Insurrection au Burkina Faso, Appel de Daoukro, nouvelle vie du PDCI-RDA: Guikahué parle franchement aux Ivoiriens (VIDEO)

By: Africa Newsquick

guikahuéLe jeudi 6 novembre 2014, Pr Maurice Kakou Guikahué, Secrétaire Exécutif du PDCI-RDA était face au PCA de la RTI, Pascal Aka Brou dans son émission « Parlons Franchement ». L’intégralité des questions-réponses.

 

Quel enseignement pourrons-nous tirer de ce soulèvement qui vient de se produire au Burkina-Faso ?

C’est avec regret que nous avons constaté avec ce qui se passe au Burkina-Faso. Surtout que nos deux pays sont liés par l’histoire. Il faut savoir que le Président Blaise Compaoré a joué un rôle important dans la crise ivoirienne. Il était le médiateur. Nous souhaitons la paix au Burkina-Faso. Cela participe de la stabilité dans la sous-région.

 

Passons maintenant à la vie du Pdci-Rda. Un an après le 12ème Congrès, comment se porte le Pdci-Rda aujourd’hui ?

Le Pdci-Rda se porte très bien. J’en veux pour preuve l’acquittement des cotisations de 60% des membres du Bureau politique. Ce qui tranche avec le passé où on avait en 10 et 20% de membres de cette instance du parti qui payaient leur cotisation. Le Secrétariat exécutif a été installé le 12 novembre 2013 par le président du parti. D’abord, il fallait mettre en place toutes les structures du parti. Aujourd’hui, tous les membres des structures sont connus. Les inspecteurs et délégués sont connus. Les commissions techniques, les conseils du bélier, de discipline et une partie du Grand conseil régional ont été mises en place. Nous avons également fait des restructurations en profondeur. L’Ufpdci et la Jpdci ont été éclatés. Tous les textes ont été approuvés concernant ces deux structures du parti. Actuellement, nous sommes au stade de renouvellement des secrétaires généraux de section. Nous avons achevé le renouvellement des comités de base. Nous avons 30.069 comités de base. Nous sommes en train d’installer 3.768 secrétaires généraux de section. L’opération a débuté, le 25 octobre. Elle va s’achever le 9 novembre. Au soir du 9 novembre, nous aurons bouclé. Ensuite, en novembre, nous allons passer au choix des responsables des femmes et des jeunes dans les délégations départementales et communales. Nous allons boucler cette opération par les élections des présidents nationaux des femmes (Ufpdci) et des jeunes (Jpdci). Au 31 décembre 2014, nous aurons tout bouclé.

 

Vous avez parlé des membres du bureau politique qui se sont acquittés de leur cotisation. Après la première mouture du Bureau politique sortie du 12ème Congrès, il y a eu des grincements de dents. Est-ce qu’aujourd’hui, les réglages qui ont été faits par la suite, on été acceptés de tous ?

En matière de nomination, il n’y a jamais eu de satisfaction parfaite. Cependant, je peux dire que la tension est tombée. Mais, qu’est-ce qui s’est passé ? Vous vous souvenez très bien à la clôture du 12ème Congrès, le Président du Pdci-Rda, Henri Konan Bédié avait donné la liste des membres du Secrétariat  exécutif en disant que plus tard, il allait donner les différentes attributions.Il a demandé à un comité de réfléchir à la nomination des membres du bureau politique. Par l’histoire, je vous dis que  c’est le 16 octobre que nous avons fait la passation des charges avec l’ancien Secrétaire général qui était en poste. La décision des membres du Bureau politique a été prise deux jours avant (14 octobre) avant ma passation des charges. Les publications des instances ont été faites le 18 octobre 2013. Et il y a eu ce que vous avez appelé les grincements de dents. Le lendemain, vu les nombreuses plaintes, le Président Bédié m’a reçu. Il m’a dit ceci : «maintenant, tu es en fonction. Je te donne le dossier. Propose-moi un nouveau bureau politique ». Il a ensuite ajouté que « j’ai demandé à mon directeur de cabinet M. Lenissongui de collecter toutes les plaintes. Il vous les remet. Vous réfléchissez et revenez me voir ». C’est ce qui a été fait. Pendant trois semaines. J’ai mené des consultations. Parce qu’avant d’aller au Congrès, on avait des coordonateurs de zone. Je suis allé les rencontrer. Pour leur demander leur avis sur le Bureau politique rendu public. J’ai rencontré également les anciens délégués départementaux et communaux et des doyens du parti. J’ai fait une large consultation pour comprendre. J’ai vu la nomenclature du Bureau politique. Il avait deux contraintes majeures. Première contrainte, depuis 2002, nous n’avions pas eu de Congrès. Le Congrès de 2005  n’a pas eu lieu pour des raisons que vous connaissez. Il y avait un retard. Donc, un militant qui était membre du Grand Conseil depuis 1995. Cela fait 17 ans que ce militant attend une promotion. Il s’attendait à être membre du Bureau politique. Ensuite, au Congrès, dans l’euphorie, nous avons dit que nous sommes très nombreux au Bureau politique. Nous sommes 880 membres. On a décidé de réduire le nombre à  400. Nous avons adopté ce chiffre. Chacun pensait être dans ce nombre. Quand on passe de 880 à 400, on élimine 480 personnes.

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Cela fait beaucoup. 480, c’est le Bureau politique du parti communiste chinois ?

