Présidentielle ivoirienne d’octobre : Affi ne pose pas trop de conditions (L’Editorial d’Assalé Tiémoko)

By: Africa Newsquick

Affi Nguessan candidat 2015Présidentielle ivoirienne d’octobre : Affi ne pose pas trop de conditions (L’Editorial d’Assalé Tiémoko)

Ainsi donc, le président statutaire du Fpi, Pascal Affi N’Guessan, s’est fait investir candidat de ce parti pour l’élection présidentielle d’octobre prochain. Entre autres choses, au menu de son programme, deux grandes promesses : celles de réconcilier les Ivoiriens et de faire libérer l’intrépide Laurent Gbagbo, s’il était élu. Vaste programme !

Pour ce qui est de réconcilier les Ivoiriens, avec le résultat qu’il a obtenu dans le processus de réconciliation dans sa propre maison « Fpi » fissurée de toutes parts, on peut lui faire confiance.

Quant à la promesse de faire libérer Laurent Gbagbo, elle tombe mal parce qu’il y a un autre candidat et non des moindres, qui tient aussi à faire libérer Laurent Gbagbo et à le ramener en Côte d’Ivoire en cas de victoire. Il s’agit de l’ancien Premier ministre Charles Konan Banny.

De ces deux candidats, l’un Banny, sans être du Fpi, a pu se rendre à trois reprises à La Haye pour échanger avec le « christ » de Mama. Mais Affi N’Guessan, l’enfant de la maison a, lui, paraît-il, fait récemment une tournée européenne au cours de laquelle il a oublié de faire escale à La Haye pour s’enquérir de l’état de santé de celui qui l’a fait et qu’il entend faire libérer en cas de victoire sur sa majesté Ouattara 1er. Lequel n’a jamais été aussi fort que maintenant et qui, assuré du soutien du « jeune » Bédié, compte faire d’une bouchée, ses adversaires au premier tour.

Mais, alors que les autres candidats, notamment ceux qu’on retrouve dans la coalition dite « CNC » crient à la partialité de la Commission électorale indépendante et demandent sa recomposition, de même que la mise en place d’une transition ou du moins le lancement d’un dialogue national pour aboutir à un consensus sur des conditions minimales de transparence pour une élection apaisée, le candidat du Fpi lui, reste évasif sur ces questions. Il veut aller aux élections, un point, c’est tout. Il y a quelques semaines, sur une chaîne de télévision panafricaine, Jean Jacques Béchio, interrogé sur les raisons qui l’ont poussé à quitter l’Alliance des Forces Démocratiques ou sévit Affi N’Guessan pour rejoindre la «CNC», avait déclaré que «dès la première réunion», il avait «compris» qu’Affi N’Guessan n’était obsédé que par une seule chose : aller aux élections sans conditions. C’est-à-dire jouer sa propre carte sur le dos de Laurent Gbagbo. La suite lui donne-t-il raison ?

Affi N’Guessan est donc candidat. Le parti qu’il dirige est en lambeaux et la plupart de ses figures charismatiques sont en prison, mais cela ne semble guère être un souci pour lui. Il veut son élection présidentielle et il est sûr de la gagner, là où, avec les moyens dont il disposait et son charisme légendaire, a été incapable de l’emporter au premier tour. Sur qui compte Affi N’Guessan ? Eh bien, d’abord sur les militants du Fpi, du moins, ceux qui sont avec lui. Ensuite, sur le reste des Ivoiriens qui ont réalisé sa capacité à ramener l’ordre dans le parti qu’il dirige et à jouer pour son propre avenir au détriment de l’avenir du parti. Il cite beaucoup le nom de Laurent Gbagbo et s’est même oublié à le considérer comme mort, puisqu’il veut non seulement gagner pour le faire libérer, mais aussi pour honorer, avec sa victoire, la mémoire de ce dernier qui, rappelons-le, est encore vivant. Ça ne s’invente pas!

Ces camarades, ceux que l’opinion internationale considère comme les faucons, n’éprouvent pour lui qu’un formidable mépris et, ont pour eux, une certaine légitimité. Bien qu’étant pour la plupart en prison, ils ont la sympathie de la quasi-totalité des militants pour qui tant que Gbagbo sera en prison, Affi N’guessan ne restera que comme un traitre à sa cause. Et, ces «faucons», comme chacun le sait, vont lui savonner la planche pendant cette campagne électorale où il pourrait ne récolter que huées et jets de boules puantes dans les fiefs de Laurent Gbagbo.

Mais tout cela n’effraie pas le camarade Affi N’Guessan, même si l’équipe du candidat sortant pense qu’il sera battu même chez lui à Bongouanou où Gbagbo compte de solides sympathisants qui ne comprennent pas l’attitude d’Affi N’Guessan.

Affi N’Guessan veut aller aux élections, il ne pose pas trop de conditions, c’est dire… Il s’attaque au bilan de Ouattara et hausse le ton pour dénoncer sa gouvernance. Ce qui laisse ces camarades effarés on ne sait trop pourquoi. En vieux singes de la politique pour la plupart, ils connaissent peut-être la musique…au son de laquelle leur camarade danse en ce moment.

In L’Eléphant déchaîné n°372

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