Crise à l’UGTCI : La Police au-dessus de la Cour Suprême… La légalité allègrement piétinée!

By: Africa Newsquick

Crise à l’UGTCI : La Police au-dessus de la Cour Suprême… La légalité allègrement piétinée!

Dans son édition N°537 du mardi 18 au jeudi 20 avril 2017, « L’Eléphant Déchaîné » dénonçait dans un article intitulé « Election du secrétaire général de l’UGTCI, Deux camps « s’empoignent » pour la conquête de la faitière », l’étrange attitude de la police nationale, légalement requise par le camp victorieux de la longue bataille judiciaire, pour prêter mainte forte en vue de l’exécution de l’ordonnance N°019/2017 du 21 février 2017 de la juridiction présidentielle de la cour suprême qui ordonnait à monsieur Ebagnerin Joseph de libérer les locaux de l’UGTCI. Le parti pris de la police nationale pour le camp Ebagnérin Joseph est ressorti au grand jour y compris la présidence de la République.

La gendarmerie nationale empêchée par la police d’exécuter la décision de justice

Malgré l’ordonnance en référé N°1219 du 14 avril 2017, ordonnant la suspension de la tenue du congrès extraordinaire le 19 avril 2017 par le comité ad’hoc mis en place et dirigé par Joseph Akanza Koffi à l’effet d’élire le secrétaire général de l’UGTCI, ledit comité a outrepassé la décision du président du tribunal de première d’Abidjan-Plateau en organisant le 26/04 le congrès extraordinaire qui a vu l’élection de Ebagnérin Joseph comme Secrétaire général de l’UGTCI. Indifférent face à cette  d’élection, le camp victorieux de la bataille judiciaire, dirigé par dame Vléi née Dazaon Suzanne et monsieur Adé Mensah François qui peine à faire exécuter, avec le concours de la police nationale, la décision de la juridiction présidentielle de la cour suprême s’est finalement tourné vers la gendarmerie nationale afin de lui prêter main forte pour faire exécuter l’ordonnance susmentionnée. Le lendemain, après la tenue du congrès extraordinaire par le comité ad’hoc qui a abouti à l’élection de Ebagnérin Joseph, Me Cissé Yao, le président des Huissiers de justice Côte d’Ivoire mandaté par Vléi née Dazaon Suzanne et Adé Mensah François pour procéder à l’expulsion de Ebagnérin Joseph et ses acolytes des locaux de l’union  s’est rendu sur les lieux à Treichville avec plusieurs dizaines de gendarmes. Arrivé au siège de la centrale syndicale à 8 heures ce jour-là, l’huissier de justice accompagné par un dispositif impressionnant de la gendarmerie a, après un bref échange avec les policiers présents à l’entrée du site, pénétré dans le bâtiment de l’UGTCI pour procéder à l’expulsion des occupants sans droits. Alors que l’opération de libération du siège de la centrale syndicale était en cours, sous la surveillance de la gendarmerie, plusieurs policiers de la Compagnie républicaine de la sécurité basés à Marcory (CRS II) arrivent sur les lieux pour s’opposer à l’exécution de ladite décision. Ils demandent aussitôt l’arrêt immédiat de l’opération et prient les gendarmes de sortir du site ainsi que l’huissier de justice et les menuisiers présents. L’officier gendarme qui conduisait cette opération prend attache avec sa hiérarchie pour porter cet incident à sa connaissance. Après un entretien téléphonique, l’officier de gendarmerie et ses éléments se replient. L’opération d’expulsion est interrompue. Les policiers, venus empêcher cette expulsion, prennent alors possession des lieux non sans avoir malmené le président des huissiers de Côte d’Ivoire et les menuisiers venus pour la pose de nouvelles serrures sur les portes des locaux. La police qui empêche la gendarmerie légalement requise sur ordre du Président de la République telle que mentionnée au bas de toute décision de justice, de prêter mains forte à l’exécution d’une décision de justice, voilà une étrange façon de faire respecter la justice dans ce pays.

