Côte d’ivoire: Le Centre de recherche sur le cocotier menacé de destruction

By: Africa Newsquick

Côte d’ivoire: Le Centre de recherche sur le cocotier menacé de destruction

La station Marc Delorme de Port-Bouet, fleuron de la  recherche scientifique sur le cocotier est en passe de disparaitre, menacée de destruction par de grandes sociétés immobilières, qui entendent faire valoir leur droit de construction d’habitations sur ce site.

Ce site d’une superficie de 788 ha géré par le Centre nationale de recherche agronomique (Cnra) n’est aujourd’hui plus que l’ombre de lui-même au vue des nombreuses attributions et titres fonciers détenus par de grandes sociétés immobilières. Pas un jour ne passe, sans que le personnel de ce site de recherche n’ait maille à partir avec lesdites sociétés qui entendent tout mettre en œuvre pour matérialiser leurs coquettes maquettes d’habitations de luxe en bordure de lagune. La énième altercation survenue, le mercredi 11 avril dernier, s’est soldée par l’arrestation et la mise au violon à la préfecture de police du Plateau de la presque totalité des agents et plusieurs chercheurs du centre Marc Delorme. Qui se sont dressés contre les bulldozers desdites sociétés immobilières venus déraciner les cocotiers sujets de recherche en vue de déblayer convenablement « leurs terrains ». Ces employés qui ont fait opposition de par leur corps à cette manœuvre ont été tous mis aux arrêts par la force publique (2 cargos préfecture de police du Plateau) commise à la sécurisation de cette opération. Une semaine avant soit le samedi 8 avril, serait arrivée une immense catastrophe sûrement une perte énorme pour un cinquantenaire de fruits de recherches inestimables sur le cocotier. Qui a été évité de justesse par l’intervention judicieuse du DG du Cnra, Dr yté wongbé  qui est arrivé diligemment sur les lieux pour raisonner les responsables de l’entreprise Kaydan Real Estate qui ont dû peinés surseoir leur action, tout en promettant de revenir avec leurs bulldozers très prochainement pour faire valoir le droit par le titre foncier en leur possession. Ce qui est d’ailleurs chose vraie au vu du permis de construire produit datant de 2009 et portant la signature du ministre de la construction et de l’urbanisme d’alors Amon Tanoh Marcel. «  Nous avons tous nos papiers en règle et cela nous autorise à effectuer des travaux sur nos parcelles. Ces papiers nous les avons effectivement montrés aux responsables du Cnra. Nous sommes dans notre droit alors il ne peut en être autrement parce qu’aucunement nous avons contourné les procédures légales », a martelé Pierre Michel Gossé,  chef du département des investissements immobiliers à Kaydan Real Estate papiers effectivement. Le DG que nous avons rencontré s’est appesanti sur le sujet. «  C’est avec consternation que nous avons fait ces suivants constats. L’Etat est le propriétaire par excellence de la terre et ce droit lui est inaliénable. L’accord cadre relatif à l’aide et à la coopération en matière de recherche scientifique entre les gouvernements français et ivoirien, les arrêtés N° 0571/AGRI/DOM du 22 mai 1967 et N° 0237/MRS/ETFP du 12 octobre 1993 ainsi que le décret N° 98-326 du 15 juin 1998 signé par le président Bédié qui est encore en vie, en ses articles nous donne tous les droits sur ces parcelles de terres. Grace à nos recherches 24 pays à travers le monde nous ont confié leur collection génétique de cocotiers que nous avons plantés sur ce site de 788 ha, ce qui confère donc à ces parcelles un statut international inviolable. Nous appelons en conséquence à la clairvoyance des sociétés immobilières », a-t-il indiqué. Toutes les parties en conflit, aussi bien le Cnra que les sociétés immobilières réclament et attendent beaucoup de l’arbitrage de l’Etat. Pour l’heure du plus haut sommet de l’Etat aux ministères de tutelle ayant compétence, autorité et légitimité d’arbitrer pleinement cette affaire en passant par toutes les directions susceptibles d’apporter des éclaircis ont s’activent pour ramener l’accalmie. En attendant la collection vivante, à grande diversité génétique, de la station Marc Delorme érigée en collection internationale pour l’Afrique et l’Océan Indien souffre le martyr. Pour rappel cette station du Cnra par le biais de l’exploitation génétique judicieuse de sa collection de cocotiers a permis, avec la création des hybrides améliorés, PB 111 et PB 121, vulgarisés en milieu paysan de multiplier par cinq la productivité du cocotier qui était de 0,6 tonne de coprah par hectare et par an, en 1962. Deux hybrides à haut rendement. La station Marc Delorme dispose de champs semenciers pour produire les hybrides à grande échelle. Etant donné que dans le cadre d’un essai multi local d’hybrides impliquant des pays d’Afrique (Côte d’Ivoire, Bénin, Tanzanie, Mozambique) et d’Amérique Latine (Brésil, Jamaïque et Mexique), les observations se poursuivent. Notons que le nom du Cnra rime avec des variétés améliorées du binôme café-cacao notamment le  Cacao Mercedes et le café qui entre en production au bout d’un an, des découvertes acquises par des années de recherches et saluées dans le monde entier.

Lorng Esmel

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