Pour avoir fait confiance à l’Etat : Ouattara Sidiki au bord du suicide- Duncan a donné des instructions, Mais le Ministre du Budget se presse lentement

By: Africa Newsquick

Abdourahmane-Cisse-Budget-1-0001Pour avoir fait confiance à l’Etat : Ouattara Sidiki au bord du suicide- Duncan a donné des instructions, Mais le Ministre du Budget se presse lentement

Regarder un citoyen – naguère prospère opérateur économique de son état – descendre dans la misère et la dépression en vendant un à un ses biens immobiliers pour faire face à des dettes contractées pour l’exécution d’un marché à lui confié par l’Etat ivoirien, voilà une attitude qui contraste avec la volonté du président de la République-candidat à sa propre succession à l’élection présidentielle d’octobre prochain-de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l’horizon 2020.

Ouattara Sidiki – c’est son nom – est le patron des «Etablissements Sidiki». Dans quelques jours, il se retrouvera à la rue avec bagages, femme et enfants, quand l’un de ses créanciers qui a saisi avec détermination la justice, obtiendra une ordonnance portant son expulsion et la saisie de sa résidence mise en garantie d’une dette.

«L’éléphant» dont chacun sait qu’il ne supporte pas ce genre de souffrances infligées à des Ivoiriens du fait de l’Etat, a cherché à comprendre l’origine de toute cette mésaventure.

 

La Côte d’Ivoire voulait « l’Afrobasket », elle l’a eu

Organiser de grands événements tant économiques que sportifs était l’un des moyens par lequel notre président tenait à démontrer aux yeux du monde entier que la Côte d’Ivoire est revenue à la normalité et, surtout, dans le concert des nations qui comptent.

Aussi, dans cette optique, le gouvernement ivoirien a absolument tenu à organiser l’Afrobasket 2013 à Abidjan, dans un contexte où le lieu qui devrait abriter cet événement sportif majeur – le Palais des Sports de Treichville – était dans un état de délabrement total. Une situation qui faisait de la volonté du gouvernement ivoirien de recevoir cette compétition sur son sol, un rêve plutôt ambitieux. Mais impossible n’est pas Ouattara ! Qui donnera des instructions fermes à l’ancien ministre des Sports – l’expert en paiement de primes de footballeurs – Alain Lobognon, afin que l’événement se tienne sur le territoire ivoirien. Histoire de montrer aux instances internationales du sport en général et du basket en particulier, que la Côte d’Ivoire sait tenir ses engagements.

 

« Travaillez, prenez de la peine… »

Pour réhabiliter le Palais des Sports et organiser la compétition, le Comité d’organisation mis en place et présidé par le président de la fédération ivoirienne de basket a concocté un budget d’environ 2,9 milliards de Fcfa dont une partie, environ 2,4 milliards, devait sortir des caisses de l’Etat pour la réhabilitation du palais et autres dépenses urgentes, et l’autre partie, environ 500 millions, était à rechercher dans les poches des sponsors pour l’accueil des équipes nationales devant prendre part à la compétition. Mais les 500 millions n’arriveront pas en raison des incertitudes qui planaient sur la capacité de la Côte d’Ivoire à organiser cette compétition dans le délai imparti et qui était quasiment intenable sans l’apport d’Entrepreneurs patriotes capables de préfinancer les travaux de réhabilitation du Palais des Sports.

Mais, étrangement, le Comité d’organisation ne verra jamais la couleur des 2,4 milliards décaissés par le gouvernement, l’argent restera sous le contrôle de l’ex-ministre des Sports. Lequel traitera directement avec les entreprises sélectionnées par lui seul et devant réhabiliter en urgence le Palais des Sports pour le mettre aux normes internationales exigées par la Fédération Internationale de Basket (FIBA).

Pour respecter sa parole (notre président déteste avoir honte), le gouvernement via l’ex-ministre des Sports, mettra la pression sur les entreprises sélectionnées pour les travaux et les priera de préfinancer lesdits travaux en attendant que les lourdes procédures administratives aboutissent au décaissement des moyens annoncés pour faire face à la facture de la réhabilitation.