La réaction de la direction générale de la police

Reçu à la direction générale de la police nationale sise au Plateau le 13/04 pour tenter de comprendre la réticence de la police à prêter main forte pour exécuter la décision de la cour suprême, le capitaine Gnapié Franck, responsable de la Communication de cette institution et les commissaires GueuGondo et Koumoé, tous trois adjoints du directeur général de la police ont tenté de dédouaner leur institution. « Nous, notre fonction régalienne, c’est d’assurer l’ordre public. Parce qu’imaginez-vous un instant leur position, si la police n’est pas là, si l’autre camp va là-bas, c’est un affrontement. Même s’il nous voit et que malgré notre présence, il rentre là-bas, quand ils vont commencer à s’affronter, c’est la même police qui va venir les séparer. Il ne faut pas qu’ils vont croire que la présence de la police sur les lieux est synonyme de ce qu’elle est acquise à la cause de la partie Ebagnérin », a rassuré un des adjoints du dégé de la police nationale. Interrogé sur les récents évènements du 27/04, à savoir l’interposition de la police pour l’expulsion des occupants du siège de l’UGTCI, GondoGueu, directeur général adjoint de la police joint le 28/04 a, de nouveau tenté de blanchir son institution. « Vous voyez que ce n’est pas faisable parce que dans un Etat, il ne peut pas y avoir deux Etats. La gendarmerie qui vient, qui veut faire exécuter une décision de justice et puis la police va s’opposer, ce n’est pas possible. Ou bien la police va aller exécuter une décision de justice et puis la gendarmerie va s’opposer. Ce n’est pas possible. Ce n’est pas dans un Etat. Donc, ce n’est pas une information certaine. Et puis je sais que hier même (27/04), on nous a parlé de ces faits-là. C’est ce que les gens disent. En fait, on entend que la police et la gendarmerie étaient en chien de faïence. Ce sont les informations qu’ils étaient en train de donner. A la vérification, il n’en est de rien. Quand même, nous sommes dans un Etat. Une décision de justice rendue par notre juridiction suprême, la gendarmerie ne peut dire qu’elle va aller faire exécuter ça et puis la police va dire non. Et puis on est là personne ne parle de ça. Je vous donne l’information nette de ce que ce n’est pas vérifié. Quand la police décide de s’opposer à l’exécution d’une décision de justice que la gendarmerie s’en va pour exécuter, elle est son chef ou le chef de qui dans cette Côte d’Ivoire-là ? », a courageusement démenti celui-ci. « L’Eléphant » a tenté, au regard de la gravité des faits, de joindre le Cabinet du ministère d’Etat, ministère de l’Intérieur et de la Sécurité. Contacté, le chef du Service communication et relations publiques, Bazoumana Coulibaly a visiblement manifesté un peu d’intérêt pour ce problème. « Je suis à une cérémonie à Abobo, au précongrès du RDR. Donc, trop de bruit. Je vais te rappeler après », a promis le collaborateur de Hamed Bakayoko. Le pachyderme demeure toujours dans l’attente.

A quel jeu jouent la présidence et le ministère de tutelle ?

Alors que dame Vléi née Dazaon Suzanne et Adé Mensah François peinent à faire exécuter une décision de la juridiction présidentielle de la cour suprême, le pouvoir exécutif qui devrait donner le bon exemple en ayant pour interlocuteur le camp légitime a consciemment décidé de travailler avec le camp Ebagnérin Joseph. Pour preuve, Ebagnérin Joseph, élu secrétaire général de l’UGTCI à l’issue d’un congrès tenu en violation des textes statutaires et réglementaires de l’Union mais également des décisions de justice a été coopté par le ministère de l’Emploi et de la Protection sociale pour tenir le discours du 1er mai 2017 au nom de ladite centrale syndicale au détriment de Adé Mensah François, le secrétaire légitime de ce syndicat des travailleurs. « Nous avons adressé le courrier d’invitation de la fête du premier mai au siège de l’UGTCI », a tenté d’expliquer un proche collaborateur du ministre Jean Claude Kouassi, joint le 29/04 par le pachyderme. «Quand nous sommes arrivés, nous avons reçu les deux camps. Nous avons approché les deux camps pour tenter de régler ce litige et les amener à s’accorder sur le partage de l’argent. Après le premier mai, nous allons régler ce problème », a ajouté celui-ci. Suite à cette décision du nouveau ministre de l’Emploi et de la Protection sociale, le secrétaire « illégitime » de l’UTGCI a donc parlé au nom de la centrale devant le chef de l’Etat hier, 01/05. « L’Eléphant » a tenté, quelques heures plutôt, de joindre la directrice de communication de la présidence de la République, Masséré Touré pour l’entendre sur cette question. Malheureusement celle-ci est restée de marbre. Elle n’a ni répondu au message du quadrupède ni à ses appels téléphoniques manqués.  «Comme nous le reconnaissons tous, un pouvoir judiciaire fort et indépendant est une condition essentielle de l’Etat de droit et de l’épanouissement du citoyen. La justice doit, plus que jamais, rassurer, car elle constitue le dernier rempart de toutes les initiatives de développement économique et social. A cet égard, la Cour Suprême, instance la plus élevée de l’appareil judiciaire, doit jouer pleinement son rôle régalien », avait déclaré le président de la République le 12 mars 2015, lors de la cérémonie de la prestation de serment du nouveau président de la Cour suprême, René Aphing-Kouassi. Comment cette juridiction suprême peut-elle jouer son rôle face aux nombreux piétinements de ses décisions par d’autres institutions de la République ?

NOËL KONAN, in L’Eléphant déchainé n°542

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