Appel de Daoukro/Eric N’Koumo Mobio, maire de Songon: « Bédié nous a surpris, reconnaissons-le !»

By: Africa Newsquick

La semaine dernière, le Président Ouattara a rencontré le Président Obama lors de son déplacement pour les Assemblées Générales de l’ONU.

Voilà ce que disait à Accra en 2009, ce grand homme d’Etat Américain:« (…) Dans toute l’Afrique, nous avons vu de multiples exemples de gens qui prennent leur destinée en main et qui opèrent des changements à partir de la base. (…) Alors ne vous y trompez pas : l’histoire est du côté de ces courageux Africains, et non dans le camp de ceux qui se servent de coups d’Etat ou qui modifient les constitutions pour rester au pouvoir. L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions. »

La force d’une Institution naît de ce que ses lois et règlements internes ne sont pas foulés au pied pour l’assujettir au bon vouloir de l’homme fort qui la dirige.

Le PDCI-RDA est une Institution majeure dans l’animation de la vie publique de notre pays.

Passons donc en revue ce que disent les textes de ce Parti, en lien avec l’actualité brulante venant de Daoukro.

« Article 39: Le Président inspire et conduit la politique du Parti :

– II préside les Organes Centraux du Parti et veille à l’exécution de leurs décisions (…) ».

Le Président inspire la politique du Parti. En Octobre 2013, dans son discours d’orientation ouvrant le 12ème Congrès du PDCI-RDA, le Président du Parti, toujours en lien avec l’appel à la candidature unique, disait ceci : «Je ne pourrai terminer cette allocution sans rappeler que l’objectif de tout parti politique est la conquête et l’exercice du pouvoir. (…) Nous savons aussi que notre pays s’est complexifié au fil des années et que, parce que nous vivons sous un régime politique qui se veut démocratique, des opinions diverses peuvent s’exprimer, nous sommes conscient qu’à l’avenir, il sera impossible à un seul parti politique d’exercer ce pouvoir.

L’alliance avec des formations politiques qui partagent les mêmes points de vue, devient l’unique moyen d’acquérir ce pouvoir. Dans ce cadre, nous devons continuer notre action de formation de nos militants, d’organisation efficace de notre Parti, afin de pouvoir, même au sein d’une alliance, nous donner les moyens de diriger à nouveau la Côte d’Ivoire. »

Voilà les propos qu’il y a un an, le Président a inspirés aux militants réunis en Congrès : il réaffirme que l’objectif du Parti est de diriger la Côte d’Ivoire, et du fait de la complexité du contexte, de le faire en s’aidant des alliances à nouer avec les formations qui partagent nos points de vue.

Sur la base de cette inspiration, le Congrès dont l’une des missions est de définir la politique générale du Parti (art. 34), a pris unanimement, en ce qui concerne ce sujet, la résolution de réaffirmer son appartenance au RHDP tout en demandant à son Président de mener les discussions devant aboutir à des « réglages » dans le fonctionnement de la plateforme, et celle de présenter aux élections présidentielles de 2015 un candidat actif issu des rangs du PDCI-RDA. La nature de ces réglages était définie par le Président Bédié dans ce même discours d’orientation comme suit :

« Il faut des réglages pour pouvoir gouverner ensemble. A cet effet, il faut que les Présidents des partis membres de l’alliance engagent des actions vigoureuses tendant à réaménager le gouvernement pour tenir compte de l’équilibre entre les régions et les partis membres; le découpage électoral, manifestement trop favorable à certaines régions, le nord en particulier, en dépit de leur poids démographique dans la nation mérite d’être corrigé; enfin, ouvrir les emplois de la Présidence de la République aux cadres des Partis membres du RHDP.

Les relations fraternelles et chaleureuses entre les militants des partis membres du RHDP pendant le deuxième tour de l’élection présidentielle et la crise postélectorale semblent se refroidir et se distendre de plus en plus depuis l’installation du Président du RDR, le Dr Alassane Ouattara, à la Présidence de la République. Des mesures doivent être prises pour réchauffer ces relations.

