CIV-Taoua Marcel (Président de la SIMAS) : «Pour prendre le pouvoir, voici ce que l’opposition doit faire»

By: Africa Newsquick

Taoua Doh Marcel dévoile la SIMASCIV-Taoua Marcel (Président de la SIMAS) : «Pour prendre le pouvoir, voici ce que l’opposition doit faire»

La SIMAS (Solidarité Ivoiro-Maghrébine et Sahélienne) est une structure apolitique qui s’investit pour la paix en Afrique et principalement pour la solidarité des relations Ivoiro-Maghrébines et Saharo-sahéliennes. Cela suppose donc que la SIMAS préconise un véritable nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique, basé sur la coopération Sud-Sud dans les domaines de l’éducation, politique, sécuritaire , humanitaire, économique, commercial et surtout dans la libre circulation des personnes et des biens. Aujourd’hui, nous sensibilisons plus pour la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire.

 

Votre structure  est plus engagée depuis l’extérieur dans la sensibilisation de vos compatriotes pour la réconciliation en Côte d’Ivoire. Pensez-vous que la Côte d’Ivoire pourra vraiment parvenir à cette réconciliation vue les conditions posées par l’opposition ?

Vous savez, à cœur vaillant rien d’impossible. Nous savons les nombreux blocages qui entravent la réussite de ce processus. Avec la nouvelle commission mise en place par le président Alassane Ouattara, il s’agit pour nous de sensibiliser l’ensemble des ivoiriens. Nous pensons que les choses vont véritablement décoller. Ensuite, il ne faut pas négliger le volet de l’indemnisation des victimes de 2002 jusqu’à la crise postélectorale. Enfin il faut associer à ce processus au plan national et international toute la jeunesse Ivoirienne. L’opposition doit emprunter de façon irréversible ce chemin de la réconciliation si elle souhaite un jour ou l’autre parvenir à la magistrature suprême. Elle n’a pas intérêt à créer un quelconque blocage pour le salut des populations déjà éprouvées par une décennie d’instabilité. Le peuple d’abord et les revendications après.

Croyez-vous que vous serez entendus des deux camps ?

Absolument, nous sommes à un tournant de l’histoire de la Côte d’Ivoire et de la zone saharo-sahélienne et maghrébine. Tous doivent contribuer au succès de cette réconciliation, parce qu’au finish, c’est la paix et le bonheur pour tous. Raison pour laquelle Je demande humblement à sa Majesté le Roi Mohamed VI du Maroc, celui là même qui a réussi à faire du Maroc un véritable pôle d’attraction économique, lui qui influe dans le développement économique de plusieurs pays Africains, notamment la Côte d’Ivoire, d’apporter sa touche royale à cette réconciliation en Côte d’Ivoire. Je suis persuadé que nous parviendrons à des résultats positifs très rapides. Il à le charisme qu’il faut, la sagesse et la maturité politique inégalable pour porter un coup de pouce à la CONARIV ( Commission Nationale pour la Réconciliation  et d’indemnisation des victimes)afin de réussir ce défi de la réconciliation qui est maintenant un problème Ivoiro-Maghrébin et Saharo-sahélien. Les présidents Mohamed Ould Abdel Aziz de la Mauritanie, Mahamadou Issoufou du Niger et Boubacar Kéita du Mali doivent s’investir dans le dialogue Ivoirien car cela régénérerait des dividendes pour leurs pays respectifs étant donné la densité des activités économiques de leurs ressortissants sur cette terre hospitalière et dans le souci de pérenniser le développement et la sécurité de la zone saharo-sahélienne. Cette nouvelle action porterait un grand coup positif à la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire.

Qu’en est t-il de la libération des prisonniers ?

La libération des prisonniers est une étape importante placée non pas en amont mais en avale dans l’aboutissement du processus de réconciliation ; certes nous ne plaidons pas en faveur d’une impunité, mais nous disons que le dénouement heureux de ce processus de réconciliation nationale serait la stratégie du « donnant donnant » et du « gagnant gagnant ». C’est là l’idéologie de la SIMAS. Nous savons le président Alassane Ouattara un homme qui est contre l’impunité, mais étant donné que la situation diffère car il s’agit d’unité nationale, pourquoi ne pas accorder une amnistie générale qui aiderait plus la nouvelle commission de réconciliation nationale.

