Réinsertion des ex-combattants : Ces ingrats de dirigeants! Il veut reprendre ses études universitaires mais l’ADDR ne l’a pas écouté

By: Africa Newsquick

addrRéinsertion des ex-combattants : Ces ingrats de dirigeants! Il veut reprendre ses études universitaires mais l’ADDR ne l’a pas écouté

Un ex-combattant pas comme les autres… Il voulait parler à «L’Eléphant », « L’Eléphant » l’a écouté.

Vous avez dit ex-combattants?

La menace djihadiste pèse sur la Côte d’Ivoire. Le 9 juillet dernier, des ex-combattants ont manifesté leur mécontentement, devant l’ancien siège de l’Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration (ADDR), pour   le non-paiement d’une prime d’installation de 160.000 FCFA, après leur déguerpissement des sites publics et privés qu’ils occupaient depuis la fin de la crise post-électorale. Entre-temps cette structure qui a recensé 74.000 ex-combattants en a perdu 15.000 avant la fin de sa mission. Ces éléments sont toujours introuvables d’ailleurs. Il y a quelques semaines encore, un autre ex-combattant découragé par son sort, a affirmé sur les réseaux sociaux être prêt à rejoindre le camp des Djihadistes au cas où il serait contacté par ces derniers. L’Etat ferait mieux de revoir la gestion de ses ex-combattants! Le 26 juin, un autre ex-combattant qui voulait manifester aussi son ras-le bol s’est présenté à la rédaction de « L’Eléphant Déchaîné ». «Je ne suis pas militaire mais j’ai le statut d’un ex-combattant. Nous étions habillés à l’époque. Dieu m’a donné une intuition qui fait que je peux faire des choses extraordinaires.» Eh bien nous l’avons écouté raconter ces choses extraordinaires.

 

L’étudiant rebelle

Issa Ouattara est un ex-combattant. En 2002, lorsqu’une rébellion armée venant du Nord de la Côte d’Ivoire avec à sa tête Soro Guillaume, attaquait le pays pour une question d’identité, ce dernier était en deuxième année de Droit à l’Université de Bouaké. Notre étudiant avait 23 ans à l’époque. A la fin des hostilités en 2011, après l’arrestation de l’intrépide Gbagbo Laurent, notre étudiant, en DEUG2 pour ne pas dire avec son niveau BAC, comme les rares universitaires qui avaient à cette époque basculé dans le rang des Forces nouvelles, s’attendait à être inséré, certainement pour service rendu à la nation, au sein de l’une des régies financières que compte le pays; car le chef de l’Etat avait fait des ouvertures dans les services publics notamment la Douane et les Impôts. Hélas cela ne fut pas le cas. «Ismo» comme l’appellent les intimes, ne verra pas son rêve se réaliser. Il ne sera intégré nulle part. Après 10 ans passés dans les rangs des Forces nouvelles, Issa Ouattara, sorti bredouille de cette guerre et désormais âgé de 33 ans, après maintes réflexions et en accord avec sa famille, choisit de reprendre le chemin de l’école. Il décide donc de matérialiser ce projet qu’il concoctait depuis quelques années.

 

