Côte d’Ivoire-Licenciements : RMO et Total réalisent des exploits

By: Africa Newsquick

RMOCôte d’Ivoire-Licenciements : RMO et Total réalisent des exploits

Total et RMO ont des manières bien particulières de traiter ceux qui passent entre leurs serres.

Championne de la sous-traitance…

Dans le cadre du recrutement de certains travailleurs, la société TOTAL s’est adressée à la structure de travail temporaire, RMO. C’est ainsi que des travailleurs sont recrutés. Ces agents de RMO société en sous-traitance avec la multinationale TOTAL représentée par sa succursale TOTAL Côte d’Ivoire, ont accompli leurs tâches respectives, jusqu’à l’atteinte des objectifs qui leur avaient été assignés. Depuis le 14 décembre 2008, date de leur prise de service, ceux-ci ont toujours effectué 12 h de travail de jour pour ceux qui travaillaient de jour, et 12 h de nuit pour ceux qui devaient accomplir leurs tâches respectives de nuit; et cela, conformément au programme de la mine d’or de Hiré où ils exerçaient. Leur mission essentielle consistait à approvisionner les différents compartiments de la mine gérée par la société NEWCREST en carburant nécessaire à l’extraction de l’or, tout en gérant le stock.

 

Un nouveau programme de travail

La direction de TOTAL a fait parvenir un nouveau programme à moitié écrit et à moitié oral, avec pour libellé, «vous formez une équipe de quatre (4) groupes de deux (2) pompistes. Pendant que les deux premiers groupes travaillent sur une période de cinq (5) jours, l’un la journée et l’autre la nuit, les deux autre groupes qui avaient travaillé se reposeront. En clair, vous travaillerez quinze (15) jours et vous vous reposerez quinze (15) jours dans le mois. Les quinze jours de repos ne seront pas payés. Chaque pompiste aura cent quatre vingt (180) heures de travail. Quant au superviseur, il ne travaillera pas les samedis et dimanches. Cependant il devra faire en sorte qu’il y ait dans chaque groupe un élément qui puisse exécuter ses tâches pendant son repos. Le superviseur sera pointé deux cent soixante (260) heures dans le mois». Un nouveau programme bien loin des normes juridiques, selon les travailleurs. «En effet il change la nature juridique du contrat et porte atteinte à la loi de non compensation des heures normales avec les heures supplémentaires, d’une semaine à l’autre. Concernant le comptage des heures, avec le nouveau contrat, il ne prend pas en compte les heures normales de repos. Ce qui fait que le travailleur sera pointé avec 180 heures, alors que dans le contrat il est payé au mois, avec 173,33 heures conformément au code du travail qui préconise 40 heures. Le nouveau programme attribue 120 heures normales, et 60 heures supplémentaires. Ce qui est une violation de la loi puisque les heures normales retenues par TOTAL n’atteignent pas les heures réglementaires prescrites; Aussi, que devient la nouvelle nature juridique dudit contrat : travail rémunéré à l’heure, à la journée, à la semaine, à la quinzaine, au rendement?» Question transmise à TOTAL CI. Aussi de l’attribution des tâches du superviseur à certains pompistes, il y a atteinte à la nature du contrat puisqu’il a non seulement été modifié de manière unilatérale, mais qu’encore, «il faut savoir que la société NEWCREST a pour slogan ‘’no accident to day’’ pour dire pas d’accident aujourd’hui, et surtout produire en quantité. C’est pourquoi elle ne peut concevoir que l’un de ses engins soit longtemps immobilisé à la station. Et pourtant c’est ce qui arriverait si, en l’absence du superviseur, l’un des pompistes s’affaire à ses tâches puisque le second à lui seul ne pourrait gérer les pompes 1, 2,3, et celle de l’exploration située à près de cent (100) mètres. Dans ce cas précis, nul doute, l’efficacité est mise en cause. Aussi le pompiste sans formation particulière peut-il exercer efficacement des tâches du superviseur sans risques de faire des erreurs qui pourraient avoir des répercussions sur le stock? En pareille situation, à qui incomberait la faute sachant qu’il n’y a pas de feuille de route clairement préétablie?» Notent les travailleurs, pour décrier ce nouveau programme de travail. Ils sont fous, dans ce pays où les emplois sont rarissimes?

 