J’ai regardé dans les 400 personnes qui venaient d’être nommées. On s’est rendu compte qu’il avait 226 anciens membres du Bureau politique. Quatre membres du comité des sages qui étaient redevenus membres du Bureau politique. 82 anciens grands conseillers qui avaient eu la promotion. Et 88 cadres qui n’avaient jamais appartenu à une instance du parti même pas au Grand conseil qui avaient été promus membres du Bureau politique. Il y a eu des cadres promus qui ont sauté la classe. Si je peux m’exprimer ainsi. Ces derniers étaient plus nombreux que ceux qui étaient au Grand conseil auparavant. Je me suis dis, voici une des raisons du grincement des dents. On avait dit que pour aller au Congrès, il faut être à jour de ses cotisations. Tous ceux qui n’ont pas été à jour de leur cotisation, quelque soit le rang qu’ils occupaient n’ont pas participé au Congrès. Cela veut dire qu’ils n’ont pas participé au vote du Président Bédié. J’ai décidé de faire mes investigations. Je suis allé voir le directeur financier, qui est maintenant Directeur général du parti de me sortir les archives financières du parti. J’ai découvert sur la liste des 400 membres du Bureau politique, 189 membres du BP nommés ne sont pas à jour de leur cotisation. On s’est rendu également compte que 181 membres du BP qui étaient allés au Congrès n’étaient pas sur la nouvelle liste.J’ai fait des propositions au Président. Ce sont toutes ces preuves que j’ai montrées au Président Bédié. Et il a dit que tous ceux qui sont membres du Bureau politique ne payant pas leur cotisation ont été soustraits de la liste. Il a ensuite dit que tous les députés, maires, présidents de conseils régionaux qui ont été élus par les militants devaient être membres du Bureau politique. Les secrétaires généraux de section qui ont été les porte-parole des coordonateurs de zone devaient être aussi membres du Bureau politique. Quand, on a appliqué ces mesures. Les gens ont dit que l’injustice a été corrigée. Et la tension a baissé. Ce n’est plus le grand problème au Pdci-Rda. Certains veulent toujours être membres du Bureau politique.

Au Secrétariat exécutif, votre autorité a été établie. On semblait se marcher sur les pieds. Pour tout le monde, vous êtes le premier responsable?

Tout le monde ne comprend pas bien les changements et les réformes. Il n’y a jamais des problèmes d’autorité. Le président du parti a tranché au séminaire du Secrétariat exécutif à Daoukro. Il a dit que le chef du Secrétariat exécutif dirigeait l’équipe. Le Secrétariat exécutif est le secrétariat du président du parti.

 

La bataille pour la présidence du parti a du laisser des traces. Le Président Bédié était opposé à Djédjé Mady et Kouadio Konan Bertin (Kkb). Est-ce qu’aujourd’hui, la paix est revenue ?

Comment voulez-vous que le Président Bédié ait un problème avec Kkb et Djedje Mady ?

 

Mais il y a des propos qu’on entend ici et là.

Le Président Bédié s’est mis au-dessus. Et à la Saint Silvestre de 2013, le Président a pris son téléphone pour souhaiter la bonne année à Alphonse Djédjé Mady. Le 10 janvier qui a suivi, Kkb est parti voir le Président pour ses vœux. Le Président l’a reçu. C’est donc réglé. Quand on a organisé les vœux au Président, le 23 janvier 2014, Djédjé Mady était présent à la résidence du Président. Le président a même demandé qu’on l’installe à une place digne de sa qualité d’ancien secrétaire général du Pdci-Rda.

 

Donc, il n’y a aucun problème dans la famille du Pdci ?

Oui, il n’y a pas de problème.

 

Le 12e congrès a explicitement demandé au parti de présenter un candidat à la présidentielle. Il a même précisé ‘’ un militant actif’’. Pourquoi ne pas respecter cette recommandation ?

Vous me donnez l’occasion d’expliquer aux Ivoiriens, comment est organisé le Pdci-Rda. Nous y avons 4 organes centraux. Le Congrès, la Convention, le Président du parti et le Bureau politique. Quand vous prenez nos textes, l’article 34 dit que le Congrès définit la politique générale du parti. L’article 36 nous dit que la Convention est l’organe de discussions et d’appréciations des activités du parti dans l’intervalle de deux Congrès. La Convention choisit le candidat du Pdci-Rda à l’élection présidentielle. Article 39, le président du parti inspire et conduit la politique du parti. Il représente le Pdci-Rda dans tous les actes de la vie civile et politique. Et enfin article 54, le Bureau politique est l’organe d’exécution des organes du parti.

 

Je vois que vous récitez tout ça sans document devant vous.

Parce que c’est ça qu’il faut connaître. A partir de là, le président du parti est un organe.

 

Lui seul ?

Oui, il est organe. Il est organe comme le Congrès, la Convention et le Bureau politique. C’est une question d’actualité. Je pense que sa compréhension va aider à régler beaucoup problèmes chez nos militants. Au 11e congrès en 2002, le président du Congrès, Maurice S. Gnoleba. Le congrès prend une résolution. Il dit que l’élection présidentielle prochaine, M. Henri Konan Bédié est le candidat du Pdci Rda. Quand on a fini le congrès. Quand le moment est arrivé, le bureau politique s’est réuni. Le bureau politique dit que les textes disent que c’est la convention qui choisit le candidat du Pdci Rda. Donc, on doit aller à une convention. Et on a demandé de faire un appel à candidature. Le secrétariat a émis des critères. Où il fallait être à jours de ses cotisations, être grand militant connu et actif. Le bureau politique a dit, non, qu’il y a des militants du Pdci qui des personnalités internationales qui sont dans des organisations, qui sont soumis au droit de réserve. Même si elles sont Pdci, elles ne peuvent pas payer de cartes. Donc vous éliminez des gens. On a donc ouvert les candidatures. Même si tu te dis Pdci et que tu n’as pas de carte, tu peux être candidat. On a fait appel à candidature pendant deux mois. La seule candidature qu’on a reçue, c’était la candidature d’Henri Konan Bédié. On est reparti au Bureau politique. On a dit que Bédié était le seul candidat. Il nous a été dit que même si Bédié était le seul candidat, nous devons aller à la convention pour décider si Bédié doit défendre les couleurs du Pdci-Rda. On a fait des conventions éclatées. C’était en août 2005. On a voté et Bédié a été choisi avec 90% des voix. C’est de la même façon que le Bureau politique va opiner sur la décision du Congrès. On ira à une convention. Et c’est ce que la convention va décider qu’on va suivre. Ce n’est aujourd’hui qu’on commence à choisir les candidats au Pdci. Que les militants restent tranquilles. Aujourd’hui, le 12e Congrès est en recul par rapport au 11e. Parce que le 12e Congrès dit choisissez un candidat militant actif. Or le 11e Congrès avait même désigné le nom de la personne. Cela ne nous a pas empêché d’aller à la Convention pour voter le candidat du Pdci-Rda.