Le parcours du combattant

Il profite de la réouverture en 2012 de l’Université de Bouaké, rebaptisée Alassane Ouattara, pour reprendre les cours. Mais avant cela, Issa, sans soutien et sans le moindre sou, entame donc des démarches au niveau de l’Etat pour obtenir de l’aide afin de faire face aux charges liées à sa scolarité. Etant déjà enrôlé en tant qu’ex-combattant, il s’adresse  au Programme national de réinsertion et de réhabilitation communautaire (PNRRC), structure fondée en 2007, à la suite de l’accord politique de Ouagadougou, et chargée de la réinsertion des ex-combattants identifiés dans le cadre de la crise ivoirienne. Cela ne donnera rien. Dès la création de l’ADDR  (Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration) en août 2012, il s’adresse également à elle, pour lui signifier son intention. Il contacte d’abord celle de Bouaké, localité où il réside depuis ; mais il n’y trouve pas une oreille attentive. Il prend donc la résolution de venir au siège de cette organisation à Abidjan, pour expliquer son projet, de vive voix. Sa seule exigence selon ses dires : «Au moins pour être intégré à l’Université, une fiche d’identification pour signifier que je suis dans la base de données, ce qu’on m’a rétorqué c’est que le volet réintégration à l’école n’existe pas». Un peu déçu, il continue : «Et depuis ce moment jusqu’à ce jour-là, rien n’a été fait et je suis passé par toutes les procédures, tous les moyens légaux pour obtenir gain de cause, mais il n’y a pas de moyen.» En revanche, l’ADDR lui  propose le seul plat qu’elle a  pour tous les ex-combattants: aller faire une formation de 3 à 6 mois pour qu’on puisse lui verser 800.000 FCFA, mais en 3 modalités. Une première tranche de 400.000 FCFA, ensuite 200.000 deux mois après et enfin pour solde de tout compte, 200.000 FCFA deux autres mois après. «Mais si je dois choisir entre une formation universitaire et une formation qualifiante, le choix est clair, c’est la formation universitaire que je vais prendre. Mais au moins qu’on me donne plus de chance pour avoir un emploi plus tard. On m’a répondu que ce n’est pas possible.»

 

Le soutien  de l’Université

A ce jour, voilà le niveau de notre ex-combattant. En 2012, il s’inscrit en Licence 2 de Droit des Affaires, donc reprend les études là où il les avait laissées ; ensuite en 2013, il finit avec la licence. Pour la rentrée 2013-2014, il devait faire le master1 ; ce qu’il ne fera pas pour un problème de sous car épuisé financièrement par les deux premières années qui étaient à ses propres frais. Il explique qu’il n’a pas été du tout facile pour lui de rentrer à l’Université car normalement après 3 ans d’absence non justifiée, l’on est radié de la liste. «C’est dans quelle Université du monde vous allez mettre 10 ans et revenir après, ce n’est pas possible», ajoute-t-il. Heureusement pour lui, ses devanciers qui étaient à l’Université, en maîtrise à l’époque et qui ont continué les études,  sont ceux qui sont aujourd’hui pour certains, les enseignants  de l’Université. «J’étais obligé d’aller m’ouvrir à eux. Ils m’ont demandé de reprendre là où j’ai laissé les études. Ils ont accepté que je compose sous réserve d’avoir une lettre officielle pour justifier pourquoi j’ai passé tant d’année sans revenir à l’Université.» Il présente ses bulletins au pachyderme où il occupe de bons rangs dans presque toutes les matières. «Voilà mes résultats, pour dire que je suis volontaire et que je veux terminer mes études».  Les Travaux dirigés étant prévus pour le 29 juin (trois jours après son passage à notre rédaction), il précise qu’il perdra définitivement son année s’il ne les fait pas. Avec un air triste, il s’exprime : «J’avoue sincèrement que c’est après beaucoup de réflexion que j’ai décidé de venir vous voir. Pour m’ouvrir à vous (…) Il y a 10 mois que j’ai décidé de mener des actions fortes, sinon normalement nous sommes en 2015, mais depuis 2012, il y a des actions qui ont été menées. Parce que c’est en 2012 que je me suis rendu compte que si je ne me levais pas, ça allait poser problème.» Très reconnaissant pour la compréhension que lui accordent ses professeurs et toute l’Université, il est un peu désolé par cette situation : «Je ne dors pas, l’université m’a donné tout le temps, jusqu’à la date butoir c’est-à-dire 10 mois après, je vais aller leur dire quoi? C’est après le délai de rigueur, je vais aller leur demander encore d’autres trucs, mais ça ressemble à quoi ?»

 

Ses parents et amis

Durant ses difficultés, l’ex-combattant a bénéficié de l’appui des membres de sa famille, mais aussi de ses amis. «Les amis, tout le monde, chacun aide comme il peut avec la famille bien entendu. Mais c’est difficile, vu que je suis maintenant un adulte». Il reconnaît une chose, personne ne lui a demandé d’interrompre ses études pour aller faire la guerre.

«Des gens avec qui j’ai fréquenté qui ont fait le doctorat, m’appellent et me font des transferts d’argent mais aujourd’hui j’ai supprimé tout ça. Parce que demain c’est une dette morale, ça il n y a rien à faire, tu auras l’impression que toute la Côte d’Ivoire t’aura donné de l’argent pour aller à l’école».

