Lutte contre la cherté de la vie en Côte d’Ivoire: Quand le «libéral» Ouattara s’essaie au «communisme…»

By: Africa Newsquick

Lutte contre la cherté de la vie en Côte d’Ivoire: Quand le «libéral» Ouattara s’essaie au «communisme…»

Ces cinq dernières années, le président de la République  a multiplié les réformes pour assainir l’environnement des affaires afin de pouvoir attiré de nombreux investisseurs. Cette politique libérale qui faisait la part belle aux investisseurs, notamment étrangers, en leur accordant de nombreuses facilités pour les inciter à prendre la destination Côte d’Ivoire devrait permettre de créer de nouveaux emplois afin d’inverser, à terme, la courbe du chômage et au final réduire la pauvreté de façon importante.

L’Empereur avait tablé sur une réduction de la pauvreté de moitié d’ici 2020. La forte croissance de la Côte d’Ivoire, frôlant les deux chiffres, ne pouvait que rendre les Ivoiriens optimistes sur ces ambitions de lutte contre la pauvreté. Et pourtant, en retour à cette dynamique qu’il aura insufflé et qui lui valait nombre de félicitations de la part de la communauté économique internationale, il recevra d’une catégorie d’Ivoiriens, ces propos : «On ne mange pas la croissance».

Cette boutade des Ivoiriens en réponse au satisfecit de leurs autorités conséquemment à la forte croissance qu’elles avaient réussi à insuffler à l’économie ivoirienne n’aurait pas vraiment été du goût du Premier ministre d’alors Daniel Kablan Duncan et à  sa majesté Ouattara  également.  Elle traduisait la pauvreté ambiante qui continuait à ronger les Ivoiriens malgré la croissance «exceptionnelle» que connaissait le pays.

Avec une moyenne de croissance de 8,5% réalisé avec brio à la sortie d’une crise entre 2011 et 2015, le taux de pauvreté avait pourtant été réduit sur cette période d’à peine 5% passant de 51% à 46%. En novembre 2014, dans une interview accordée au magazine Jeune Afrique, le Chef des Opérations de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire indiquait que « la Côte d’Ivoire est confrontée à des taux de pauvreté inquiétants, surtout par rapport au potentiel énorme dont dispose le pays ».  Si la récente crise qu’avait traversée le pays y était pour quelque chose dans cette pauvreté ambiante, l’économiste de la Banque mondiale estimait qu’il n’y avait pas que la crise. La faiblesse de son système médical et d’éducation en sont l’une des raisons de cette pauvreté qui faisait de la Côte d’Ivoire, le 171ème pays sur 187 en termes d’indice de développement humain en 2014. Pis, les dernières mutineries et la fronde sociale ont pesé dans la balance et ont amené la Banque mondiale à prévoir d’une part, une croissance de la Côte d’Ivoire à 7% en 2017, là où l’ancien du FMI prévoyait une croissance de plus de 8%. D’autre part, d’estimer que le déficit du pays pourrait atteindre les 4,5% cette année en raison des ajustements que le gouvernement a été obligé de faire pour faire face aux derniers soubresauts.

La politique du « libéral » Ouattara affiche en conséquence, face à cette pauvreté « inquiétante » en Côte d’Ivoire, des limites. Celles de ne pas être capable de réduire la pauvreté  proportionnellement à la forte croissance du pays. Et l’une des plus évidentes expressions de cette pauvreté est la cherté de la vie décriée par les populations, dont le pouvoir d’achat est en souffrance. Le gouvernement reconnait qu’il y a lieu de travailler à réduire cette cherté de la vie. Il y va selon l’Empereur de lutter contre la pauvreté. Normal ! Mais déjà près de cinq ans que son gouvernement attaque de front ce défi sans pouvoir atteindre des résultats probants.

 

L’insolvable défi de la réduction de la cherté de la vie

Ouattara n’a pas attendu de faire plus d’une année dans sa chaise royale pour s’attaquer au problème de la cherté de la vie. Dès avril 2012, il prend 11 mesures pour affronter ce phénomène qui empêche les Ivoiriens de se nourrir à leur faim, d’avoir accès à un logement et à des soins de qualité à des coûts abordables pour les ménages les plus vulnérables. Mais ces mesures ne réussiront pas à sortir les Ivoiriens de cette ornière. D’ailleurs, en novembre 2013, le ministre d’alors du Commerce, de l’Artisanat et de la promotion des Petites et moyennes entreprises (Pme), Jean Louis Billon déclarait qu’Abidjan était l’une des villes les plus chères du monde. L’empereur n’a surement pas apprécié ces propos de son ex-ministre. Que vaille, notre valeureux président travailleur s’attèlera à renouveler son combat contre la vie chère. Cette fois, il va au-delà de la prise de simples mesures. Le 25/04/2014, il consacre un séminaire gouvernemental à la question à la suite duquel, il installera quelques mois plus tard, le 22/06/16, un Conseil national de lutte contre la vie chère chargé de définir une stratégie globale de lutte contre la cherté de la vie et de faire des propositions au gouvernement. Un an plus tard, les décisions du gouvernement sur la problématique de la cherté de la vie sonnent comme un aveu d’impuissance face auquel, notre président refuse d’abdiquer. C’est à son honneur ! Au terme d’un conseil des ministres, un an après, l’installation du Conseil national de lutte contre la vie chère, le Porte-parole du gouvernement annonce une restructuration dudit conseil pour ce qui concerne les questions d’alimentation et prévoit de bloquer le prix de certaines denrées alimentaires de première nécessité.