 

Vous nous dites donc que ce que le Président Bédié a dit, va suivre un cheminement avant d’être endossé.

Oui !

 

Mais est ce que vous pouvez partager les motivations de cet appel ?

Les motivations profondes, le Président Bédié l’a dit lui-même, c’est la paix et la stabilité de la Côte d’Ivoire. C’est très important. En tant que houphouétiste, il ne peut pas reculer devant la paix.

 

 

Est-ce que vous Pr Guikahué, secrétaire exécutif du Pdci, vous étiez dans le secret de cet appel?

Je rappelle, ce que j’ai dit tantôt. Le Président du parti est un organe du parti. Lui seul est un organe. C’est ce qu’on a écrit dans nos textes. Cela n’a pas encore changé. Je vous ai dit tout à l’heure, qu’il inspire et conduit la politique du parti. Et qu’il le représente dans tous les actes de la vie civile et politique. Donc le président du parti, il est indépendant. Il donne la forme qu’il veut à ses décisions. Tout ce qu’on demande, quand il prend une décision en tant qu’organe, les autres organes doivent se prononcer. Donc aucun militant ne doit même pas commenter les décisions du parti. La structure qui peut commenter la décision du parti, c’est le Bureau politique, la convention et le congrès. E tant qu’organe, il s’est exprimé. Il n’a donc pas besoin d’informer qui que soit avant de le faire. Maîtrisant le parti, c’est un organe qui a parlé, en tant que membre du Bureau politique, j’attends le Bureau politique. Mais je ne peux pas dire oui ou non, ça aurait dû se faire comme ça ou pas.

 

Je vous pose cette question Pr Guikahué, parce que avant cet appel, vous avez dans une interview, fustigé ceux de votre parti qui faisait campagne pour la candidature unique ? Vous avez même dit quelque part que les Abinan et autres me provoquent. Est-ce que vous avez été surpris vous-même de l’Appel de Daoukro ?

Si vous citez les noms, ils auraient pu dire les Williams Koffi que j’avais cités.  Le Journaliste a mal transcrit ce que j’ai dit. Si vous avez bien suivi mon cheminement, je dis que chaque fois que les gens me posaient la question sur la candidature, quelle soit unique ou multiple, je disais que je n’ouvrais pas le débat. Et mon rôle et ma priorité, c’était de mettre en place les structures du parti. Et que tant que je n’avais pas fini de le faire, je ne parlais pas de candidature. J’ai dis que ces gens parlaient de candidature, c’était une sorte de provocation pour que j’ouvre le dossier. Que ce soit les Abinan, les Empirus ou bien les Williams Koffi qui étaient pour la candidature multiple, ils voulaient que j’ouvre le dossier. Mais j’ai dit que je n’ouvrirai pas le dossier. Et que je n’allais pas céder à cette provocation. Voilà un peu ce que j’ai dit. Sinon ce n’est pas parce que j’étais contre quelqu’un.

 

Vous avez dit que le Président du parti est lui seul un organe du parti. Est-ce que pour une décision aussi importante qui engage la vie de la nation, du parti, est ce que le président a procédé à des consultations de quelques cadres du parti ?

Le Président du parti est un homme, il a été chef d’Etat, donc il sait comment on fonctionne. La dessus, je vais dire ce que je sais. Tout a commencé en décembre 2013.Le discours que le chef de l’Etat a fait à la fin de sa tournée à Yamoussoukro, le premier ministre Ahoussou Jeannot à lu un message du Président Bédié. Où il disait aux gens de soutenir le président Alassane pour ce qu’il faisait. Et après Yamoussoukro, le président m’a demandé, d’aller avec le texte, rencontrer les vices présidents du PDCI RDA. Ce que j’ai fais. Je les ai  rencontré, je leur ai fait la commission du président, je leur ai lu le texte, je leur ai donné copie du texte, et ils ont commencé à se retrouver. Et une fois ils m’ont appelé pour que je leur explique. Et c’est ce que j’ai fais. Parce que je ne suis pas membre de leur assemblée. Ils ont travaillé pendant deux mois. Ensuite, ils ont fait leurs propositions, ils ont fait un document qu’ils ont remis au président. Au cours de la remise du document, le Président m’a appelé j’étais témoin, comme c’est le président qui est le destinataire. Et il a dit : «  au moment venu, je vais en parler », et ils se sont quittés. Donc, pour les consultations, ils ont commencé très tôt.

 

Ce n’est pas un appel isolé ?