 

Un voyageur peut toujours reprendre sa place

L’objectif d’Issa, c’est de repartir à l’école. Alors, il a du mal à s’expliquer le refus de l’aide des institutions qui devraient lui permettre de s’insérer dans la société. Pour lui, ça n’a pas de sens qu’on lui demande d’aller faire 6 mois pour aller apprendre à pêcher. Un peu énervé d’ailleurs, il tient à préciser à « L’Éléphant » que ce ne sont pas tous ceux qui ont été intégrés dans l’armée qui sont des corps habillés et qu’il y a également des civils. Il fait mention de l’appel du chef de l’Etat aux anciens des Fanci (Forces armées nationales de Côte d’Ivoire) qui se trouvaient au Ghana et qui, une fois rentrés, ont  été réinsérés dans leurs corps respectifs et ont bénéficié d’un rappel de leur salaire. «Est-ce que les déserteurs ne sont pas repartis dans l’armée? Aussi, moi je veux retourner à mon ancien statut, mon ancienne vie qui est celle d’un étudiant, c’est tellement simple. Mais pourquoi je veux aller à l’école on ne veut pas ? Pour moi, on devrait m’encourager parce qu’à cet âge, accepter de repartir à zéro, ce n’est pas facile. Comprenez qu’avant, les étudiants étaient âgés mais maintenant c’est 20 ans». Il essaie de se remettre de ses émotions, et continue : «Pourtant ça ne devrait pas poser de problème que je retourne à l’Université… Donc on parle d’émergence, on donne des bourses aux gens pour aller faire des études à l’étranger  parce que voilà, il y a des saletés qui ont débarrassé le pays de tout ce qui se passe. Et maintenant les choses sont bien, on peut donner des bourses.»

 

Ces ingrats de dirigeants!

