San Pedro : La nouvelle redevance industrielle fait fermer plusieurs entreprises industrielles

By: Africa Newsquick

La menace de fermeture des entreprises industrielles basées à San Pedro, qui ne se sont pas acquittées de leur redevance domaniale, passée miraculeusement en un laps de temps, de 80 francs CFA le mètre carré à 305 francs CFA la même superficie, puis ensuite à 1500 francs CFA, par les services des Impôts de cette ville, est effective depuis le début de cette semaine, soit le 29/09.

«Ce montant est démesuré pour nos entreprises…»

C’est un spectacle triste auquel a assisté «L’Eléphant», dépêché d’urgence dans cette cité portuaire, le mardi 30/09 pour constater de plus près les conséquences générées par la volonté des gouvernants de revoir à la hausse la redevance domaniale payée jusque là par les entreprises. Après le décret pris en juin 2013 par le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, pour approuver l’augmentation de cette redevance industrielle, les services des Impôts, précisément celui du Domaine de l’Enregistrement et du Timbre de cette ville, est passé à la phase répressive, en fermant les entreprises non à jour du paiement de cette nouvelle redevance exagérément augmentée. «Le montant de cette nouvelle redevance est démesuré pour nos entreprises», a déclaré, un des responsables d’entreprises, rencontré par «L’Eléphant» et dont l’entreprise a fonctionné tout le temps, durant la grave période de crise postélectorale vécue par le pays. Plusieurs grandes entreprises, issues en majorité de l’industrie du bois, sillonnées par l’infernal quadrupède, tels que la Société de transformation du bois du Sud (STBS), Bois et Sciage d’Abidjan (BSA), African Industries, Ouattara Bourahima Bois (OBB), SMCI et MATRANCI Sa,et une société de transit, sont toutes fermées par les Impôts. De sources très introduites auprès des services des Impôts, ces derniers ont affirmé qu’ils ne font que déférer aux injonctions de l’Etat, à travers ledit décret en appliquant les mesures qui y sont contenues.

«Nous ne pouvons pas faire face…compte tenu de notre chiffre d’affaires»

Un des opérateurs économiques qui s’est confié à «L’Eléphant», sous le sceau de l’anonymat, a laissé entendre qu’ils (les chefs d’entreprises) ne peuvent pas faire face au montant de cette nouvelle redevance industrielle compte tenu de leur chiffre d’affaires insignifiant qui ne leur permet pas de faire face à ces montants jugés exorbitants. Pour preuve, dira-t-il, nous avons déjà payé l’avis d’imposition déjà reçu au mois d’octobre 2013 quand les Impôts nous ont adressé un courrier en mai 2014 pour nous informer d’un nouvel avis d’imposition prenant en compte la nouvelle redevance industrielle qui est passée à 1500 francs CFA le mètre carré. Face à la menace de fermeture des entreprises qui sont dans l’incapacité de s’acquitter de cette redevance par les Impôts, des rencontres entre les dirigeants de ces entreprises et les responsables de cette régie financière ont été initiées par les autorités préfectorales de cette ville portuaire, pour trouver une issue favorable à cette situation, le 12 septembre 2014. Mais cette tentative des autorités préfectorales sera vaine. Car face à l’inertie des responsables d’entreprises à payer les montants arrêtés par les Impôts, le service du Domaine de l’Enregistrement et du Timbre a mis sa menace à exécution, en procédant à la fermeture de plusieurs entreprises.

Une fermeture jugée discriminatoire

Sur plusieurs entreprises implantées dans cette cité, non à jour de cette redevance, ce sont quelques grandes industries citées un peu plus haut qui semblent être dans le viseur des Impôts. «Nous ne comprenons pas que ce soient uniquement nos entreprises qui ont été fermées alors que d’autres entreprises non à jour, elles aussi de cette redevance, restent fonctionnelles. On les saute et c’est directement chez nous, que les Impôts viennent pour mettre à exécution leurs menaces, en fermant nos entreprises», a expliqué un chef d’entreprise touché par cette mesure. Avant d’ajouter: «Cette mesure de fermeture des entreprises doit s’appliquer à tout le monde et non à ces entreprises seulement.»

San Pedro risque de connaître des troubles sociaux

Face à l’obstination des responsables des Impôts à appliquer stricto sensu la décision émanant de leur hiérarchie, l’atmosphère sociale dans cette localité est tendue. Toutes les activités de ces entreprises industrielles sont immobilisées. Et les conséquences occasionnées par cet arrêt des activités d’exploitation, de production et de commercialisation de ces grandes industries se situent à plusieurs niveaux.

En plus des pertes financières énormes pour ces entreprises, la persistance de cette situation aura un impact négatif non seulement sur le plan technique (le non embarquement de leurs produits par les navires) mais aussi sur le plan social, avec la probable mise au chômage technique de leurs employés, et enfin sur le plan des infrastructures. L’arrêt prolongé des machines de production pourra détériorer celles-ci. Concernant les travailleurs, ces derniers sont aujourd’hui dans le désarroi total, compte tenu des lendemains incertains que cette mesure de fermeture des entreprises peut avoir sur leur carrière professionnelle. Au total, aux dires des responsables de ces entreprises, ce sont plus de 1500 emplois directs qui sont menacés. A cette allure, la promesse du président de la République de créer un million d’emplois pour les jeunes avant 2015, risque d’être une réussite totale.

NOEL KONAN (envoyé spécial à San Pedro)

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