Je ne sais pas ce que les vices présidents ont écrit dans leur texte, mais il les a consultés. Et puis le Président Bédié reçoit beaucoup. De 16heures, à 19heures 30mn, il reçoit. Donc il a du écouter beaucoup et après, il a formé sa décision.

 

Depuis cet appel, le PDCI est en branle, vous avez envoyé des missions à l’extérieur et à l’intérieur du pays, qu’est ce que vous livrez comme message à vos militants ?

Nous disons à nos militants qui sont déboussolés et c’est normale, parce que le PDCI n’est pas un club de soutien, c’est un parti politique. Et par définition, tout parti politique aspire à conquérir le pouvoir et à le gérer. Donc c’était tout à fait normal que les militants s’attendent à un candidat, surtout que le congrès l’avait recommandé. Mais il se trouve qu’après une analyse objective, fine, et sérieuse, il a décidé que nous soutenons le président en exercice, le Président Alassane Ouattara qui est issu du Rhdp, comme candidat du Rhdp. Et en même temps, il nous demande que le candidat en 2020 du Rhdp soit un militant du PDCI. Le Président nous demande de faire un décalage dans le temps. Au lieu de 2015, il fait un projet de 2020.Il ne renonce pas à ce que le Pdci soit au pouvoir. Mais, il pense qu’en 2020, ce sera bon pour le PDCI c’est tout. Donc nous sommes partis expliquer, et nous leur avons dit clairement que c’était leur droit, mais le Président qui sait beaucoup. Je répète ici pour dire que le Président Bédié assis voit plus loin que moi Guikahuié débout. C’est une métaphore pour dire qu’il faut faire confiance au président Bédié. Il ne peut pas  prendre des décisions qui vont contre les intérêts du PDCI RDA. Donc, il faut le suivre et accepter ce gros sacrifice que le Président Bédié demande aux militants du Pdci de faire. Et beaucoup de militants ont commencé à nous comprendre. La majorité en tout cas.

 

Vous vous apprêté à aller à la convention, on ne connait pas encore la date, on peut avoir une idée ?

Voici ce qui va se passer. Le 9 novembre on fini la mise en place des secrétaires généraux de section, avant le 15 décembre, nous aurons un bureau politique auquel le président va soumettre le projet. C’est pour cela qu’il a parlé de projet. Et le bureau politique va discuter, et c’est le bureau politique qui va fixer la date de la convention. Donc c’est le rôle du bureau politique.

 

Vous ne craignez pas une implosion à cette convention ?

Le PDCI s’appelle parti démocratique de Côte d’Ivoire. On a déjà expérimenté deux congrès où le président du parti a été élu avec des candidatures multiples. Au PDCI, beaucoup sont démocrates. Si la majorité se dégage, nous allons suivre cette majorité.

 

Qu’est ce que vous allez dire aux frondeurs à cette convention ?

Vous parlez des irréductibles. Mais nous les recevons, dès que nous sommes sortis de Daoukro, nous avons reçu les jeunes, comme William Koffi pour leur dire de suivre la voie du président. Nous avons reçu la coordination des agriculteurs qui sont un club de soutien. Nous leur avons expliqué les raisons pour lesquelles le Président a pris telle ou telle décision. Nous avons reçu à deux reprises Konan Kouadio Bertin. Parce qu’il est un élu, et au moment où je recevais les élus, parce qu’on a fait une préparation, on a reçu les élus les délégués départementaux, les vices présidents, avant d’envoyer des missions sur le terrain. Et Kouadio Konan Bertin n’étant pas en Côte d’Ivoire  il n’était pas en Côte d’Ivoire, quand il est revenu je l’ai reçu. Parce qu’il avait  fait des déclarations. Je suis ouvert et je suis dans la dynamique de la parabole de l’évangile de la brebis égarée. Donc partout, où il y a quelqu’un qui n’est pas d’accord avec le projet du président Bédié, c’est mon rôle d’aller le trouver et discuter avec lui, de lui expliquer, et de lui dire de suivre le Président Bédié. Et que 5 ans ce n’est rien, puisqu’en 2020, le PDCI sera au pouvoir.

 

Et vous pensez qu’il vous a compris ?

Ce que je peux dire, c’est qu’il ne fait plus beaucoup de déclarations.

 

Pour une bonne partie de l’opinion, la question est tellement sérieuse que derrière ceux qu’on voit dans les journaux, il y a des personnalités. On cite des noms comme Essy Amara, comme Charles Konan Banny qu’on cite comme candidat. Que dites vous de tout cela ?

J’ai la chance d’avoir été président du Meeci, donc je côtoie les doyens depuis 1979.Et aujourd’hui, je suis secrétaire exécutif du parti. Et je connais les pratiques du PDCI RDA. Du temps du Président Houphouët Boigny qu’on cite en exemple parce qu’on est Houphouetiste, même quand vous voulez être candidat à la députation vous lui en parlez. A plus forte raison, candidat à la présidence de la République. A l’heure où je  vous parle aucun cadre du PDCI, que se soit Essy Amara, Charles Konan Banny, n’est parti voir Henri Konan Bédié, j’ai l’ambition d’être le future candidat du PDCI RDA. Le Président Henri Konan n’a reçu personne. Moi qui suis le gardien du temple, qui suis toujours assis à la maison du PDCI RDA, personne n’est jamais venu me voir pour dire voici mon ambition parce que vous ne pouvez pas être candidat d’un parti politique sans en parler à l’appareil du parti qui détenu par le président Bédié aujourd’hui. Pour être candidat on discute. Aucun cadre n’est venu voir le Président Bédié.

 

Vous considérez cela comme des rumeurs ?

Le PDCI ne se fait pas dans les journaux.