Aussitôt dit, aussitôt fait. En patriotes, les responsables des entreprises trouveront les moyens financiers : qui, en puisant dans ses fonds propres, qui, en contractant des prêts auprès de certaines banques, qui auprès de particuliers. Résultat des emprunts ? Le Palais des Sports sera entièrement réhabilité avec des matériaux pour la plupart commandés à l’extérieur du pays, notamment en France et payés cash avant leur placement dans les bateaux à destination de la Côte d’Ivoire émergente. Les opérateurs économiques sélectionnés feront preuve d’un tel patriotisme que la Côte d’Ivoire organisera avec succès, la compétition, sauvant ainsi son image et la parole de son président qui tenait à prouver que ce qu’il dit se réalise.

 

« Mon Dieu, nous sommes morts »

Comme « L’éléphant » l’a déjà conté dans l’une de ses éditions, les entreprises qui ont mis les pelles doubles pour réhabiliter le Palais des Sports n’ont pas été payées. Certaines ont juste reçu quelques peccadilles, quand d’autres n’ont rien reçu du tout. Pendant plus d’un an, leurs responsables, après avoir déposé leurs factures, arpenteront les couloirs du ministère des Sports, sans jamais trouver un interlocuteur attentif pour se pencher sur leurs problèmes.

Devant cette situation, ils se constitueront en collectif joliment appelé « Collectif des Entrepreneurs-Afrobasket 2013 » afin de défendre comme un seul homme, leurs intérêts et rentrer dans leurs fonds pour sauver leurs entreprises. C’est qu’ils devraient être payés sur le budget de 2,4 milliards mis à la disposition du Ministère des Sports. Mais apparemment, cet argent a servi à faire face à d’autres dépenses plutôt qu’à payer les factures des Entrepreneurs ayant réalisé les travaux. Le Comité d’Organisation mis en place et qui, en principe, devrait gérer cette manne n’en a jamais vu la couleur et ne s’est donc pas impliqué dans la résolution de ce problème entre l’ex-ministre Lobognon et lesdits Entrepreneurs.

Deux ans après la fin de l’Afrobasket 2013 organisé par la Côte d’Ivoire, les Entrepreneurs attendent leur argent, mais le Ministère des Sports court toujours. Ceux qui ont utilisé leurs fonds propres pour effectuer les travaux ont, depuis, mis la clé sous le paillasson. Les autres, ceux qui ont emprunté de l’argent tant aux banques qu’à des particuliers, sont en ce moment dans la tourmente.

 

Ouattara Sidiki, un cas particulier…

Si parmi ces Entrepreneurs, il y a un dont la situation est la plus insoutenable, c’est bien Ouattara Sidiki, patron des « Etablissements Sidiki ». A lui, l’Etat reste devoir la somme de 170 millions de FCFA. Une somme constituée de fonds propres et de fonds empruntés auprès de particuliers pour effectuer sa part du marché dans la réhabilitation du Palais des Sports.

Pour faire face à une partie des dettes contractées, il a déjà vendu l’un de ses appartements. Et, dans quelques jours, il sera vidé du seul appartement qui lui reste et dans lequel il vit avec sa famille. C’est que, dans l’espoir que l’Etat règlerait rapidement ce qui lui est dû, il a hypothéqué cet appartement. Sauf que l’Etat n’a pas réagi et que le créancier, un particulier de nationalité malienne, l’a assigné devant le Tribunal de Commerce d’Abidjan en « paiement et en validité d’hypothèque » et demande au président du tribunal de prendre une ordonnance afin de lui donner l’autorisation de saisir la maison pour la mettre en vente et rentrer en possession de ce qui lui est dû. C’est que la juridiction Présidentielle a déjà pris une ordonnance n°4697 du 31 juillet 2015, autorisant l’inscription provisoire d’hypothèque sur cette résidence.

Autant dire que la fin est proche pour Ouattara Sidiki et sa famille.

 

« Sauvons le Patriote Ouattara Sidiki »