Qu’est ce  que vous entendez par « donnant donnant » ou « gagnant gagnant » ?

Ce slogan du « donnant donnant » « gagnant gagnant » stipule que le gouvernement de la république de Côte d’Ivoire et l’opposition doivent dans l’intérêt supérieur de la nation faire chacun des concessions. Le père de la nation Ivoirienne, feu le Président Félix Houphouët Boigny disait : « la paix n’est pas un vain mot, c’est un comportement ». Les militants et sympathisants de l’ex Président Laurent GBAGBO doivent reconnaître Alassane Ouattara comme le président élu de la République même s’ils contestent sa victoire. Nous respectons la liberté d’expression de tout individu. On ne peut pas demander quelque chose à quelqu’un et ne pas reconnaitre cette personne en tant que détentrice des moyens d’obtention de la chose que nous espérons. Favoriser un climat de paix nationale à travers une sensibilisation de toutes leurs bases tant au plan national qu’à l’international sur la nécessité d’aller à la réconciliation pour la stabilité sécuritaire et économique de la Côte d’Ivoire au moment où certains pays ouest Africains le Niger, le Mali, le Nigeria sont frappés de plein fouet par des mouvements terroristes. Le Mali faisant frontière avec la Côte d’Ivoire et vue la mobilité de ses groupes terroristes, les menaces pour la Côte d’Ivoire sont probables. Raison de plus d’aller à la réconciliation pour apporter cette stabilité sécuritaire intérieure et aussi dans les pays limitrophes. Le gouvernement Ivoirien devrait dans l’intérêt des populations et au nom de la paix et la réconciliation nationale examiner les doléances de l’opposition, créer les conditions d’un cadre de dialogue de sérénité et de confiance. Nombreux sont les pros GBAGBO que nous avons rencontrés dans le Maghreb et qui veulent rentrer en Côte d’Ivoire mais émettent toujours la peur d’une quelconque représailles. Ce sentiment de méfiance doit disparaitre entre les Ivoiriens pour réussir cette réconciliation. La SIMAS, malgré ses maigres moyens essaie de sensibiliser les Ivoiriens en les exhortant au pardon et à la confiance quant à la main tendue du président. Nous demandons  à l’état de Côte d’Ivoire, à la CONARIV, à l’opposition et aux institutions nationales et internationales d’aider la SIMAS à vraiment asseoir dans l’esprit de l’Ivoirien la possibilité de vivre ensemble. Vous savez, nous craignons que les Ivoiriens éparpillés dans les zones Saharo-sahéliennes et Maghrébine où les groupes jihadistes tels que l’EI – AQMI – BOKO HARAM – EL MOURBITOUNE – le GSPL – ANSARDIN et autres recrutent des combattants de toute nationalité soient des cibles de recruteurs. Il faudrait de toute urgence réussir la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire en faisant un dépassement de soit pour faire des concessions pour un dénouement heureux. C’est donc chacun qui gagne et c’est l’Afrique qui en bénéficie.

Quelle est aujourd’hui votre activité dans ce processus ?

Comme vous le voyez, la SIMAS sensibilise les Ivoiriens dans le Maghreb afin de les réunir autour de l’idéal de paix, de tolérance, d’amour et du vivre ensemble. Une nouvelle Côte d’Ivoire doit naître où nous vivrons tous ensemble en paix. Où nos frères ne mourront plus dans les eaux pour rejoindre l’Europe, une Afrique nouvelle où les biens seront repartis de manières égales afin que disparaisse la pauvreté, les cartes de séjour. C’est aussi le lieu de dire un grand merci à toute la presse Mauritanienne qui, ayant pris la mesure de l’enjeu, accompagne la SIMAS dans cette quête de la réconciliation en Côte d’Ivoire. L’état de Côte d’Ivoire doit un jour ou l’autre recevoir ou distinguer cette presse qui travaille en toute liberté pour la réconciliation en Côte d’ivoire. C’est aussi le lieu de féliciter son excellence Monsieur Alassane Ouattara et son gouvernement qui ont su redresser l’économie ivoirienne au moment où personne n’espérait plus voir ce grand pays renaître d’une décennie de malaise.

 

Réalisé par

Ibrahim DOUMBIA

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