 

Si à la convention des candidatures se déclarent, comment allez-vous réagir ?

On va à la convention. Je ne peux pas faire la convention à la place de la convention. Le moment venu, nous allons aviser.

 

Le Président Bédié a dit dans son appel à Daoukro qu’en 2020, se sera l’alternance. C’est-à- dire le PDCI sera au pouvoir. Et vous-même avez dit que vos militants vous demandent d’être vigilant.  Qu’est ce que tout cela veut dire ?

Le Président Bédié nous a demandé de soutenir le Président Ouattara, en Rhdp à l’élection 2015.Il ne sait pas arrêté là. Il dit ensuite qu’en 2020 le PDCI et le RDR feront l’alternance dès 2020.Quand on dit alternance c’est qu’il y a changement .Donc, pour nous les militants du PDCI RDA, en 2015, nous soutenons le Président Ouattara, entant que candidat du Rhdp. Et en 2020, tous les partis du Rhdp vont soutenir un cadre du PDCI RDA entant que candidat Rhdp.

 

Si nous comprenons bien, le Pdci et les autres partis du Rhdp vont tendre vers un parti unifié. Si  le parti unifié est atteint, comment le PDCI peut-il se fonder pour réclamer le pouvoir en 2020 ?

Le parti unifié est une perspective. J’ai bien aimé ce thème du président de la République. A Daoukro, en répondant au discours du Président Bédié, il a demandé que le Pdci lui fasse confiance et que le parti unifié fût en perspective. La dernière fois, le 22 octobre 2014, en sortant de la rencontre qu’il a eu à la résidence du Président Bédié, il a reprit encore pour dire que c’est en perspective. Ça veut dire que c’est une construction. Et puis dans les perspectives, dans le futur, on va construire le  parti unifié. On n’a pas dit parti unique. On a dit parti unifié et il y a plusieurs formes de partis unifiés. Nous allons construire ce parti unifié. Aujourd’hui, je suis le président du directoire du Rhdp. Nous avions un des nôtres qui était absent et qui est rentré. En urgence, nous allons faire une réunion du Rhdp pour commencer à réfléchir au parti unifié qui commence d’abord par l’installation des coordinations du Rhdp dans toutes les bases en Côte d’Ivoire. Sur toute l’étendue du territoire national, on doit avoir une coordination Rhdp. Aujourd’hui, ça n’existe pas or c’est par là que ça commence. D’abord comment on construit le Rhdp, c’est notre vécu, l’expérience au sein du Rhdp qui va nous faire gravir un palier supérieur. Donc, on va mettre les coordinations du Rhdp sur toute l’étendue du territoire national, parce que quand le président Ouattara va être choisi comme candidat Rhdp et que nous allons aller en campagne, il faut bien que quelqu’un nous accueille. Donc, ce sont les coordinations du Rhdp qui vont accueillir les émissaires qui iront en campagne, donc on commence d’abord par mettre en place les coordinations du Rhdp et le parti unifié va se construire. On ne connait pas encore la forme, c’est une étude qui va se faire et on va tendre vers le parti unifié. Ce qui est sûr et ce que nous retenons aujourd’hui, parce qu’on parle d’aujourd’hui, en 2015, le président Ouattara est candidat Rhdp et en 2020, un cadre du Pdci Rda est candidat Rhdp. C’est ce que je sais et ça c’est la position du Pdci Rda.

 

Un cadre du Pdci Rda sera le candidat Rhdp si le Pdci Rda est constitué en parti unifié ?

Si on fait un parti unifié, il peut avoir des courants, parce que je vous ai dit qu’on ne connait pas encore la forme. Ça peut être une confédération, ça peut être beaucoup d’autres choses. Mais ce qui est sûr, le cadre qui sera du courant antérieur Pdci avant, c’est lui qui sera candidat en 2020. On sait que les fleuves viennent de quelque part, mais on sait d’ou vient le N’zi, le  Sassandra, le Cavally. On sait qu’ils vont à la mer. Donc celui qui vient du N’zi, Sassandra, c’est lui qu’on choisi.

 

Si vous n’êtes pas encore parti unifié, comment vous pouvez empêcher quelqu’un du Mfa, de l’Udpci d’être candidat ?

Récemment, le président Ouattara a dit qu’on n’interdisait pas aux gens d’être candidats. Nous on choisi notre candidat du Rhdp. Le président Bédié a dit quoi dans son discours ? Sans préjudice des irréductibles qui voulaient être candidat à leur propre compte. Donc, de la même façon en 2020, s’il y a des irréductibles dans les autres partis, ils seront candidats en leur propre nom aussi. Comme ceux du Pdci qui sont candidats en leur propre nom aussi en 2015.

 

Pourquoi ne pas instaurer des primaires pour que le candidat qui a le meilleur profil défende vos couleurs ?

On en discutera. On peut même organiser des primaires pour les cadres du Pdci Rda, ce n’est pas exclu. S’il y a 4 ou 5 ou encore 10 cadres du Pdci Rda qui veulent être candidats du Rhdp en 2020, on dit : faites des primaires et on choisira un candidat. Quelque soit le mode du choix, nous ce qu’on dit et là je réponds pour ne pas mettre le trouble dans l’esprit de nos militants. Le président Bédié a fait un discours qui est un paccage. Je vais prendre  une image terre à terre. Vous rentrez dans un supermarché, On fait la réclame. Il y a un paquet ou on a mis la brosse et la pate dentifrice. On dit ça coute 25 f. Vous ne déchirez pas pour acheter la brosse et laisser la pate dentifrice. Le président a fait un paquet. 2015, Ouattara, 2020, un cadre du Pdci. C’est tout ça là qu’on achète et qu’on est en train de vendre. Dons ce n’est pas  un à un.