Dans ce cadre, il conviendra de formaliser l’alliance en la déclarant comme un groupement de partis politiques, chacun gardant cependant son autonomie. »

Ces réglages, comme on le voit et dans l’esprit du Congrès, ne devaient pas concerner la négociation d’une candidature unique encore moins celle d’une fusion des Partis membres du RHDP.

Si certains pouvaient encore douter de la clarté des résolutions ainsi prises, le Président Bédié dans son discours de clôture du Congrès indique ceci : «Concernant la prochaine élection présidentielle de 2015, il est évident pour chacun qu’en tant que parti politique, nous ne pouvons pas ne pas avoir de candidat. Mais nous avons l’habitude de réserver cette matière à une convention qui se tient entre les congrès. Une prochaine convention sera convoquée en temps opportun pour examiner exclusivement cette question. »

Le bureau politique du PDCI-RDA l’ayant bien compris, et en application de l’article 57 des statuts qui le charge d’exécuter les résolutions et décisions du Congrès, de suivre leur application et de veiller à ce que l’orientation politique générale du Parti soit conforme à celle définie par le Congrès, a arrêté une feuille de route pour le secrétariat exécutif, fixant en octobre 2014, la tenue de la convention pour désigner le candidat du Parti.

Ainsi, le Professeur Guikahué, Secrétaire Exécutif du PDCI-RDA, résumant les priorités de l’exécutif du Parti devant les militants d’Europe réunis le 3 Mai 2014 à la salle de conférence de l’IRIS, disait ceci : « Après notre 12ème Congrès ordinaire considéré comme le Congrès de Rupture, les priorités de la Direction du Parti mise en place sont la restructuration du Parti et l’installation de structures de base solides répondant aux réformes opérées et aptes à nous faire atteindre nos objectifs. (…) Une fois que les nouveaux responsables de terrain du Parti (Présidents de comités de base, Secrétaires Généraux de section, Présidentes des Femmes et Présidents des Jeunes) seront connus, le dossier des candidatures sera ouvert et nous irons à une convention dédiée à ce sujet. » Mieux, fin août 2014, devant les militants de la délégation de Bondoukou 2, en présence du Ministre Adjoumani, le Secrétaire Exécutif disait ceci : « Le Congrès a aussi décidé du RHDP originel où chaque parti politique est autonome. Donc aujourd’hui, ne me posez pas la question de parti unique, ce n’est pas dans le programme du PDCI. Le PDCI est autonome, souverain dans une alliance. (…) Notre rôle, c’est de transformer notre majorité sociologique en majorité électorale. Il faut être majoritaire, de façon numérique, pour arriver au pouvoir.»

Dire ceci à fin août 2014, montre bien que jusqu’au sommet du Parti, personne ne s’attendait quelques jours plus tard à la teneur de l’appel de Daoukro, le Président Bédié a surpris tout le monde, nous devons à la vérité l’honnêteté de le reconnaître.

A partir de là, l’appel de Daoukro ne peut être qu’une nouvelle orientation que le Président du parti, dans son rôle d’inspiration, souhaite donner aux militants. Cette orientation est contraire à la politique générale arrêtée par le Congrès sur ses propres suggestions, elle désorganise la marche actuelle du Parti parce qu’elle oblige le Secrétariat Exécutif à mettre en mouvement l’appareil du Parti dans le sens contraire du chemin indiqué par le Congrès et le Bureau politique.

Pour rendre exécutoire cette nouvelle orientation, il nous faut, parallélisme des formes oblige, repartir en Congrès, pour rechercher son approbation. En dehors du Congrès, l’appareil du Parti ne peut être mobilisé dans le sens de l’appel de Daoukro, sauf à faire tomber l’Exécutif sous le coup de l’article 111 de notre règlement intérieur : « Les sanctions énumérées à l’Article 110 ci-dessus sont prononcées dans les cas suivants :

–   Atteinte à l’unité du Parti et à ses intérêts ;

– Insoumission aux décisions du Parti et indiscipline notoire … ».