Les heures supplémentaires, le liquide de la discorde

Déjà le programme paraissait très difficile à exécuter avec quelquefois un surcroît de travail, quand les responsables de TOTAL CI et RMO ont décidé de ne plus payer les heures supplémentaires. L’ensemble de l’équipe des ex-agents RMO n’ayant pas accepté cela, a écopé d’une sanction de deux mois sans salaire. Tiens, ça commence déjà bien! Il a fallu l’intervention de l’ex-directeur de la mine, Mr. Karlman Salgo, qui a menacé les responsables de TOTAL pour non respect des clauses contractuelles, pour apaiser la situation et revenir au calme. C’est que ces employés, suite à la suspension de leur salaire pendant deux mois et la nouvelle décision de ne plus payer les heures supplémentaires, ont adressé une menace de grève aux responsables de RMO et de TOTAL CI. Préavis reçu deux jours auparavant par l’Inspecteur du travail de Gagnoa. Depuis cet affront, ces employés audacieux étaient ( ?!) dans la ligne de mire des responsables de TOTAL et de RMO. Lesquels auraient décidé contre vents et marées de les renvoyer. En effet, quelle ingratitude de la part de ces ex-chômeurs! Pour arriver à leur fin, TOTAL CI et RMO auraient décidé unilatéralement de ne plus leur envoyer d’Equipements de protection individuel (EPI). Selon des indiscrétions, l’un des agents de RMO aurait même confié au superviseur des ex-agents RMO de la mine de Bonikro que son équipe se devait d’être prudente, car leur responsable direct à TOTAL exigerait le renvoi pur et simple de ces effrontés de travailleurs. Et l’occasion toute trouvée pour arriver à leurs fins, c’est de ne plus leur envoyer d’EPI. Mais malgré l’absence d’EPI sans lesquels le travail était presqu’impossible, ces travailleurs, se sont accrochés à leur gagne-pain vaille que vaille, accomplissant leurs tâches quotidiennes.

 

Licenciement pour faute lourde

Fatigué d’avoir tout essayé alors, RMO décide le lundi 18/02/2013, sans préavis et sans aucune norme, du remplacement immédiat de l’ancien groupe par un nouveau groupe. Une fois le renvoi opéré, ils réclament par leur avocat jusqu’à ce jour leur prime de panier, leur préavis, ainsi que les arriérés des heures supplémentaires, conformément à l’article 54 du code de travail et de l’article 95 de la Convention collective interprofessionnelle, puis des dommages et intérêts pour préjudices subis. Lisons ensemble l’une de leurs lettres, en date du 19/2/2013: «Embauché en qualité de…dans le cadre de notre contrat de sous-traitance avec la société TOTAL CI, vous avez adressé à la société NEWCREST, cliente de cette dernière un courrier dans lequel vous proférez des propos discourtois et injurieux doublés de menaces intolérables à l’égard de TOTAl CI et de votre employeur RMO. La demande d’explication qui a été adressée vous invitait malgré l’insistance de votre employeur à répondre individuellement à la demande d’explication en raison du caractère intuitu personae de votre contrat de travail et malgré les recommandations de l’huissier, vous vous y opposez et optez pour une réponse collective au motif que le courrier objet de la demande a été rédigé par l’ensemble des travailleurs. Dans votre réponse collective, vous reconnaissez avoir rédigé le courrier adressé au client TOTAL CI et vous le justifiez par le fait que c’est une alerte sur les risques que vous encourrez faute d’équipements, et de faire réagir TOTAL CI par la pression de son client NEWCREST. Nous sommes surpris par votre attitude. Vous décidez de tout sans observer la moindre règle ; sans vous soumettre à l’autorité qu’est RMO, votre employeur de répondre collectivement à une demande d’explication adressée individuellement. Sans vous référer à l’employeur que vous vilipendez mais qui assure vos salaires toutes les fins de mois, vous décidez de tenir dans un document collectif des propos calomnieux et diffamatoires à l’encontre de TOTAL CI qui soustraite l’activité dont vous bénéficiez en tant que travailleurs RMO. Et les arguments dont vous vous prévalez dans votre réponse collective pour expliquer les propos calomnieux à l’encontre de votre employeur et son client ne peuvent justifier votre comportement fautif; vous êtes sans ignorer que vous n’avez aucun lien juridique avec le destinataire du courrier. Cependant TOTAL CI, le client de votre employeur, en a d’ailleurs; vous nous indiquez clairement vos intentions: vous vouliez la réaction de TOTAL CI et RMO sous la pression NEWCREST qui aura sa mine paralysée par votre fait. Ce comportement inadmissible et inacceptable ne saurait soutenir par une quelconque insuffisance d’Equipements de protection individuelle (EPI). En effet, votre employeur RMO vous a remis des EPI que vous refusez de porter parce qu’arborant les effigies de RMO notamment les tenues au motif que cette société n’est pas répertoriée comme sous traitant de NEWCREST. Votre dessein inavoué est d’user par tous moyens: mensonges, menaces, calomnies, dénigrements, chantages…afin de mettre en péril la relation contractuelle entre TOTAL CI et RMO. Des voies autorisées notamment les Inspections du Travail et des Lois sociales que vous auriez pu saisir si vous aviez réellement des revendications non satisfaites. Par conséquent, nous vous licencions pour faute lourde…»

 

En justice

Las de réclamer leurs droits parce qu’ils jugent leur licenciement abusif, ces agents ont décidé de prendre le taureau par les cornes, et porter plainte au Tribunal du Travail. La première requête introduite le 5/2/2014 a été suivie de la réplique de RMO le 8/4/2014, puis de celle de TOTAL, le 23/4/2014. Mais juste après la réplique de RMO, il a été produit de nouvelles pièces qui ont été versées au dossier par le conseil des licenciés; ce qui a fait réagir TOTAL à travers une conclusion et depuis cette date, RMO n’a eu d’autre requête que de demander des reports. Le délai des débats devant le juge se faisant chaque quinzaine, chaque rendez-vous «étant ajourné» puisqu’on allait de report en report, le ministère public s’est saisi du dossier pour exiger la mise en état. On espère que la Justice ne se pressera pas lentement pour trancher ce dossier!

W.A (L’Eléphant déchaîné N°364)

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