 

Que répondez-vous à ceux qui craignent que la spécificité de chaque parti soit diluée dans ce grand ensemble qu’est le parti unifié ?

C’est une volonté. Nous sommes tous houphouétistes. Pour la petite histoire, quand il y a eu le parti unifié, parti unique avant l’indépendance, de 1960 à 1990, le Pdci était parti unique. Nous sommes tous candidat. Il ya eu la rupture du contrat en 1990, donc il y a eu un parti qui est parti et il y a un autre parti qui est restée avec Houphouët. Et c’est après la mort d’Houphouët que d’autres partis sont sortis du Pdci pour  faire le Rdr, l’Udpci. Et c’est cet ensemble de 90 que le président Bédié veut rassembler. Rassembler tous les fils qui étaient avec Houphouët en 90 quand le consensus a été rompu. C’est ceux là que le président Bédié veut rassembler, c’est ça son projet et pour qu’il y ait de la consistance, si on vote ensemble, avec le temps, on reste ensemble. La dernière fois, il y a un candidat du Rdr qui était passé au deuxième tour que nous avons voté, cette fois ci, il va plus loin. Au lieu d’avoir un candidat Pdci, un autre Rdr pour qu’on aille après derrière celui qui est le mieux placé, il dit pourquoi on n’irait pas en Rhdp en même temps pour que définitivement, toutes les candidatures des enfants d’Houphouët se fassent en Rhdp. Donc, son rôle aujourd’hui, c’est  le rassemblement des enfants d’Houphouët qui passe par la candidature du président Ouattara qui est un acte qu’o voit.

 

Quand vous parlez de parti unifié, vous dites Pdci –Rdr. C’est ce que le président Bédié a dit à Daoukro. Que deviennent l’Udpci et le Mfa ?

Le président a donné une idée et il a ajouté que tout ce qu’il disait était un projet. Donc autant nous sommes en train de transformer le projet de la candidature du président Ouattara en 2015 en programme en passant par le bureau politique et la convention, autant aussi ce projet de parti unifié va suivre son cours. Donc, ne nous arrêtons pas ce que le président a dit.

 

L’Appel de Daoukro pour certains ressemble à l’Appel du stade Géo André en 1958, sorte d’unanimité contraire à la pluralité d’expression. Sûr que vous en avez entendu parler. Comment vous réagissez ?

La similitude ici, c’est que ce sont des Appels de rassemblement. Au stade Géo André, Houphouët Boigny appelait tous les ivoiriens, tous les partis politiques  à se rassembler pour aller à l’indépendance et gérer le pays dans de bonnes conditions. Le président Bédié fait la même chose, mais lui, il appelle au rassemblement de tous les enfants d’Houphouët Boigny. Donc, le rassemblement est la base des deux Appels. Le président Bédié ne demande pas à la gauche, à l’Alliance des forces démocratiques de ne plus exister, il ne va pas contre le pluralisme politique, lui, il fait un Appel aux enfants d’Houphouët et je vous dis, il veut reconstituer l’équipe qui était autour du président Houphouët Boigny en 1990 quand il ya eu la rupture du consensus. Ceux qui étaient partis, restent une force. Donc le pluralisme est garantie, ce n’est pas l’unanimité.

 

Le duo Henri Konan Bédié-Alassane Ouattara avait été brocardé, on se rappelle. Certains mêmes prédisaient une rupture imminente sur l’autel des ambitions avant les élections. Aujourd’hui, on constate que ce duo, non seulement ne s’est pas déchiré mais au fil des ans se renforce. Vous qui êtes dans l’entourage du président Bédié et qui voyez aussi le président Ouattara est ce que vous n’êtes pas surpris par la consolidation de cette alliance, qu’est ce qui les a ressoudé ?

C’est Houphouët Boigny et la paix. Ils ont dépassé leurs ressentiments et on voit que ce sont de grands hommes d’Etat. La parole donnée est donnée. Vous m’avez demandez tout à l’heure si les uns et les autres avaient été contactés avant l’Appel de Daoukro. Je vous ai dit qu’en Janvier,  les vices présidents du Pdci sont allés le voir pour donner les résultats de leurs réflexions. Et quand est ce qu’il a pris la décision, en septembre. 9 mois après, donc c’est une décision murie. C’est pour vous dire que le président Bédié est un homme de parole, un homme qui consulte beaucoup, et je saisi cette occasion pour vous dire que certaines personnes veulent faire passer le président Bédié comme un président qui a une gestion solitaire du pouvoir. Comme s’il décidait seul. Moi je suis un exemple, j’ai travaillé avec lui dans le Gouvernement. Kablan Duncan était notre premier ministre, donc j’tais en 2 ème position, je travaillais avec lui au secrétariat. D’abord Fologo, secrétaire général et Mady secrétaire général. J’étais toujours en 2 ème position. C’est cette fois ci que je suis en 1ère position. Le président Bédié est un président qui aime les gens qui prennent des initiatives. Quand vous prenez une initiative, que vous lui expliquez et qu’il dit je suis d’accord, il vous laisse travailler et à la fin, il vous appelle et il vous dit ou est le résultat. Donc, de la même façon, quand il a mûrement réfléchit à la situation et qu’il a dit qu’il fallait sauter le pas, se réconcilier, aller de l’avant, il ne va pas faire marche arrière. Et le 31 décembre 2013, il a écrit aux militants du Pdci Rda en leur disant qu’il veut un Rhdp dépoussiéré, entretenu, qui revienne au fondamentaux c’est-à-dire la paix et la stabilité. Encore, il a dit en ce qui concerne les candidatures, laissons la vie politique se dérouler. Tout cela mis   l’un dans l’autre, le président est un homme de parole, il réfléchit beaucoup, c’est un homme de méditation. Quand il a arrêté sa décision, il y va et il est visionnaire. Il a une vision prospective de la vie politique et il tient cela d’Houphouët Boigny dont il est le disciple.