Dans l’attente de cette validation éventuelle par le Congrès, la seule ligne qui est exécutoire et s’impose à tous les militants, est celle qui consiste à choisir lors de la convention, un candidat actif du PDCI-RDA pour porter ses couleurs à la course à la magistrature suprême.

Le dire, ce n’est ni manquer de respect au Président Bédié, ni au Président Ouattara qui, en sollicitant les voix du PDCI-RDA ne fait pas autre chose que ce qu’ont fait précédemment les Présidents Wodié et Gbagbo en 2000. Le dire, c’est juste rester fidèle à notre engagement commun, du moins celui qui était le nôtre jusqu’au 17 septembre 2014, c’est juste reprendre à notre compte l’analyse du Président Bédié lors de l’ouverture du Congrès et celle du Pr Guikahué devant les militants de Bondoukou : «Or, tout comme le roseau, le PDCI-RDA plie et ne rompt pas. Et ceci, malgré les menaces, les saignées, les achats de conscience et le fait de trop de nos militants qui aiment bien sécher leur linge là où brille le soleil. »

« (…) Après, ils diraient : PDCI, vous valez quoi ? Si on ne connaît pas votre force, vous ne pouvez pas discuter. Donc, avant d’aller à la discussion, il faut exister.» Le prochain Bureau politique qui ne manquera pas d’être convoqué devra fixer clairement l’agenda du Secrétariat Exécutif : fixer la date de fin des élections des secrétaires de section, fixer la date d’ouverture des candidatures et fixer la date de la convention devant choisir le candidat du Parti pour les prochaines élections Présidentielles.

L’exemplarité dans le comportement des hommes publics rend forte la parole politique, l’inverse la décrédibilise. Il appartient à tous les militants de pousser dans ce cens, ceux qui pensent qu’il faut changer de fusil d’épaule depuis l’appel de Daoukro, croient ainsi respecter la parole du Président, peu importe leur propre opinion, mais ils affaiblissent notre Institution commune.

De la politesse, Philippe Destouches disait qu’elle est « une traîtresse qui fait dire souvent ce qu’on ne pense pas».

Dans les domaines de l’investissement public, des politiques sectorielles, des politiques publiques, de la réforme de l’administration, de la gestion de la trésorerie de l’Etat, de la gestion de la dette intérieure, du rythme et de l’équité de la redistribution, de la décentralisation et de son financement, de la transparence de la gouvernance, de l’environnement des affaires, du choix des hommes et de leur leadership, de la démocratie participative, du rôle des partis politiques et du renforcement de la cohésion nationale, d’autres voies plus efficaces sont possibles pour construire la Côte d’Ivoire de demain, unie et prospère.

Le PDCI-RDA, parti « fondé pour servir le vaillant peuple ivoirien », selon son hymne, ne peut pas être absent de ce rendez-vous démocratique important, le seul qui oriente significativement la vie de la nation dans notre régime politique. Nous devons ce débat aux Ivoiriens.

Pour incarner l’aspiration des millions d’Ivoiriens qui souhaitent une candidature du PDCI-RDA dès le premier tour de l’élection présidentielle à venir, sans préjudice pour ceux qui, en leurs noms propres, souhaiteront directement soutenir le Président Ouattara, il importe que ceux de nos militants qui se sentent en capacité, puisse maintenant se découvrir, afin de construire autour d’eux les dynamiques nécessaires devant nous mener à la victoire.

Tite-Live disait : « Il faut oser ou se résigner à tout.»

Vive le PDCI-RDA pour que se consolide la démocratie en Côte d’Ivoire.

KOTCHI PROSPER,

Délégué Départemental du PDCI-RDA

ERIC N’KOUMO-MOBIO,

Membre du Bureau politique, Membre du comité des sages, Maire.

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