Devant le drame que vit en ce moment Ouattara Sidiki, le président du « Collectif des Entrepreneurs-Afrobasket 2013 » a, en concertation avec les autres membres, adressé un courrier pathétique au nouveau Ministre des Sports, François Albert Amichia, le 25 août 2015. Courrier dont « L’éléphant» s’est procuré une copie et dans lequel il a pu lire : « (…) Nous avons l’honneur de vous informer de ce qui suit : Monsieur Sidiki Ouattara, notre ami et membre du Collectif des Entrepreneurs de l’Afrobasket 2013, se trouve actuellement confronté, hormis les banques traditionnelles, à des pressions judiciaires d’un individu, conformément à la notification d’ordonnance ci-jointe. Nous le faisons, parce que nous sommes convaincus de l’aide que vous nous avez toujours apportée, depuis votre arrivée dans ce département et surtout, parce que nous sommes forts de l’appui soutenu de vos collaborateurs. Monsieur le Ministre, la résolution des difficultés de Monsieur Sidiki est d’une extrême urgence car elle revêt un caractère de haute portée judiciaire, étant donné qu’elle pourrait froisser son honneur et sa dignité profonde, qui, de notre point de vue, sont au-dessus de tout. La garantie hypothécaire concerne le bien immobilier de sa résidence actuelle, où il vit avec toute sa famille. Cette garantie arrivée à échéance, a été actionnée dans le cadre de l’affaire citée plus haut. Monsieur Sidiki ne dispose donc plus que d’un délai supplémentaire de vingt (20) jours (…) Faute de quoi, il sera purement et simplement expulsé de sa demeure personnelle, objet de la garantie…»

Le délai de 20 jours est écoulé et le Tribunal de Commerce rendra dans quelques jours la décision qui plongera Ouattara Sidiki et sa famille dans la détresse et l’humiliation.

 

Le Ministre des Sports a déjà fait sa part

Dès sa prise de fonction, informé de cette affaire, le nouveau Ministre des Sports, François Albert Amichia, sensible à la souffrance de ces entrepreneurs, a fait le point de la situation et a saisi le Premier Ministre, Ministre de l’Economie et des Finances, Daniel Kablan Duncan. Dans une note adressée à ce dernier et que «L’éléphant» a pu consulter, François Albert Amichia a écrit au point 2 : « Arriérés de l’Afrobasket 2013 : le budget relatif à l’organisation de l’Afrobasket 2013 était d’un montant global de deux milliards neuf cent quarante-six millions neuf cent-vingt-un mille cent vingt francs (2.946.921.120) FCFA dont seulement deux milliards quatre cent soixante-deux millions sept cent quatre-vingt-dix-huit mille quatre cents francs (2.462.798.400) FCFA ont été effectivement décaissés. Le reliquat de quatre cent quatre-vingt-quatre millions cent vingt-deux mille sept cent vingt francs (484.122.720) FCFA n’a pu être dégagé et mis à la disposition du Comité d’Organisation. Cependant, dans le souci de gagner le pari de l’organisation , il avait été fait appel à certains opérateurs économiques, dans l’urgence, pour des travaux hors budget à hauteur de un milliard quinze millions huit cent soixante-dix-sept mille deux cent quatre-vingt francs (1.015.877.280) FCFA. A ce jour, les montants dus aux différents prestataires s’élèvent à environ un milliard cinq cent millions (1.500.000.000) FCFA (…) que soient apurées les dettes de l’Afrobasket 2013 qui s’élèvent à un milliard cinq cent millions de FCFA (…) telle est l’économie de la présente note. Je me tiens à votre disposition pour toutes instructions qu’il vous plaira de me donner. »

Interrogé par « L’éléphant » sur la suite qui a été donnée à cette note du Ministre Amichia, une source à la Primature a affirmé que « le Premier ministre a donné des instructions au ministère du Budget pour que la question soit étudiée et que ce qui est dû aux Entrepreneurs de l’Afrobasket soit entièrement payé pour que la parole du gouvernement soit respectée. »

Sauf qu’au ministère auprès du Premier Ministre chargé du Budget où sévit le jeune Cissé Abdourahmane, on se presse lentement, malgré un rapport fait par un Conseiller technique et qui se trouverait sur le bureau du Ministre, pour acheminer le dossier au Trésor Public pour paiement. Ce qui est pour le moins étrange, vu l’urgence !

Le 12 février dernier, en présentant les opportunités du Budget 2015 au secteur privé, le ministre Cissé Abdourahmane avait insisté sur l’importance du secteur privé (les PME notamment), dans la création d’emplois et donc de richesses, gage du développement de la Côte d’Ivoire et de l’atteinte du stade de l’émergence promise à l’horizon 2020. Apparemment cette émergence se fera sans les Entrepreneurs de l’Afrobasket 2013 qui sont en ce moment dans la tourmente. Et, si, dans quelques jours, Ouattara Sidiki est jeté à la rue avec bagages, femme et enfants pour avoir fait confiance à la signature de l’Etat, ce sera bien la preuve que les propos du ministre Cissé Abdourahmane sont une vérité implacable.

ASSALE TIEMOKO (in L’Eléphant déchaîné n°382)

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