 

Quand le libéralisme échoue, on lorgne du côté du communisme !

En effet, comme promis, le gouvernement a annoncé le 12/07/2017, le plafonnement des prix et des marges de certains produits de première nécessité comme le riz, l’huile, le sucre, etc. Sachant que le chef de l’Etat est de l’école du libéralisme, cette mesure a surpris l’intrépide quadrupède, qui a ressenti le besoin de relire ses cours. Car, la doctrine libérale indique que les prix se fixent seulement en fonction de l’offre et de la demande. Comment donc Ouattara le « libéral » a donc pu virer à l’opposé de ses convictions libérales en voulant par des mesures, contrôler des prix ? Surement que ses précédents échecs en matière de lutte contre la cherté de la vie l’ont contraint à basculer vers une forme de socialisme, aux élans communistes si on s’en tient à sa précédente mesure qui limite à deux mois, la caution et les loyers d’avance pour les baux à usage d’habitation. Un peu comme si, « c’est lui qui avait construit la maison des particuliers », réagissaient certains internautes sur les réseaux sociaux suite à cette décision. En tout état de cause, l’empereur a prévu des sanctions pour les propriétaires de logements qui refuseraient d’appliquer cette décision. Il veut coûte que coûte améliorer le quotidien des Ivoiriens en leur facilitant l’accès à un logement et à des denrées alimentaires moins chers. Plusieurs voix se sont levées pour demander comment le gouvernement entend faire respecter ses mesures, déjà que, des précédentes mesures du gouvernement sont violées au quotidien impunément. Mais encore que cette fois, comment le gouvernement compte-t-il imposer à des commerçants qui pour la plupart travaillent dans l’informel, de respecter ces prix à eux imposés ? Comment le gouvernement compte-t-il empêcher un propriétaire de louer sa maison avec une caution au-delà des deux mois, vu que la pression immobilière est très forte, notamment dans la capitale Abidjan, où se trouver un loyer peut sembler être un parcours du combattant. Une forte demande face à une faible offre, qui conformément à la loi de l’offre et de la demande, impacte à la hausse les prix des loyers et la valeur des cautions, faisant des plus offrants, les plus satisfaits. C’est seulement dans une économie marxiste, où tout appartient à l’Etat que ce genre de mesures peut prospérer en toute quiétude. Si l’Etat est propriétaire de tout, l’Etat peut en toute légitimité fixer les prix de ce qui lui appartient. Le problème, c’est que la Côte d’Ivoire n’est pas un Etat communiste. C’est un pays où existe la propriété privée et cette propriété privée est encadrée par des droits, ce qui donne notamment la possibilité au propriétaire d’un bien d’en abuser selon ses droits. Ces restrictions sur le bail des logements et sur le prix des denrées alimentaires viennent restreindre les libertés des commerçants et des propriétaires de logements, et peuvent impacter négativement l’investissement. Car un investisseur n’entendrait pas d’une bonne oreille qu’on lui impose de fixer ses prix dans une fourchette. Ce qui pourrait réduire ses profits. Le libéralisme et le communisme n’ont jamais été de bons amis. La réduction des produits de première nécessité devrait, au-delà d’un passage en force sur les prix, être la conséquence d’une politique qui aura pour but d’offrir les infrastructures qui permettront à la chaine de production de ses denrées de réduire leurs coûts de production afin d’impacter à la baisse, les prix. Quant à la question des logements, la meilleure réponse serait de faire baisser la pression immobilière en offrant plus de logements. La politique des logements sociaux annoncée depuis belle lurette n’a pas encore influée cette pression immobilière forte notamment à Abidjan. Une situation qui ramène à la nécessité de délocaliser la capitale économique. Le projet qui était dans cette dynamique a été abandonné sans raison. Il s’agissait de la délocalisation de la capitale politique à Yamoussoukro. En attendant, l’intrépide quadrupède se félicite de l’abnégation de l’Empereur à améliorer la vie des Ivoiriens, qui pour le moment, continuent de ne pas manger à leur faim.

ALAIN AHIMOU… LIRE la suite sur  http://lelephant-dechaine.com/

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