 

Aujourd’hui, quand on regarde ces deux hommes d’Etat : Bédié et Alassane Ouattara, l’union est tellement forte qui se tutoie pratiquement en utilisant des termes du genre « grand frère », « mon jeune frère ». On a l’impression qu’il regrette le fait d’être laisser déchiré…

Ils veulent nous donner une leçon à nous-mêmes.  Ils veulent que les cadres et les militants de base copient le système de vie. C’est pour cela que j’ai parlé du Rhdp à la base. Si le sommet vit bien que la base, on ne s’entend pas l’alliance ne va pas marcher. Et on n’ira pas loin. Notre rôle dans un proche avenir est d’aller expliquer cette démarche à la base.

 

C’est la question que beaucoup de personnes se posent. Quand les deux qui font figure de sage ne sont plus là. Est-ce que vous êtes capable de continuer sur cette voie ?

Nous sommes condamnés à le faire. Si nous nous disons Houphouétistes.

 

Houphouët-Boigny vous regarde ?

Bien !

 

Pr. Guikahué, on peut dire que les réglages ont commencé avec les nominations au Conseil économique et social. On s’est que les nominations, cela pose toujours problème. Concernant, votre parti, comment avez procédé aux nominations des Ces, c’est la géopolitique, la compétence… ?

C’est tout ce que vous avez dit : C’est-à-dire, géopolitique et compétence. Puis, les nominations sont à la discrétion du président. On n’explique pas cela sur un plateau de télévision.

 

C’est sur le plateau de télévision que nous avons l’occasion de vous voir. Pr. Guikahué, vous êtes au Ces, Secrétaire exécutif, personnellement, qu’est-ce que vous attendez ?

En tant que SE, je ne travaille pas pour moi. Je suis au service d’un groupe. Si, c’est pour travailler pour moi-même, je suis professeur titulaire de cardiologie. Quand, je suis SE du Pdci-Rda, je me met à la disposition du parti. Quand le Pdci-Rda partage, ce qui me reviens, c’est ce qui on me donne.

 

Si vous êtes assis que vous ne réclamez pas la bouche pour réclamer quelque chose. Les gens diront qu’ « on regarde les enfants qui pleurent ». Vous êtes encore jeune. Vous pouvez être ministre encore ?

Ma carrière appartient au Président Henri Konan Bédié et au Pdci-Rda.

 

Vous attendez que cela vienne ?

Je travaille. Je ne suis pas couché dans une chambre. Je ne croise pas les bras.

 

Guikahué, grand serviteur de Félix Houphouët-Boigny, aujourd’hui, serviteur de Henri Konan Bédié. Vous n’avez pas à croiser le fer avec ceux qui ont affronté Bédié. Fidèle serviteur, jusqu’à quand ?

Jusqu’à ce que je quitte la terre. Beaucoup de personnes me posent souvent cette question. J’ai eu la chance  d’avoir été le dernier médecin de Félix Houphouët-Boigny. J’ai vécu en intimité avec lui. Vous me donnez l’occasion au cours de cette émission «Parlons franchement» de dire ma part de vérité. En toute sincérité et vérité, le Président Houphouët-Boigny ne me considérait pas comme un médecin. Il me prenait comme un fils et un militant. Avant de mourir, Il a dit que « je vous laisse Henri Konan Bédié ». C’est ce que j’applique. Parce que je suis Houphouétistes.

 

C’était où Félix Houphouët-Boigny a prononcé ces mots ?

C’était à Barcelone. Je ne suis pas devenu Houphouétistes par une nomination. Il y a plusieurs façons d’être Houphouétistes. On est là quand on est nommé ministre, on devient Pdci-Rda. Je suis tombé dans la sauce du Pdci-Rda tout jeune.

 

Comment ça commencé les premières années de militantisme au Pdci-Rda ?

Je suis devenu militant du Pdci-Rda depuis la création du Mouvement des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire(Meeci), j’étais au lycée classique. Je ne pouvais pas être responsable de Meeci, parce que j’étais maitre  au père. Parce qu’avant à l’internat, on choisissait les meilleurs élèves pour surveiller leur camarade. Donc, comme j’étais maitre au père, je ne pouvais pas être responsable du Pdci-Rda. Quand, je suis arrivé à la faculté de médecine,  j’ai été membre de deux bureaux. En 1979, je suis devenu président du Meeci. Je suis un Houphouétistes convaincu. Dans l’héritage que Houphouët a partagé, il m’a laissé le Pdci-Rda et en héritage Henri Konan Bédié.

 

Il y a des gens à qui on a laissé des genres de messages. Après, ils n’ont pas hésité à poignardé leur mentor ou enjambé son cadavre ?

On n’a pas les mêmes gènes. Même les jumeaux ne sont pas les mêmes. Chacun à sa spécificité. Moi, ma spécificité, c’est la fidélité à Houphouët-Boigny. Si je ne suis pas fidèle à Bédié, c’est que j’ai trahi Houphouët-Boigny. C’est ce qui m’a dit que j’applique.

 

Malgré ses longues années de militantisme, vous n’avez jamais été tenté par un poste électif, Pourquoi ?

Non, moi, j’ai eu un poste électif. Toute la Côte d’Ivoire m’a voté quand j’étais étudiant.

 

Je veux dire, député, maire ?