Dans son combat pour reprendre le chemin de l’école, Issa Ouattara ne s’est pas contenté de se tourner vers les institutions étatiques. Il a également, à titre personnel, sollicité l’aide de certains dirigeants du pays. Il  a écrit deux courriers à Soumaila Bakayoko, chef d’état-major. La première, envoyée le 8/9/14, est restée sans réponse. Lisons-la ensemble : «J’ai l’honneur de m’adresser à vous. Durant quatre ans, tous mes efforts pour m’assurer une réinsertion sont restés vains. Ainsi, j’ai pris la décision de reprendre les cours depuis la réouverture des Universités en 2012. Ci-joints les documents. Mon Général, les choses vont très mal pour moi. En effet, j’avoue que je suis totalement abandonné. Sans aucun moyen matériel ou financier pour vivre et partir à l’école à trente-cinq ans et après douze ans d’arrêt des cours. Je ne peux même pas payer les frais de scolarité. Du fond du cœur, je sollicite votre solidarité pour m’aider à terminer dignement mes études. Mon Général, dans l’attente d’une suite favorable, recevez mes sentiments les plus distingués.» Il envoie donc une deuxième le 24/11/14, espérant qu’elle aura un meilleur destin que la première. Courrier auquel il joint des photos prises avec le chef d’état-major après leurs différentes réunions. Hélas, même sort! Un courrier est envoyé le 8/9/14, à Dosso Moussa, ministre de l’Emploi, des Affaires sociales et de la Formation professionnelle et ex-responsable financier de la rébellion. Silence radio de ce côté-là également. Monsieur Guillaume Soro aussi a eu droit à deux courriers. Après un premier envoyé le 8/9/14, un second est envoyé le 24/11/14 pour savoir le sort qui a été réservé au premier : «Lui aussi, est responsable (aussi) des FAFN, donc c’est la même chose ; je m’adresse à lui, je n’ai pas de réponse». Il envoie un cri de cœur au ministre de l’Intérieur le 29/12/14, parce que «si je participe à quoi que ce soit, c’est le ministre de l’Intérieur qui sera informé, je n’ai rien eu».Toujours en sortant les copies d’une chemise cartonnée, il continue : «Je suis allé jusqu’à essayer de trouver un cœur féminin pour m’aider, en la personne de Dagri Diabaté, Grande Chancelière ». Pour lui, même si elle n’a rien à y voir, au moins elle est proche du palais. Tous ces courriers ont été déchargés, ce qui prouve qu’ils sont bel et bien arrivés à destination. «Personne ne m’a répondu, personne! Même pas pour me dire non. Mais ce qui aggrave ma colère, on ne vous donne pas d’argent, c’est bon mais qu’on ne réponde même pas à vos courriers !» Après un petit moment de réflexion, il interroge le pachyderme : «Mais qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce que j’ai fait ?» Il affirme qu’aller à l’école lui ferait plaisir et que son diplôme pourrait lui donner une satisfaction morale et financière, mais pourrait bannir aussi et couvrir tout le mal qu’il a ressenti dans son parcours. «Voilà ma philosophie», ajoute-t-il. Mais soudain, il reprend sur un ton un peu énervé : « Sinon je n’ai pas écrit un courrier à M. Assalé pour dire que j’ai besoin d’argent pour aller à l’école, mais j’écris à des personnes qui ont quelque chose à avoir avec la situation que je traverse. Est-ce que vous voyez? » «L’Eléphant» fait un signe de la tête pour dire « non». Alors l’étudiant devient plus explicite : «Est-ce que vous comprenez la nuance? C’est-à-dire que je ne suis pas un mendiant. Je demande qu’on me soutienne, mais c’est différent de quelqu’un qui ne vous connaît pas, qui vient vous retrouver et qui vous demande de l’argent.» Voilà qui est plus compréhensible. Alors il fait comprendre que Soumaila Bakayoko par exemple peut user de son statut de chef d’état-major pour l’aider à titre personnel, car il en a les moyens. Pareil pour notre Président de l’Assemblée nationale. Pour ce dernier, il raconte une anecdote. Un jour, il reçoit un appel d’un monsieur qui lui demande s’il a sollicité l’aide du Président de l’Assemblée Nationale; il répond par l’affirmative. La personne lui fait donc la remarque qu’il n’y a pas de devis associé au courrier. Issa s’excuse donc et explique qu’il n’était même pas sûr qu’on réponde à son courrier mais propose d’envoyer le devis le plus rapidement possible. Selon lui, son interlocuteur lui fait comprendre que c’est trop tard et quand Issa a voulu insister, il lui a fait comprendre clairement que ce n’est pas à Issa de  lui apprendre son boulot. Et depuis, plus rien…Pris d’émotion, il essaie une fois de plus de retrouver son calme et avec un air très sérieux, il continue : «Je suis en train de m’ouvrir à vous pour que demain, vous  fassiez bon usage de ce que je suis en train de vous dire.»

 

L’ex-combattant juriste

En tant qu’étudiant en droit, Ismo connaît ses droits. «Aller à l’école  est un droit et en plus de ce droit-là, il y a qu’il y a de la matière aujourd’hui à me donner de l’argent. Je ne vais pas demander l’argent à d’innocentes personnes. Il y a un rapport de droit entre l’Etat et moi, puisqu’il ya un accord. C’est au nom de l’accord de Ouagadougou qu’ils ont inséré des civils dans la Police, dans la Gendarmerie, donc c’est au nom de cet accord que je veux aller là où j’étais.» Il explique qu’il a des potentialités et qu’il est capable d’aller même jusqu’à l’agrégation : «J’ai ça en moi. C’est un don, c’est Dieu qui m’a donné sinon, on ne peut pas prendre un gars de bac+2 pour venir dans la guerre et puis je vais être à ce poste-là.» Quel poste a-t-il occupé précisément ? Mais il refuse de le dire. Il affirme que sur les 74000 ex-combattants, il est le seul qui demande le retour à la formation universitaire et pour ça, il met quiconque au défi de lui prouver le contraire. «Est-ce qu’il n’y a pas de bourse présidentielle ? Est-ce qu’il n’y a pas de bourse à la Primature ? A l’Assemblée Nationale ? Mais je ne comprends pas. Mais qu’est-ce qu’il y a ? » Questions transmises aux autorités ivoiriennes. Il estime que, lui donner une bourse pour 2 ans pour faire son Master 1 et 2 est encore moins cher qu’embaucher une personne dans l’armée pendant 10 ans sans oublier qu’on doit lui faire un rappel d’au moins 3 à 4 millions selon son grade. Alors que lui, sait qu’il n’obtiendra jamais cette somme nulle part s’il la demande.

