuétikpaʺ, permet à l’écrivain de souhaiter qu’il y ait pour une fois, là-bas dans cette République voisine d’Eburnie, une passation de charges. Dans ce livre, Francis Taky  parle aussi d’un problème assez crucial: L’immigration sous toutes ses formes. Il la déplore, car, en plus des risques et des dangers auxquels s’exposent les candidats à l’immigration, surtout clandestine, l’immigration entraîne la fuite des cerveaux. «C’est nous qui devons mettre en œuvre notre matière grise pour développer notre pays». Mais au-delà de cette triste réalité, se dévoile «l’échec de nos gouvernants». Le lecteur pourra trouver dans l’œuvre deux articles journalistiques parus dans «L’Eléphant Déchaîné», écrits sous une autre forme pour sensibiliser les jeunes sur tous ces dangers et risques de l’immigration, surtout clandestine. Leur dire que là-bas n’est pas forcement le paradis. «Méprises», pour ne pas que les Hommes continuent d’être méprisés. «Méprises», pour que les richesses du pays, d’ʺEwuétikpaʺ soient partagées équitablement et que la bonne gouvernance soit l’un des maître-mots de la République. A propos de couverture du livre, elle est cette fois plus gaie malgré ces petites touches noires. Selon l’auteur, noir et blanc pour montrer un peu que les dérives décrites à l’intérieur du livre ne sont pas des fatalités et que si on essayait de faire des efforts, on pourrait atteindre cette blancheur, car qui dit blanc dit sainteté, transparence, Justice, amour, paix, solidarité, fraternité vraie, démocratie, etc.

DE L’AUTEUR

«… Ne pas se faire complice de ce qui se passe sous nos tropiques est la preuve la plus patente que nous sommes des journalistes. Au sens le plus profond du terme. Ces quelques lignes que nous avons noircies sur des feuilles blanches demeurent, à notre humble niveau, le rôle que nous devons jouer dans l’éveil des consciences. Se déporter dans une palmeraie après plusieurs journées de durs labeurs, et rencontrer des personnes qui estiment que la vie qu’elles mènent est plutôt un spleen, et qu’elles préféreraient la mort. Pour ne pas donc que les suicides soient récurrents dans la République imaginaire d’ʺEwuétikpaʺ, nous avons pris les taureaux par les cornes pour dénoncer  avec véhémence et surtout politesse, quelques travers qui nous tirent vers le bas. Doit-on abdiquer? Que non. La vie est bataille et chacun doit jouer sa partition pour que nous vivions dans un monde meilleur. Restons tout simplement journalistes. Au mieux, des Samouraï pour la bonne cause en n’occultant pas les vertus confucéennes associées au bushido que sont la Droiture (parfois aussi traduit par rectitude ou rigueur), le Courage, la Bienveillance (parfois aussi traduit par grandeur d’âme, compassion ou générosité), la Politesse, la Sincérité (honnêteté), l’Honneur, la Loyauté. C’est encore possible!» «Méprises», pour que grâce au courage de leurs devanciers, les générations futures puissent vivre dans un monde meilleur.

FLORENCE  APO (in L’Eléphant déchaîné n°393)

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