Les élections du Meeci sont plus compliquées que les  élections de député et de maire.

 

Pourquoi aujourd’hui, vous êtes un cadre établi de chez vous. Vous n’avez jamais été tenté par un poste électif ?

J’ai le sens du partage. Je suis issu d’une zone très hostile au Pdci-Rda où je suis en campagne permanente de recrutement. J’ai été président national du Meeci pendant 4 ans. Je suis professeur de médecine. Je suis au secrétariat du Pdci depuis 25 ans. Aujourd’hui, je suis secrétaire exécutif. Je suis aujourd’hui connu. Il ne faudrait pas que je sois la seule personne qu’on connaisse à Gagnoa. Il faut donc faire la promotion des autres personnes. Si je peux faire en sorte que quelqu’un soit député pour qu’on le connaisse, c’est  une bonne chose. Dans mon esprit, pour ce que je suis déjà, je me dis que je dois permettre aux autres de se faire connaitre.  Donc on a partagé. Par exemple, le député de Gagnoa Sous-préfecture, chez moi, quand je suis allé battre campagne, on m’a dit on va l’élire. Parce que c’est comme si c’est toi qu’on élisait.  Si c’était dans une région où le Pdci n’a pas trop de difficultés, ce ne serait pas une prouesse. Mais à Gagnoa, je me sacrifie pour faire la promotion d’autres cadres du Pdci et pour que le Pdci rayonne. Aujourd’hui, je suis très heureux. Si  aujourd’hui, on dit qu’on appelle les gens de Gagnoa au Pdci,  je suis là. En plus, il y a Logbo André, député de Guiberoua, Dougrou, député de Gagnoa sous-préfecture, Zialo est maire de Guiberoua, Djedje Bagnon est président du conseil régional… Mais, si moi j’étais député, maire, président du conseil régional, au secrétariat, on va appeler je serai le seul représentant pour ces trois postes. Le Pdci ne pourra pas avancer. En multipliant le nombre d’élus, je multiplie les foyers de mobilisation au Pdci. Parce que quand quelqu’un est élu député, automatiquement son entourage est mobilisé. Donc si j’ai six élus, je rayonne. Et ils me reconnaissent être leur leader. Si eux, il le reconnaisse, c’est plus important pour moi que d’être président du conseil régional.

 

Professeur,  il y a maintenant 4 ans que le Rhdp est au pouvoir. Quel bilan faite-vous ?

Le bilan est positif. Tout à l’heure, j’ai esquivé la question sur ce qui divisait Bédié et Ouattara avant. Ça veut dire qu’on vient de loin. Quatre ans, c’est peu. On vient de commencer une expérience. Il y a des hauts et des bats. Mais il faut que nous soyons solides. Houphouët Boigny a dit que si tu veux réussir en politique, voici les quatre qualités qu’il faut avoir. Il faut être courageux. Il faut être endurant. Il faut être persévérant. Il faut être patient. Si tu as ces quatre qualités, tu réussis toujours. Le Rhdp ne fait que commencer. On va avoir le courage de dire ce qui ne marche pas dedans. On va faire l’endurance pour aller le construire. On va être patient et puis on verra les résultats. Parce que l’homme, ce n’est pas les mathématiques. En mathématique, 1+1=2. Mais quand tu prends les hommes, un homme + un homme, ça peut te donner zéro. Il faut donc être patient dans la construction.

 

Et l’avenir de la Côte d’Ivoire, c’est le Rhdp qui peut le construire ?

Affirmatif. La Côte d’Ivoire, l’avenir, la stabilité, la paix, est égal à Rhdp.

 

Qu’avez-vous en dire en terme de conclusion à vos militants Pdci dont certains  continuent de grincer les dents par rapport à l’appel de Daoukro?

Je voulais leur dire que le Pdci nouveau est en marche. Les méthodes de travail dans son secrétariat, comme le Président Bédié lui-même le dit, le secrétariat est comme le gouvernement dans une nation.  C’est comme si moi chef de secrétariat, je suis un premier ministre. On travaille exactement comme dans un gouvernement. On travaille de façon moderne.  Les militants en ont fait le constat. On a commencé à installer les structures et cela se poursuit. Donc le Pdci est en marche. Les gens ont commencé à payer leur cotisation et leur droit adhésion. Ce qui n’était pas dans leur habitude. Nous travaillons de façon collégiale. C’est difficile parce qu’on vient de commencer, mais on ne perd pas confiance.  Nous demandons aux militants du Pdci-Rda de suivre le Président Henri Konan Bédié. Il ne va jamais les perdre. Il ne prendra pas des décisions qui ne leur sont pas favorables. Que les militants nous fassent confiance. Qu’ils se mettent au travail. Il ne faut pas  qu’ils se découragent pour dire que comme on n’aura pas de candidat en 2015, on ne travaille plus. Non, c’est maintenant qu’il faut mettre en place les secrétaires de section. Les secrétaires de section doivent animer le parti. 5 ans c’est vite arrivé. Si on a aujourd’hui a  choisi le Président Ouattara, indépendamment des motivations de paix et de stabilité, c’est parce que le Président Bédié a aussi argumenté qu’il faisait un bon travail. Il ne faut pas qu’on voit que le Pdci dort demain. Si le Pdci dort, et que les militants n’existent plus, l’alternance ne viendra de leur côté. C’est aujourd’hui, qu’il faut préparer les conditions de l’alternance, pour que les autres partis membres du Rhdp disent aussi, oui, on a raison de confier notre destin au Pdci-Rda. C’est à cela que j’invite les militants du Pdci-Rda.

Guy TRESSIA (avec Le Nouveau Réveil)

Source : RTI1

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