 

Le cri de cœur

Pour Issa, ça aurait fait honneur aux Fafn de dire que quelqu’un parmi eux, aurait laissé ses études en 2002, et qu’il soit reparti 10 ans après, les terminer et avoir un Master en droit. Il insiste sur le fait que c’est un devoir personnel pour lui dans le sens qu’il le doit à sa famille. Il explique qu’à un moment de sa vie, il avait des convictions mais que si au bout de cette conviction, il y a des situations qu’il traverse maintenant, il accepte. Cependant, Issa a un cri de cœur : «Donnez-moi l’argent je vais acheter mes livres, je vais aller à l’école. Donnez-moi un papier de l’Etat, un document très clair pour que lorsque j’arrive à l’Université, je n’aie pas honte. Mais  à la limite, on devrait se débarrasser de moi c’est-à-dire prendre de l’argent et me donner pour que je parte faire tranquillement mes études.» Il veut un document où l’Etat ivoirien le recommande et  demande à l’université de l’accepter en tant qu’ex-combattant, et non un document dans lequel on supplie l’université de l’écouter, comme ce qu’il possède actuellement où on  peut lire: «Depuis fin août 2014, il a approché l’ADDR pour nous informer de son intention de reprendre ses études universitaires et a souhaité qu’un courrier vous soit adressé pour confirmer son statut d’ex-combattant auprès de vos services, en vue de sa réinscription… Je vous saurais gré de bien vouloir examiner avec sollicitude la requête introduite auprès de vos services par le concerné… » «Est-ce que ça c’est un courrier qui est destiné à sauver la vie d’une personne? A la limite, on supplie l’université de m’écouter…» A propos de ce courrier, il déclare : « Et ça, j’ai accepté à mon corps défendant parce que si quelqu’un ne peut t’offrir que ça, si je laisse, qu’est-ce que je vais dire quand je retourne à Bouake, à ceux qui ont accepté de me laisser composer sous réserve de ce document !? » Il a foi en ses capacités, et précise qu’il aurait pu demander un poste d’instituteur ou un concours gratuit, mais : «Moi aussi, je veux parler en Côte d’Ivoire  avec mes diplômes acquis sur table», affirme-t-il. Il demande à « L’Eléphant » d’insister sur ses besoins « parce que ceux-là, ils ne sont pas bons. C’est-à-dire faire en sorte que je puisse avoir mon master. C’est-à-dire le 1 et le 2.»

 

Il donne des conseils…

Vers la fin de l’entretien, l’étudiant-combattant se transforme du coup, en conseiller. «Je suis en train de faire une passation de témoin, c’est pour ça que je vous donne en même temps. Je vous dis la vrai vie, votre vrai vie, c’est vous qui allez la mener. » Avec un air très sérieux, il regarde les différents courriers éparpillés sur la table : «Laissez les gens aller faire ce qu’ils appellent lutte, laissez ça. Soyez des citoyens honnêtes, c’est tout ! Faites votre travail normalement. Tout le reste, c’est du n’importe quoi.» Comme un phénix, ce  jeune homme, exilé à Abidjan depuis 10 mois pour se cacher des siens,  a l’intention de renaître de ses cendres. Il le redit pour une dernière fois : «Mais je vais rebondir, je vous le dis!»

Pas dans le camp des djihadistes, on l’espère !

YAO RAÏSSA, in L’Eléphant déchaîné N°367

Laisser un commentaire

Agenda

novembre 2017
D L M M J V S
« Oct    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930  

Archives

Directeur de publication Gérant : Guy Tressia

Contact: +225 08322110/40007513

Email: guytressia@gmail.com

Abonnez-vous à africanewsquick par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à africanewsquick et recevoir une notification de chaque nouvel article par email.

Rejoignez 11 552 autres abonnés

Retour vers Haut
Optimization WordPress Plugins & Solutions by W3 EDGE