Présidentielle 2015 : Les petits calculs d’Affi N’Guessan- Pourquoi il tient tant à cette élection…

By: Africa Newsquick

Affi Nguessan candidat 2015Présidentielle 2015 : Les petits calculs d’Affi N’Guessan- Pourquoi il tient tant à cette élection…

Il était une fois un brillant ingénieur Télécom que les ondes radios-électriques avaient tellement irradié qu’une maladie s’est brusquement déclenchée : la politologie subliminale.

C’est ainsi que cette maladie a progressé au point de voir l’ingénieur Télécom atteindre, grâce à la signature d’un certain Laurent Gbagbo et pour des raisons de « géopolitique », le firmament, depuis son confortable siège de Premier Ministre du premier gouvernement du prince de Mama (village natal de l’intrépide Gbagbo).

Mais douloureusement, apparaitront sur le chemin de gloire d’Affi N’Guessan, diverses vicissitudes, dont notamment, un certain accord de Linas-Marcoussis qui lui vaudra un accueil chaleureux de Simone Gbagbo et…plus tard, après la chute de l’intrépide Gbagbo, l’exécution forcée de pompes devant des petits militaires puis, une condamnation pénale juste à propos, sorte de bâton de maréchal pour ceux qui sont atteints de politologie chronique.

 

La présidentielle chaque matin en se rasant !

Sorti de prison, l’homme s’est d’abord engagé sur le terrain pour paraît-il, remobiliser les militants pour la libération de Laurent Gbagbo. A cette belle époque, Affi N’Guessan disait que « le Fpi ne participera à aucune élection tant que Laurent Gbagbo sera en prison… » Applaudissements nourris de ses camarades.

Mais voilà, comme un bonheur n’arrive jamais seul, au cours d’un meeting sur ses « terres » à M’Batto, un chef de village lui fera cette révélation : « Affi, tu seras président… »

Depuis, le sang de ce grand homme n’a fait qu’un tour…il animera plusieurs meetings au cours desquels, à la grande surprise de ses camarades, il oubliera de citer le nom de l’intrépide Gbagbo, poussant ainsi ses camarades à le soupçonner de vouloir tourner la page de Gbagbo pour jouer sa propre carte. Et hop ! Ses camarades vont tenter de l’éjecter de la tête du parti. Mais c’était mal connaître Affi N’Guessan. Il va lutter comme un beau traître  pour s’agripper au fauteuil de Président du FPI pour au moins deux raisons humanitaires que « L’Eléphant » vient de découvrir de source diplomatique: pouvoir être candidat à l’élection présidentielle ; effacer-en jurant le contraire la main sur le cœur et le cœur bien accroché- l’image de l’ex-Président du parti qui a, actuellement, d’autres préoccupations…

 

Un coup de pouce providentiel…

Évidemment, dans ces circonstances difficiles, un petit coup de pouce fort innocent des Autorités actuellement au pouvoir a été nécessaire, mais la honte n’a jamais tué personne, surtout quand il s’agit de légitimer un décor démocratique pour que le reste du monde applaudisse des deux mains une éclatante victoire du chantre de l’émergence, dès le premier tour.

Cette stratégie lumineuse permet de faire phosphorer l’esprit tranquillisé du génie et le début d’un rêve fabuleux commence à germer dans la tête d’Affi N’Guessan.

C’est que, comme le Mali, la Côte d’Ivoire prépare pour les mois à venir, une loi sur le statut de l’opposition en Côte d’Ivoire. Et Affi N’guessan, pendant son étrange tournée internationale, a fait un tour au Mali où il a pu se rendre compte des avantages qui sont liés au statut de chef de l’opposition : rang de président d’institution, voiture de service, service traiteur à la maison, gardes du corps, résidence de fonction, budget de souveraineté, confortables indemnités, participation à tous les festins de la République et autres frais de bouche dont raffole tout responsable politique.

Devant de tels avantages, participer à la future élection présidentielle ivoirienne devient l’obsession de l’ingénieur Telecom, non pas qu’il est sûr de gagner contre sa majesté Ouattara 1er mais parce qu’il entend démontrer au monde entier qu’il est le leader de l’opposition en Côte d’Ivoire et bénéficier, après  l’élection, de l’enviable statut de chef de l’opposition ivoirienne. Et, aucun sacrifice n’est de trop pour atteindre cet objectif. Il multiplie les procédures civiles et pénales contre ses camarades et les journaux trop « bleus » qui soutiennent Gbagbo en s’attaquant à sa personne. Il ferme les yeux quand ses camarades qui mènent des actions de terrain capables de contrarier ses plans sont emprisonnés hors d’Abidjan.

Mais pour ne pas rendre ses calculs trop visibles, il prétend être candidat pour faire libérer Laurent Gbagbo, en se gardant d’expliquer comment il s’y prendra une fois au palais présidentiel : « (…) Par principe, le FPI a été créé pour prendre le pouvoir par les urnes et transformer la Côte d’Ivoire. Le pays, aujourd’hui, a besoin d’une renaissance et les prochaines élections nous en donnent l’occasion. Même si le FPI boycotte les élections, la Côte d’Ivoire ne s’arrêtera pas. Et ce n’est pas en pleurant continuellement sur le sort de Laurent Gbagbo que nous allons ouvrir les portes des prisons pour le libérer, lui et les autres détenus politiques. C’est lorsque nous serons au  pouvoir  que nous obtiendrons sa liberté. Ne comptez jamais sur Ouattara  parce qu’il ne peut jamais  réconcilier les Ivoiriens et gouverner ce pays. » Déclare-t-il. A-t-il l’onction de Gbagbo pour participer à cette élection ? Oui ! La preuve, on ne compte plus le nombre de fois qu’il a rendu visite à ce dernier dans sa prison à La Haye.

 

Une abstention record et c’est la fin…

Seulement voilà : du rêve à la réalité, le chemin est souvent parsemé d’embûches inattendues.

En meeting le jeudi 28 août, à la Place de la Solidarité à Abengourou, le grand stratège n’a pu rassembler plus de 500 personnes. « Affi était en meeting à Abengourou. Je suis passé à côté croyant que c’était une société qui devait faire sa promo. Or, le petit monde que j’ai vu là assistait au meeting d’Affi à la place de la Solidarité d’Abengourou… » Rigole une source de « L’Eléphant ».

C’est que sur le terrain, le cheval de la trahison vis-à-vis de l’intrépide Gbagbo, est difficile à bien maîtriser. Aller à l’élection présidentielle pendant que Gbagbo est en prison et que son parti est en lambeaux, pour la majorité des militants du FPI, signifie que la page Gbagbo a été tournée. Et participer massivement à cette élection en votant pour Affi N’Guessan, sonnerait devant l’opinion nationale et internationale comme l’enterrement sans obsèques, de l’intrépide Gbagbo. Et les militants du FPI en sont conscients qui ne lui laissent pas les portes du pays Bété ouvertes. Il a échappé à un lynchage pendant les obsèques de « Maman Gbagbo ».   Dur dur de faire semblant…

Le grand stratège visionnaire a-t-il pris en compte cette éventualité qui ne peut effleurer son esprit aujourd’hui : un score médiocre doublé d’une abstention record des pro-Gbagbo? Cette cruelle, mais probable éventualité, briserait les espoirs fous du génie de l’opposition et signifierait la fin de sa carrière politique.

La Côte d’Ivoire s’en remettrait-elle? La question est posée !

ASSALE TIEMOKO (in L’Eléphant déchaîné n°377)

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